Chapitre 14 (première partie)

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Une lueur imposante força le détective à plisser les yeux tandis qu’il essayait de les ouvrir.

La chaleur d’une douce matinée caressait sa peau. Il portait un drap rugueux, recouvrant son corps nu. Le détective découvrit un long pansement, pansant sa blessure au niveau de l’abdomen. Jack se releva difficilement à l’aide de son bras droit pour observer l’espace où il se trouvait. Devant lui, une cabine de petit bateau à vapeur siégait. Le conducteur ne lui apparaissait qu’en ombre derrière la vitre mais, il distingua que c’était un homme plutôt imposant.

Après quelques instants à demi-réveillé, il admira la direction que prenait le petit navire de plaisance. Au loin, Jack Goldhand observa la grande citadelle du monocle, monument de Saltship. Les deux grands ponts, nommés « pont du bonheur » et « pont du désespoir » traversait le grand fleuve de la Vapeur Bleue où le bateau naviguait. Devant les grands usines fumantes de l’Est et les maisons scintillantes de L’Ouest régnaient une différence flagrante. Cela s'apparentait encore plus flagrant en dehors de la ville.

Alors que Goldhand reprenait pied en admirant le paysage d'une ville qu’il avait toujours chérie, une délicate main toucha son épaule. Il se retourna, sortie de sa douce torpeur, découvrant Susan Moody qui essayait de lui offrir un sourire véritable. Ses cheveux courts volaient au rythme du doux vent du fleuve.

-Comment te sens-tu ? demanda la jeune femme.

-Vivant.

Jack ne cherchait pour l’instant pas vraiment à comprendre comment il s’était retrouvé sur ce bateau avec Susan. Il pensa qu’il était dans un rêve ou bien mort, dans une sorte de purgatoire.

-On a eu du mal à te rattraper dans cette mer, cette nuit, expliqua Susan.

-Je ne suis donc pas mort ?

-Non, ria Mademoiselle Moody. Grâce à nous. Après que tu sois parti pour le restaurant de Sir Dustin, Robert et moi avons vu l’incendie qui a débuté. On a décidé de suivre de loin ce qu’il se passait. Nous avons vu les hommes du cartel t’emmener dans cet imposant navire. Ensuite, on a suivis le bateau dans les flots. On t'a repâcher arpès que le cartel parte. Tu nous en dois une, Goldhand.

-Hé bien je devrais songer à travailler plus souvent en équipe.

Susan sourit discrètement avant de laisser Jack à ses rêveries.

Arrivé au port de l’Est, près de la taverne du « requin brun ». Jack, Robert et Susan empruntèrent un taxi pour rejoindre le quartier Bonne Aventure. Le détective semblait encore perdu dans ses pensées, comme s’il n’était pas encore revenu du fond de l’eau. Robert comprit l’épreuve que le détective avait passée. Il essayait donc de le rassurer. Durant le voyage, Jack Goldhand exposa ce qu’il savait sur Sir Isaac Copperfield et le lien avec ses enquêtes.

-Tout est fini maintenant, tu vas pouvoir te remettre de tout ça, j’en suis sûr, dit Robert.

-Ca ne sera pas aussi facile. Si les hommes de Simon savent que j’ai échappé à la mort, ils ne vont plus me laisser en paix.

-Qu’est-ce que tu veux faire alors ?

-Je vais me trouver une cachette avant de dévoiler les plans de Sir Copperfield à Saltship tout entier mais, aussi à son adversaire à la mairie.

Après quelques minutes, les trois compères arrivèrent devant le bar "Dirties Engines". Avant de se quitter, l’homme moustachu tendit un revolver mécanique à Jack.

-Je sais qu’il n’est pas aussi efficace que le matériel que tu avais mais, je pense pas que tu peux trouver mieux pour le moment.

-Merci, ça compte beaucoup pour moi ce que vous avez fait.

Ils se serrèrent la main, un regard heureux dans les pupilles. Susan Moody fit un signe de la main au détective avant de disparaître d'emprunter les portes du bar. Alors, Jack se dirigea vers son cabinet d’un pas difficile. Il cacha son avant-bras sous un manteau que ses amis lui avaient fournis, épiant le moindre mouvement suspect autour de lui.

Arrivé devant son cabinet, il attrapa une clé caché derrière une dalle avant de pénétrer dans son bureau. Tout semblait en état. Le détective prit quelques affaires dans ses armoires puis empoigna ses notes et quelques pièces avant de s’aventurer dans sa chambre. Sous le lit, Jack attrapa un grand coffre en cuir brun. A l’intérieur se trouvait un vieux couteau, une ancienne prothèse mécanique rudimentaire, quelques munitions de revolver ainsi que l’adresse d’un ami très cher.

-Va falloir qu’on se revoit, vieil canaille, esquisa Jack en rangeant l’adresse dans sa poche.

Il attacha la prothèse datée à son bras sectionné avant de quitter la chambre. Le détective allait quitter le cabinet pour la dernière fois quand, il entendit des hommes s’approcher de son pallier. Ils parlaient sans gêne ce qui permit à Jack d’entendre leur conversation.

-Pourquoi c’est à nous de faire encore le ménage.

-T’as envie que les plans du patron soient découvert ? Débarrassons-nous des notes de Goldhand avant qu’un de ses potes les retrouve. La victoire de Sir Copperfield est en jeu.

Jack entendit la poignée du cabinet se tourner. Il se pressa tant bien que mal afin de se réfugier dans la chambre. Avec dégoût, il comprit que les représentants du cartel déversaient un liquide dans son cabinet. Le tintement d''une amulette confirma ses inquiétude : ils mettaient le feu au cabinet.

Les deux hommes quittèrent le bureau alors qu’une odeur de brûlée arriva au nez de Jack. Comprenant ce que les sbires du cartel avaient entrepris, le détective accourru vers la fenêtre de sa chambre pour disparaître furtivement, le feu attaquant la chambre dès sa sortie. Il tomba avec fracas dans une ruelle derrière le cabinet.

Des enfants jouaient avec des vieux boulons. Ils sursautèrent à l'arrivée lourde de Jack. Les jeunes enfants reconnaissaient le détective et allaient crier son nom. Jack leur lança quelques pièces pour les faire fuir.

Il lança un dernier regard à son cabinet d’où une fumée noirâtre s’échappait avant de rejoindre la grande rue devant lui. Il appela alors tristement un taxi à vapeur pour rejoindre son nouvel objectif.

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