5 - Nilson

7 minutes de lecture

Il est vingt heures, le soleil ne s'est pas encore couché sur Nice. J'ai fini de travailler pour aujourd'hui. Depuis une demi-heure je cherche quelque chose de nouveau à faire parce que je ne veux pas rentrer chez moi. Ma mère est arrivée cet après-midi et m'attend. Je ne veux pas lui faire face, elle va encore me faire le même discours pour que je lui pardonne et ça va dégénérer comme d'habitude. Heureusement que cette fois ci, mon père n'est pas avec elle. Il n'aime pas nous voir nous déchirer. Elle est venue pour une semaine afin de rendre quelques bilans pour ma filiale à Paris. Normalement, elle n'est là que pour affaire.

Je me lève, resigné. Je dois faire vite pour rejoindre minou au plus vite. J'attrape mon téléphone et descends dans le parking. Mon chauffeur y patiente. Je n'ai pas la tête à conduire ce soir.

Je pose ma tête en arrière et ferme les yeux. Je suis fatigué. Je repense à cette après-midi ou j'ai retrouvé Mia accompagnée de cet homme. Il ne se cachait pas pour lui faire des avances, proposant même de prendre ma place. Mon petit, tu devras attendre bien longtemps avant même d'y penser ! J'étais fou de rage, j'ai failli lui décoller mon crochet du droit. Je me suis retenu ; je voyais déjà les gros titres des magazines : « le PDG de la filiale Line se retrouve mélée à une bagarre ». Les investisseurs ne me l'auraient pas pardonné. Puis quand je l'ai menacé, il s'est fait tout petit. Il est vite parti.

Puis il y a eu l'interrogatoire de Bianca. Elle ne m'aime pas trop. Je peux la comprendre, elle ne veut que protéger Mia. Elle ne veut que son bien. Mais à certaines de mes réponses, Mia a mal réagi, je ne voulais pas faire d'esclandre, je l'ai ignoré mais ça m'a vexé. Elle a réagi quand j'ai dit que notre relation est un peu amoureuse et un peu sadique. Quel est son avis ? Je lui répète que je l'aime – elle ne me l'a jamais dit quand j'y pense bien – et je lui donne la douleur dont elle a besoin. Je sais, il faut lui laisser du temps pour qu'elle s'adapte, j'en suis conscient. Mais sa réaction m'a froissé. Et puis quand Bianca a parlé de l'épouser et fonder une famille, elle a aussi été étonnée. Pourquoi ? Quels sont ses objectifs dans la vie avec moi, si ce ne sont pas ceux-là ? Je ne comprends plus rien. Il faut que je lui en parle. Veut-elle juste passer le temps avec moi ?

- Monsieur, nous sommes arrivés.

Je sors de mes pensées. Je souffle un bon coup et sors de la voiture après avoir demandé au chauffeur de rester, j'aurais besoin de lui. Devant l'entrée de ma villa, je redoute le moment où je vais revoir ma mère. Je pousse la porte et une bonne odeur de poulet rôti traine dans la maison. Je suis l'odeur qui me mène jusqu'à la cuisine. Là je vois ma mère s'affairer à cuisiner. Elle est en pyjama, sous le tablier de cuisine qu'elle porte. Elle n'a plus ses éternels talons mais des chaussons lapin. Je retrouve la mère de mon enfance. J'en souris. La vipère aurait-elle disparut ?

- Bonsoir, dis-je méfiant.

Surprise, elle se retourne vers moi. Un grand sourire accroché sur le visage, elle me prend dans ses bras. Qu'est ce qui lui prend ? Depuis que j'ai quinze ans – quand elle m'a envoyé en Allemagne pour études – elle ne m'a pas pris dans ses bras. Elle me relâche et me montre la cuisine – dans un sale état – d'un air désolé :

- Je voulais te préparer ton plat préféré avant que tu n'arrives.

- Merci, mère. Je ne sais pas à quoi tu joues mais je vais vite le découvrir, dis-je en me dirigeant vers le salon.

Je m'assieds sur le canapé et regarde la télévision. Les vigiles sont bien là, un dans chaque pièce. Je les salue. Je reste quelques minutes à me divertir avant que ma mère arrive et éteigne la télé. J'ai l'impression de revenir en enfance, quand on avait le droit de la regarder la télévision que le Week end.

