17 - Nilson

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Énervé, je la porte sur mon épaule. Je lui ai dit plusieurs fois de parler. Elle ne veut pas m'écouter. Je lui ai dit qu'elle serait puni si elle continuait. Mais rien n'y fait, elle a persévéré et je dois maintenant tenir mes engagements. Sur mon épaule je la sens se débattre :

- Arrête ! Je veux descendre.

- C'est moi qui commande, tu m'es soumise. Tu ne m'as pas écouté, je vais alors tout faire pour que ça ne se reproduise plus.

J'entre dans le petit appartement que j'utilise habituellement pour dormir quand je dois rester tard au bureau. Je traverse le couloir tout en l'ignorant, je la sens se débattre. Arrivé, dans le salon je la dépose par terre sur la moquette. Agenouillée ainsi, elle me regarde prête à ouvrir la bouche, je la devance :

- Tu ne parles pas tant que je ne te l'ai pas demandé. À chaque geste que tu ferras pour me répondre ce sera un coup de fouet en plus des deux premiers que je te dois déjà. Compris ? Réponds-moi.

À mes mots, elle se redresse et n'ose plus me regarder dans les yeux. Elle est belle ainsi, soumise ; j'en bande presque. Ses cheveux noirs tombent en rideau devant son visage rouge – de honte ou d'excitation ? Je peux percevoir sa respiration accélérée par les mouvements rapides de sa cage thoracique.

- Oui, monsieur. J'ai compris, elle balbutie.

- Très bien.

Je la laisse accroupie sur la moquette tandis que je me dirige vers le bar tout en dénouant ma cravate. Je retire ma veste, je me sers un verre de vin rouge. Je retourne vers mon invitée que je surprends à me reluquer. Elle pique du fard et revient à sa contemplation du sol ce qui me fait sourire. Je m'assois sur le canapé près d'elle et je me déchausse. Je ne me presse pas. Je fais les choses lentement, de façon délibérée.

- Est-ce que tu as passé une bonne journée, Mia ?

Elle lève la tête vers moi :

- Oui, je...

Elle plaque ses mains sur sa bouche devant mon air inquisiteur. Elle a compris qu'elle s'était fait piéger. Sa réaction me fait rire, elle prend cela très à cœur ce qui me fait plaisir.

- Et un de plus, je dis fièrement. Enlève ta veste et mets la sur le canapé à côté de toi.

Elle fait ce que je dis. Je surveille tous ses mouvements et toutes ses parties qui se découvrent.

- Remets-toi en place et dis-moi tout ce que tu as à me dire. Mais tournes-toi vers moi d'abord.

Elle fait tout ce que je dis sans discuter mes ordres. Je suis aux anges, plus rien à voir avec celle qui refusait d'obéir plus tôt dans la journée.

- Je... je voudrais reparler de la conversation que l'on a eue, elle bégaye en fixant par terre. Je ne veux pas tomber amoureuse, c'est sûr, surtout si vous ne le serrez jamais en retour. Mais je ne veux pas en arrêter là. Alors je me disais que peut être on pourrait trouver une entente où je ne souffrirais pas. On pourrait par exemple, avoir d'autres amants avec qui on ne pratique pas le bdsm même si le fait de passer l'après-midi à essayer de me dire que vous n'étiez pas avec une autre femme était tout simplement de la torture...

Elle voudrait qu'on soit un couple libertin ? Oui, parce qu'on est un couple. Ce terme ne s'associe pas juste aux personnes ayant des sentiments l'un pour l'autre ou pratiquant le sexe vanille ensemble. Tant que je la considère comme mienne et elle comme son maitre pour une période indéfinie, nous sommes un couple.

- Et puis vous pourriez peut-être arrêter avec les mots gentils et les noms mignons, je pense que je peux m'en passer. Ensuite si c'est possible de se voir qu'au club, pour ne pas avoir à apprendre à vous connaitre. En fait je voudrais que vous soyez juste un maitre et pas un petit ami en prime... je ne sais pas si c'est clair...

