Scène 9

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Puis vint le lendemain et ensuite, l’heure du rendez-vous.

La nuit était plutôt belle, éclairée par les lunes jumelles. Nul doute que la déesse maudite attendait avec impatience le début du spectacle qui allait se dérouler dans la cité portuaire. Les badauds, eux, étaient rentrés chez eux depuis longtemps, de peur de s’attirer le mauvais œil. Grand bien leur en prit.

C’est dans ces conditions que Wenzaëlle et Kaelys passèrent sous les arches de la grand-place et autant dire que ça commençait mal - en même temps, vu le plan foireux qu’avait pondu Araën…

Eh oui, parce que lorsqu’elles débarquèrent, la bouche en cœur avec leur caisse sous les bras, les Amarantes, eux étaient déjà sur place, installé sur l’échafaud avec une Nawalline attachée les mains dans le dos – ce qui n’avait rien de surprenant jusque là –, mais aussi avec Araën à leur côté… et lui avait une corde au cou et s’apprêtait visiblement à être pendu. Ah bah je vous avais prévenu, niveau plan foireux, ça se pose là.

Pour que vous compreniez comment on en est arrivé là, il faut que je vous explique ce que l’elfe avait en tête, à savoir qu’il avait tablé sur le fait que les Amarantes essaieraient de les doubler. Donc si j’ai bien suivi – parce qu’il faut s’accrocher –, il avait prévu de les prendre par surprise lorsque ça se produirait et de les menacer pour retourner la situation à son avantage le temps que le reste du plan se mette en place.

Maintenant, ne sachant pas à quelle heure les miliciens se pointeraient, il était venu tôt et était resté planqué toute la journée sous l’échafaud – et oui, il a dû bien se faire chier. En même temps, quand on pense à des plans aussi foireux, on cherche un peu. Enfin moi je dis ça…

Bon, le truc, dans tout ça, c’est qu’il avait pas anticipé le fait que les Amarantes aillent vérifier le fonctionnement de la trappe, sous la potence… et donc le grillent avant même l’heure du rendez-vous.

Bref, la surprise passée, les filles se demandèrent avec angoisse ce qu’elles devaient dire. Dans le doute – et pour gagner du temps –, Wenzaëlle s’en tint finalement au plan initial.

— Kin’ta ! pesta l’elfe en s’arrêtant au milieu de la grand-place. Euh, vous voulez qu’on vous montre le contenu de la caisse ? reprit-elle d’une voix forte mais manquant d’assurance.

Ça, c’était la partie du plan censée permettre à l’observateur de Davrak – qui avait été prévenu et devait regarder la scène planqué quelque part sur un toit à bonne distance – d’être sûr qu’il y avait pas tromperie sur la caisse… Histoire de pas se retrouver dans les thermes à devoir justifier de la présence des parchemins après que ceux-ci aient été détruits…

— Jetez vos armes sur le côté, cracha en retour le barbu de la milice amarante.

Sans se laisser démonter, Kaelys prit la caisse des mains de Wenzaëlle et l’ouvrit, révélant son contenu.

— Voilà, vous êtes content ? lança-t-elle à l’assistance.

C’est que pendant qu’Araën s’ennuyait sous son échafaud, elle, elle avait répété toute l’après-midi. Elle comptait pas avoir fait tout ça pour rien.

— C’est pas ce que je vous ai demandé, grogna l’amarante.

— Oui, mais votre question c’est pas ce que nous on avait prévu… lui rétorqua la rouquine. Alors si personne suit, on va pas s’en sortir.

Sous la potence, Araën leva les yeux au ciel. L’amarante, lui, sauta de l’échafaud avec un regard mauvais et commença à s’approcher des filles d’un air menaçant.

— Justement, fit-il d’une voix grave. Si vous comptiez vous en sortir…

Sentant que la situation leur échappait, Wenzaëlle donna un rapide coup de coude à son amie.

— Vas-y, envoi le signal ! la pressa l’elfe.

Paniquée, la magicienne laissa tomber la caisse et lança sans réfléchir le sort qu’elle avait préparé dans sa tête. Une petite boule de feu partie dans le ciel où elle éclata en une jolie fleur orangée.

— Aha ! s’exclama-t-elle, aussi fière que surprise de ne pas avoir raté. Vous l’aurez voulu !

Sauf qu’après un léger mouvement de recul de l’Amarante, la joie des filles retomba rapidement : contrairement à ce qu’elles espéraient, ce fut une douzaine de miliciens – qui avaient effectivement prévu de doubler nos maraudeurs le moment venu, là-dessus Araën avait vu juste – qui les encerclèrent.

Oui, parce que dans le plan de l’elfe, c’étaient les Makars qui devaient arriver au signal – pour récupérer leur caisse, c’est ce qu’Araën avait vendu à Dragana – et notre trio devait ensuite profiter de la confusion pour repartir avec Nawalline. De toute évidence, c’était raté.

Bref, les filles n’eurent pas d’autre choix que de se laisser ligoter et d’être emmené sans ménagement sur l’échafaud.

Un des hommes du barbu posa alors la caisse aux pieds de son chef. Celui-ci retira le couvercle et sortit l’un parchemin qu’elle contenait pour l’observer. Ce faisant, nos maraudeurs eurent tous le même réflexe : fermer les yeux et attendre l’explosion.

Bon, sauf qu’il se passa rien. Le piège qu’ils avaient prévu pour réduire la caisse en fumée après leur départ ne marcha pas. Comprenant ça, le regard des jumeaux se posa sur Kaelys.

— Oui bah j’avais prévenu que j’étais pas douée avec les enchantements hein, tenta de se justifier la magicienne.

Araën leva les yeux au ciel.

De son côté, le barbu de la milice se réjouissait d’avoir enfin remis la main sur sa caisse. Il rangea le parchemin qu’il avait sorti à sa ceinture, puis se tourna vers ses hommes, qui attendaient pour la plupart au pied de l’échafaud.

— Je crois qu’on va pouvoir passer à la pendaison des pointus et de leurs amies, déclara-t-il en arborant un sourire carnassier.

Dans son dos, l’un des amarantes – un de ceux qui surveillaient les prisonniers – eut un rictus de satisfaction.

Mal à l’aise, Araën se tortilla, impuissant, alors que le milicien approchait du levier contrôlant la trappe située sous la potence. L’homme tendit la main…

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