- Le diner est prêt, me dit-elle. Va te laver les mains et viens manger.

- Mère, je n'ai plus 10 ans. Je sais ce que j'ai à faire, je n'ai plus besoin de toi depuis bien longtemps.

Elle me regarde ahurie. Je viens de la vexer ; et un point pour moi. Ça me fait un bien fou de savoir que je peux la blesser comme elle l'a fait avec moi ou Enzo.

Je me lève pour me laver les mains et la rejoindre. Je m'assieds à table, elle se met à côté de moi. Elle a fait une salade césar en entrée, et un poulet rôti avec une purée de pomme de terre faite maison. Mon plat préféré quand j'étais petit. J'en bave presque.

- Comment s'est passée ta journée ?

- Qu'as-tu à me demander, mère ?

Elle me regarde, les sourcils froncés :

- Je n'ai pas le droit de regagner les faveurs de mon fils ?

- Non, surtout que depuis mes quinze je me débrouille seul et que cette soi-disant mère est fautive de la mort de son autre fils ! je m'énerve. Que te faut-il pour que tu redeviennes la vipère que tu as toujours été ? dis-moi !

Elle me fixe, horrifiée par mes paroles :

- Je suis désolée. Je te demande pardon pour tout ce que je t'ai fait. J'ai parlé longuement avec ton père, il y a quelques semaines. J'essaie de faire des efforts avec tout le monde, je te le promets. Et je voulais me racheter auprès de toi. Je suis désolée pour Enzo mais ce n'est pas moi la fautive, tu sais très bien qui c'est.

Cette allusion à Mia me fait monter dans les tours. Je me lève brusquement et pars après lui avoir dit le fond de ma pensée :

- Amelia n'a rien fait, tu le sais, elle n'est qu'une victime de la folie de mon frère. Tu n'as jamais avoué que Enzo avait besoin d'aide médical, ça t'aurait tué de l'admettre. Et au lieu de l'interner, tu l'as exilé en Espagne et aux Etats Unis. C'est à cause de toi qu'il s'est suicidé, il avait besoin de nous et tu l'as rejeté !

Je retrouve le chauffeur devant la maison. Je lui demande les clés, j'ai besoin de conduire. Il me les donne avec une certaine hésitation, je le vois. Je lui fais signe de monter sur le siège passager. Je démarre en trombe. J'ai besoin d'évacuer toute l'adrénaline de cette altercation. Je dépasse la limite de vitesse, l'homme à côte de moi essaie de me calmer :

- Monsieur, s'il vous plait allez moins vite. J'ai des enfants, je voudrais pouvoir les rejoindre ce soir.

Sa phrase me fait un choc. Je suis en train de le mettre en danger et moi aussi. Je ralentis et m'excuse. Qu'est-ce que je peux être stupide parfois !

Nous arrivons devant l'entreprise, je redonne les clefs au chauffeur et lui souhaite une bonne soirée. Je demande pardon une énième fois. Devant le bâtiment, le vigile me reconnait et m'ouvre la porte :

- Bonsoir monsieur Bousso. Une certaine mademoiselle Roy vous attend à votre appartement.

- Merci.

Je ne traine pas pour rejoindre la femme que j'aime. Je prends mon ascenseur. En sortant de la cabine je cours presque jusqu'à la porte de mon appartement. Elle est fermée, ma secrétaire a surement dû lui donner le double de mes clefs. Dans l'appartement je la retrouve dans ma chambre, allongée dans mon lit, endormie, sur le dos et les mains au-dessus de la tête. Je regarde l'heure, il est presque vingt-deux heures. Elle doit être fatiguée. Je me déshabille. Je reste en caleçon. Je pars dans la douche me brosser les dents, même si je n'ai rien mangé, la dispute avec ma mère m'a coupé la faim.

