15 - Mia

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Je ne sais pas quoi penser de la conversation que j'ai eue avec Nilson. En si peu de temps je commence à m'attacher à lui. Un peu plus je pourrais facilement tomber amoureuse. Il suffirait simplement que j'en apprenne un peu sur lui. Il faut donc que ça n'arrive jamais. Je dois me concentrer sur le fait que ce n'est que mon maitre et rien d'autre. Je dois me détacher des petits surnoms qui se sont déjà installés et de ses attentions.

Mais va voir un autre homme qui ne serait pas contre de t'aimer, ma pauvre fille !

Recommencer à faire des rencontres ? Non ! je ne m'en sens pas encore capable. Et puis je suis bien avec la présence de Nilson. Mon corps ne se crispe pas à chaque fois qu'il me touche. En tout cas la première fois où sa peau est entrée en contact avec la mienne, je me suis senti femme dans ses bras. Je sais, j'ai l'air d'une petite fille trop naïve puisque je ne le connais que depuis ce week-end.

- Qu'est-ce que tu fais cacher derrière la machine à café ? me lance une voix derrière moi.

Je me tourne, c'est Bianca et une autre fille – Sonia qui est sa stagiaire. Cette dernière est aussi petite que moi. Par contre, au contraire de moi elle a le teint hâlé tandis que je suis aussi blanche qu'un cachet d'aspirine – malgré le soleil de Nice. J'en suis presque jalouse.

- J'essaie d'éviter une certaine personne je dis.

- Ah bon, qui c'est ? me demande Sonia

- Euh... mon petit ami, je dis hésitante

Bianca me regarde en fronçant les sourcils sans rien dire.

- Mais pourquoi tu l'évites, vas lui dire bonjour ! me dis Sonia toute joyeuse.

- Sonia tu voudrais bien nous laisser, j'ai à lui parler, sourit faussement Bianca.

Sonia hoche la tête, me salue et s'en va. C'est alors que Bianca me prend par le bras pour m'obliger à m'assoir à une table éloignée des autres :

- C'est quoi ce délire ?

- C'est le meilleur ami de John, je dis laconique.

- Mais c'est qui ce gars ?

- Celui du club, je chuchote.

Je vois son visage s'éclairer. Elle se lève en sursaut après m'avoir indiqué qu'elle revenait. Et je la vois partir vers le bureau de Jonathan

Mais que fait-elle ?

Exaspérée par la curiosité de mon amie, je m'affale sur la table dans un gros soupire. Et c'est là que je sens mon téléphone vibrer sur la table :

De : Monsieur

A : Mia ROY

C'est ok pour ce soir ?

J'ai dit à John que nous étions de vieux amis, je n'en ai pas dit plus. Il va te poser des questions, tu devrais te preparer.

Ps : Tu dois encore me raconter ta petite histoire pour que je te punisse...

Comment ça pour qu'il me punisse ?! Non ! je n'ai rien fait volontairement.

- C'est qui ? me dit Bianca qui est revenue.

- Lui... Qu'est-ce que t'es partie faire dans le bureau de Jonathan ?

- Ben j'avais un papier à lui faire signer et j'ai pris cette excuse pour aller voir à quoi ressemble l'Ambitieux, me dit-elle sournoise.

Je ris au surnom qu'elle lui a attribué.

- Alors qu'est ce qui se passe ? Pourquoi tu te caches de lui ?

- Il me fait peur... Je ne peux pas tomber amoureuse de lui et pourtant je ne suis vraiment à rien de l'être. C'est idiot... je sais. Mais je crois que je suis prête à souffrir pour être auprès de lui.

- Pourquoi tu dis ça ? Il te l'interdit ?

Je secoue la tête :

- Au contraire, ça ne le dérange pas que je tombe amoureuse de lui, ça l'arrange mais de son côté il ne le sera pas. Il a été clair sur ça. Ce veut dire que lorsqu'il se lassera de moi, je serais la seule à en souffrir. Et ce soir il veut qu'on aille chez lui, c'est dangereux pour moi.

- Pourquoi ça ?

- Parce que je risque d'en apprendre un peu plus sur lui...

- Alors demande lui de vous voir en terrain neutre. Donne-moi ton téléphone.

Je fais ce qu'elle me dit. Elle le déverrouille et pianote un message avant de l'envoyer elle me le fait lire :

« Ok pour ce soir si c'est en terrain neutre, j'ai besoin de vous parler. C'est important. »

Je hoche la tête pour qu'elle l'envoie.

- Comme ça vous pourrez parler calmement et si tu vois qu'il ne fait aucune concession, quitte-le. Dis ton mot de sécurité. Compris ?

- Oui...

Il n'a pas fallu longtemps pour recevoir la réponse :

De : Monsieur

A : Mia Roy

Sommes-nous en guerre ?

Je vais voir ce que je peux faire, à ce soir.

Le message est laconique. Il n'y a pas de jeux de mots ou de mots sensuel. Rien. Juste deux simples phrases. Mon cœur tambourine dans ma cage thoracique, je le sens. Ma meilleure amie en face de moi me regarde soucieuse. Tout de même elle reste silencieuse. Alors je réponds :

De : Mia Roy

A : Monsieur

Vous ai-je déçu ?

