3 - Mia

4 minutes de lecture

Je mets mon téléphone en silencieux et le range dans ma poche. Je ne sais pas pourquoi je me sens en colère contre lui. Alors je préfère ne pas lui signifier.

Je sens quelqu'un par-dessus mon épaule. Je me retourne, c'est Marc qui m'espionne. Je ne sais pas s'il a vu les messages ni depuis combien de temps il est positionné ainsi au-dessus de moi mais je n'aime pas ça du tout. Alors tout l'énervement que j'encaisse jusqu'à maintenant je la déverse sur lui :

- Je ne sais pas pour qui tu te prends, mais je te demanderais gentiment de ne pas empiéter dans mon espace personnel. Puisque nous sommes sur notre lieux de travail, je ne veux pas de commentaires inappropriés compris ? Tu viens juste d'être engagé, à ta place je me ferais tout petit.

Ce que je lui dis parait ne lui faire aucun effet. Son sourire en coin est toujours collé à son visage. J'aurais presqu'envie de le gifler.

- Ton copain ne devrait pas te laisser sortir de chez toi. À sa place je te mettrais dans une tour d'ivoire.

Je lève les yeux au ciel et pars pour le bureau de Bianca. J'entre, elle est au téléphone, nous attendons qu'elle ait fini.

Quand elle raccroche enfin, elle nous adresse un grand sourire :

- Je suis trop contente ! je viens de trouver le truc pour disculper notre client.

- Félicitations, je lui dis.

Elle me sourit et remarque Marc. Elle se lève et lui tend la main :

- Bianca, enchantée

Il lui sourit. Vu comme ça, il parait gentil.

Ne te fis pas aux apparences ! me crie ma conscience.

- Je suis Marc, ravi de te rencontrer. J'ai été engagé, à ce que j'ai compris, pour vous aider, Mia et toi.

Pour qui il se prend pour nous tutoyer ?! Il ne nous connaît pas. Je lui lance un regard noir. Il l'a remarqué, il sourit. Il m'énerve !

- Bianca, est-ce que tu pourrais lui faire la visite de la boite, s'il te plait ?

- Eh... bien... c'est-à-dire que je suis pas mal occupé aujourd'hui... elle me lance un regard désolé

- Ah mais ce n'est pas grave, de toute façon c'est à elle de le faire, intervient Marc.

Excédée, je me lève, et je fuis loin de lui dans mon bureau. Je suis à deux doigts de le gifler. À mon bureau je respire un bon coup et me mets au travail. Il a compris qu'il ne devait pas me suivre.

Je sors mon téléphone de ma poche et y trouve trois messages :

De : Monsieur

A : Mia Roy

Tu boudes ?

De : Monsieur

A : Mia Roy

Qu'est-ce que je donnerais pour te punir pour t'apprendre que je n'aime pas quand tu m'ignores !

Signé ton maitre.

Ce dernier message eu le don de me faire mouiller ma petite culotte. Je décide de répondre :

De : Mia Roy

A : Monsieur

Non je ne boude pas, je travaille.

Votre Mia.

De : Mia Roy

A : Monsieur

Humm... M'imaginer votre main s'abattre sur mes fesses, me ferait presque mouiller pour vous, monsieur.

Etes-vous sûr d'être pris ce soir ? Je voudrais regoûter à la sucette qui est devenue ma préférée ce matin.

Votre sage et vicieuse soumise.

Je me sens rougir en écrivant le texto. Dans la foulée, je pars voir le dernier message reçu :

De : Bianca

A : Mia Roy

T'as piqué le petit cœur de Marc. Je l'ai invité pour déjeuner avec nous. Il est gentil et très doué, tu devrais apprendre à le connaitre.

Cet avis me fait monter les yeux au ciel. Je préfère ne pas répondre. Je pose mon téléphone dans un tiroir pour me concentrer sur mon travail. Le temps passe vite. J'écris des lettres, je donne des rendez-vous, j'aide John dans ses affaires. Il a souvent besoin d'avis extérieurs. Je ne vois pas l'heure tourner quand Bianca et Marc me rejoignent. Je prends ma veste, mon téléphone et mon sac. Je les suis après avoir vérifié mon téléphone ou je trouve un message :

De : Monsieur

A : Mia Roy

Tu me croirais si je te dis que tu m'as excité avec ton message en pleine réunion ? Je suis bien content que je ne doive pas prendre la parole avec une trique pareil.

Je rougis en souriant. Mon amie le remarque :

- Un sexto de l'autre ?

Surprise par la question, je ne souris plus. Je deviens aussi rouge qu'une tomate. Dites-moi qu'elle n'a pas osé devant Marc ! Ses commentaires ne me dérangent pas quand nous sommes que toutes les deux mais en public, je suis mal à l'aise.

