16 -Mia

5 minutes de lecture

Je suis dans l'ascenseur accompagnée de Bianca. J'appréhende ma confrontation avec Nilson ; je ne veux pas le quitter. Je me suis attachée à lui.

Aujourd'hui, après le départ de mon maitre, mon patron m'a demandé dans son bureau pour me questionner sur ma relation avec Nilson. J'ai essayé d'être la plus convaincante possible mais je ne pense pas que Michael m'ait cru totalement. Je suis une piètre menteuse et il le sait.

- Tu ne t'inquiètes pas, ils ont beau être sévères mais quand le jeu de rôle est en pause, ils sont très compréhensifs en général, me dit Bianca.

Je lui adresse un petit sourire.

- Et si ton petit cœur se brise à cause de lui, tu sais que je serais là pour amortir la chute, elle continue.

- Merci, ma chérie.

Nous sortons de l'ascenseur, le hall est vide, il est tard. Nous nous dirigeons vers la sortie où il y a un homme debout. Il nous tourne le dos. Mais plus je m'avance plus je le reconnais, il s'agit de l'homme qui me cause tant de tracas. Il est au téléphone, Bianca – qui l'a aussi reconnu – me laisse avec un clin d'œil. Je reste derrière lui pour ne pas le déranger. Et malgré moi, mes oreilles entendent sa conversation :

- Non, tu ne peux pas dire ça... C'est une bonne et belle soumise, tu ne peux pas la répudier comme ça. Elle t'en voudra, surtout si un jour elle te voit avec une autre.... Non, la mienne, je l'attends ... Elle ne va pas tarder ...

Il y a un silence pendant lequel il se retourne vers moi. Il est surpris de me voir la puis il se reprend et continu sa conversation :

- Eh bien même si y a des moments où elle se soumet comme une reine, il y en a d'autres où je me demande si elle ne cherche pas à ce que je la punisse sévèrement.

Je pique du fard. Il m'adresse un sourire plein de malice.

- Bon, je vais te laisser, continue-t-il, elle est arrivée... oui toi aussi.

Et il raccroche son téléphone, le range dans sa poche arrière avant de m'embrasser sur la joue.

- Je ne pensais pas que ce serait vous qui viendriez me chercher, je dis de but en blanc.

- Eh bien, ton dernier message m'a assez fait réfléchir, j'ai préféré venir moi-même. On va marcher si ça ne te dérange pas, mon bureau est à quelques pas ?

- Euh... Non.

Alors on va à son bureau, c'est ça sa définition de « terrain neutre ».

- Est-ce que je vous ai déçu monsieur ? je demande en référence à mon dernier message.

Il ne dit rien. Nous nous mettons en marche. Je crains le pire. Je marche à côté de lui mais j'ai l'impression qu'il y a un mur qui s'est érigé entre nous et ça me fend le cœur. Pour briser cette muraille je tente de prendre sa main. Il s'en débarrasse. Vexée, je ralentis le pas, le laissant prendre de l'avance. Pendant plusieurs mètres nous sommes ainsi ; lui devant tandis que je traine des pieds derrière.

Je prends mon téléphone, j'y pianote un message à l'intention de Bianca :

De : Mia Roy

A : Bianca

C'est mal parti... J'ai voulu être gentille et il m'a repoussée. Au secours !!!!

Je l'envoie.

- À qui envoies tu un message ? j'entends.

Je relève la tête. Je vois Nilson qui m'attends devant la porte d'un immeuble. Je hausse les épaules, signe d'indifférence.

- C'est mal poli ce que tu viens faire là. Refais-le et tu sais ce qui t'attend.

C'est une menace ? Je n'espère pas ou peut être que si, je veux qu'il me punisse pour ne plus ressentir cette barrière entre nous. C'est peut-être masochiste mais je suis à deux doigts de partir pour m'éloigner de cette ambiance malaisante.

