Scène 6

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Les clochers de la ville avaient déjà sonné trois fois depuis le lever du soleil lorsqu’Araën, Wenzaëlle et Kaelys débarquèrent comme des fleurs aux quatre vents – bah… je me plains mais j’étais content, ça fait toujours un peu de compagnie quand y a personne dans l’auberge c’était le cas ce matin-là.

Bref, ils s’installèrent à leur table habituelle, attendirent que je leur serve leur hydromel et se mirent à déblatérer.

— Bon, commença Araën en se balançant à moitié sur son tabouret les mains derrière la tête. Pendant que vous vous amusiez…

Là, les filles échangèrent un coup d’œil inquiet et… ouais bon, je sais, je vous ai déjà fait le coup une fois, mais ça me plait bien. Pis c’est moi qui raconte et je l’ai bien vu, moi, leur petit regard.

— … j’ai trouvé où se trouve la caisse, avait poursuivi l’elfe.

— Ah oui ? demanda sa sœur en haussant un sourcil dubitatif. Et où ça ?

— Comme je le pensais, chez les Makars, planquée à l'étage de l'une de leur salle de jeux. annonça fièrement Araën.

— Kin’ta ! Ça craint… pesta Wenzaëlle pendant que Kaelys étouffait une plainte. T’es sûr de ton coup ?

— Et bien…

L’elfe se stoppa soudainement : Naarga venait de pénétrer dans l’auberge.

La sans-corne alla tranquillement s’asseoir derrière nos trois maraudeurs, qui reprirent quant à eux leur conversation à voix basse – et qui n’entendirent donc pas l’orke réclamer après Nawalline, ni moi lui répondre que je ne l’avais pas encore vu de la journée, ce qui était effectivement surprenant puisqu’elle squattait littéralement ici.

— Comment tu peux en être sûr ? insista Kaelys en chuchotant.

— T’es encore allé jouer aux dés, c’est ça ? soupçonna Wenzaëlle.

— Bah, j’ai mes sources, c’est tout… éluda l’elfe.

— Mouais, reprit sa sœur. Et on fait quoi du coup ? On fonce dans le tas ?

— Et bien…

À nouveau, Araën ne termina pas sa phrase. Un gosse des rues venait de se pointer et il s’était planté juste devant l’elfe qu’il fixait maintenant du regard.

— Qu’est-ce qu’il y a ? J’ai rien pour toi…

— On m’a donné une lettre pour vous, lança le gamin sans se démonter.

— Ah… Et tu sais lire ? demanda Araën – qui était bien embêté parce que lui, non.

— Un peu…

— Alors lis-moi ça et je te file un sou.

Heureux de la tournure des événements, le gamin prie une longue inspiration et se mit à lire avec difficulté, mais d’une voix forte et volontaire :

— Nous teu-nons votre amie mé-né-steurelle. Si vous tenez à sa vie, vous deu-vrez nous rendre la caisse de par-eu-cheu-main que vous nous avez vo-…

Araën se jeta sur le gosse pour lui plaquer une main sur la bouche en toute hâte et s’éloigner avec lui en le guidant par les épaules.

— Oui, euh… héhé… Moins fort, petit…

Mais évidemment c’était trop tard. Comprenant qu’il était question de Nawalline, Naarga avait déjà bondi.

— De quoi il parle ?! grogna l’orke du guet en aplatissant brutalement ses mains sur la table des maraudeurs.

— Ah… héhé, de rien, de rien, tenta Araën en se retournant. C’est juste une blague entre nous…

— Te fout pas de moi, Araën. Dis-moi où ils la retiennent, que je réunisse mes gars.

— Houlà, doucement, tempéra l’elfe les deux mains en avant. Si la garde part à sa recherche, ils risquent de la tuer avant de s’enfuir…

— Alors j’irais seule.

— Non mais là, on sait même pas qui la détient de toute façon… argua Araën.

— Ouais, alors on voudrait aider, qu’on pourrait pas, renchérit sa sœur.

Naarga leur lança un regard noir.

— Mais j’ai une idée pour le découvrir… se hâta de reprendre le baratineur elfe. Dès qu’on a l’info, on te tient au courant… pour que tu fasses justice, bien sûr.

— Il a parlé d’une caisse, fit remarquer la sans corne. À qui vous l’avez volé ?

— C’est… compliqué, répondit Araën.

— Disons qu’on sait pas vraiment, ajouta Wenzaëlle.

— Va falloir nous faire confiance, reprit son frère tout en essayant de se dérober en accompagnant le gamin vers la sortie. Mais t’inquiètes, on sait ce qu’on fait.

Naarga les regarda s’éloigner de quelques pas en silence, une colère sourde la consumant de l’intérieur.

— La lettre, les interpella l’orke sur un ton monocorde. Ça dit autre chose, petit ? Des instructions peut-être ?

— Seulement que vous avez jusque demain soir à la dixième heure pour leur rendre, répondit le gosse des rues. Après il y a juste une lance et un pendu de dessiné. Ah, et ils m’ont donné ça aussi.

Le gamin plongea une main sous sa tunique crasseuse et en sortie une bande de tissu couleur amarante.

Araën comprit tout de suite le message : la grand place dans le quartier de la lance… là où avaient lieu les exécutions publiques… – et où il avait croisé le regard de l’agitateur de la milice amarante pour la première fois…

Naarga aussi comprit les indications, du moins partiellement. Elle sortit furieuse des quatre vents, hésitant entre faire confiance à Araën et chercher de son côté au risque d’attirer l’attention. Comme toute personne sensée, elle choisit la seconde option – parce que bon, faire confiance à l’elfe…

Ceci dit et sans entrer dans les détails, Araën la recontacta finalement assez vite pour lui donner assez d’éléments pour ronger son frein, mais ça, c’est pas tout de suite.

Présentement, l’elfe retourna à sa table où Kaelys faisait la moue, bras croisés.

— Quoi ? demanda-t-il de bonne foi. Qu’est-ce qu’il y a encore ?

— Tu l’as vexée, se moqua Wen avant que Kaelys ne lui tire la langue.

— Qu’est-ce que j’ai fait ? s’inquiéta-t-il, ne sachant pas ce qui lui était reproché.

— Je sais lire, tu sais… déclara la rouquine.

— Vantarde, répliqua Wenzaëlle avant de se tourner vers son frère. Bon, et maintenant ?

— Maintenant ? On trouve comment braquer les Makars d’ici ce soir…

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