Je me baisse vers elle pour être à sa hauteur. Je passe un doigt sous son menton et la force à me regarder dans les yeux :

- Pour le libertinage, c'est non, je dis très clairement. Cet après-midi, j'ai enchainé réunion sur réunion, c'est pour cela que tu n'as pas eu de mes nouvelles. Arrêter les mots doux, je peux essayer mais je ne suis pas excité par les insultes. Je veux bien être juste un maitre et tu me demandes aussi de ne pas prendre soin de toi ; je ne serais qu'un tyran si c'était le cas. Je ne voulais pas retourner au club, on pourrait venir ici à la place, qu'est-ce que tu en penses ?

Je la relâche. Elle recommence à étudier le sol tout en triturant sa jupe. Mais elle ne répond pas, je la laisse réfléchir. Toujours aucuns signes, et je comprends pourquoi :

- Réponds-moi.

- Le fait que vous soyez un tyran m'empêche d'avoir des sentiments pour vous. Je n'aime pas non plus les insultes. Est-ce que c'est votre...garçonnière, ici ?

Sa question me fait rire. Elle me demande si cet appartement me sert pour baiser. D'où est ce qu'elle a bien pu chercher ça ?

- Je n'ai pas eu de coup d'un soir depuis bien longtemps, et toutes mes anciennes soumises, je les emmenais chez moi, c'est là où se trouve tout mon matériel. Cet endroit me sert pour dormir... seul de préférence, j'ajoute.

Elle hoche la tête, rouge de honte. Je hausse les sourcils :

- Et une de plus, je ris.

Je m'affale dans le canapé tout en observant ma soumise. Elle lève la main, qu'elle veut prendre la parole, je lui accorde :

- Est-ce que madame la juge se porte bien ? elle demande.

Je sens l'intéressée, faire un bond. Mia se met à quatre pattes pour se mettre devant moi, entre mes jambes écartées. À ce moment elle n'hésite pas à me fixer dans les yeux. Ces deux facettes d'elle me plaisent bien ; elle joue entre la petite fille timide et femme sûre d'elle. Je sens ses mains se poser sur mes chevilles et remonter vers mes cuisses sur le pantalon ; je surveille ses gestes. Je suis envouté par ces yeux qui me fixent. Elle est comme une sirène qui vous hypnotise. Elle monte ses mains toujours plus haut lentement vers ma braguette. Je la laisse faire car elle connait très bien les limites. À quelques centimètres de mon entre jambe sa main gauche stagne tandis que l'autre dévie vers la mienne posée juste à côté de ma jambe ; qu'est ce qu'elle va faire ? Elle prend mes doigts dans sa main et les ramène à ses lèvres. Elle embrasse l'auriculaire puis l'annulaire et le majeur enfin l'index. Elle n'embrasse pas le pouce – elle fait beaucoup mieux- elle le met dans sa bouche, le suce. Sentant la chaleur de sa langue, un grognement s'échappe de ma gorge. Elle s'occupe de mon pouce comme si c'était mon sexe qu'elle avait dans la bouche. Sa langue joue autour de mon doigt. La sensation se répercute dans mon pantalon.

- Je sais ce que tu es en train de faire, je grogne.

Elle rit. Les vibrations de sa voix ne font qu'un peu plus affluer le sang dans mon entre jambe.

- Tu n'auras pas d'autres chances de te livrer comme ça avant un bon moment.

Elle lâche mon pouce, un sourire aux lèvres :

- Dommage, moi qui voulait vous parler du rêve érotique que j'ai eu, ce sera pour une autre fois.

À cette phrase, je me redresse, je lui enlève ma main. J'essaie de reprendre mes esprits :

- Relève toi et enlève cette jupe.