Il me tient la porte pour que je puisse passer l'entrée du hall. En passant devant lui je sens sa main glisser sur ma taille. Je ne comprends plus rien ; je ne peux pas me rapprocher de lui de mon propre gré par contre ça ne lui dérange pas de me donner des signes contradictoires.

Dans le hall, contrairement à mon lieu de travail, est encore rempli malgré l'heure de débauche. Nous traversons l'entrée jusqu'au poste de réception. Nilson s'y arrête pour donner ses instructions :

- Je veux que personne ne me dérange. Pour ma famille et mes amis vous leur dites que je suis sorti et vous ne savez pas où, pour le reste je ne suis tout simplement pas là. Compris ?

Le réceptionniste hoche la tête frénétiquement. Il doit surement être nouveau et le fait de parler à Nilson – son patron – doit très certainement le stresser.

Sans demander son dû, mon maitre m'entraine vers l'ascenseur. J'ai à peine eu le temps de dire au revoir à ce pauvre garçon. L'homme près de moi sort une carte de sa poche pour appeler surement son ascenseur privé. Les portes s'ouvrent directement, nous y entrons. Les portes se referment, il appuie le bouton qui indique le quinzième étage. La cabine de l'ascenseur est assez grande pour que je puisse m'éloigner suffisamment de lui.

- Je pue ? il demande

Je le regarde interloquée. Son odeur ? Non, elle est parfaite. Son odeur m'enivre, elle m'empêche d'être lucide quand je suis près de lui. Je secoue la tête.

- Parle. Je t'ai posé une question, ce que je voudrais c'est que tu me répondes autrement qu'avec des mimes.

- Non, vous ne puez pas monsieur.

- Très bien. Approche-toi, alors.

Je fais un pas sur le côté pour me retrouver à quelques millimètres de lui.

- Bien, il dit sans m'adresser un regard. Enlève ton manteau, tes chaussures et ta jupe.

Là ? Maintenant dans l'ascenseur ?? Non ! et puis il faut qu'on parle sérieusement avant que le sexe prenne le dessus sur tout le reste.

- Orange, je marmonne timide.

- Pourquoi ?

- J'ai besoin de vous parler sérieusement avant que l'on se lance dans une séance.

Il hoche la tête, le visage fermé.

- Les mimes... je tente pour alléger l'atmosphère.

Ce qui le fait sourire.

- Monsieur, pourquoi vous ne répondez pas à ma question ? Est-ce que je vous ai déçu ? c'est important pour moi de savoir.

- Pourquoi me demandes tu cela ?

- Vous avez l'air distant.

C'est à ce moment-là que les portes de l'ascenseur ont décidé de s'ouvrir. Cependant je ne bouge pas, j'attends qu'il me réponde. Ça fait trois fois que je pose la question et j'aimerais une bonne fois pour toutes avoir la réponse.

- Entre dans l'appartement, nous allons en parler.

Je secoue la tête. J'ai l'air d'une petite fille capricieuse, je m'en fous : je veux la réponse maintenant et tout de suite. Je tente de le regarder dans les yeux, sa mâchoire est contractée et ses pupilles sont dilatées. Je n'ai pas le temps de dire ouf que je me retrouve sur ses épaules. Il me porte comme un sac à patates.

