6.

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Genève

Fred observait avec détachement les affiches promotionnelles placardées dans l’antichambre. Ces salles se ressemblaient toutes, mobilier inconfortable, ambiance d’hôpital et posters vantant les mérites de l’organisation. Le journaliste avait bataillé pour obtenir un entretien avec un représentant du GOARN et se coltinait un type du service de presse. S’il avait voulu de la langue de bois, les communiqués officiels suffisaient amplement. Faute de mieux, il s’en contenterait.

Depuis deux jours, et le fameux tuyau de son indic, il creusait cette histoire. Le bateau de croisière, cette mystérieuse maladie et surtout la réaction de l’OMS. Sans l’émission de la pré-alerte, l’incident serait passé inaperçu. C’était bien ça qui le titillait le plus. Pourquoi déclencher une alarme, même minime, pour une soi-disant intoxication alimentaire ? Le journaliste doutait d’arracher des renseignements à ce gars, Bob Cross de la comm, mais il possédait quelques atouts dans sa manche. Trente ans de métier, ça vous affûtait l’intuition, et son flair lui indiquait qu’il tenait là un gros coup.

La porte du bureau s’ouvrit, tirant Fred de ses pensées. Il se retrouva face à un homme d’une trentaine d’années dont les traits juvéniles étaient démentis par une tignasse grisonnante. Poignée de main molle, sourire commercial et présentations d’usage, Fred prit place dans un fauteuil, prêt à l’attaque. Le journaliste sentit monter l’adrénaline, ce frisson particulier éprouvé avant chaque bataille menée pour la résolution d’un mystère. Cross attrapa un stylo, histoire de se donner une contenance, croisa les bras sur la table et réitéra son rictus de vendeur de voitures. Le reporter se demanda si on lui avait collé dans les pattes un bleu ou un gars rompu à l’exercice. Peu importait, il le découvrirait assez vite.

— En quoi puis-je vous aider, monsieur Hull ? C’est toujours un plaisir de renseigner la presse.

D’accord. Un débutant.

— Pourquoi le GOARN a-t-il lancé une alerte à propos du Mermaid Dream ? engagea le journaliste sans préambule.

— Le réseau se charge de diffuser auprès de différents acteurs internationaux la survenue d’événements inhabituels. Toutes ces alertes ne conduisent pas à une investigation et, la plupart du temps, aucune suite n’est donnée.

— Il est quand même étrange qu’une intoxication alimentaire attire votre attention, suggéra Fred avec circonspection.

— Des dizaines d’alertes sont émises par semaine. À partir du moment où un certain nombre de victimes est concerné, nous archivons l’incident. Mieux vaut prévenir, mais encore une fois, souvent cela ne mène à rien.

— Comment expliquez-vous le pouvoir pathogène de la maladie ? 95% des personnes atteintes, un chiffre qui grimpe à 98% si on enlève les enfants du ratio , nous sommes très loin des chiffres habituels.

— Comme vous le savez, je ne suis pas médecin, je pourrais difficilement entrer dans les détails techniques. Si je me fie au rapport, le virus responsable, certes particulièrement virulent, reste une forme de gastro-entérite.

— Une gastro ? Avec des symptômes allant de la déshydratation sévère, à l’hypercalcémie ou le coma ? s'étonna le journaliste.

— Les personnes vulnérables développent une co-morbidité parfois surprenante.

Pas très professionnelle comme réponse. De plus il le prenait pour une bille en employant des pseudos termes techniques.

— D’accord. Mais vous n’avez pas répondu à ma question initiale. Quel intérêt* de lancer une alerte sur cet événement ?

Visiblement mal à l’aise, Cross remuait sur sa chaise. S’il pensait que son laïus pré-mâché suffirait à calmer la curiosité du reporter, il se fourrait le doigt dans l’œil.

— 3000 personnes malades dans un endroit confiné au milieu des eaux internationales. Ces éléments justifient à eux seuls que nous nous y intéressons. Notre enquête a confirmé qu’il s’agissait d’une maladie certes contagieuse, mais bénigne.

— Mais vous vous y intéressez, répliqua Fred.

— Monsieur Hull, j'ignore ce que vous cherchez à découvrir ou à me faire dire.

— J’essaie juste de comprendre. Une pré-alerte n’est pas anodine. Et le rapport ne mentionne pas d’explication plausible et satisfaisante.

— Le rapport ?

— Joint avec la pré-alerte. Par ailleurs les témoignages recueillis fournissent un tout autre aspect de la situation.

— Les témoignages ? Mais comment… bafouilla le type.

Dans le genre communicant, Fred avait dû affronter plus coriace. À part répéter ses fins de phrases... On lisait en lui comme dans un livre ouvert, chaque surprise marquait son front et ses gestes trahissaient une nervosité croissante.

— Je fais mon travail, c’est tout.

— Vous ne possédez pas les autorisations pour lire ces dossiers.

Grâce à ses contacts, Fred avait pris connaissance de la centaine de témoignages venant des passagers et des membres d’équipage. Un travail long, fastidieux. Tous répétaient la même histoire, des symptômes survenus sans prévenir et disparus aussi vite. Fred avait pu établir une chronologie des événements, particulièrement instructive.