Je reviens vers ma bien aimée. Je lève la couette pour m'allonger près d'elle. Je découvre ses jambes nues, elle ne porte que ma chemise. Elle est très sexy comme ça. Je la veux. Pour la réveiller en douceur, je déboutonne ma chemise. Petit à petit je découvre ses seins que j'embrasse, je les prends en bouche, les suce légèrement. Je la sens bouger un peu mais elle dort toujours. Alors je continue mon expédition. Je descends sur son ventre, que j'embrasse aussi. Je dépose un baiser sur chaque boursoufflure. Elle commence à trembler, cependant elle dort encore à poing fermé. Son corps est avec moi, mais son esprit est encore dans les vapes. Alors je descends encore, cette fois sur son intimité. J'écarte ses cuisses pour les embrasser à leur tour, très près de son bijou. Je vois sa respiration commencer à s'accélérer, elle est prête à se réveiller. Je dévoile son entre jambe que je découvre humide. Il est recouvert d'un léger duvet. Je le regarde pour le garder en mémoire. Il y a de légères incisures sur ses grosses lèvres je n'y fais pas plus attention. Je tire la langue pour laper son jus. J'ai à peine pu sucer son mont Venus que ses jambes me prennent en étau, elle est à moitié endormie. Elle crie des bouts de phrase :

- Non, Enzo ! je t'en... pas ça... rien fais. Pas dit à maman. S'il te plait... fais mal.

