10 - Nilson

2 minutes de lecture

- Je ne sais pas mais ça peut être à double tranchant je pense, répond-il enfin ; soit je la sauve soit on se détruit mutuellement.

La sentir contre moi, m'a permis de formuler cette phrase. Il faut qu'elle le sache : je ne suis plus rien sans elle. Jusqu'à que je la rencontre je n'ai jamais laissé une femme s'approcher d'aussi près de moi. Je les repoussais toutes. Les soumises qui voulaient plus que de la domination, je les ai répudiées. Celles qui venaient me draguer, je me faisais passer pour le plus gros connard qu'il ait sur la terre. Je n'ai jamais connu ce qui se passe avec Mia avec quiconque d'autres. C'est elle et seulement elle.

- Ce n'est pas un peu égoïste ? me demande la thérapeute.

- Si Mia est d'accord, pourquoi ça le serait ?

La femme en face de nous sourit à ma réponse tout en écrivant sur son bloc note. Je sens Mia tenter de glisser timidement son bras sous le mien et entremêler nos doigts. Elle fixe un point imaginaire devant elle et n'ose pas me regarder.

- Mia, que s'est-il passé dans ta tête pour te faire du mal ?

- Je... J'avais peur.

- Peur de quoi ?

- Qu'il m'abandonne. Je n'avais pas dormi, me ressassant son visage quand je l'ai pris pour son frère. Et quand il s'est réveillé, j'étais convaincu qu'il me détestait, qu'il ne voulait pas de moi... C'est idiot, je sais... J'ai ces voix dans ma tête qui arrivent à me convaincre du contraire. Je suis faible...

Lorsque j'entends sa réponse, je ne peux que me sentir plus bête que je ne le suis déjà. Hier elle avait besoin que je la réconforte, lui dire que je ne quitterais pas. Elle se tourne vers moi :

- Je suis désolée... D'avoir fait ce que j'ai fait ce matin, j'aurais dû te demander de l'aide. Et je reconnais t'avoir poussé à bout, j'aurais dû te laisser seul pour digérer tout cela mais j'ai été égoïste, j'avais besoin de ta tendresse. Et que tu me fasses l'amour.

A cette dernière phrase elle devient rouge comme tomate ce qui me fait rire :

- Je me suis refusé à toi parce que je ne voulais pas que notre première fois se fasse dans ces circonstances. Et je t'aurais baisé, j'aurais évacué toute ma frustration sur toi, ça n'aurait pas été doux du tout. Je ne veux pas que tu en ais ce souvenir. D'accord ?

Elle hoche la tête, les joues roses, les yeux dilatés et la bouche entre ouverte. Elle ne se rends pas compte comment elle m'excite comme ça. S'il n'y avait pas Mme Schmidt, je la prendrais sur le champ. Mais je me baisse vers elle pour déposer un chaste baiser sur ses lèvres chaudes. Je me bats contre moi-même pour me détacher d'elle.

- Je vois que votre crise est réglée et vous prenez bien soin de Mia. Je suis ravie qu'elle vous ait trouvé. Cependant, on pourrait continuer ces séances, je pense qu'elles vous seront bénéfiques.

Je hoche la tête :

- Combien de fois vous voulez nous voir dans le mois ?

- Eh bien, je pensais que que chacun de vous ai une séance individuelle par semaine et tous les quinze il y ait une mise au point avec une séance de couple qu'est-ce que vous en dites ?

Mia me regarde en cherchant mon approbation, je lui souris :

- Pour moi il n'y a pas de soucis.

- Pour moi aussi, elle lâche enfin.

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