J'ai à peine appuyé sur le bouton envoyé que Bianca me fait signe de regarder à gauche. Je le vois arriver à grands pas. Oh qu'est ce qu'il est beau. Je ne vois que lui, il m'attire c'est indéniable. Ses yeux noirs ne font que me fixer, j'ai l'impression de fondre. Mon cœur tambourine dans ma cage thoracique, ma respiration s'accélère et bizarrement mon entrecuisse est complètement moite.

Il se tient debout devant nous :

- Comme tu n'es pas à ton bureau, je voulais te dire au revoir.

Il se baisse à mon visage, il m'embrasse tout près des lèvres. Je suis prête à me tourner légèrement la tête pour l'embrasser. Heureusement que Bianca est là pour me ramener à la réalité ; elle me donne un léger coup dans le tibia, sous la table. Je me reprends, il se relève :

- Ne m'envoie pas de message cette après-midi, je ne pourrais pas y répondre, d'accord ?

Je hoche la tête, à contre cœur. Tout un tas de questions vient envahir mon cerveau. Pourquoi ? Où est ce qu'il sera ? Sera-t-il accompagné ? Est-ce qu'il sera au club tout seul ? Si oui, pourquoi sans moi ? Et est ce qu'il a le droit de voir une autre femme même si je suis sa soumise ? Tous ces questionnements que je ne peux que garder pour moi parce que je ne suis que sa soumise et qu'il ne me doit strictement rien. Résignée, je lui adresse un faible sourire et je pars pour me morfondre dans ma jalousie.

Bianca quant à elle est restée à la table. Je l'ai vue scruter Nilson d'un mauvais œil.

Annotations

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Léa Moraud
Cet essai est tout particulièrement destiné aux personnes qui ont connu une relation douloureuse jusqu'à toxique avec un proche.
Cependant, j'aimerai avoir l'avis d'un maximum de personnes, les bons comme les mauvais.

Ceci est le premier texte que je publie et dans ma hâte de vous le faire partager, je ne l'ai pas fait corriger par une tierce personne donc veuillez m'excuser pour les éventuelles fautes d'orthographes ou de syntaxes.
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Naya-chan

Elle était là, sa chevelure blonde virevoltant doucement dans la fraîcheur du petit matin, assise sur sa souche de bois habituelle.
Je restais un peu en retrait, continuant à l'observer, l'épaule appuyée contre un arbrisseau, les mains dans les poches.
Sa silhouette immobile, penchée vers l'avant, semblait ne faire qu'un avec le paysage. Ses épaules étaient voûtées comme si elles n'arrivaient pas à supporter un quelconque poids posé sur elles.
Elle paraissait triste et comme perdue dans ses pensées, elle ne m'avait même pas entendu arriver. Son sweater bleu, un peu grand, lui donnait une attitude je-m'en-foutisme que, je l'avoue, j'adorais.
Cet endroit, c'était notre repaire, un petit coin de verdure renfermant la source d'un ruisseau serpentant dans la forêt. C'était ici que je l'avais vue pour la première fois, sur sa souche de bois. Auparavant, cette dernière, je me l'étais attribuée, puis elle était devenue la nôtre. Malgré tout ce n'était pas moi qui l'occupais la plupart du temps, je lui laissais et m'asseyais à même le sol, salissant au passage mes vêtements mais, ça, je m'en fichais. Au bout de quelques minutes, elle se rendit compte de ma présence, elle se retourna et planta ses iris bleues océan dans les miennes sans souffler mot. Elle ne montrait, comme à son habitude, aucune émotion. Son regard était vide et, en même temps, si profond et mystérieux... Au bout de cinq petites secondes, qui me semblèrent une éternité, elle reprit sa contemplation de l'eau. Je m'avançai alors et m'assis à terre, comme d'habitude. Elle ne parlait toujours pas et je ne voulais pas troubler ce silence. Je ne bougeais pas, attendant qu'elle commence la conversation. Ce qu'elle ne fit pas... Cette absence de son n'était pas troublante ni gênante et nous aimions tous les deux le silence. Au bout d'un temps indéterminé, que j'évaluais d'environ un quart d'heure, elle dit simplement :
- Salut.
Je la regardai, elle fixait toujours l'eau qui s'écoulait doucement.
- Hum... Salut, répondis-je, perturbé par son attitude.
Je savais que ça ne servirait strictement à rien de lui demander ce qu'elle avait, sauf à la braquer. Alors je me contentais de fixer, moi aussi, le cours d'eau.
- Je vais déménager, m'annonça-t-elle de but en blanc, comme si tout était totalement normal.
Mais, malgré le ton qu'elle employait, je voyais bien qu'elle luttait contre les larmes.
-Tu ne peux pas... chuchotais-je comme à moi-même.
Ça ne faisait qu'un mois qu'elle était là ! Bien qu'elle soit déjà venue occasionnellement auparavant. Seulement un mois qu'elle était entrée dans ma vie et elle avait tout chamboulé. Elle ne pouvait pas partir, me laisser ainsi avec mes sentiments, beaucoup trop forts et beaucoup trop vrais. Elle ne pouvait pas... Mais peut-être devrais-je commencer par le début, non ?
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