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Défi
Yiig Drasil



  Depuis de nombreuses années, Grégoire ne peut se passer de lui. Chaque matin sa douce odeur le sort de son sommeil agité, le réconfortant comme une mère chaleureuse et bienveillante.
  Ce matin, comme à son habitude, il s'extirpe difficilement de son lit. Seul l'idée d'éteindre son fidèle cellulaire le motive à engager la mécanique quotidienne pour affronter la journée qui peine à commencer.
  Ses journées sont rythmées par le tempo assommant du vieil adage : « métro, boulot, dodo ».
  Grégoire est un vieux célibataire de quarante-trois ans. Ce n'est pas un choix, mais la vie ne lui a jamais donné la chance de croiser son alter égo ou ce que certains appellent « l'âme sœur ».
            D'ailleurs il ne l'a jamais vraiment cherché.
  Sa famille le taquine souvent, voire trop, sur le manque de compagnie dans sa monotone vie. Son père lui a même sorti un jour :
  « Tu sais, il faut nous le dire si tu aimes les hommes. Ce n'est pas grave. »
 Grégoire avait ressenti toute l'introspection et le travail de son père à l'élaboration d'une telle conclusion. Il revoit encore son père les mains crispées sur ses couverts et les veines de son front pulser sous l'intensité d'un tel aveu. Toute la table s'était tue comme si la déclaration du paternel donner la bénédiction suprême à Grégoire : « Soit, tu aimes les hommes et je prendrai sur moi car je t'aime, mon fils. »
            Foutaises !
  Bien entendu que ce n'est pas grave d'aimer les hommes. Grégoire n'appréciait pas ce genre de réflexion arriérée. S'il n'était pas en couple, c'était qu'il aimait les hommes. Mais quelle stupidité de penser ainsi.
  Son père suggérait par ces mots que le fait d'être encore célibataire à son âge était assez préoccupant pour qu'il accepte l'homosexualité de son fils.
  « Je prendrai sur moi. » ; « je t'aime, mon fils. »
  Grégoire remplit son mug et rit amèrement au souvenir de l'ultime sacrifice paternel. Si tu aimes tes enfants, tu te fous d'apprécier ou non s'il fourre les poulets plutôt que les poulettes.
  Grégoire n'en veut pas vraiment à son père, c'est la société qu'il faut blâmer.
  Premièrement parce qu'elle impose comme convention que pour être heureux il faut s'accoquiner d'une moitié, un partenaire pour faire la vie. Folie ! Il n'a de compte à rendre à personne et encore moins aux normes sociales.
  Deuxièmement, il reproche à la société l'hypocrisie face à l'homosexualité et le transgenre. Car la conclusion de son père reflète la fausse tolérance du grand nombre.
  « Ce n'est pas grave d'être gay... »
  Mais bien entendu ce n'est pas grave ! Nous n'avons même pas à le mentionner ! Le fait de le préciser démontre un embarras vis à vis de l'orientation sexuelle. Nul ne choisit d'être attiré par une autre personne. C'est là magie des relations sentimentales.
  D'ailleurs, ce n'est pas grave d'être hétéro !
  Ce n'est pas grave d'être grand, gros ou même con ! Non, être con ça c'est grave!
  Quoiqu'il en soit Grégoire ne s'était jamais posé la question quant à son orientation, il est autant attiré par les femmes que par les hommes. S'il n'est pas en couple ce n'est pas par choix cependant il ne cèdera pas à la pression sociale.
  D'ailleurs doit-on être en couple et faire des enfants pour être heureux ?
  Grégoire pense à son frère ainé, marié depuis quinze ans, trois enfants. Sa belle-sœur a pris un kilo par année de mariage. Le teint terne et le visage tiré. Elle ressemble à une revenante boulimique. Elle hurle sans cesse sur ses enfants, tant et si bien que dans la famille on la surnomme le Grinch. Mais le plus pathétique est son frère qui lui prodigue moultes conseils, alors qu'il trempe sa nouille chez toutes ses collègues et n'épaule jamais sa femme.
  Cliché !
  Si c'est ça le bonheur, Grégoire n'en veut pas.
  Grégoire trempe les lèvres dans sa tasse chaude et se brûle le bout de la langue. Il écarte le liquide brulant de sa bouche et grimace en soufflant pour faire passer la peine. Son geste est brusque et sa tasse se vide sur le carrelage. Gregoire lâche un juron, il nettoiera ça avant de partir au travail, tout de suite il veut s'occuper de sa tasse vide.
  Arrivé devant la cafetière, il se ressert une bonne rasade de café. Ce doux et divin breuvage qui le console chaque matin, qui le détend à chaque pause au travail et qui jamais ne lui fait faux bond.
  Il colle la tasse contre ses lèvres et avale le liquide brulant dans de longues lampées langoureuses.
  Le café, il en boit depuis ses vingt-et-un ans. A son arrivée à l'université, il s'était donné un style. Rompant avec l'enfance, il avait abandonné le chocolat chaud, le trouvant trop ingénu pour continuer à le consommer dans sa vie d'étudiant en lettre.
  Boire du café est sexy s'était-il dit, il donne un genre intellectuel acidulé et perspicace. Il n'a jamais voulu du thé, trop bobo pour lui.
  Grégoire sourit en analysant ses divagations. Il reproche à son père ce que lui-même vient de faire. Il a des aprioris, des idées préconçues. Il vient de mettre en boîte avec une grosse étiquette les consommateurs de thé, chocolat ou de café.
  Oui, mais le café... hmmm, les arômes de cet arabica étaient uniques...
  Au moulin à café, le jeune vendeur lui fait découvrir de nouvelles saveurs. Il est torréfacteur, artiste des mélanges et poète.
  Grégoire le trouve magnifique dans son tablier blanc immaculé. Il s'appelait Steven et ne devait pas avoir plus de vingt-cinq ans.
  Il avait toujours aimé le café, mais il le vénérait depuis que Steven l'avait ensorcelé avec son lyrisme sur les petits grains grillés.
  Steven possède une bouche pulpeuse et de grand yeux verts. Archétype du jeune bellâtre, Grégoire l'admire et se presse de finir chacune de ses compositions le plus vite possible pour retrouver son Van Gogh de la torréfaction et se perdre dans une nouvelle rhapsodie du caoua.

