4 - Mia

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Je me tourne vers la voix que je connais si bien. Il fusille du regard Marc avant de m'observer. Il pose une main sur ma joue, et m'embrasse. Le baiser est brutal, fort. J'ai l'impression d'avoir à faire à un homme de Cro-Magnon qui revendique son territoire. J'aime ça. Je réponds avec la même ferveur à son baiser. Je m'accroche à sa chemise. Mon entre jambe se réveille, je veux plus, qu'il me prenne maintenant. Cependant il décolle ses lèvres des miennes. Je ne regarde que lui pendant qu'il se tourne vers Marc :

- Si j'apprends que tu lui as fait des avances, je te fais virer de ton poste et tu ne trouveras plus de boite qui voudra te prendre, compris ?

Je n'entends pas la réponse et je m'en fous un peu. Mon amant me fait face, il me chuchote à l'oreille :

- Arrête de me fixer comme ça sinon je te prends devant tout le monde.

Oui ! On commence quand ?! s'extasie ma conscience.

Il s'assoit à mes côtés et tient ma main. J'apprécie son toucher. C'est ce moment que choisit Bianca pour revenir. Elle est étonnée de voir Nilson ici. Elle le salue. Elle ne l'aime pas et ne le cache pas. Elle ne lui fait pas confiance depuis qu'elle sait qu'il est le frère d'Enzo. Je sais qu'elle s'en fait juste pour moi et ne critique pas mes choix, ça ne l'empêche pas de m'avoir à l'œil.

Je contemple du coin de l'œil mon homme. Il est beau. Il porte comme à son habitude un costume noir qui recouvre une chemise immaculée et laisse paraitre une cravate tout aussi noire. Je remarque qu'il a taillé sa barbe ce matin après mon départ. Je descends mes yeux le long de sa nuque où il y a le suçon que j'ai laissé la nuit dernière pendant notre séance de bécotage. Il est discret, à moitié caché par le col de sa chemise. On ne peut le remarquer si seulement on le sait ou si Nilson se déshabille. Je suis contente de mon coup.

Je sens mon compagnon, alors qu'il tente de converser tant bien que mal avec mon amie, entrainer ma main sous la table, sur sa cuisse. Je me laisse faire. Je ne sais pas à quoi il joue. J'ai peur qu'on nous remarque, c'est excitant. J'inscris un sourire sur mon visage tout en évitant de rougir. Il fait glisser ma main sur son entre jambe. Je le découvre complètement exciter. Gênée, je retire ma main.

- Nilson, j'aurais des questions à te poser ? Dit Bianca.

Il me lance un regard étonné et lui répond :

- Oui, tout ce que tu veux mais si tu peux me les poser quand on ne sera pas en public, ce serait pas mal.

Bien répondu !

- Je vais au bureau continuer ce qu'on a commencé tout a l'heure, intervient Marc à Bianca.

Il lui fait la bise, serre la main de Nilson et m'adresse un sourire avant de partir.

- Au moins il sait quand il est de trop, remarque mon maitre.

Bianca n'attend pas avant de l'attaquer :

- Penses-tu que votre relation va durer ?

Mais qu'est ce qu'elle fait ? Je lui ai parlé de mes doutes mais ce n'est pas pour lui poser la question. Cependant j'aimerais bien avoir la réponse, savoir ce qu'il en pense ? Je ne réagis donc pas et le laisse aux mains de mon amie.

- Je crois, oui.

- Comment tu qualifies votre relation ? Est ce qu'elle est purement sentimentale ou purement sadique ou un peu des deux ?

Elle aurait pu me la poser cette question. Bien sûr qu'elle est purement sadique, malgré qu'il me dise qu'il m'aime. Il est avant tout mon maitre. Il ne m'a jamais invité ou nous ne sommes jamais sortis en public. Donc notre relation est purement sadique c'est sûr.

Je bois une gorgée de café en attendant sa réponse.

- Un peu des deux, je pense.

Sa réponse me fait avaler de travers. Je m'étouffe.

Oh mon dieu ! Je ne l'avais pas vu venir celle-là. J'espère qu'il ne se doute de rien mais faudra que je lui en parle.

- Jusqu'où t'es prêt à aller pour elle ? Continue Bianca.

- Je suis prêt à tuer pour elle... je retrouve mon amour d'enfance... la seule que j'ai aimée d'ailleurs... je suis toujours aussi fou d'elle.

Je suis touchée par cette petite déclaration, je souris.

