1.

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Paris

Impassible, Sam Derty contourna la flaque rouge maculant le seuil. Le sang s’infiltrait entre les lattes du parquet, imbibait le paillasson et rejetait cette odeur métallique caractéristique. Une scène familière et macabre. Ignorant la frénésie de la scientifique et des policiers, l'inspecteur s’accroupit, examina les trainées pourpres sur la porte, les éclaboussures au mur et s’arrêta sur un objet noir gisant au sol. La manette de jeu, abandonnée au milieu du carnage, était recouverte du liquide poisseux.

— Le corps a été emmené ? s’enquit-il auprès d’un collègue.

— Les secours ont tenté de le sauver. Mort dans l’ambulance.

— D’accord, grogna-t-il.

Un regret plus qu’un reproche. Inutile de s’attarder, tous les éléments avaient été piétinés par l’équipe médicale, les preuves, déplacées. Sam devrait se contenter des témoignages. Quoique, la scène parlait d’elle-même. Violence, acharnement, rien de prémédité néanmoins. Un dernier coup d'oeil sur la pièce puis il se leva, pénétra dans l’appartement avant de suivre le couloir jusqu’à la pièce principale. Prostré sur une chaise, un type d’une vingtaine d’années, se tenait la tête, les coudes posés sur les genoux. Les vêtements imprégnés de sang, des marques de coups sur les bras, les jambes prises d’une agitation frénétique. Le suspect. Sam connaissait les éléments de base fournis par le central, querelle de voisinage qui avait mal tourné. Très mal tournée, même. Comment ce môme avait pu s’emporter assez pour défoncer la tête d’un gars à coups de manette ? Visiblement en état de choc, il ne pourrait être interroger avant qu’un médecin ne l’ausculte. Sam se tourna vers un policier en tenue, parmi les premiers arrivés sur les lieux.

— Bouvier, l’interpella-t-il avec un hochement de tête.

— Un beau bordel, hein.

— Qu’est-ce que qu’on a jusque-là ?

Le flic ouvrit son carnet et parcourut ses notes pour livrer un résumé.

— La voisine de palier nous a appelés à neuf heures et quart. Deux personnes se battaient dans la cage d’escalier. Quinze minutes plus tard, la patrouille a trouvé un homme, inconscient, salement amoché et a dépêché le SAMU. Le gamin est sous surveillance depuis.

Un gamin qui avait battu à mort son voisin. Sam en avait vu d’autres, mais la barbarie du geste ne le révulsait pas moins.

— Toujours selon la même voisine, reprit Bouvier, Robert Fantier, la victime, se plaignait régulièrement du bruit provenant de l’appartement du dessus. Cette fois, il a été accueilli.

— Et le suspect ?

— Pas un mot. Enfin, pas un cohérent. On l’a trouvé pantelant, figé sur place, l’arme à la main. Il n’est sorti de sa léthargie qu’à notre arrivée.

— D’accord, acquiesça Derty, portant son regard sur le jeune. Je vais faire un tour dans les pièces. Amenez-le au poste, je vous y rejoins.

L’appartement, typique de la capitale, se composait d’un salon-cuisine et d’une chambre. Parquet esquinté, moulures au plafond, ameublement spartiate. Petit et sonore, de quoi rendre fou le voisinage. Une kitchenette sale et peu fonctionnelle, un canapé défoncé, le tout emballé d’une odeur de sueur persistante. Un vrai logement d’étudiant. La chambre ne comportait qu’un lit et une table, sur laquelle Sam découvrit un écran géant rattaché à un ordinateur. Le matériel, imposant et dernier cri, envahissait le maigre espace disponible. Pas de livres, pas de bibelots, seulement une vie branchée. L’inspecteur n’écrivit rien, ne prit aucune photo, se frotta juste à l’atmosphère pour dresser un tableau mental des lieux. Satisfait, il sortit de l’immeuble affrontant le froid nocturne et rejoignit sa voiture.