  Une douleur atroce lui soulève le creux de l'estomac. Il déboule dans les toilettes et vide d'un trait son café. Du sang frais macule les rebords de la faïence et du rejet amer barbouille le coin de ses lèvres.

  « N'y pense même pas, mon amour. »

  Grégoire se jette en arrière se cognant contre la porte des sanitaires. D'où provient cette voix ?

  « Grégoire, mon cher partenaire. Tu pensais que je ne réagirai pas à tes pensées crapuleuses au sujet des douces lèvres de ce ... Steven ? Le blondinet qui te fait bander à chaque fois qu'il te tend une poche de café fraichement moulu. »

  Le ton est amer et légèrement moqueur.

  Grégoire se lève, apeuré, son sang fouette ses joues et ses tempes violemment. Qui donc lui parle ? il est seul dans ce triste appartement à la décoration scandinave. Il se trouve à l'instant vulnérable et ridicule.

  « Qui ? Qui est là ? » demande-t-il d'une voix tremblante.

Il se redresse péniblement, la douleur dans son estomac lui lance comme une brûlure.

  « Bon bel Apollon, c'est moi. Ta plus adepte compagne. Tu me nourris et me choie depuis si longtemps. Nous sommes de vieilles connaissances. Je me fais invisible généralement, mais ce matin tu m'as vraiment offensée. »

La voix sonne dans sa tête omniprésente. Grégoire parcourt son appartement, ouvrant violement chaque porte et scrutant dans chaque pièce, agacé et pressé de débusquer cette femme à la voix suave. Il l'imagine belle à en couper le souffle, brune et dominante.

  « Je ne vous vois pas, où êtes-vous ? Montrez-vous !» crie-t-il à tue-tête.

  « Grégoire, Grégoire... je te pensais plus intelligent. Quoique... depuis que ce blondinet s'est interposé dans tes pensées, tu deviens terriblement stupide. »

Il finit par regarder dans la salle de bain, il ouvre dans un mouvement sec le rideau de douche. Personne... fichtre...

  « Je deviens fou... » murmure-t-il en se passant de l'eau sur le visage, il ancre ses poings sur le lavabo et se force à respirer calmement pour reprendre ses esprits.

  « Mais non, mais non... Regarde toi. Regarde-moi ! » reprend la voix sensuelle.

