Scène 5 (2/2)

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Bref, quand Dragana pointa enfin le bout de son nez – en fin d’après-midi donc –, Araën sortit de sa cachette et se hâta d’aller intercepter la recouvreuse de dette avant qu’elle ne rentre chez elle.

— Araën ? s’étonna-t-elle en levant un sourcil. Qu’est-ce que tu fais ici ?

— J’avais envie de te voir… se contenta de répondre l’elfe avec un sourire charmeur.

— Ah… souffla Dragana sans se laisser perturber. Désolé. Je suis pas mal occupée, ces derniers temps…

— Je vois ça, t’es même pas venu me rendre visite avec tes gars pour me rappeler de payer mes dettes…

— D’ailleurs, puisque tu en parles, fit-elle d’un ton las, tu devrais vraiment te méfier. Je t’ai fait gagner un peu de temps la dernière fois, mais Vlasamir a pas oublié ce que tu lui dois…

Araën observa son amie un instant. Elle semblait tendue… et très fatiguée.

— T’as vraiment une sale tête… Allez, viens, je te paye un verre.

La recouvreuse de dette hésita. Elle était toujours réticente à sortir dans son quartier. Probablement la crainte de tomber sur un de ses hommes, ou sur des amis de sa mère qui la pensait membre du guet – ou pire, la réunion des deux…

— Allez, insista l’elfe. Tu me dois bien ça.

Dragana ne répondit pas tout de suite, mais se laissa finalement convaincre. Elle devait se dire que ça lui changerait les idées.

Tous deux allèrent se poser dans un bouge pas terrible du coin. Ils commandèrent un immonde picrate – vu que là-bas non plus y avait pas de cervoise, comme quoi s’était bien la peine de pas être venu aux quatre vents… enfin, je me doute que c’était surtout pour pas risquer de croiser Wenzaëlle et Kaelys… –, puis Dragana commença à se détendre.

— Tu m’en veux pour la dernière fois ? lui demanda-t-elle au bout d’un moment en allant droit au but.

— Non… la rassura Araën. T’en fais pas, je sais bien que c’est pas toi qui décides.

En même temps, amoureux qu’il était, il pouvait pas lui en vouloir bien longtemps. Enfin, je dis ça, je dis rien.

Quoi qu’il en soit, l’elfe attrapa son godet et vida celui-ci d’une traite.

— Rah, grimaça-t-il innocemment. Mais pourquoi vous faites cramer les stocks de cervoise ?!

— Pardon ? se tendit immédiatement la recouvreuse des Makars. De quoi tu parles ?

— Oaf, allez, pas à moi. Je sais ce qu’il y avait dans cette caisse, hein… J’ai bien compris que vous êtes derrière les incendies…

— D’accord, d’accord, soupira la jeune femme. Mais parle moins fort. J’ai déjà bien assez de soucis avec toute cette histoire…

— Ah oui ?

— Vlasamir veut que je tienne la garde éloigner de tout ça… par n’importe quel moyen.

— Ça n’a pas l’air de t’enchanter, remarqua l’elfe.

— Disons que quand on tire trop sur la corde, elle finit par céder, expliqua Dragana. Le problème, c’est que certaines cordes empêchent bon nombre d’épées de te tomber dessus, si tu vois ce que je veux dire.

Elle marqua une pause le temps de vider son verre.

— D’autant que je ne peux pas tout contrôler… soupira-t-elle en regardant le fond du godet. Mais c’est quand même ma faute… J’adore.

— Je vois… Mais vous allez continuer ? Il vous en reste beaucoup, des parchemins ?

— Trop. Parfois, je rêve qu’une mauvaise manipulation près de la caisse résolve le problème… D’un autre côté, si la salle de jeu partait en fumée, ça me retomberait aussi dessus…

Araën nota mentalement l’information, non sans culpabiliser immédiatement après. Son amie se livrait à lui parce qu’elle avait confiance, il ne voulait pas perdre cela. Il ne voulait pas la trahir ou profiter d’elle et il se demandait donc s’il ne devait pas tout lui raconter.

Mais il se ravisa. Il savait que la Makar ne pourrait pas le laisser faire et qu’en lui avouant tout, il mettait sa sœur en danger, ce qui était inconcevable…

Il regrettait d’avoir impliqué Dragana, mais il était trop tard pour apprendre la localisation de la caisse par un autre moyen, maintenant qu’elle lui avait parlé.

D’un autre côté, ne venait-elle pas de dire qu’elle aimerait se débarrasser de cette caisse ? Alors la reprendre serait peut-être lui rendre service, finalement. Et puis bon, elle lui avait fait le même coup pour l’obtenir, à la base.

Au bout du compte, l’elfe décida de changer habillement de sujet pour ne pas éveiller les soupçons de la Makar et, surtout, pour alléger sa conscience en pensant à autre chose…

Et pendant qu’Araën passait le reste de la soirée à compter fleurette – enfin, avant d’être rejoint à l’improviste par la vieille mère de Dragana, je vous laisse imaginer comme l’elfe devait être ravi –, les filles, de leur côté venaient de rentrer dans la piaule de Wenzaëlle après avoir regardé ensemble des spectacles de rue tout l’après-midi.

— Bon, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? demanda Kaelys, pleine d’enthousiasme.

— J’ai bien une idée, voulu proposer Wenzaëlle, mais…

— Oui ? l’encouragea la rouquine.

— Je sais pas, je me disais… enfin… hier soir c’était plutôt cool. Alors, euh… on pourrait peut-être… remettre ça ? suggéra l’elfe avant de s’empresser d’ajouter : enfin si ça te dit, hein ! C’est qu’une idée…

— Tu sais que t’es mignonne quand t’es gênée ?

— C’est ça, fous-toi de moi…

Sourire aux lèvres, elles échangèrent un long et intense regard, se rapprochant peu à peu l’une de l’autre avant de se jeter dans les bras. Et je vous fais pas de dessin, vous l’avez compris, elles remirent ça comme la veille.

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