17 - Mia

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Bianca s'arrête devant l'entreprise de Nilson. Nous venons de faire notre shopping. Il est environ dix-neuf heures, je suis épuisée. Il est dix-neuf heures. Nous avons à peu près essayé toutes les robes d'une boutique assez chic jusqu'à qu'on trouve la bonne pour moi comme pour elle. Puis nous sommes passés devant un sex-shop, dans lequel Bianca m'a faite entrer de force.
À l'intérieur, l'endroit m'a hypnotisée. Bianca savait exactement ce qu'elle faisait, car nous sommes entrées dans un magasin spécialisé dans les instruments SM.
L'endroit était sombre, une ambiance tamisée, des bougies de toutes les couleurs allumées, une odeur de rose se faisait sentir.
Les instruments de torture sont accrochés aux murs, pendus au plafond. Des mannequins de cire portaient des déguisements en latex et en dentelle. J'avais cessé de débattre lorsque j'ai vu ce magasin. Je me suis avancée vers un rayon. Je pouvais observer des fouets de toutes les couleurs, de toutes les tailles, tout aussi différents les uns que les autres. J'ai tendu la main pour toucher celui qui m'a plu ; un petit fouet à plusieurs cordes. J'ai appris par Bianca que ça s'appelait un chat à neuf queues.

Une raison de plus pour le prendre !

Savoir la douleur que Nilson pourrait m'assainir avec cet instrument, m'a tout simplement grisée.
J'ai continué ma balade dans la boutique pour tomber sur une corde rouge – la seule de cette couleur. Je la voulais même si Nilson ne pourrait pas s'en servir pour m'attacher ; ne pas pouvoir m'enfuir me fait toujours aussi peur. Malgré tout le bondage me fascine. Alors j'ai quand même pris cette corde, Nilson saura quoi en faire. J'ai continué à déambuler dans la pièce jusqu'aux objets électroniques, à part les vibromasseurs je ne savais pas à quoi le reste servait. J'en ai fait part à mon amie qui m'a dirigé vers une sorte d'œuf rose et sa télécommande. Elle m'a poussée à l'acheter et découvrir ce que c'est avec mon maître. Curieuse, je me suis tue et je l'ai acheté. Mais juste avant elle m'a amenée vers des bougies en vente, elle m'a expliqué que pour jouer : « C'est juste l'extase ! ». Et encore une fois, je suis ai fait confiance. Avant de partir nous nous sommes arrêtées au coin lingerie où les pièces ne cachaient strictement rien, en revanche un des ensembles m'a donné des idées.

***

Je sais qu'il arrive dans pas très longtemps. Tout est prés, je suis en tenue, j'ai commandé à manger, la maison est propre, les bougies sont allumées, il ne me reste plus qu'à m'accroupir à l'entrée – pour son arrivée. J'ai d'ailleurs demandé à l'accueil de me prévenir quand il arriverait.
Je n'attends pas longtemps avant que le téléphone sonne, je décroche :

- Mademoiselle Roy, monsieur Bousso est au parking, il attend son ascenseur.
- Très bien, merci.

Je raccroche vite pour me laisser tomber par terre. Accroupie, les avants bras sur les cuisses, je fixe le sol en comptant les secondes. Je n'ai le temps que de m'insérer l'œuf en plastique en moi. J'entends enfin la cloche de l'ascenseur et ses portes s'ouvrir. Ses chaussures noires, cirées, entrent dans mon champ de vision, les portes se referment derrière lui ; je sens ses yeux s'attarder sur ma tenue minimaliste de soubrettes. Elle est constituée de deux triangles noir et blanc pour cacher ma poitrine et un petit tablier qui s'attache au niveau de la taille pour cacher la moitié de mes cuisses. En dessous, j'ai eu la décence de porter un string noir.
Nilson bouge enfin, il tourne autour de moi :

- Bonjour, minou, sa voix envoûtante me caresse l'échine.
- Bonjour, maître.

Il revient devant moi, sa main arrive sous mon nez.

- Lève-toi que je puisse te contempler ;

Je m'exécute. En me relevant, je sens l'œuf en moi bouger, je ne m'y attendais pas.

- Que se passe-t-il minou ?

Je me reprends et me mets sur pied.

- Rien de bien grave, maître.
- C'est à moi de décider de ce qui est grave et de ce qui ne l'est pas ! Réponds à ma question.