Grégoire lève avec crainte les yeux sur le miroir face à lui, il se perd dans son reflet avec une appréhension éprouvante. Les traits de son visage vacillent, une femme prend sa place dans le miroir, elle est diablement séduisante. Ses lèvres carmines frémissent d'excitation. Grégoire est pétrifié mais secrètement il la souhaite vraie pour pouvoir la saisir dans les bras et lui faire gloire, un hommage au moins à la hauteur de son aura enchanteresse. La vision se floute et disparait, il reste seul face à sa gueule affligeante de normalité.

  « Que... Steven a mis quelque chose dans mon café.» se rassure-t-il en riant nerveusement. Il a déjà consommé des drogues qui pouvaient faire ce genre d'effet.

  « Pitié. Si tu me parais plus bête qu'à ton habitude, Steven est atteint de crétinisme sévère. Et ce n'est pas une cure d'iode qui le sauvera. Steven n'est qu'une marionnette, un mauvais acteur qui te fait croire qu'il est la jeunesse et l'originalité. Pfff, j'ai 25 ans et je suis torréfacteur dans une chaine de boutique bobos à souhait. Et toi, qui te dit si anti-conventionnel, tu as plongé dans le piège du markéting et le regard hollywoodien de ce damoiseau. Pathétique. »

La voix ricane sous son crâne, Grégoire converse avec une mauvaise conscience qu'il espère ne pas être la sienne. Est-ce cela le burn-out ? Grégoire n'aime pas que l'on critique l'élu de son idylle secrète.

  « Qu'est-ce que Steven vient faire là ? Et qui es-tu, toi qui habites sous mon crâne ? »

  « Je suis ton âme sœur Grégoire, je suis ton addiction à la platitude de ta vie, je suis le moteur qui assèche ton cœur dès qu'un homme ou une femme l'irrigue de bons sentiments. »

  « Je suis possédé c'est ça ? »

  « Voyons, où vas-tu pécher de telles sornettes ? tu n'es même pas croyant. Non, je ne suis pas un démon. Je suis ton tout, celle qui t'accompagne fidèle depuis tant d'année, discrète et attentionnée. Je suis celle qui te réconforte quand tu ne vas pas bien et je suis aussi ce putain d'ulcère qui t'a claqué ce matin lorsque tu as sérieusement envisagé de laisser une place à cet échanson de Steven. »

  « Tu es jalouse ? mais je n'ai jamais su que tu existais en moi ? »

Grégoire s'affole, qui est cette entité qui s'impose à lui ce matin.

  « En toi, auprès de toi, avec toi, pour toi. Eh oui, je suis jalouse. Mais ne m'en veut pas, je ne veux que ton bien. »

  « Comment sais-tu que Steven n'est pas bien pour moi ? »

  « Je le sais car je suis la seule qui te sied. La seule qui mérite ton amour.»

  Grégoire pense aux traits angéliques du jeune homme, ils lui paraissent soudainement fades et sans intérêts. Celle qui parle dans sa tête aurait-elle raison ? Sa voix le sécurise, l'apaise. Et si tout ce qui se passe dans sa tête est vrai ? Elle a toujours été là pour lui, c'est peut-être la raison qui le conforte à ne jamais chercher l'amour. Il ne le cherche pas car il l'a déjà trouvé.

  Mais comment en être sûr ?

  « Comment puis-je t'aimer si je ne te connais pas ? »

  « Oh tu me connais, souviens toi de nos nuits torrides passées ensembles, couple parfait et décadent. Je ne te reprocherai jamais de te détruire, je ne te reprocherai jamais de t'élever, de t'améliorer ou de tout foutre en l'air. Transcendance ou déliquescence, je te l'ai dit je suis ta plus dévouée amie et nous finirons ensembles comme Roméo et Juliette. La société voulant nous séparer, mais l'amour est plus fort. »

