Scène 5 (1/2)

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Après être sorti des bains, le trio était évidemment revenu se poser aux quatre vents. Alors forcément, en les voyant, je leur ai sauté dessus pour savoir s’ils avaient avancé… – faut pas m’en vouloir, vous avez bien compris à quel point j’avais hâte que cette histoire se termine.

Là, Araën m’a regardé avec un sourire énigmatique sur le coin des lèvres, puis est allé s’installer à une table en déclarant avoir pratiquement résolu le problème.

Ah, j’étais soulagé – m’enfin un peu méfiant quand même – et je suis retourné astiquer mes chopes derrière le bar avec plus d’enthousiasme. Moi, je me foutais de savoir qui était à l’origine des incendies, je voulais juste avoir à nouveau de la cervoise à servir…

Par contre, les deux acolytes de notre beau parleur étaient à l’évidence plus intriguées que moi. Elles avaient suivi Araën jusqu’à la table et fixaient désormais ce dernier en attendant des explications – alors que lui continuait simplement de sourire…

— Fèl ! craqua finalement Wenzaëlle. Tu vas cracher le morceau, ou tu comptes garder longtemps cette tête d’ænraë ?

— Oui, l’appuya Kaelys. J’ai bien compris que ceux qu’on recherche sont les mêmes qui nous ont volés ici la dernière fois, mais tu sais de qui il s’agit ?

— Bien sûr. Pas vous ?

— La milice amarante ? tenta Wenzaëlle, qui essayait de raccrocher les wagons. Y avait l’enfoiré qu’on a vu chez les charretiers près de l’entrepôt, ce matin…

— Alors, lui, je sais pas ce qu’il foutait là, fit Araën, mais non, c’est pas un coup des Amarantes.

— Qui ça alors ?

L’elfe s’apprêtait à répondre au moment où Naarga – encore vêtue de son uniforme du guet – pénétra dans l’auberge. Araën regarda la sans-corne aller s’installer à sa table habituelle – elle aimait venir ici pour écouter Nawalline jouer de la flûte après ses tours de garde –, puis le maraudeur reprit le fil de la discussion, expliquant à voix basse tel un conspirateur que les Makars étaient derrière toute cette affaire.

— Pourquoi ils feraient ça ? demanda Wenzaëlle en levant un sourcil dubitatif.

— Ça… répondit vaguement Araën, lui aussi dans le flou.

— Peut-être qu’ils veulent juste faire main basse sur la guilde des brasseurs ? avança Kaelys.

Les jumeaux la regardèrent d’un air perplexe, ne voyant à première vue pas vraiment le rapport.

— Johan nous a dit que les brasseurs avaient emprunté aux Makars pour investir… tenta d’expliquer l’humaine.

Soudain, le visage d’Araën – qui venait de comprendre – s’illumina. Faut dire, les plans tordus, ça le connaît…

— Mais oui ! s’exclama-t-il avant de rebaisser d’un ton. En incendiant les stocks, ils bloquent les rentrées d’argent, mais sans faire trop de dégâts à long terme ! Du coup, les brasseurs peuvent pas rembourser leur dette et n’ont d’autre choix que de vendre aux Makars… Malin.

— Voilà, approuva Kaelys – alors qu’elle n’avait pas été aussi loin dans sa réflexion.

— Bon, admettons, enchaîna Wenzaëlle, vexée quant à elle d’avoir été la dernière à comprendre. Mais ça explique pas comment on récupère la caisse. On sait même pas où ils la gardent… si c’est bien eux qui l’ont…

Refroidie par la pertinence de la remarque, Kaelys baissa les yeux. Savoir que les Makars étaient en possession des parchemins de feu était indéniablement un pas dans la bonne direction, mais ce n’était pas suffisant.

— Ça, je me charge de le découvrir, déclara alors Araën. D’ailleurs, je vais vous laisser. Je devrais avoir quelques réponses d’ici demain matin.

— Et… et nous ? s’inquiéta Kaelys. On fait quoi en attendant ?

— Kìn’ta, me dis pas que je vais encore devoir jouer les baby-sitters…

— Désolé frangine, mais je dois être seul pour récupérer les infos dont on a besoin. Aller, fait pas cette tête, elle est sympa notre Kaelys… tant que tu lui demandes pas de faire des étincelles.

— Ah ça, s’amusa Wenzaëlle en saisissant la perche, elle serait genre tout feu tout flamme, pas une bonne idée…

— Clair. Ce serait chaud… renchéri Araën.

— Mais… s’offusqua la rouquine avant de se mettre à bouder face à ces attaques totalement gratuites.

— C’est malin, se moqua Wenzaëlle en essayant de ne pas rire. Tu l’as vexée… Je vais marcher sur des charbons ardents toute l’après-midi à cause de toi.

— Oui bah méfie-toi parce que ça pourrait bien arriver ! râla Kaelys.

— Je savais que ça allait être l’enfer de bosser avec toi… s’amusa Wenzaëlle qui ne se retenait plus.

— Et pourtant tu continues de jouer avec le feu, ajouta Araën pour enfoncer le clou.

— Arrêtes, on va finir par se bruler les ailes à force…

— Pfff, souffla la magicienne en levant les yeux au ciel.

— Allez, lança Araën en se mettant debout après avoir bien ri. Je vous laisse ici pour aujourd’hui, moi. Amusez-vous bien toutes les deux.

Ah, s’il avait su…

Mais bon, il se dirigea pour sa part vers le quartier voisin, où il attendit sous un porche pendant ce qui lui sembla être une éternité, hésitant même au bout d’un moment à s’absenter pour aller acheter un petit pain à grignoter – chose qu’il ne fit pas de peur de louper celle qu’il était venu chercher, vu la poisse qu’il avait dans ces cas-là, mais qui ne cessa de le tarauder.

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