Minuit. Rues désertes, circulation fluide et air de jazz en fond, l’ambiance idéale pour divaguer. Un mort de plus. Combien en quinze ans de service ? Il ne tenait pas les comptes, trop effrayant. Secourir, protéger et vider les rues des truands et meurtriers lui suffisait. Enfin, c’était sa motivation initiale. La tâche s’avérait un puits sans fond et tout le monde ne voulait pas être secouru. Chaque enquête livrait son lot de sauvagerie, de violence et de frustration, surtout de frustration. Pas de changement, aucune leçon tirée. Naïf, il s’était imaginé faire la différence, amener un climat plus sain et serein dans son secteur. Aujourd’hui, plus rien ne le surprenait et il n’entretenait aucune illusion sur son rôle. Cette fois encore, il pourrait bien y avoir des gros titres racoleurs sur les dérives de la jeunesse, une foule de supputations sur l’influence des écrans ou les ravages de la drogue, Sam le savait. Oui, il savait que la société avalerait l’incident et se détournerait vite vers un nouveau fait-divers, une nouvelle cause à défendre.

L’enquête ne nécessiterait pas des heures de travail, comme elle ne tiendrait pas le haut de l’affiche durant des semaines. De la paperasse, des démarches et le sort de ce môme serait scellé. Un instant de rage ou une impulsion incontrôlable et le voilà marqué à vie par un acte abject. Ou peut-être recelait-il en lui un fond de colère, une faille tapie qui s’exprimait aujourd’hui comme elle aurait pu le faire à n’importe quel autre moment ? L’inspecteur se concentrait sur les faits et ici, ils étaient limpides, sans appel. On trouverait ses empreintes sur la manette, la voisine témoignerait. Affaire bouclée.

Sam pénétra dans le commissariat assoupi dont le silence feutré s’émaillait de discrètes sonneries de téléphone. Le jeune passait entre les mains d’un toubib, une étape obligatoire qui retarderait l’interrogatoire. Malgré sa hâte, il prit son temps, s’offrit un café, griffonna quelques mots. Une rapide recherche lui apprit que le suspect n’avait aucun antécédent, aucune plainte déposée contre lui. Un jeune sans histoire. Jusque-là. Rien d'inédit, rien de banal non plus. Consciencieux, l’inspecteur envisagea dès le lendemain d’interroger sa famille et son entourage. Des éléments non répertoriés dans les fichiers apporteraient des réponses, une image plus nette de son caractère et surtout des circonstances atténuantes ou des éléments à charge. Boucler ce garçon lui déplaisait, il n’en tirait aucune gloire. Il accomplissait juste son job. Avant toute chose, Sam voulait lui parler. Plus tôt il recueillerait sa version, plus vite il rentrerait chez lui. Il avait un suspect, un témoignage, des preuves, ne manquaient qu’une confession et un profil.

Une fois le feu vert du médecin obtenu, l’inspecteur se dirigea vers une pièce attenante à la salle d’interrogatoire et observa le suspect. De l’autre côté du miroir sans tain, Timothée Moulin adoptait la même position, yeux vitreux, visage creusé. Il semblait déconnecté de la réalité, plongé dans le brouillard, refusant d’assimiler ce qui venait de se produire.

— Qu’est-ce qui t’a pris ? murmura Sam pour lui-même.

La porte dans son dos s’ouvrit. Nul besoin de se retourner, de confirmer ce que ses sens lui chuchotaient. La vivacité du geste, le discret parfum fruité, le claquement décidé des talons, il aurait dû s’en douter. Il souffla ostensiblement.

— Je n’ai pas besoin de vous, marmonna Sam.

— Vous, non.

La voix rauque et assurée de la femme prouva sa détermination. Alex Forgeat se plaça à ses côtés, envahit son espace le mettant mal à l’aise.

— Il a déjà été examiné, insista Sam.

— Pour ses blessures physiques, effectivement. Pas pour le reste.

— J’imagine que je n’ai pas le choix, grommela-t-il. Vous voulez le voir avant ?

— Je vous épargnerai ça, inspecteur. J’assisterai à l’interrogatoire et interviendrai si nécessaire. Etant donné son état, vous aurez besoin d’un coup de main.