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Défi
Yiig Drasil



  Depuis de nombreuses années, Grégoire ne peut se passer de lui. Chaque matin sa douce odeur le sort de son sommeil agité, le réconfortant comme une mère chaleureuse et bienveillante.
  Ce matin, comme à son habitude, il s'extirpe difficilement de son lit. Seul l'idée d'éteindre son fidèle cellulaire le motive à engager la mécanique quotidienne pour affronter la journée qui peine à commencer.
  Ses journées sont rythmées par le tempo assommant du vieil adage : « métro, boulot, dodo ».
  Grégoire est un vieux célibataire de quarante-trois ans. Ce n'est pas un choix, mais la vie ne lui a jamais donné la chance de croiser son alter égo ou ce que certains appellent « l'âme sœur ».
            D'ailleurs il ne l'a jamais vraiment cherché.
  Sa famille le taquine souvent, voire trop, sur le manque de compagnie dans sa monotone vie. Son père lui a même sorti un jour :
  « Tu sais, il faut nous le dire si tu aimes les hommes. Ce n'est pas grave. »
 Grégoire avait ressenti toute l'introspection et le travail de son père à l'élaboration d'une telle conclusion. Il revoit encore son père les mains crispées sur ses couverts et les veines de son front pulser sous l'intensité d'un tel aveu. Toute la table s'était tue comme si la déclaration du paternel donner la bénédiction suprême à Grégoire : « Soit, tu aimes les hommes et je prendrai sur moi car je t'aime, mon fils. »
            Foutaises !
  Bien entendu que ce n'est pas grave d'aimer les hommes. Grégoire n'appréciait pas ce genre de réflexion arriérée. S'il n'était pas en couple, c'était qu'il aimait les hommes. Mais quelle stupidité de penser ainsi.
  Son père suggérait par ces mots que le fait d'être encore célibataire à son âge était assez préoccupant pour qu'il accepte l'homosexualité de son fils.
  « Je prendrai sur moi. » ; « je t'aime, mon fils. »
  Grégoire remplit son mug et rit amèrement au souvenir de l'ultime sacrifice paternel. Si tu aimes tes enfants, tu te fous d'apprécier ou non s'il fourre les poulets plutôt que les poulettes.
  Grégoire n'en veut pas vraiment à son père, c'est la société qu'il faut blâmer.
  Premièrement parce qu'elle impose comme convention que pour être heureux il faut s'accoquiner d'une moitié, un partenaire pour faire la vie. Folie ! Il n'a de compte à rendre à personne et encore moins aux normes sociales.
  Deuxièmement, il reproche à la société l'hypocrisie face à l'homosexualité et le transgenre. Car la conclusion de son père reflète la fausse tolérance du grand nombre.
  « Ce n'est pas grave d'être gay... »
  Mais bien entendu ce n'est pas grave ! Nous n'avons même pas à le mentionner ! Le fait de le préciser démontre un embarras vis à vis de l'orientation sexuelle. Nul ne choisit d'être attiré par une autre personne. C'est là magie des relations sentimentales.
  D'ailleurs, ce n'est pas grave d'être hétéro !
  Ce n'est pas grave d'être grand, gros ou même con ! Non, être con ça c'est grave!
  Quoiqu'il en soit Grégoire ne s'était jamais posé la question quant à son orientation, il est autant attiré par les femmes que par les hommes. S'il n'est pas en couple ce n'est pas par choix cependant il ne cèdera pas à la pression sociale.
  D'ailleurs doit-on être en couple et faire des enfants pour être heureux ?
  Grégoire pense à son frère ainé, marié depuis quinze ans, trois enfants. Sa belle-sœur a pris un kilo par année de mariage. Le teint terne et le visage tiré. Elle ressemble à une revenante boulimique. Elle hurle sans cesse sur ses enfants, tant et si bien que dans la famille on la surnomme le Grinch. Mais le plus pathétique est son frère qui lui prodigue moultes conseils, alors qu'il trempe sa nouille chez toutes ses collègues et n'épaule jamais sa femme.
  Cliché !
  Si c'est ça le bonheur, Grégoire n'en veut pas.
  Grégoire trempe les lèvres dans sa tasse chaude et se brûle le bout de la langue. Il écarte le liquide brulant de sa bouche et grimace en soufflant pour faire passer la peine. Son geste est brusque et sa tasse se vide sur le carrelage. Gregoire lâche un juron, il nettoiera ça avant de partir au travail, tout de suite il veut s'occuper de sa tasse vide.
  Arrivé devant la cafetière, il se ressert une bonne rasade de café. Ce doux et divin breuvage qui le console chaque matin, qui le détend à chaque pause au travail et qui jamais ne lui fait faux bond.
  Il colle la tasse contre ses lèvres et avale le liquide brulant dans de longues lampées langoureuses.
  Le café, il en boit depuis ses vingt-et-un ans. A son arrivée à l'université, il s'était donné un style. Rompant avec l'enfance, il avait abandonné le chocolat chaud, le trouvant trop ingénu pour continuer à le consommer dans sa vie d'étudiant en lettre.
  Boire du café est sexy s'était-il dit, il donne un genre intellectuel acidulé et perspicace. Il n'a jamais voulu du thé, trop bobo pour lui.
  Grégoire sourit en analysant ses divagations. Il reproche à son père ce que lui-même vient de faire. Il a des aprioris, des idées préconçues. Il vient de mettre en boîte avec une grosse étiquette les consommateurs de thé, chocolat ou de café.
  Oui, mais le café... hmmm, les arômes de cet arabica étaient uniques...
  Au moulin à café, le jeune vendeur lui fait découvrir de nouvelles saveurs. Il est torréfacteur, artiste des mélanges et poète.
  Grégoire le trouve magnifique dans son tablier blanc immaculé. Il s'appelait Steven et ne devait pas avoir plus de vingt-cinq ans.
  Il avait toujours aimé le café, mais il le vénérait depuis que Steven l'avait ensorcelé avec son lyrisme sur les petits grains grillés.
  Steven possède une bouche pulpeuse et de grand yeux verts. Archétype du jeune bellâtre, Grégoire l'admire et se presse de finir chacune de ses compositions le plus vite possible pour retrouver son Van Gogh de la torréfaction et se perdre dans une nouvelle rhapsodie du caoua.

  Une douleur atroce lui soulève le creux de l'estomac. Il déboule dans les toilettes et vide d'un trait son café. Du sang frais macule les rebords de la faïence et du rejet amer barbouille le coin de ses lèvres.

  « N'y pense même pas, mon amour. »

  Grégoire se jette en arrière se cognant contre la porte des sanitaires. D'où provient cette voix ?

  « Grégoire, mon cher partenaire. Tu pensais que je ne réagirai pas à tes pensées crapuleuses au sujet des douces lèvres de ce ... Steven ? Le blondinet qui te fait bander à chaque fois qu'il te tend une poche de café fraichement moulu. »

  Le ton est amer et légèrement moqueur.

  Grégoire se lève, apeuré, son sang fouette ses joues et ses tempes violemment. Qui donc lui parle ? il est seul dans ce triste appartement à la décoration scandinave. Il se trouve à l'instant vulnérable et ridicule.

  « Qui ? Qui est là ? » demande-t-il d'une voix tremblante.