Pour ponctuer son ordre, il passe derrière moi et claque ma fesse droite, juste assez fort pour que l'œuf fasse un bond en moi. Je ne peux m'empêcher de gémir. Alors les cuisses serrées, je tente d'articuler une phrase cohérente :

- J'ai un... Œuf en moi.

Je fouille dans la poche de mon tablier pour en sortir la télécommande. Rouge de honte, je lui tends.

- Tu as d'autres achats encore ?
- Oui, maître.
- Montre-les-moi.
- Oui, maître.

Il me fait signe d'avancer devant lui. J'effectue un premier puis un second pas. Ce n'est qu'à ce moment-là que les vibrations au creux de mon ventre me surprennent. Je ne peux plus avancer. Je sers les dents pour ne pas gémir.

- Avance, minou.

Je ne peux pas !
J'ai peur de jouir sans qu'il ne me l'ait autorisé. Je tente de respirer calmement, de prendre sur moi.

- Ne me fais pas répéter.

Sa voix est dure, il commence à s'impatienter.
Oh mon Dieu ! Si j'avais su que cet objet servait à cela, je ne l'aurais pas acheté. Bianca je te hais !

- Je ne savais pas... Je chuchote à bout de souffle.
- Comment ça, minou ?
- Ce... Ce que fait cet objet, il n'y avait rien de... d'écrit... Bianca m'a dit que vous me l'expliqueriez...

Je sens les vibrations diminuer, mais elles sont toujours présentes.

- Elle a bien fait de ne rien te dire... Quand je la verrai, je la remercierai.

Je lève la tête, stupéfaite. Ils se lient contre moi alors qu'ils ne s'apprécient pas ; c'est la meilleure celle-là !

- Ne me regarde pas comme cela, minou. J'attends encore que tu me montres tes achats.
- Pardon, maître.

Il hoche la tête – un sourire en coin – signe qu'il accepte mes excuses. Je me dirige vers la table de la salle à manger où tous les produits que j'ai achetés sont posés. Je me mets dans un coin de la pièce, laissant Nilson apprécier les éléments de torture.
Il prend en main les différentes bougies allumées, il les sent :

- Sais-tu à quoi elles peuvent servir ?

Je secoue la tête, j'ai lu dans des livres qu'on pouvait avoir des sensations avec la cire des bougies. Cependant je n'ai jamais compris l'excitation que ça pouvait engendrer.

Il les repose et s'empare du fouet.

Les vibrations dans mon vagin y résident encore, je les sens de plus en plus. Les muscles de mon intimité s'engourdissent. Je me dandine. Les vibrations ne sont pas assez fortes pour me mener à l'orgasme mais juste assez pour maintenir au même stade l'excitation que Nilson a mise en place.

- Minou, veux-tu que j'arrête le vibromasseur ?

Je rouvre les yeux, sa voix est si proche. Il est face à moi, tout prés. Je peux m'enivrer de son odeur musquée. Ses yeux anthracite ravives la flamme en moi. J'imagine ses lèvres charnues sur moi, mon corps et surtout en train de calmer mon entre-jambe.
Eh ben voyons ! Ma conscience est de retour et je compte bien l'ignorer comme d'habitude. Je ne sens même plus les mouvements en moi. Je vibre seulement pour lui, il a juste besoin de dépasser mon territoire personnel pour que tout mon corps vibre pour lui. La bouche sèche je lui dis :

- Maître, mon corps vous appartient, faites-en ce que vous désirez.

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Je pense que je suis hantée.


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Je sais que d'autres la ressentent aussi.
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N'est-il pas dangereux de sentir une entité invisible autour de soi, une oreille à l'écoute ou des yeux qui nous espionnent ?