- Et tu ne penses pas qu'à un moment ou à un autre ça va bloquer ? tu sais quand tu voudras la présenter à ta famille ou quand tu voudras l'épouser ou quand elle sera enceinte ?

Je recrache une seconde fois mon café. Mais pourquoi elle fait ça ? Elle sait que je ne veux plus d'enfant. Elle me lance un regard désolé.

- Eh bien... je la présenterai à mon père, ma seule famille et Marius serait ravi de la revoir. Il n'a pas cessé de me parler d'elle depuis qu'il a perdu la mère à Mia.

L'évocation de ma mère, et du bébé que j'ai eu dans une même conversation, me font monter les larmes aux yeux. Ce sont encore des épisodes de mon passé que je n'ai pas su exorciser. Je les essuie discrètement.

- A ce que j'ai compris ta mère est encore dans ta vie. Pourquoi ?

A cette question il se tourne vers moi, il se doute que j'en ai parlé avec Bianca. Je hoche les épaules, il répond :

- C'est pour le travail. Ma mère est mon associée. Après cette histoire je l'ai envoyé pour qu'elle s'occupe de la filiale à Paris parce qu'elle ne pouvait plus voir Nice et que moi je ne voulais plus la voir, elle.

Nous entendons un téléphone sonner. Nilson fouille sa poche et sort le sien. Il décroche :

- Allo ?... Elle est arrivée ?... Très bien fermez la porte à clé de ma chambre, celle de mon bureau et celle de ma salle de jeu. Je voudrais aussi un vigile dans chaque pièce de la maison. Oui, dites-lui que je la rejoindrais quand j'aurai fini... non laissez lui son espace privé dans sa chambre et sa salle de bain. Très bien.

Elle ? Qui est ce ? Il rejoint une femme ce soir chez lui. C'est ça son imprévu ? J'ai un pincement au cœur. Je me sens presque trahie, il a dit que c'était une relation exclusive. Il s'amuse déjà à aller voir ailleurs.

- Qui est ce que tu vas rejoindre ce soir ? Demandé-je timide

- Une associée, Dit-il bref.

Sans m'adresser un regard de plus, il m'embrasse sur le front et s'en va. Je ne comprends pas son comportement. Je prends mon téléphone et écris un message :


De : Mia Roy

A : Monsieur

Dois-je m'inquiéter ? Qui est cette femme ? Est-ce que tu vois une autre soumise ?


Je sens le regard fixe de Bianca. Je lui lance un coup d'œil. Elle m'observe, je sais qu'elle veut dire quelque chose et s'en empêche. Nous restons une poignée de secondes ainsi jusqu'à que je craque :

- Dis ce que tu penses !

Elle hoche les épaules :

- Je crois qu'il est beaucoup plus engagé dans votre relation que toi. Mais ce n'est pas Mia qu'il aime, c'est Amelia qu'il n'a jamais connue. C'est elle qu'il apprécie.

Pour être franc, ça l'est.

- Et puis cette femme qu'il rejoint chez lui et dont apparemment il se méfie, ce ne doit être qu'une ex ou une amie. A ta place je le rejoindrai ce soir pour qu'il ne passe pas la nuit avec elle.

- Tu crois ?

Elle hoche la tête énergiquement. Alors je reprends mon téléphone et lui renvoie un message :


De : Mia Roy

A : Monsieur

Après le travail, je serais à l'appartement. Je t'attendrais, j'ai besoin de ton corps contre le mien pour m'endormir.

Je préfère la jouer en finesse. Je ne sais pas qui peut être cette femme, elle pourrait vite m'évincer. Si c'est une ex, avec qui il a repris contact, je ne lui pardonnerais pas. Pas seulement pour sa triche mais aussi pour son hypocrisie. Ce matin même et ce depuis notre réconciliation, il m'harcele pour me faire avouer ce que j'ai fait au club, m'accusant implicitement, d'avoir couché avec Gaël. Ce que je ne ferais jamais, il le sait ; je ne me suis pas donnée à lui, je n'irai pas me donner à un inconnu, c'est complètement idiot.

Je sens mon téléphone vibrer sur la table. Un message, je l'ouvre :

De : Monsieur

A : Mia Roy

Tu n'as pas à t'inquiéter, elle ne t'arrive pas à la cheville.

D'accord je te rejoindrais aussi vite que je le pourrais.

Hâte de te prendre dans mes bras et sentir ton odeur.

Son message me fait sourire. Il a toujours les mots justes.