Je secoue la tête. Je refuse de répondre au message devant Bianca, elle serait capable de me prendre mon téléphone et le lire à voix haute. Je sens le regard de Marc sur moi, je tente de l'ignorer.

Je les suis. Jusqu'à un petit café au coin de la rue, ou Bianca et moi avons l'habitude de manger. Je reste muette, Bianca et Marc parlent de tout et de rien. Ils essaient de m'inclure dans la conversation mais je ne réponds que des hochements de tête, des sourires ou des phrases très succinctes. En réalité ma tête est avec Nilson. Je me demande ce qu'il va faire ce soir. J'ai peur que ces imprévus arrivent trop souvent jusqu'à oublier même mon existence.

Je sors de ma rêverie quand Bianca quitte la table, me laissant seule avec Marc.

- Tu n'as pas l'air d'être avec nous. Tu sais si c'est ton copain qui te manque je peux le remplacer pour quelques heures.

Je suis choquée par ce qu'il vient de dire je suis prête à rassembler mes affaires pour m'en aller. Cependant une voix m'arrête dans mon élan :

- Non, c'est bon je suis là.

Annotations

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Léa Moraud
Cet essai est tout particulièrement destiné aux personnes qui ont connu une relation douloureuse jusqu'à toxique avec un proche.
Cependant, j'aimerai avoir l'avis d'un maximum de personnes, les bons comme les mauvais.

Ceci est le premier texte que je publie et dans ma hâte de vous le faire partager, je ne l'ai pas fait corriger par une tierce personne donc veuillez m'excuser pour les éventuelles fautes d'orthographes ou de syntaxes.
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Défi
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Naya-chan

Elle était là, sa chevelure blonde virevoltant doucement dans la fraîcheur du petit matin, assise sur sa souche de bois habituelle.
Je restais un peu en retrait, continuant à l'observer, l'épaule appuyée contre un arbrisseau, les mains dans les poches.
Sa silhouette immobile, penchée vers l'avant, semblait ne faire qu'un avec le paysage. Ses épaules étaient voûtées comme si elles n'arrivaient pas à supporter un quelconque poids posé sur elles.
Elle paraissait triste et comme perdue dans ses pensées, elle ne m'avait même pas entendu arriver. Son sweater bleu, un peu grand, lui donnait une attitude je-m'en-foutisme que, je l'avoue, j'adorais.
Cet endroit, c'était notre repaire, un petit coin de verdure renfermant la source d'un ruisseau serpentant dans la forêt. C'était ici que je l'avais vue pour la première fois, sur sa souche de bois. Auparavant, cette dernière, je me l'étais attribuée, puis elle était devenue la nôtre. Malgré tout ce n'était pas moi qui l'occupais la plupart du temps, je lui laissais et m'asseyais à même le sol, salissant au passage mes vêtements mais, ça, je m'en fichais. Au bout de quelques minutes, elle se rendit compte de ma présence, elle se retourna et planta ses iris bleues océan dans les miennes sans souffler mot. Elle ne montrait, comme à son habitude, aucune émotion. Son regard était vide et, en même temps, si profond et mystérieux... Au bout de cinq petites secondes, qui me semblèrent une éternité, elle reprit sa contemplation de l'eau. Je m'avançai alors et m'assis à terre, comme d'habitude. Elle ne parlait toujours pas et je ne voulais pas troubler ce silence. Je ne bougeais pas, attendant qu'elle commence la conversation. Ce qu'elle ne fit pas... Cette absence de son n'était pas troublante ni gênante et nous aimions tous les deux le silence. Au bout d'un temps indéterminé, que j'évaluais d'environ un quart d'heure, elle dit simplement :
- Salut.
Je la regardai, elle fixait toujours l'eau qui s'écoulait doucement.
- Hum... Salut, répondis-je, perturbé par son attitude.
Je savais que ça ne servirait strictement à rien de lui demander ce qu'elle avait, sauf à la braquer. Alors je me contentais de fixer, moi aussi, le cours d'eau.
- Je vais déménager, m'annonça-t-elle de but en blanc, comme si tout était totalement normal.
Mais, malgré le ton qu'elle employait, je voyais bien qu'elle luttait contre les larmes.
-Tu ne peux pas... chuchotais-je comme à moi-même.
Ça ne faisait qu'un mois qu'elle était là ! Bien qu'elle soit déjà venue occasionnellement auparavant. Seulement un mois qu'elle était entrée dans ma vie et elle avait tout chamboulé. Elle ne pouvait pas partir, me laisser ainsi avec mes sentiments, beaucoup trop forts et beaucoup trop vrais. Elle ne pouvait pas... Mais peut-être devrais-je commencer par le début, non ?
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