8 - Mia

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Je suis nue, seulement recouverte de mes pansements. Je suis accroupie par terre, sur le sol froid. Nilson est en face de moi, il me tourne le dos. Il examine le sang que j'ai laissé par terre. Son dos large cache la scène. J'ai honte. Je me lève malgré moi, je veux qu'il arrête de regarder mes ravages. Je colle mon corps contre son dos, mes seins plaqués entre nos deux corps. J'enlace son corps et pose mes mains sur son ventre musclé. Je descends pour jouer avec son nombril.

- Qu'est-ce que tu fais, Mia ?

Je ne réponds pas. Je fais glisser mes mains jusqu'à rencontrer son caleçon, puis je reviens sur son nombril. Mes mains tremblent de peur qu'il me rejette. Mais je continue tout de même. Je me recule assez pour embrasser son dos, je couvre sa colonne vertébrale de baiser, je lèche sa peau, elle a un gout salé. Je m'enivre de son odeur. Puis je remonte pour embrasser ses omoplates.

- Tu devrais aller te coucher, me conseille-t-il

Je ne l'écoute pas. Je continue à le caresser tout en l'embrassant. Mon cœur est prêt à sortir de ma cage thoracique, je balade mes mains vers son caleçon, je n'ai pas le temps de les glisser à l'intérieure : je sens un étau me stopper.

- Va t'habiller et te coucher, c'est un ordre.

Il me rejette. Je n'arrive plus à bouger. Je ne sais plus quoi dire. Il utilise son ascendant pour me repousser. Humiliée, je tente de m'éloigner. L'étau autour de mes bras se desserre et disparait. Malgré tout, je ne peux m'empêcher de demander :

- Monsieur... Pouvez-vous me faire l'amour ?

Tu fais pitié !

Cette remarque gorge mes yeux de larmes. Je n'ai pas le temps de les essuyer, Nilson me fais face. Il me fixe, aucune émotion émane de son visage. Son regard froid, ses sourcils froncés me font baisser les yeux.

- C'est vraiment ce que tu veux ? Est-ce que tu veux que je déverse toute la rage en moi en te baisant ?

Sa voix est rauque et sans émotion, il me fait peur. Ce n'est pas Nilson. Cet homme n'est pas mon maitre. Il me fait peur. Je secoue la tête.

- Regarde-moi et parle ! grogne-t-il

Le son de sa voix me fait sursauter. Je m'empresse de m'exécuter :

- Non... ce n'est pas ce que je veux.

Cet homme m'effraie, je recule. Je tente de m'éloigner de lui, ça ne l'empêche pas de réduire l'espace que j'essaie d'imposer entre nous.

- Pourtant j'ai l'impression qu'il faut que je te punisse.

Me punir, oui, je veux bien. Cependant, dans cet état, je n'ai aucune envie qu'il me touche. Je n'arrive plus à maitriser ma respiration. Je continue à reculer, et il avance toujours :

- Pourquoi ?! il rugit

Je me retrouve assise sur la cuvette des toilettes, il est debout, il me domine. Pétrifiée, en pleurs, je me recroqueville. Je ne comprends pas ce qu'il essaie de me dire. Je n'ai le courage que pour chuchoter :

- Tu me fais peur...

Ses pieds sont dans mon champs de vision, un ange passe, puis ils disparaissent. Je n'ai pas le courage de me relever. Je suis encore dans tous mes états. J'entends seulement la porte se fermer. Il n'est plus là. Qu'est-ce que j'ai fait ?

Annotations

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Défi
Mantille



Chaque mot a son importance
Ou dois-je mettre l accent ?
Mais ou sont-ils passes
Pourtant je ne m en etais pas apercue
Ou dois je mettre l'accent ?

Suspendu dans l air entre deux consonnes
Il est une virgule qui comme un ballon
Tourbillonne au-dessus de ma tete
Il me chatouille le nez comme la cedille

Ou dois je mettre l accent ?
Ne riez pas, pour un humour de style
ps : L'absence d'apostrophe, d´accent aigu est voulu pour l'acrostiche : Composition
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PM34

Cendre traîne dans les rues. Le poison dans ses veines le rapproche des nues. Il s'effondre sur le banc d'un square, sans savoir où il est. Tout ce qu'il sait c'est que la drogue le fait planer, qu'il aime se tuer ainsi. Fuir ses problèmes en sachant qu'il ne fait que les reporter, en rajouter. Ses larmes coulent tandis qu'il murmure sa détresse aux étoiles. La Lune se dresse devant lui, figée et apathique, semblable à ces gens qu'il déteste, semblable à tous les Hommes.
La nuit est noire comme ses idées, blanches comme ses sachets de poudres. Les rares piétons l'ignorent, parfois après un regard méprisant. Il se hait de ne pouvoir sortir de cet abîme, de ne pas en avoir la volonté. C'est si facile de fermer les yeux, s'enfermer dans son tombeau... Il regarde la Lune, se lève et lui hurle silencieusement de le laisser tranquille. Il continue de l'insulter sans un bruit, jusqu'à ce que des nuages la masquent. Alors il se calme et retourne se coucher sur le banc. Il continue d'y pleurer, ses larmes glissent sur ses joues, tombent sur de vieilles gravures, cicatrices du vieux banc, et coulent enfin au sol où elles se perdent dans la terre et les feuilles mortes.
Son esprit lui revient petit à petit. Il respire doucement, se lève et marche un peu. Il jette un regard à son sac qui l'attend sur le banc, pense à la substance qu'il y a dedans, à la vie qu'elle lui prend.

Cendre ne saura dire pourquoi il a fait ce choix, mais à cet instant il fait sincèrement le serment, à la Lune et aux étoiles, de ne plus les rejoindre. Il sort ses sachets de son sac et les met à la poubelle. Puis il s'en va, respire l'air frais à plein poumons, quitte sa prison.
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Jallor
De la mer Aurthaleto jusqu'au désert Haysaïble, en passant par la ville de Freykyord, le marais de Troschoyld ou encore le plateau de Voltraf, l'Empire de la Tétrade regorge d'histoires et de mystères, de monstres et de dieux, de mages et de guerriers. À travers ces quelques chroniques, partez à la rencontre des habitants de ces terres lointaines et apprenez en plus sur leur monde.

Ce groupement de petites histoire indépendantes est pour moi un très bon moyen de développer l'univers "des Arumentars" à travers des situation et des lieux très différents les unes des autres. Je l'ai commencé lors de l'Inktober 2019 où le but est d'imaginer quelque chose tous les jours à partir d'un mot (mot qui est indiqué dans chaque titre).



Artwork par Roman Kuteynikov ( https://www.artstation.com/rroland )
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