Il se redresse péniblement, la douleur dans son estomac lui lance comme une brûlure.

  « Bon bel Apollon, c'est moi. Ta plus adepte compagne. Tu me nourris et me choie depuis si longtemps. Nous sommes de vieilles connaissances. Je me fais invisible généralement, mais ce matin tu m'as vraiment offensée. »

La voix sonne dans sa tête omniprésente. Grégoire parcourt son appartement, ouvrant violement chaque porte et scrutant dans chaque pièce, agacé et pressé de débusquer cette femme à la voix suave. Il l'imagine belle à en couper le souffle, brune et dominante.

  « Je ne vous vois pas, où êtes-vous ? Montrez-vous !» crie-t-il à tue-tête.

  « Grégoire, Grégoire... je te pensais plus intelligent. Quoique... depuis que ce blondinet s'est interposé dans tes pensées, tu deviens terriblement stupide. »

Il finit par regarder dans la salle de bain, il ouvre dans un mouvement sec le rideau de douche. Personne... fichtre...

  « Je deviens fou... » murmure-t-il en se passant de l'eau sur le visage, il ancre ses poings sur le lavabo et se force à respirer calmement pour reprendre ses esprits.

  « Mais non, mais non... Regarde toi. Regarde-moi ! » reprend la voix sensuelle.

Grégoire lève avec crainte les yeux sur le miroir face à lui, il se perd dans son reflet avec une appréhension éprouvante. Les traits de son visage vacillent, une femme prend sa place dans le miroir, elle est diablement séduisante. Ses lèvres carmines frémissent d'excitation. Grégoire est pétrifié mais secrètement il la souhaite vraie pour pouvoir la saisir dans les bras et lui faire gloire, un hommage au moins à la hauteur de son aura enchanteresse. La vision se floute et disparait, il reste seul face à sa gueule affligeante de normalité.

  « Que... Steven a mis quelque chose dans mon café.» se rassure-t-il en riant nerveusement. Il a déjà consommé des drogues qui pouvaient faire ce genre d'effet.

  « Pitié. Si tu me parais plus bête qu'à ton habitude, Steven est atteint de crétinisme sévère. Et ce n'est pas une cure d'iode qui le sauvera. Steven n'est qu'une marionnette, un mauvais acteur qui te fait croire qu'il est la jeunesse et l'originalité. Pfff, j'ai 25 ans et je suis torréfacteur dans une chaine de boutique bobos à souhait. Et toi, qui te dit si anti-conventionnel, tu as plongé dans le piège du markéting et le regard hollywoodien de ce damoiseau. Pathétique. »

La voix ricane sous son crâne, Grégoire converse avec une mauvaise conscience qu'il espère ne pas être la sienne. Est-ce cela le burn-out ? Grégoire n'aime pas que l'on critique l'élu de son idylle secrète.

  « Qu'est-ce que Steven vient faire là ? Et qui es-tu, toi qui habites sous mon crâne ? »

  « Je suis ton âme sœur Grégoire, je suis ton addiction à la platitude de ta vie, je suis le moteur qui assèche ton cœur dès qu'un homme ou une femme l'irrigue de bons sentiments. »

  « Je suis possédé c'est ça ? »

  « Voyons, où vas-tu pécher de telles sornettes ? tu n'es même pas croyant. Non, je ne suis pas un démon. Je suis ton tout, celle qui t'accompagne fidèle depuis tant d'année, discrète et attentionnée. Je suis celle qui te réconforte quand tu ne vas pas bien et je suis aussi ce putain d'ulcère qui t'a claqué ce matin lorsque tu as sérieusement envisagé de laisser une place à cet échanson de Steven. »

  « Tu es jalouse ? mais je n'ai jamais su que tu existais en moi ? »

Grégoire s'affole, qui est cette entité qui s'impose à lui ce matin.

  « En toi, auprès de toi, avec toi, pour toi. Eh oui, je suis jalouse. Mais ne m'en veut pas, je ne veux que ton bien. »

  « Comment sais-tu que Steven n'est pas bien pour moi ? »

  « Je le sais car je suis la seule qui te sied. La seule qui mérite ton amour.»

