19 - Mia

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Tu seras ma soumise... tout le reste n'est que bonus...

J'espère sincèrement qu'il a raison. Les ravages de mon passé me terrifient pour la première fois depuis longtemps. Je ne veux pas en souffrir encore. Je ne veux pas voir de pitié dans les yeux de Nilson. Surtout pas venant de lui. Je ne le supporterais pas.

Avant de se lever il dépose un baiser sur mes lèvres. Je lui souris mais je n'ai rien ressentis pas d'excitation ni d'envie comme les dernières fois où il m'a embrassé. Inconsciemment ma main droite se faufile sous ma chemise pour griffer les innombrables boursouflures de mon ventre. Je sens mes démons refaire leur apparition. J'ai envie d'avoir mal. Non, en réalité j'en ai besoin. C'est pour cette raison que j'ai rencontré Nilson : pour arrêter de m'autodétruire. Mais c'est plus fort que moi. Si mon maitre n'était pas dans cette pièce avec moi ; je sauterais sur un objet tranchant pour ressentir quelque chose. Pour me réanimer.

J'observe l'environnement autour de moi, je n'en ai pas eu l'occasion plus tôt. C'est une chambre rien de plus banale, un lit avec de chaque côté une commode et un bureau dans un coin. Les murs sont blancs, stériles. Il n'y a aucune décoration personnelle ; Nilson ne m'avait pas menti quand il a dit que ce n'est pas chez lui.

Un objet retient mon attention sur le bureau : un fouet. Long en cuir noir tressé, il me fascine. J'ai trouvé l'objet qui pourrait me délivrer aujourd'hui sans laisser de trace définitive. Je me lève, je veux le toucher. C'est comme si l'objet m'appelait...

- Mia ! que t'ai-je dit à notre première séance ?

Je sursaute, prise sur le fait. Je me tourne vers lui.

- Et en plus de ça tu n'as pas fait ce que je t'ai dit. Veux-tu vraiment que je sois sévère dans ma punition ?

Oui ! je veux ressentir quelque chose !

Je baisse les yeux pour lui montrer mon respect. Mais je veux une seule chose, c'est qu'il ait accès a tout mon corps lors de ma punition, je veux sentir tout mon corps vivant. Alors les mains tremblantes je dégrafe bouton par bouton mon chemisier. Je libère mes seins, puis je ferme les yeux avant de révéler mon abdomen. Je ne veux pas voir le dégout sur son visage quand il découvrira la laideur de mon corps.

- Tu n'es obligée de rien, mon chat, il me dit d'une voix douce. Je peux attendre que tu sois prête.

Pendant qu'il parle, je continue à dévoiler la partie de mon corps que je déteste tant. Je sens mes mains trembler et ne peux m'empêcher de penser à Alex, à sa micro-expression de dégout qu'il a eu pendant une milliseconde ; elle est inscrite dans ma mémoire. Elle me hante pendant mes coups de mou. Alors quoiqu'il en soit je ne veux pas voir la réaction de Nilson.

Je sens une main sur ma joue. Il s'est approché. Son odeur m'enlace. Je le sens tout autour de moi.

- Ouvre les yeux, ma belle.

J'entends la peine dans sa voix, ce qui me fend le cœur.

- Arrête, s'il te plait. C'est toujours moi, Mia votre soumise rien n'a changé depuis tout à l'heure. Alors à moins que vous n'ayez plus envie de rien, je vais m'allonger sur le lit et vous allez me punir comme c'était prévu.

Ma voix tremble. J'ai peur qu'il fasse marche arrière, qu'il ne veuille plus de moi.

- Non, regarde-moi.

Au ton de sa voix je n'ai pas d'autres choix que de faire ce qu'il m'ordonne. Je me rends compte que mes yeux sont embués, je pleure. Tandis qu'il est en face de moi, il scrute mon visage :

- Qui est ce qui t'a fait ça ?

- Je ne veux pas en parler... je murmure. Est-ce que je... je dois partir ? Je comprendrais parfaitement que... que vous n'ayez plus envie de moi. J'ai... je ne sais pas pourquoi je demande... je vais partir. Je suis désolée de vous avoir fait perdre votre temps. Pardon...

Malgré moi, je pleure aux sanglots, ça ne veut pas s'arrêter. Je penche pour l'embrasser sur la joue et je me dépêche de déguerpir. Il ne bouge pas. Je ne comprends pas. Il m'a dit que rien ne changerait notre relation. Je me sens humiliée. Je suis dans le salon je cherche mes affaires. Je tombe sur ma jupe par terre. Je tente de l'enfiler sans difficulté. Les sanglots secouent mon corps, je n'y arrive pas. Il faut que je parte d'ici.

- Calme-toi, ma chérie.

J'arrête tout ce que je fais et je me tourne vers lui :

- Que... que je me calme ?! je hurle. Vous m'humiliez et maintenant il faut que je me calme ? Vous avez dit que rien ne changerait. Vous avez dit que je serai toujours votre soumise tant que nous étions sur la même longueur d'onde, est ce que quelque chose a changé pendant que je me déshabillais ??

- En réalité, oui... j'ai compris que je n'aurais pas dû t'approcher.

À ces paroles, mes jambes ne me tiennent plus. Je repars dans des sanglots. Il ne veut plus de moi. À ma réaction il s'empresse de dire :

- Pas à cause de tes marques... je m'en contre fiche, je t'accepte telle que tu es...

Je ne le laisse pas terminer sa phrase :

- Fais moi l'amour.

- J'en ai tant envie, tu ne peux pas imaginer, mon chat. Mais si je le fais, cela risque de te faire du mal quand tu découvriras la vérité. Je pense que ce serait mieux si on arrêtait là avant que ça n'aille trop loin. Je ne veux...

- Mais de quoi tu parles ?!?

- Enzo est mon demi-frère, il dit sans préambule.

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