— Je connais mon métier et sais faire parler un suspect, en état de choc ou non, pesta Sam.

— Je n’en doute pas. Voyez ça comme un atout supplémentaire.

Un boulet, oui. La psychologue Alex Forgeat était associée à leur équipe depuis une dizaine d’années. D’abord recrutée comme soutien psychologique aux policiers, elle recevait en consultation les membres de l’équipe témoins ou victimes d’atrocités. Elle servait de soupape aux flics, en tout cas à ceux qui en avaient besoin, et surtout à ceux qui osaient pousser la porte de son bureau. Plus délicat, elle était chargée de l’évaluation de toutes les personnes ayant fait usage de leur arme. Une mission qui lui avait attiré l’antipathie et la mise à l’écart de tous, ce qui ne paraissait pas l’affecter. Toujours la même détermination, le même sourire et cette voix chaude, censée apaiser. Sam avait dû se coltiner une séance et en avait conclu que ce n’était pas pour lui. Utile à d’autres certainement, mais s’épancher face à une inconnue qui pensait tout comprendre, tout savoir, non merci. Malheureusement, leurs chemins ne cessaient de se croiser. Depuis peu, son rôle au sein du commissariat avait évolué et elle s’immisçait de plus en plus souvent entre ses pattes. Le doc, comme ils l’appelaient, avait délaissé les policiers, par manque de volontaires ou de résultats, pour se tourner vers leurs enquêtes. Aide aux victimes de traumatisme, profil des suspects, un support psychologique pour le traitement des affaires. Sam n’avait rien contre elle, il supportait mal qu’on mette le nez dans son cerveau ou dans son travail. Ça n’allait pas plus loin.

— Que faisait-il avant l’agression ? s’enquit-elle.

— Il jouait aux jeux vidéo, apparemment.

— En ligne ?

— C’est important ? demanda Sam.

— Possible.

Il se tourna pour la première fois vers elle. Tenue stricte et discrète, queue de cheval auburn, elle était aussi impeccable au milieu de la nuit qu’à l’embauche. Sam considéra un instant ses propres vêtements froissés et sa barbe de deux jours. Il réalisa que le doc n’avait aucune raison d’être encore présente à cette heure-ci. Son allure montrait une chose, elle débarquait de chez elle.

— Qui vous a prévenu ? lança-t-il, inquisiteur.

— J’ai mes sources et le droit d’être ici.

Elle releva le menton, le mettant au défi de la renvoyer. Il s’en amusa, sans rien laisser paraître.

— Ne soyez pas sur la défensive. Je m’étonnais juste de vous voir encore à cette heure tardive.

— Je suis revenue quand j’ai appris cette affaire, avoua-t-elle.

— Je sais.

Il avait vu juste. Elle suivait les nouvelles enquêtes, comme un chien à l’affût. La comparaison lui plaisait. Sam haussa les épaules, fini de jouer. Qu’elle surveille leurs faits et gestes ou échafaude ses théories n’était pas son problème. Minuit et demi. Il était temps. L’inspecteur quitta la pièce, laissant Alex à son étonnement. Elle réalisa être tombée dans son piège, esquissa un sourire, bonne perdante.

Des relents de peur et de transpiration les submergèrent à leur entrée. Ils s’installèrent, côte à côte, face au garçon affalé sur sa chaise. Confrontée à une personne effrayée, perturbée même, Derty possédait sa technique. Commencer par des questions simples, nom, âge, profession, des questions de pure forme, énoncées d’un ton serein, sans aigreur ou hâte, histoire de le mettre à l’aise. Puis il inscrivait les réponses, sans faire de remarques, comme si ces informations étaient essentielles. Patience et calme. En réalité, l’inspecteur guettait le moment propice pour en venir au cœur du sujet. Alex, quant à elle, se tint immobile, attentive à la gestuelle, aux murmures du jeune homme. Elle évaluait son état, donnait une base à son profil. Timothée répondit aux questions d’une voix morne et relâcha petit à petit ses muscles. Sam marqua une pause, posa son stylo et planta ses yeux dans ceux fuyants de Timothée.