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C'est qu'elle est bonne celle là...Une ligne indéfinissable, certes, mais un putin de mouvement.
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J'ai souvent envie de l'appeler avec des sobriquets vulgaires.
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Et dès que je la possède c'est d'ailleurs ce que je fais.
Dans le bar de notre rencontre au début, puis dans le fauteuil chez moi, devant la cheminée, puis je la prend dans mon lit, et nous refaisons à deux toutes les pièces, mais aussi les extérieurs!
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 Posée confortablement sur l’assise moelleuse de la balancelle, dans le jardin, je laisse les derniers rayons de soleil, encore chauds pour la saison, caresser mon visage. Un sentiment doux et enjôleur. Je ressens mes tourments s’en aller. Ma peine, quant au quotidien que je subis, disparaît. Je l’imagine s’envoler loin de moi, m’ôtant toute angoisse néfaste. L’odeur enivrante des nombreux massifs fleuris voyage dans l’air jusqu’à mes narines et alors une impression me parvient : celle de ne jamais profiter, comme il se doit, des simples plaisirs que la vie nous offre sans cesse.
Comme si on avait surpris mes pensées, un rouge-gorge laisse entendre son joli piaillement à travers tout le paysage. Une vache meugle, le coq chante. Le calme règne en cet instant, il est salvateur. Synonyme de repos, il me permet de me sentir délestée du poids que je porte chaque jour en allant travailler.
J’écoute alors le silence, doux et harmonieux, bien que relatif, car les sons de la nature continuent à raisonner à l’entoure, me ramenant à des souvenirs d’enfance fugaces mais agréables.
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De là où je me situe, je peux entendre les clapotis du ruisseau qui serpente à travers le petit bois bordant ma demeure, ainsi que le coassement des grenouilles qui y vivent et s’y épanouissent.
Plus haut dans le hameau, l’aboiement de Bobby, le labrador, signale le passage du marchand de glaces.
À certains moments, le bruit du moteur d’un tracteur se fond dans l’ambiance sonore de cette nature verdoyante, à tel point que par habitude, les âmes du coin finissent par ne plus y prêter attention.
Toujours immobile au soleil, le sommeil me gagne progressivement sans que je ne parvienne à contrôle son ascension en moi. Mes paupières s’alourdissent, mes membres aussi. Je dépose donc ma tête sur un oreiller tout doux, disposé parmi plusieurs coussins sur la balancelle. Je m’allonge ensuite en ayant pris soin de couvrir mes bras nus avec un petit plaid polaire, qui me permet de plonger aussitôt dans les bras de Morphée, enivrée par les fragrances florales qui émanent de la lessive dont je me suis servie pour laver la petite couverture.
Complètement endormie, le monde s’arrête alors de tourner pour moi et des songes font leur apparition. Amoureuse de la nature, mon inconscient m’envoie des images très brèves de certains bonheurs de la vie. Dans ce rêve, une abeille butine. C’est agréable à regarder, elles deviennent si rares… Je vois ensuite l’apiculteur enfumer les ruches (réminiscences inconscientes d’une visite ancienne dans l’exploitation de l’un d’eux). Puis le professionnel extrait délicatement le miel. Je me vois le goûter au point de ressentir même en dormant, le bon goût de ce délicieux met sucré.
Soudain, j’entends de manière lointaine le téléphone qui sonne, venant perturber ce moment bienfaiteur. Dans mon rêve, comme dans la réalité, une fois que je me trouve réveillée, le chant des oiseaux disparaît, le bruissement du vent dans les arbres cesse également. Je ne perçois plus que cette maudite sonnerie venue enrayer les perceptions qui, quelques secondes plus tôt, me faisaient goûter au charme de mon jardin et du paysage qui l’entoure.
Au téléphone, ma fille à une petite voix et en tant que maman, je comprends que quelque chose ne va pas. Une intonation anormale, un sanglot posé sur un mot, je sais reconnaître ces signes.
Après un peu de repos bien mérité, il est temps pour moi de reprendre le cours de cette vie où l’on ne remarque plus rien si ce n’est ce qui attrait à nos obligations familiales et professionnelles.
Mon rôle de maman m’attend, mais ce n’est que partie remise. Prochainement, un autre instant de douceur me permettra peut-être d’apprivoiser le vent dans mes cheveux, le crépitement des bûches en train de devenir charbon dans le brasier, le chant d’une chouette à la nuit tombée ou encore le bruit du ressac des vagues sur la plage voisine.
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