— C’est un fait que je les ai. Je compte les utiliser et écrire un article. Maintenant, soit vous m’apportez des éclaircissements ainsi que votre version, soit je publie que l’OMS ne souhaite pas commenter l’affaire. Et malgré votre expérience, vous savez comme moi que le silence est sans équivoque pour l’opinion publique.

Fred se pencha sur sa chaise et planta son regard dans celui, apeuré, de son interlocuteur.

— Se taire signifie que vous avez quelque chose à cacher.

Cross ouvrit la bouche pour protester, mais aucun son n’émergea. Déstabilisé par l’assurance du journaliste, il hésitait sur la marche à suivre. Un vrai débutant.

— Vous pouvez contacter vos supérieurs et les laisser gérer, conclut Hull en s’adossant.

Le coup porté à son ego réveilla Cross. Il comptait régler ça seul, ce qui arrangeait très bien Fred.

— Avez-vous d'autres questions, monsieur Hull ?

— Effectivement. Il n’est pas indiqué dans le rapport pourquoi les enfants ont échappé à cette maladie. Que ce soit une gastro ou autre chose. Pouvez-vous m’apporter des éclaircissements ?

Cross se racla la gorge et ouvrit un dossier posé sur son bureau. Il s’absorba pendant un instant dans la lecture des feuilles, les lèvres pincées. Il n’en savait rien et Fred supposait qu’il n’avait même pas pris connaissance des faits avant l’entretien.

— De ce que je vois, commença-t-il, ce point n’est pas résolu. Les enfants ont parfois des réactions ou immunités étonnantes.

Fred sourit, se moquant ouvertement de la réponse, et décida d’attaquer sous un autre angle.

— Essayez-vous de cacher un attentat ?

La question prit Cross par surprise. Exactement ce que Fred escomptait. Il ne croyait pas un instant à cette théorie. Pourquoi s’attaquer à un bateau de croisière et ne pas le revendiquer ? Et surtout ne faire aucune victime ! Une bombe aurait demandé moins de technicité ou de logistique.

— C’est absurde ! balbutia le chargé de comm, en jetant son stylo.

Autant pour le self-control.

— Ou alors un effet des émissions polluantes de ces paquebots ?

Le reporter appuya sa question d’un haussement de sourcils. Il avait en stock encore une ou deux théories impossibles. La technique avait fait ses preuves. Les personnes avaient tendance à trop en lâcher pour éviter ces hypothèses aux conséquences terribles.

— Des arguments peuvent étayer ces deux explications. Et ce sont des thèses qui trouveront un écho dans la presse et sur les réseaux sociaux, continua le journaliste imperturbable.

Bob Cross tenta de se ressaisir et afficha un sourire de façade.

— Les réseaux sociaux ont toujours des théories sur tout. Rien de sérieux là-dedans. Les symptômes proviennent d’une maladie naturelle, non provoquée. C’est un fait assuré. Et aucune corrélation n’est établie avec l’environnement du paquebot. Il s’agit encore une fois d’une maladie qui a touché une population particulièrement sensible. Cet événement est considéré comme insignifiant.

— Il y a beaucoup d’événements « insignifiants » ces derniers temps. Vous ne trouvez pas ?

Le trentenaire fronça les sourcils, des gouttes perlaient à ses tempes. La tournure de l’entretien lui échappait de nouveau.

— Je ne comprends pas de quoi vous parlez, murmura-t-il sur les nerfs.

— Du village de Quindici en Italie.

Soudain pâle, Bob Cross se raccrocha à son stylo comme à une bouée. Il jeta un coup d’œil désespéré à la porte puis au téléphone, quémandant une diversion opportune. Fred était fier de son effet. Il comptait jouer la carte de la surprise et elle fonctionnait au-delà de ses espoirs. Ses recherches avaient porté leurs fruits.

Creuser l’histoire du bateau ne suffisait pas, non, pas quand on possédait son expérience. Il fallait élargir, comprendre le système d’alerte, son mécanisme, vérifier les antécédents. Un travail de fouille minutieuse, fastidieuse, mais ce qu’il avait découvert provoquait chez lui un enthousiasme, une excitation sans pareille. Au-delà du nombre d’alertes, en augmentation croissante depuis plusieurs mois, le profil de celles-ci l’intéressaitdavantage . Écartant les habituels cas de grippe aviaire, les résurgences de la variole ou autre diffusion de la tuberculose, une série d’événements émergeait. De loin, chaque situation s’expliquait, un virus, une contamination aux pesticides, une épidémie annuelle… Néanmoins dans le détail, trop d’éléments clochaient : l’origine, la propagation ou la victimologie. Surtout les enfants ! Aucune personne de moins de vingt ans n’était atteinte par les diverses affections. Un vrai mystère.

