Scène 11

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Araën sentit la trappe se dérober et l’instant d’après il se retrouvait les pieds dans le vide avec une corde qui l’étranglait de plus en plus.

Wenzaëlle crut devenir folle en voyant ça. Elle se débattit de toutes ses forces pour se débarrasser de ses liens, mais elle était évidemment impuissante.

Les larmes aux yeux, l’elfe se tourna vers Kaelys – qui était libre de ses mouvements depuis qu’on l’avait détaché, mais qui était en train de se faire happer par le début d’incendie qui noircissait déjà les planches de l’échafaud.

— Kal ! l’implora Wenzaëlle. Aide-moi s’il te plait.

Pour une fois, la rouquine revint immédiatement à elle en entendant la voix de son amie. Sans réfléchir, elle se jeta sur l’elfe et défit ses liens sans se préoccuper du reste – faut pas trop en demander, c’est déjà bien qu’elle ait réagi tout de suite.

À son tour, Wenzaëlle ne prit pas le temps d’évaluer la situation. La seule chose qu’elle savait, c’est que son frangin était devenu rouge comme une tomate et commençait à produire des gargouillements bizarres en essayant de parler. Elle récupéra donc l’une de ses dagues de lancée et envoya celle-ci sur la corde qui retenait son frère avec une précision remarquable.

Le pendu passa par la trappe sans avoir vraiment le temps d’émettre le moindre cri – ou alors étouffé et juste au moment de toucher le sol.

— Fèl ! lâcha peu après une voix éraillée provenant de sous l’échafaud. La caisse… hum. Faut pas le laisser se barrer avec !

— Je suis dessus ! s’exclama Kaelys.

Galvanisée par le fait d’avoir résisté à ses pulsions incendiaires, la magicienne commença à réunir l’æther environnant pour lancer ce qui aurait dû être un beau petit sort de flamme… et non une vague invocation de fumée même pas dense comme ce fut le cas.

Araën, qui venait de sortir de sous l’échafaud, leva les yeux au ciel – une fois de plus, parfaitement. Et pendant que Kaelys relisait honteusement les incantations tatouées sous son avant-bras pour se les remémorer, l’elfe en profitait pour esquiver l’attaque d’un Makar, visualiser les glyphes activant les enchantements contenus dans ses propres tatouages, ramasser une épée tombée au sol et s’élancer en direction des fuyards. Tout ça.

Il parvint à les rattraper pour une raison simple : avec une lame de jet planté dans la jambe, on court vachement moins vite.

Les hommes de main du barbu se retournèrent pour protéger ce dernier. Le premier fut éliminé dans la foulée par le bretteur elfe tandis que le second se prenait une dague lancée depuis l’échafaud. Restait leur chef qu’Araën ne voulait pas sous-estimer comme lors de leur premier affrontement.

Conscient d’être acculé, l’homme lâcha la caisse de parchemin et sortit son épée.

Un combat féroce s’engagea. Malgré sa blessure à la cuisse, l’Amarante tenait tête à Araën. Il possédait des tatouages ætheriques de très bonnes factures et il savait se battre. L’elfe ne parvenait pas à trouver d’ouverture.

Wenzaëlle, Kaelys et Nawalline s’étaient approchés, mais aucune ne pouvait tenter quoi que ce soit sans risquer de toucher Araën – en particulier sa frangine, qui avait préparé ses lames et qui pestait dans son coin. Il y avait comme un sentiment de déjà vu.

C’est alors qu’Araën décida de changer de tactique : s’il donnait assez d’espace à sa sœur, la garde de son adversaire s’ouvrirait forcément, il ne pourrait pas repousser tous les assauts.

Et pour une fois, son plan fonctionna – enfin, pas exactement comme il l’avait prévu, mais dans les grandes lignes, ça passe.

Après une offensive, l’elfe recula subitement, laissant le barbu exposé. Deux dagues jaillirent aussitôt des mains de Wenzaëlle. La première fut déviée par une remarquable parade de l’Amarante, mais la seconde alla se loger dans son bras, l’obligeant à lâcher son arme.

L’homme se jeta alors sur la caisse restée au sol – pour tenter d’utiliser son contenu contre les jumeaux, j’imagine, mais on le saura jamais, puisque Kaelys venait de terminer ses révisions.

L’air s’embrasa, traçant une ligne de flamme jusqu’aux parchemins.

Tout ce qui se trouvait autour explosa en une immense boule de feu, brûlant salement l’Amarante – et sa barbe – au passage. Et tandis qu’il reculait en titubant, les mains plaquées sur son visage, Araën l’embrocha – parce que bon, c’est jamais top de laisser des types comme lui en vie, après ils cherchent à se venger et tout. Alors oui, c’est bien, ça fait des suites à raconter, mais on va pas se mentir, ça finit par être lassant.

L’Amarante s’écroula donc sans vie sur le sol de la grand-place pour le plus grand soulagement de notre trio – et de Nawalline, évidemment.

Seulement, autour d’eux, c’était encore le bordel et le second de Dragana en profita pour fondre sur eux – parce que lui aussi l’avait mauvaise, rapport à leur dernière rencontre, et parce qu’il allait se faire engueuler pour la caisse. Bon, en chemin il fit connaissance avec la lame de Naarga – qui n’eut aucune pitié pour lui et ne lui laissa aucune chance. En même temps, c’est pas la première venu niveau baston.

Bref, l’orke se tourna vers nos amis et leur jeta un regard noir.

— Allez, tirez-vous, se contenta-t-elle de lâcher laconiquement.

Ils ne demandèrent pas leur reste et se dépêchèrent de quitter la grand-place pendant que les membres du guet tentaient d’arrêter les Amarantes et les Makars qui prenaient maintenant eux aussi la fuite.

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