17 - Nilson

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Énervé, je la porte sur mon épaule. Je lui ai dit plusieurs fois de parler. Elle ne veut pas m'écouter. Je lui ai dit qu'elle serait puni si elle continuait. Mais rien n'y fait, elle a persévéré et je dois maintenant tenir mes engagements. Sur mon épaule je la sens se débattre :

- Arrête ! Je veux descendre.

- C'est moi qui commande, tu m'es soumise. Tu ne m'as pas écouté, je vais alors tout faire pour que ça ne se reproduise plus.

J'entre dans le petit appartement que j'utilise habituellement pour dormir quand je dois rester tard au bureau. Je traverse le couloir tout en l'ignorant, je la sens se débattre. Arrivé, dans le salon je la dépose par terre sur la moquette. Agenouillée ainsi, elle me regarde prête à ouvrir la bouche, je la devance :

- Tu ne parles pas tant que je ne te l'ai pas demandé. À chaque geste que tu ferras pour me répondre ce sera un coup de fouet en plus des deux premiers que je te dois déjà. Compris ? Réponds-moi.

À mes mots, elle se redresse et n'ose plus me regarder dans les yeux. Elle est belle ainsi, soumise ; j'en bande presque. Ses cheveux noirs tombent en rideau devant son visage rouge – de honte ou d'excitation ? Je peux percevoir sa respiration accélérée par les mouvements rapides de sa cage thoracique.

- Oui, monsieur. J'ai compris, elle balbutie.

- Très bien.

Je la laisse accroupie sur la moquette tandis que je me dirige vers le bar tout en dénouant ma cravate. Je retire ma veste, je me sers un verre de vin rouge. Je retourne vers mon invitée que je surprends à me reluquer. Elle pique du fard et revient à sa contemplation du sol ce qui me fait sourire. Je m'assois sur le canapé près d'elle et je me déchausse. Je ne me presse pas. Je fais les choses lentement, de façon délibérée.

- Est-ce que tu as passé une bonne journée, Mia ?

Elle lève la tête vers moi :

- Oui, je...

Elle plaque ses mains sur sa bouche devant mon air inquisiteur. Elle a compris qu'elle s'était fait piéger. Sa réaction me fait rire, elle prend cela très à cœur ce qui me fait plaisir.

- Et un de plus, je dis fièrement. Enlève ta veste et mets la sur le canapé à côté de toi.

Elle fait ce que je dis. Je surveille tous ses mouvements et toutes ses parties qui se découvrent.

- Remets-toi en place et dis-moi tout ce que tu as à me dire. Mais tournes-toi vers moi d'abord.

Elle fait tout ce que je dis sans discuter mes ordres. Je suis aux anges, plus rien à voir avec celle qui refusait d'obéir plus tôt dans la journée.

- Je... je voudrais reparler de la conversation que l'on a eue, elle bégaye en fixant par terre. Je ne veux pas tomber amoureuse, c'est sûr, surtout si vous ne le serrez jamais en retour. Mais je ne veux pas en arrêter là. Alors je me disais que peut être on pourrait trouver une entente où je ne souffrirais pas. On pourrait par exemple, avoir d'autres amants avec qui on ne pratique pas le bdsm même si le fait de passer l'après-midi à essayer de me dire que vous n'étiez pas avec une autre femme était tout simplement de la torture...

Elle voudrait qu'on soit un couple libertin ? Oui, parce qu'on est un couple. Ce terme ne s'associe pas juste aux personnes ayant des sentiments l'un pour l'autre ou pratiquant le sexe vanille ensemble. Tant que je la considère comme mienne et elle comme son maitre pour une période indéfinie, nous sommes un couple.

- Et puis vous pourriez peut-être arrêter avec les mots gentils et les noms mignons, je pense que je peux m'en passer. Ensuite si c'est possible de se voir qu'au club, pour ne pas avoir à apprendre à vous connaitre. En fait je voudrais que vous soyez juste un maitre et pas un petit ami en prime... je ne sais pas si c'est clair...

Je me baisse vers elle pour être à sa hauteur. Je passe un doigt sous son menton et la force à me regarder dans les yeux :

- Pour le libertinage, c'est non, je dis très clairement. Cet après-midi, j'ai enchainé réunion sur réunion, c'est pour cela que tu n'as pas eu de mes nouvelles. Arrêter les mots doux, je peux essayer mais je ne suis pas excité par les insultes. Je veux bien être juste un maitre et tu me demandes aussi de ne pas prendre soin de toi ; je ne serais qu'un tyran si c'était le cas. Je ne voulais pas retourner au club, on pourrait venir ici à la place, qu'est-ce que tu en penses ?

Je la relâche. Elle recommence à étudier le sol tout en triturant sa jupe. Mais elle ne répond pas, je la laisse réfléchir. Toujours aucuns signes, et je comprends pourquoi :

- Réponds-moi.

- Le fait que vous soyez un tyran m'empêche d'avoir des sentiments pour vous. Je n'aime pas non plus les insultes. Est-ce que c'est votre...garçonnière, ici ?

Sa question me fait rire. Elle me demande si cet appartement me sert pour baiser. D'où est ce qu'elle a bien pu chercher ça ?

- Je n'ai pas eu de coup d'un soir depuis bien longtemps, et toutes mes anciennes soumises, je les emmenais chez moi, c'est là où se trouve tout mon matériel. Cet endroit me sert pour dormir... seul de préférence, j'ajoute.

Elle hoche la tête, rouge de honte. Je hausse les sourcils :

- Et une de plus, je ris.

Je m'affale dans le canapé tout en observant ma soumise. Elle lève la main, qu'elle veut prendre la parole, je lui accorde :

- Est-ce que madame la juge se porte bien ? elle demande.

Je sens l'intéressée, faire un bond. Mia se met à quatre pattes pour se mettre devant moi, entre mes jambes écartées. À ce moment elle n'hésite pas à me fixer dans les yeux. Ces deux facettes d'elle me plaisent bien ; elle joue entre la petite fille timide et femme sûre d'elle. Je sens ses mains se poser sur mes chevilles et remonter vers mes cuisses sur le pantalon ; je surveille ses gestes. Je suis envouté par ces yeux qui me fixent. Elle est comme une sirène qui vous hypnotise. Elle monte ses mains toujours plus haut lentement vers ma braguette. Je la laisse faire car elle connait très bien les limites. À quelques centimètres de mon entre jambe sa main gauche stagne tandis que l'autre dévie vers la mienne posée juste à côté de ma jambe ; qu'est ce qu'elle va faire ? Elle prend mes doigts dans sa main et les ramène à ses lèvres. Elle embrasse l'auriculaire puis l'annulaire et le majeur enfin l'index. Elle n'embrasse pas le pouce – elle fait beaucoup mieux- elle le met dans sa bouche, le suce. Sentant la chaleur de sa langue, un grognement s'échappe de ma gorge. Elle s'occupe de mon pouce comme si c'était mon sexe qu'elle avait dans la bouche. Sa langue joue autour de mon doigt. La sensation se répercute dans mon pantalon.

- Je sais ce que tu es en train de faire, je grogne.

Elle rit. Les vibrations de sa voix ne font qu'un peu plus affluer le sang dans mon entre jambe.

- Tu n'auras pas d'autres chances de te livrer comme ça avant un bon moment.

Elle lâche mon pouce, un sourire aux lèvres :

- Dommage, moi qui voulait vous parler du rêve érotique que j'ai eu, ce sera pour une autre fois.

À cette phrase, je me redresse, je lui enlève ma main. J'essaie de reprendre mes esprits :

- Relève toi et enlève cette jupe.

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