  Grégoire pense aux traits angéliques du jeune homme, ils lui paraissent soudainement fades et sans intérêts. Celle qui parle dans sa tête aurait-elle raison ? Sa voix le sécurise, l'apaise. Et si tout ce qui se passe dans sa tête est vrai ? Elle a toujours été là pour lui, c'est peut-être la raison qui le conforte à ne jamais chercher l'amour. Il ne le cherche pas car il l'a déjà trouvé.

  Mais comment en être sûr ?

  « Comment puis-je t'aimer si je ne te connais pas ? »

  « Oh tu me connais, souviens toi de nos nuits torrides passées ensembles, couple parfait et décadent. Je ne te reprocherai jamais de te détruire, je ne te reprocherai jamais de t'élever, de t'améliorer ou de tout foutre en l'air. Transcendance ou déliquescence, je te l'ai dit je suis ta plus dévouée amie et nous finirons ensembles comme Roméo et Juliette. La société voulant nous séparer, mais l'amour est plus fort. »

  Le reflet dans le miroir redevient cette femme aux yeux noirs et aux lèvres indécentes. Des flammes de désire brûlent dans ses prunelles. Elle est maligne et attractive. Grégoire se rappelle, son cœur explose dans une bacchanale menée par Niccolo Paganini. Son sang se réchauffe à la vue du corps voluptueux. Il n'a jamais su si la féminité l'excitait, mais le corps face à lui est affolant. Ce n'est pas sa poitrine généreuse ni ses hanches voluptueuses, c'est une aura qui se veut aphrodisiaque. Il désirerait avec autant d'ardeur si elle se montrait sous les traits d'un mâle musclé aux attraits exhibés éhontément. Homme ou femme, Grégoire s'en fout, ce qui se présente face à lui retourne le bide et le cœur. Il veut la conquérir et se soumettre.

  Grégoire se souvient de celle qui se tient à son opposé mais il veut qu'elle se dévoile. Après tout elle lui doit bien ça après s'être moqué gentiment de lui.

  « Toi qui te dis discrète, tu es bien loquace ce matin. » envoie-t-il soudainement coquin.

  La femme escalade gracieusement le lavabo dans le reflet, elle traverse la glace et elle se poste, sauvage et affamé, devant Grégoire.

  « Je me devais de te rappeler qui tu aimais. Tu t'en souviens maintenant ? » susurre-t-elle affable et mielleuse.

  Elle ondoie vers Grégoire et se love contre lui, câline son cou et mordille le lobe de ses oreilles. Il sent son sexe se dresser, l'urgence dans son membre lui remémore qu'il n'y a qu'elle qui le met dans cet état.

  « Oui, je crois. Je n'ai jamais aimé que toi. Solitude. »


2345 mots... on est loin des mille mots demandés... oups!
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marinewolfies


J'ai ce briquet à la main. Je l'approche de ma bouche pour allumer le joint que je tiens entre mes lèvres. Mon deuxième joint de la soirée en fait. C'est agréable de planer.
La soirée se prolonge, un gars arrive, énervé. Il s'approche de moi, m'attrape par le col.
- C'est quoi ton problème petit merdeux ? T'as fait quoi avec ma meuf ? Je ne suis pas assez bien pour elle parce que je ne bois pas et je ne fume pas ?!
En prononçant ses derniers mots, il m'arrache le joint de la bouche pour le jeter au sol. C'est une soirée organisée par Blake. C'est forcément lui qui a manigancé tout ça. Pour lui pas de bonnes soirées sans bagarre.

Sans que je ne m'y attende, le type me soulève du sol pour me balancer contre une table basse. Une table basse en verre qui, bien évidemment, se brise sous mon poids. Sans réfléchir, j'attrape un morceau de verre que je lève au-dessus de ma tête pour dissuader le gars de m'approcher, mais trop tard. Le sang coule le long de mon arme puis le long de mon bras. Je sens le corps lourd du jeune homme peser sur mon poignet et là, je comprends que je l'ai tué.

Je suis dans une salle d'interrogatoire, dans une tenue orange de prison. Un policier arrive et s'assoit pour me faire face :

- Alors jeune homme, vous avez été arrêté pour meurtre par légitime défense. Pouvez-vous me dire ce qu'il s'est passé ?

