3 - Mia

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Non, je veux savoir ce qu’il va se passer. Je veux me masturber. Je veux jouir.

Vacillante, je le suis. Nous traversons le couloir et passons devant d’autres couples Dominants/Soumis en pleine séance. Je n’ai pas le temps de les regarder que Nilson trouve une chambre libre. Il y rentre avant moi et referme la porte ainsi que les stores, personne ne peut nous observer pendant notre entrevue.

Je le regarde déambuler autour de moi. La chambre est magnifique, au teint rouge et noir. Un grand lit à baldaquin trône au milieu de la pièce. J’aperçois un X, au milieu de la salle, que l’on peut tourner à sa guise.

La tête en bas, n’a jamais été ton rêve ? Raille ma conscience.

Je l'ignore.

Sur les murs, toutes sortes d’instruments, je ne reconnais que le fouet, la cravache et les menottes. Je m’avance vers un genre de raquette de Ping Pong recouverte de cuir noir. Je lève la main pour effleurer l’objet, mais la voix de Nilson m’arrête :

- Tu n’as pas le droit d’y toucher, seuls les dominants peuvent les prendre et s’en servir… à moins que tu n’aies l’autorisation de ton maitre.

Il ajoute cette dernière partie avec un sourire malicieux. Il a une idée derrière la tête. Je ne le connais pas, mais il y a des signes qui ne trompent pas. L’envie de toucher cette raquette est plus forte que moi comme l’envie de libérer cet orgasme bloqué dans mon bas ventre.

Il doit me donner son accord. Il faut que je le lui demande expressément. Le visage rouge, je me lance :

- Monsieur, puis-je toucher ?

Ce n’est qu’avec ma voix devenue rauque que je me rends compte que je n’ai pas ouvert la bouche depuis qu’il est près de moi.

Je vois ses pupilles se dilater et sa mâchoire se contracter. Sa pomme d’Adam descend et monte rapidement. Pendant un moment, il ne dit rien. Il va s’assoir sur un canapé près du lit.

- Assieds-toi sur le lit.

Sa voix est devenue grave.

Je m’exécute. Ma robe fluide se plie lorsque je m’assois. La soie du drap apaise les picotements de mes fesses. Une grimace déforme mon visage. Je sens son regard sur moi. Je vérrouille mes yeux aux siens, je ne les détourne pas.

- Il est temps de mettre en place les limites et les règles.

J’acquiesce.

- Vu la façon dont tu réagis, je présume que tu connais une grande partie des règles à suivre. Cependant je vais revenir sur les plus importantes. Tout d’abord il y a la soumission et pour cela il faut que tu me fasses confiance. Je sais que l’on se connait à peine, mais je suis là pour te faire découvrir ce monde, je ne suis pas là pour te faire du mal. Il faut que tu comprennes cela. Ensuite il y a les limites, les miennes et les tiennes. Et enfin le mot de sécurité, si tu sens que je vais trop loin, que tu ne peux pas supporter plus, tu diras ton mot de sécurité et la séance s’arrêtera. D’accord ?

Je hoche la tête.

- Dis-le.

- Oui, monsieur.

Un sourire de satisfaction s’inscrit sur ses lèvres.

- Alors tu as des limites ?

Des limites ? Oui j’en ai. Beaucoup. Par où commencer ?

Je commence à triturer ma robe nerveusement. Toute l’excitation en moi, d’un coup, s’est éteinte. Je baisse la tête et murmure :

- Je ne veux pas être attachée.

Je ne le regarde pas. Je ne peux pas lui expliquer pourquoi. Je n’ai pas envie de réveiller de vieux souvenirs ici, avec lui. Je suis censée tout oublier en venant ici, oublier ce cauchemar. Mon cœur se remet à tambouriner dans ma cage thoracique. Mon éternelle peur revient me hanter pour la première fois ce soir.

J’entends un bruit de pas, je n’ai pas le temps de regarder ce qu’il se passe qu’il est debout, devant moi. Je lève les yeux vers lui. Il retire son masque pour le placer sur ses cheveux. Je vois enfin le visage de cet inconnu ; ses yeux noirs me regardent tel un prédateur, ses lèvres charnues sont un appel aux baisers. Sa barbe taillée entoure sa mâchoire carrée, lui donne un air viril. C'est tout à fait mon genre d'homme. Il me sonde du regard un moment avant de capturer mes lèvres des siennes. Je sens la dureté de ce baiser. Il me force à ouvrir mes lèvres pour conquérir ma bouche. Je manque d'air. Mon cœur s'affole. Je sens ses mains immobiles, prenant en coupe mon visage. Il relâche mes lèvres.

- Quand tu me parles, je veux que tu me regardes dans les yeux et que tu n’aies pas de doutes dans ce que tu vas dire.

J’acquiesce. Je suis complètement sonnée. Il me parle, je réponds sans rien comprendre. Ma peur s’est entièrement envolée par son toucher.

- Quelles sont tes autres limites ?

- Je… je porte une guêpière et je ne veux pas l’enlever. Je veux la garder pendant nos séances.

- Voudrais-tu me cacher quelque chose ?

Oh oui ! je ne veux pas qu’il me voit nue. Même si je lui explique pourquoi il ne comprendrait pas. Personne ne me comprendrait.

- Et je ne veux pas parler de ce choix-là.

- C’est tout ?

Son ton est strict. Il semble contrarié.

- Euh… oui, je pense.

- Très bien. Lève-toi et enlève cette robe.

Je m’exécute sans discuter. Il me regarde faire. Je me sens examiée sous toutes les coutures. J’enlève ma robe et me retrouve en guêpière et en jarretelles.

- Si tu étais à moi, tu n’aurais rien à me cacher. Tu sais pourquoi ?

Je remue la tête.

- Parce que ça voudrait dire qu’il n’y a pas de confiance. Et sans confiance je n’ai pas de relation avec une soumise.

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