Annotations

Recommandations

Défi
Holly Styxs


C'est qu'elle est bonne celle là...Une ligne indéfinissable, certes, mais un putin de mouvement.
Regarde la bouger, regarde la danser.
Quand elle entre en transe, moi aussi je commence à frémir.
J'ai souvent envie de l'appeler avec des sobriquets vulgaires.
De toute façon, vulgaire et aguicheuse elle y est, mais ça serait pas poli de lui faire remarquer.
Alors je respire son parfum, son putain de parfum de catin.
J'ai envie de me vautrer avec elle, tellement je veux sentir son odeur sur moi, sa présence en moi.
Et dès que je la possède c'est d'ailleurs ce que je fais.
Dans le bar de notre rencontre au début, puis dans le fauteuil chez moi, devant la cheminée, puis je la prend dans mon lit, et nous refaisons à deux toutes les pièces, mais aussi les extérieurs!
J'ai même eu lubie d'allier mes deux passions, alors je l'emmène s'étendre avec moi non loin de la paille et on se mélange à côté de mon cheval.
Elle m'a rendu complétement accroc à elle.
La salope.
Quand je vous disais que c'était une garce, fallait me croire.
J'aurai dût écouter ma mère, elle était trop parfaite pour être vraie.
Elle m'avait prévenu pourtant: " Elle finira par te tuer" qu'elle disait ma mère.
Mais nos parents on les écoute pas, surtout pas quand on est aveuglé par l'amour.
Et puis vous connaissez la suite.
On finit par se rendre compte des défauts de l'autre.
Elle finit par t'énerver.
Elle te tape sur le système mais toi comme un con, tu sais plus vivre sans elle.
Son doux parfum finit par se muer en puanteur, puanteur que tu traines sur toi, de tes habits à tes doigts.
Elle t'accompagne plus.
Non.
Tu la traines et t'en as marre de la tirer.
C'est un fardeau, elle t'épuise avec ses désirs, ses envies, elle te rend malade.
T'as qu'une envie c'est la casser en deux.
Mais tu le fais pas, qu'est ce que tu ferais sans elle après tout ?
Elle a toujours été là, même quand tu étais au fond.
T'en es blasé d'elle, mais t'arrives pas à dire stop.
Saloperie de passion qui te bouffe et qui te tue à petit feu.
Alors tu la boucle , tu supportes et sa présence finit par te débecter.
Elle est là, toujours dans ton dos, toujours son rire narquois, toujours sa saloperie de voix dans ta tête.
" Allume-moi " qu'elle dit. Et toi tu sais pas dire non et tu lui prête une fois de plus tes lèvres, ta gorge, ton âme.
Mais aujourd'hui c'était pas pareil. Aujourd'hui elle était là comme d'habitude dans le salon. Derrière moi encore à me piquer avec sa puanteur et son caractère de chameau.
Dans la bibliothèque, à ne pas me foutre la paix alors que j'essayais de lire, tranquille, devant la cheminée.
Alors je sais pas ce qui m'a pris. J'ai vu rouge. Je l'ai attrapé par sa tignasse de blondasse et je lui ai écrasé sa sale gueule sur le tapis. Je l'ai plié , mais dans tout les sens du terme. Et pis je l'ai jeté dans la cheminée pour effacer les preuves, virer son odeur...
J'en ai tellement rêvé qu'elle crève! Maintenant que c'est fait elle me manque et j'en chiale.
Même dans la mort elle va me hanter, celle là ! Sur toutes celles que j'ai tué , c'est bien la plus emmerdeuse. Faut que ce soit la dernière, putin faut que ce soit la dernière...
La dernière qui fini la tronche défoncée sur le tapis...


Putin de cigarette !


4
4
4
3
Syl06
Série de textes sur ces petits moment de la vie... ses rêves qui la soutiennent... ses bonheurs qui lui donnent un sens...
13
12
0
3
Défi
Jena Lorenss