Le village de Quindici, quant à lui, sortait du lot. Deux mois plus tôt, cette bourgade aux alentours de Pompéi avait été frappée d’apathie. Pas de nausées, de vomissements, des symptômes différents, hors normes même. Chaque victime présentait une tension basse, une fatigue chronique, un manque d’appétit et de motivation. Bon sang, une commune entière marquée par une dépression sévère ! Des semaines s’écoulèrent avant que le phénomène fût identifié. Les habitants, cloitrés chez eux, ne travaillaient plus, négligeaient leurs enfants. Suite aux signalements de plusieurs écoles, les services sociaux furent dépêchés et ce qu’ils trouvèrent avait justifié une pré-alerte du GOARN. Un village laissé à l’abandon, des maisons transformées en taudis, sans parler de l’odeur. Une série d’incidents dus à des négligences avait aggravé la situation. Le rapport mentionnait tout un panel d’analyses biologiques, environnementales. L’eau, l’air, les sols, tout fut examiné, chaque habitant passé au microscope. Conclusion : une invasion d’un parasite de type glossine ou mouche tsé-tsé aurait provoqué un état de léthargie générale. Quelle blague ! Qui pouvait avaler ça ? Trois recherches avaient montré au reporter que la maladie du sommeil n'induisait des troubles neurologiques que dans un deuxième temps. Et aucun symptôme connu de cette affection n’avait été enregistré. Mais l’argument ultime du rapport, le point auquel il se raccrochait, était la découverte du patient zéro : un pauvre bougre de vingt-cinq ans, revenu de cinq années de périple en Afrique subsaharienne.

C’était bien parce que le journaliste était tombé sur ce rapport absurde et sur une quinzaine d'incidents que l’histoire du Mermaid Dream prenait une autre dimension. Il ne s’agissait pas d’un cas isolé et il en avait l’intime conviction, en creusant celui-ci, il obtiendrait un début de réponse. Quindici, le bateau et tous les autres qu’il n’avait pas eu le temps d'approfondir montraient une chose : l’OMS s’intéressait de près à des événements extraordinaires, des cas inédits de maladies contagieuses et non expliqués. Et ce, aux quatre coins du globe.

À voir la mine déconfite de Cross, le reporter hésita pour la première fois de l’entretien sur la marche à suivre. Ce type savait-il quelque chose ? Ou n’était-ce qu’un gars envoyé au charbon sans aucun élément ? Si l’affaire s’avérait aussi grosse que Fred le présumait, l’organisation n’aurait pas mis le premier venu au courant. Il essaya de déchiffrer ses traits, entre embarras et désarroi. Au mieux, il subodorait un truc, mais n’en connaissait pas les tenants. Au pire, il n’était qu’un ingénu, persuadé de son discours. Pas le meilleur scénario.

— Le village de Quindici atteint de trypanosome ? demanda Fred.

— Je vais contacter mes supérieurs. Ils seront plus à même de vous renseigner, trembla Cross, la main sur le combiné.

— Faites donc ça, oui.

Enfin ! Il avait tenu jusque-là, il fallait lui reconnaitre ça. Dix minutes après, un costard cravate fit irruption dans la pièce et se présenta d’une voix tonitruante.

— Marc Delmont, responsable adjoint de la communication et responsable-Europe du pôle presse.

Un titre bien ronflant pour un simple trait d’union entre les décideurs et les journalistes. Le quadra, tout feu, tout flamme, se posa sur un siège à la droite de Fred, défit un bouton de sa veste sur mesure, et cala une cheville sur son genou. Posture typique du mec à l’aise, sûr de lui. Une décontraction vite démentie par un tic nerveux à l’œil. Le reporter allait se régaler.

— J’ai cru comprendre que vous cherchiez des renseignements sur le Mermaid Dream ?

— Et Quindici, effectivement.

— Pour l’un et l’autre, les investigations se poursuivent, rien à ce stade n’est élucidé.

— Quelles sont les premières conclusions ?

— Pour les détails médicaux et même opérationnels, vous devriez vous tourner vers les autorités locales. Ce n’est pas de notre compétence.

Bob étouffa une exclamation. Voilà la réponse qu’il aurait dû fournir dès le commencement. Fred l’observa avec un sourire, lui indiquant en silence qu’il pouvait en prendre de la graine.

— Je n’y manquerais pas, soyez-en certains, assura Fred. Ce sont les rapports écrits par vos services qui m’interrogeaient.

— Juste un compte-rendu établi à partir des enquêtes des autorités nationales.

Un joli mensonge.

— À vrai dire ma question initiale portait sur un point précis et je ne doute pas que vous pourrez m’éclairer.

— Je ferai de mon mieux, déclama Delmont avec une mauvaise foi toute commerciale.

— Pourquoi l’OMS et le GOARN s’y intéressent-ils ? Je ne vous parle pas de la diffusion d’alertes. D’après mes sources, un labo et une équipe du bureau régional de Copenhague sont à pied d’œuvre. C’est beaucoup d’efforts et de ressources déployés pour un compte-rendu sur un événement « insignifiant », non ?

Le sourire de Delmont se dissipa et le responsable indiqua très poliment au journaliste la fin de l’entretien. Fred sortit du bureau avec l’assurance que son enquête prenait une autre envergure. Prochaine étape : le Danemark.

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