— Pouvez-vous nous dire ce qu’il s’est passé ce soir ? Vous jouiez, c’est ça ?

Il hocha imperceptiblement la tête.

— Détaillez-nous votre emploi du temps de la soirée.

— Après les cours, je suis rentré chez moi et j’ai lancé une partie, comme tous les soirs.

— Vous jouez souvent ? l’interrompit la psy.

Sam la fusilla du regard. Elle bousillait sa stratégie, coupait le suspect dans son élan.

— Je fais partie d’une guilde, j’ai des engagements et puis c’est sympa, répondit le jeune.

— Je n’en doute pas, vous y retrouvez des amis.

Timothée, plus à l’aise, ébaucha un sourire.

— Reprenons, lança l’inspecteur. Vous vous êtes installé devant l’écran et ensuite ?

— On a voulu entamer une quête, un gros truc qui aurait rapporté. Ça allait nous prendre des heures. J’étais à fond quand le voisin a frappé à la porte. Quand je joue, j’ai le micro, mais j’aime avoir la musique, ça me met dans l’ambiance, vous voyez ? Un peu fort, c’est vrai.

Sam acquiesça et l’invita à poursuivre.

— Il est pénible, au moindre bruit, il se plaint. La musique, les chaussures, même les discussions ! Tout l’énerve. Je voulais l’ignorer, j’étais dans une situation délicate, mais il a insisté encore et encore. Il hurlait, me menaçait.

Le jeune homme posa ses mains sur son crâne, s’agrippa à ses cheveux comme en proie à une migraine. Ses traits se transformèrent, tous les muscles de son visage se crispèrent. Evanoui le faible sourire au souvenir de sa partie, la timide décontraction obtenue au début de l’entretien. Conscient de ce changement, Derty laissa la transformation s’opérer, pour voir où cela les menait.

— Après, balbutia Timothée, je sais plus.

— Vous ne savez plus ? s’étonna Sam. Ou vous ne voulez pas en parler ?

— Je ne me souviens plus. J’essaie, je vous promets, se justifia-t-il.

Timothée s’adressait uniquement au docteur. Elle le comprenait, elle le croyait.

— Je sais que j’ai fait quelque chose d’horrible. Vos collègues me l’ont dit. Et j’ai vu le sang, sur mes mains, sur mes habits. Vous êtes sûrs que c’est moi ? murmura-t-il.

Les pupilles dilatées, le ton suppliant, il ne mentait pas. Ce môme n’avait pas la moindre idée de ce qu’il s’était passé. Alex se tourna vers le policier pour demander la permission d’intervenir. D’un clignement de paupière, il lui laissa la parole.

— Vous ne vous souvenez vraiment de rien ? chuchota-t-elle. Pas même une image, une sensation ?

— Je ne comprends pas, marmonna-t-il, c’est un cauchemar. Je revois ce sang, toujours ce sang. Tout est rouge. Même Fantier.

— Vous avez une sorte de blocage, Timothée. Nous allons procéder autrement, d’accord ?

Le jeune homme se raccrochait à sa voix, comme si elle seule pouvait le sortir de ce mauvais rêve.

— Laissez de côté les images pour l’instant. Retournez à votre jeu et concentrez-vous sur vos sensations. L’excitation de la partie, l’exaltation de gagner, quoi d’autre ?

— J’étais concentré, je protégeais les arrières de mon coéquipier, j’avais les yeux partout. Et je commençais à avoir faim.

— Bien. Maintenant, qu’avez-vous ressenti lorsqu’il vous a interrompu ?

— De l’agacement, je crois. J’étais énervé. Je ne voulais pas qu’il bousille la mission, comme l’autre fois. Il avait fait tout capoter, les potes m’en ont voulu.

— Vous avez arrêté le jeu, parlé à vos camarades peut-être ?

— Je crois.

— Vous vous êtes levé et avez ouvert la porte, l’encouragea-t-elle.