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Que faire ?
Se renfermer sur soi ?
Oublier les autres et vivre recluse ?
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Je pense que je suis hantée, car on garde une trace de moi partout où je vais.
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Je pense que je suis hantée, car une simple discussion amène à  une recommandation concernant ce sujet.
Je pense que je suis hantée, car on garde une trace de mes comptes pour le reste de ma vie.
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Ce jour-là, la chaleur nous avait accablé dans ce petit appartement de Saint-Malo où nous vivions avec Ange, mon petit frère insupportable et mes parents, bien trop gentils avec lui.
Ce n'était pas tous les jours rose à la maison. J'avais treize ans, ce qui en soit, expliquait mon entente plus que douteuse avec ce petit morveux qui fêtait à ce moment-là même ses huit ans. La tête dans les nuages, Ange réfléchissait à son vœu avant de souffler les bougies.
Bien entendu, il prenait soin de perdre du temps, dans le seul but que l'immonde cire bleue ne coule indubitablement sur le délicieux glaçage que j'avais fait avec maman plus tôt dans la matinée. Ange était comme ça. Le petit chouchou de la famille.
Bien que j'adorais mes parents, ils lui laissaient tout passer en permanence, et cela m'agaçait déjà au plus haut point. Capricieux et opiniâtre, cette petite tête blonde portant bien mal son prénom, en jouait chaque jour à nous en faire perdre la tête.
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Tandis que l'affreux soufflait ses bougies, mes parents partageaient un regard bien rond, se demandant déjà comment ils pourraient faire pour combler ses désirs.
Nous étions habitués à ce genre de demande stupide. L'année passée, en guise de défi, il avait souhaité "un dragon". Mon père ne se laissait jamais abattre. Fort de solution, il lui avait offert de multiples cadeaux dont un iguane répugnant en guise de dragon, que mon frère affublait aussitôt du nom d'Hermine. Une année plus tard, je le fusillais toujours du regard à chaque fois qu'il lui parlait. Ravi de lui avoir donné mon prénom, c'était devenu un jeu de le perdre dans l'appartement pour crier sans arrêt mon nom.
Un soir papa, nous fit l'honneur de nous sortir la plus ringarde des expressions, extrêmement fier de sa proposition.
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- Je sais mon fils, on va aller au Puy du Fou. Tu verras des gladiateurs.
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Deux bonnes semaines plus tard, au matin du super week-end qui s'annonçait. Ma valise était posée sur mon lit, et je surprenais Ange à fouiller dedans pour me préparer un sale tour.
- Qu'est-ce que tu fais encore Morveux ?
Ange sursautait, et la tête qu'il m'adressait me fit exploser de rire, le vexant au plus haut point.
- Qu'est-ce que tu as à rire, Pauvre pomme ?
- La tête que tu viens de me faire, on aurait trop dit le lutin dans Harry Potter avec tes grandes oreilles.
Alors que j'imitais médiocrement le truc aux grands yeux qui était ami avec Harry. Mon frère plissait ses yeux à l'extrême, prêt à me démolir.
- C'est pas un lutin, pauvre Cloche, c'est un elfe de maison. Arrête de te moquer ou je vais le dire à papa.
- Tu lui expliqueras ce que tu faisais à fouiner dans ma valise comme ça. Allez dégage de là, mon pied me démange. Un de ces quatre, je vais t'envoyer direct sur l' Etoile noire, comme ça j'aurais la paix.
Les yeux bleus d'Ange brillaient intensément, relevant sans aucun doute le défi, comme d'accoutumer.
- Je reviendrais te nuire...
- Le temps que cela arrive, j'aurais changé toutes les serrures, gousse d'ail ! Rétorquais-je assez fièrement.
- Je passerais par la cheminée...
Puis nous nous mettions à rire de bon cœur, avant que je ne le vire de ma chambre. Même s'il m'était insupportable, on plaisantait pas mal et je l'aimais. Comme par magie, tous nos bagages avaient tenus dans le minuscule coffre, et nous prenions gaiement la route, Ange assit à mes côtés à l'arrière.
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Comme le sort à tendance à s'acharner, nous n'avions pas encore traversé Rennes, qu'Ange se sentait mal, et vomissait tripes et boyaux sur mon pantalon en lin que maman m'avait offert quelques semaines plus tôt. Je fulminais de rage.
Après nous être arrêtés, nous avions beau ouvrir les fenêtres, l'odeur ne se dissipait pas et ce n'était pas le ridicule petit sapin vert dansant au bout de la ficelle sur le rétroviseur qui allait nous sauver. Finalement, nous avions passé un super week-end. Je me rappelle que nous avions ressenti un petit pincement au cœur en revenant si brusquement dans notre appartement.
C'est pour cela que vingts ans plus tard, mon frère Ange franchit ma porte d'éntrée. Impeccablement coiffé et bien rasé, il me tend galamment son bras pour m'escorter jusqu'à ma voiture.
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En Egypte antique un mystérieux et puissant sorcier semble avoir envoûté un peuple pour en faire ses esclaves et leur ordonner de construire une tour jusqu'aux cieux pour qu'il puisse rejoindre les dieux.
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