Je ne suis pas tout blanc comme gars. J'ai fait des conneries, comme la plupart des personnes sur cette terre. En revanche, j'aurai pu éviter ça. Je suis peut-être un connard, mais là, c'est allé trop loin.
Je sens des larmes de regret me monter aux yeux, puis je revois les trois derniers mois défiler dans ma tête...
*****
Trois mois plus tôt.

Vous voyez ce genre de soirée, étudiantes qui finissent par dégénérer le temps d'un stupide jeu avec une bouteille ? Ou encore avec le jeu Action ou Vérité ? Eh bien, ces jeux ont fait dégénérer sa vie à lui bien plus que le temps d'une simple soirée. Et pour cause...

Nous sommes le week-end juste avant la rentrée. Comme chaque année, une soirée est organisée entre les étudiants pour fêter le retour des vacances. Et comme chaque année, il va y avoir des petits nouveaux.

La soirée s'organise chez Blake, c'est un populaire, tout le monde l'adore et c'est lui qui organise les meilleures soirées. Avec les meilleures bastons à la fin évidemment.

Rien ne se passe pendant au moins deux heures, la fête bat son plein et Blake décide enfin de faire l'un de ses jeux stupide. Cette fois-ci, il a opté pour le « souffle-touche ». Ce jeu consiste à se faire passer un morceau de papier, de bouche en bouche, sans le faire tomber. Si jamais le papier tombe, les deux personnes concernées doivent s'embrasser.

Les quelques participants s'installent. Nous sommes 5, il manque une personne. Tyler se lève pour aller chercher quelqu'un au hasard dans le « public ».

- Je vous présente à tous Adam. C'est un bleu, mais c'est aussi mon cousin alors attention. Allez Adam, prête toi au jeu, dis-toi que ça te fais office de bizutage, ricane Tyler.

Tyler nous présente les uns après les autres, très rapidement, puis force son cousin à s'asseoir à côté de lui.

Je fixe Adam du regard, il en fait de même avec moi. Il est plutôt mignon avec ses lunettes d'intello et sa coupe qui va avec. Je lui souris timidement et il me rend ce sourire. Sourire qui est tout aussi timide.

La soirée se poursuit, le papier passe de bouche en bouche et ce n'est franchement pas le jeu le plus hygiénique du monde. C'est à mon tour de l'avoir, je dois le faire passer à Adam. Manque de chance le papier tombe à ce moment-là.

Nous n'avons pas d'autre choix que de nous embrasser, surtout pas avec l'euphorie qui a envahie la foule.
La fille timide et le petit nouveau, quoi de mieux pour plaire à des jeunes bourrés ?

La soirée semble s'éterniser, je décide de partir. À une certaine heure de la nuit, il ne vaut mieux pas rester dans les parages.

- Tiens tu t'en va ? Me demande Adam.

- Oui, je n'aime pas trop les fins de soirée comme ça, lorsque tout le monde fini bourré.

- Je peux te raccompagner si tu veux ?

- Oui, pourquoi pas.

Nous quittons donc la soirée et marchons dans la rue. Je n'ai pas de voiture, jugeant que ça ne me serais pas utile pour le moment. L'air est frais, agréable.

- Alors comme ça on est nouveau ici ? Demandé-je pour faire passer le temps.

- Ouais, je suis là pour mes études. Tu viens souvent à ces soirées ?

- Je suis une habituée, oui, même si je ne suis pas la fille super canon et super populaire. Je m'invite moi même et j'ai jamais eu de soucis.

Il sourit. Il est craquant le fils à papa.

- Quel cursus tu suis exactement ?

- Un cursus de langues, en première année évidemment.

- Je suis aussi en langues ! Je pourrais te filer un coup de main si jamais t'as besoin.

Oui, je suis en langues et non, on ne peut pas vraiment dire que mes notes soient brillantes. Même en première année, elles étaient catastrophiques. Mais je dois bien admettre que j'avais envie de le revoir. Il me plaît bien. Il est craquant avec son air enfantin, innocent et timide. Un peu comme moi finalement...
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Darzel
J'ai déjà tout donné sur la couverture, pas envie de me casser le cul sur un résumé. Viens voir, tu vas rire (pour changer)
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