Sam observa l’accentuation des tics nerveux, la sueur abondante sur son front. Les yeux plissés, le jeune homme se concentrait et revivait autant ses souvenirs que les sentiments éprouvés.

— Je ne me souviens de rien, de rien du tout. Juste du rouge, du rouge partout. Qu’est-ce que j’ai fait ? hurla-t-il, implorant.

Alex signifia d’un regard à l’inspecteur qu’il n’en tirerait rien de plus pour le moment. Ils se levèrent, laissant le garçon à ses sanglots.

— Il a besoin d’un suivi, attaqua la psy bille en tête.

— Peut-être, mais ce n’est pas de mon ressort, souffla Sam en retournant à son bureau.

— Ça ne vous inquiète pas ?

Mains sur les hanches, les pieds bien ancrés dans le sol, Alex se planta face à l’inspecteur. Sam n’avait aucun compte à lui rendre. Il aurait pu analyser son cas avec elle, refaire le monde et trouver des excuses au suspect. L’addiction au jeu, l’absence de vie sociale. Pas l’envie et pas son travail. Pourtant, il s’amusait de l’attitude de la jeune femme, l’admirait presque. Elle fouinait partout, sans honte et sans se démonter. Avec assurance, elle attendait sa réponse, prête au combat.

— Que comptez-vous faire ? s’enquit-elle en s’asseyant face à lui.

— Mon travail.

— Cette perte de mémoire ne vous intrigue pas ?

— Elle est bien pratique en tout cas.

Sam ne pensait pas un instant qu’elle était feinte. Il avait été confronté à des dizaines de suspects prétextant une amnésie, savait déceler les vraies et celle-ci sonnait juste. Il voulait juste lui pointer son manque d’objectivité et qu’elle se trompait de combat. Ils étaient là pour résoudre un meurtre, rassembler les preuves et les témoignages, pas pour justifier les actes des criminels. Si elle désirait étudier ce cas, elle le ferait sur son temps libre. Et sans lui.

Alex garda le silence, consciente de la stratégie du policier. Derty était obtus, pas idiot. Sous ces airs de brute mal dégrossie, l’inspecteur montrait parfois de la finesse, voire de l’ouverture d’esprit. Il était renfermé, froid, mais ne négligeait jamais une piste.

— Très bien. C’est étrange qu’il ne se souvienne de rien, mais sans être spécialiste, je sais que ce genre de phénomène arrive. Une amnésie temporaire après un choc émotionnel. C’est bien comme ça que vous le décririez ?

Elle haussa les sourcils et acquiesça avec un sourire.

— Mais cela ne change rien. Il a pété un plomb, surmenage, insomnie ou overdose de jeux, peu importe. Et a commis un crime. Cela n’a rien d’exceptionnel.

Sam referma un dossier d’un geste sec, signifiant que la discussion était close. La jeune femme se redressa, une déception à peine voilée sur le visage, hocha la tête et se dirigea vers la sortie. Il crut, une seconde, pouvoir ranger ses affaires et rentrer, lorsqu’elle se retourna à moitié.

— Savez-vous qu’il y a eu deux appels similaires cette nuit ?

Derty désirait de toutes ses forces ignorer la remarque. Les mâchoires serrées, il se retint de réagir, de dévoiler un quelconque intérêt. Il balaya d’un revers la remarque et attrapa son sac. Perplexe, il l’observa s’éloigner à la dérobée, secoua la tête et craqua.

— Quels appels ?

Alex, de dos, s’autorisa un sourire victorieux. Sans rebrousser chemin, la psy se retourna, le visage de nouveau neutre.

— Un dans le 9ème, violence domestique et un autre dans un cyber-café nocturne sur les Grands Boulevards.

— Quel lien ?

— Les jeux en réseau.

— Un peu maigre, dédaigna-t-il.

— À peu près au même moment.

Elle se rapprocha et lui fit face, le défiant de rejeter ces nouveaux éléments. La dépassant d’une tête, il dut baisser les yeux et admira sa ténacité. Ignorant son scepticisme, elle ajouta :

— Et la perte de mémoire.

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