 Posée confortablement sur l’assise moelleuse de la balancelle, dans le jardin, je laisse les derniers rayons de soleil, encore chauds pour la saison, caresser mon visage. Un sentiment doux et enjôleur. Je ressens mes tourments s’en aller. Ma peine, quant au quotidien que je subis, disparaît. Je l’imagine s’envoler loin de moi, m’ôtant toute angoisse néfaste. L’odeur enivrante des nombreux massifs fleuris voyage dans l’air jusqu’à mes narines et alors une impression me parvient : celle de ne jamais profiter, comme il se doit, des simples plaisirs que la vie nous offre sans cesse.
Comme si on avait surpris mes pensées, un rouge-gorge laisse entendre son joli piaillement à travers tout le paysage. Une vache meugle, le coq chante. Le calme règne en cet instant, il est salvateur. Synonyme de repos, il me permet de me sentir délestée du poids que je porte chaque jour en allant travailler.
J’écoute alors le silence, doux et harmonieux, bien que relatif, car les sons de la nature continuent à raisonner à l’entoure, me ramenant à des souvenirs d’enfance fugaces mais agréables.
Non loin de là, un voisin doit sûrement faire griller une viande savoureuse. Les bonnes effluves de ce qui s’annonce comme l’un des derniers barbecues de l’année, envahissent mes narines et me mettent l’eau à la bouche. La viande a dû être recouverte d’herbes aromatiques, le parfum du thym et du laurier sauce se balade dans l’air ambiant, donnant un côté provençal à cette journée.
Mon réfrigérateur est rempli de victuailles, mais je me retiens pour le moment d’aller m’en rassasier. Mon seul but, tout de suite, consiste à faire durer cet instant de bien-être.
De là où je me situe, je peux entendre les clapotis du ruisseau qui serpente à travers le petit bois bordant ma demeure, ainsi que le coassement des grenouilles qui y vivent et s’y épanouissent.
Plus haut dans le hameau, l’aboiement de Bobby, le labrador, signale le passage du marchand de glaces.
À certains moments, le bruit du moteur d’un tracteur se fond dans l’ambiance sonore de cette nature verdoyante, à tel point que par habitude, les âmes du coin finissent par ne plus y prêter attention.
Toujours immobile au soleil, le sommeil me gagne progressivement sans que je ne parvienne à contrôle son ascension en moi. Mes paupières s’alourdissent, mes membres aussi. Je dépose donc ma tête sur un oreiller tout doux, disposé parmi plusieurs coussins sur la balancelle. Je m’allonge ensuite en ayant pris soin de couvrir mes bras nus avec un petit plaid polaire, qui me permet de plonger aussitôt dans les bras de Morphée, enivrée par les fragrances florales qui émanent de la lessive dont je me suis servie pour laver la petite couverture.
Complètement endormie, le monde s’arrête alors de tourner pour moi et des songes font leur apparition. Amoureuse de la nature, mon inconscient m’envoie des images très brèves de certains bonheurs de la vie. Dans ce rêve, une abeille butine. C’est agréable à regarder, elles deviennent si rares… Je vois ensuite l’apiculteur enfumer les ruches (réminiscences inconscientes d’une visite ancienne dans l’exploitation de l’un d’eux). Puis le professionnel extrait délicatement le miel. Je me vois le goûter au point de ressentir même en dormant, le bon goût de ce délicieux met sucré.
Soudain, j’entends de manière lointaine le téléphone qui sonne, venant perturber ce moment bienfaiteur. Dans mon rêve, comme dans la réalité, une fois que je me trouve réveillée, le chant des oiseaux disparaît, le bruissement du vent dans les arbres cesse également. Je ne perçois plus que cette maudite sonnerie venue enrayer les perceptions qui, quelques secondes plus tôt, me faisaient goûter au charme de mon jardin et du paysage qui l’entoure.
Au téléphone, ma fille à une petite voix et en tant que maman, je comprends que quelque chose ne va pas. Une intonation anormale, un sanglot posé sur un mot, je sais reconnaître ces signes.
Après un peu de repos bien mérité, il est temps pour moi de reprendre le cours de cette vie où l’on ne remarque plus rien si ce n’est ce qui attrait à nos obligations familiales et professionnelles.
Mon rôle de maman m’attend, mais ce n’est que partie remise. Prochainement, un autre instant de douceur me permettra peut-être d’apprivoiser le vent dans mes cheveux, le crépitement des bûches en train de devenir charbon dans le brasier, le chant d’une chouette à la nuit tombée ou encore le bruit du ressac des vagues sur la plage voisine.
2
2
5
3

Vous aimez lire UneHistoiree ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0