  Le reflet dans le miroir redevient cette femme aux yeux noirs et aux lèvres indécentes. Des flammes de désire brûlent dans ses prunelles. Elle est maligne et attractive. Grégoire se rappelle, son cœur explose dans une bacchanale menée par Niccolo Paganini. Son sang se réchauffe à la vue du corps voluptueux. Il n'a jamais su si la féminité l'excitait, mais le corps face à lui est affolant. Ce n'est pas sa poitrine généreuse ni ses hanches voluptueuses, c'est une aura qui se veut aphrodisiaque. Il désirerait avec autant d'ardeur si elle se montrait sous les traits d'un mâle musclé aux attraits exhibés éhontément. Homme ou femme, Grégoire s'en fout, ce qui se présente face à lui retourne le bide et le cœur. Il veut la conquérir et se soumettre.

  Grégoire se souvient de celle qui se tient à son opposé mais il veut qu'elle se dévoile. Après tout elle lui doit bien ça après s'être moqué gentiment de lui.

  « Toi qui te dis discrète, tu es bien loquace ce matin. » envoie-t-il soudainement coquin.

  La femme escalade gracieusement le lavabo dans le reflet, elle traverse la glace et elle se poste, sauvage et affamé, devant Grégoire.

  « Je me devais de te rappeler qui tu aimais. Tu t'en souviens maintenant ? » susurre-t-elle affable et mielleuse.

  Elle ondoie vers Grégoire et se love contre lui, câline son cou et mordille le lobe de ses oreilles. Il sent son sexe se dresser, l'urgence dans son membre lui remémore qu'il n'y a qu'elle qui le met dans cet état.

  « Oui, je crois. Je n'ai jamais aimé que toi. Solitude. »


2345 mots... on est loin des mille mots demandés... oups!
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marinewolfies


J'ai ce briquet à la main. Je l'approche de ma bouche pour allumer le joint que je tiens entre mes lèvres. Mon deuxième joint de la soirée en fait. C'est agréable de planer.
La soirée se prolonge, un gars arrive, énervé. Il s'approche de moi, m'attrape par le col.
- C'est quoi ton problème petit merdeux ? T'as fait quoi avec ma meuf ? Je ne suis pas assez bien pour elle parce que je ne bois pas et je ne fume pas ?!
En prononçant ses derniers mots, il m'arrache le joint de la bouche pour le jeter au sol. C'est une soirée organisée par Blake. C'est forcément lui qui a manigancé tout ça. Pour lui pas de bonnes soirées sans bagarre.

Sans que je ne m'y attende, le type me soulève du sol pour me balancer contre une table basse. Une table basse en verre qui, bien évidemment, se brise sous mon poids. Sans réfléchir, j'attrape un morceau de verre que je lève au-dessus de ma tête pour dissuader le gars de m'approcher, mais trop tard. Le sang coule le long de mon arme puis le long de mon bras. Je sens le corps lourd du jeune homme peser sur mon poignet et là, je comprends que je l'ai tué.

Je suis dans une salle d'interrogatoire, dans une tenue orange de prison. Un policier arrive et s'assoit pour me faire face :

- Alors jeune homme, vous avez été arrêté pour meurtre par légitime défense. Pouvez-vous me dire ce qu'il s'est passé ?

Je ne suis pas tout blanc comme gars. J'ai fait des conneries, comme la plupart des personnes sur cette terre. En revanche, j'aurai pu éviter ça. Je suis peut-être un connard, mais là, c'est allé trop loin.
Je sens des larmes de regret me monter aux yeux, puis je revois les trois derniers mois défiler dans ma tête...
*****
Trois mois plus tôt.

Vous voyez ce genre de soirée, étudiantes qui finissent par dégénérer le temps d'un stupide jeu avec une bouteille ? Ou encore avec le jeu Action ou Vérité ? Eh bien, ces jeux ont fait dégénérer sa vie à lui bien plus que le temps d'une simple soirée. Et pour cause...

Nous sommes le week-end juste avant la rentrée. Comme chaque année, une soirée est organisée entre les étudiants pour fêter le retour des vacances. Et comme chaque année, il va y avoir des petits nouveaux.

La soirée s'organise chez Blake, c'est un populaire, tout le monde l'adore et c'est lui qui organise les meilleures soirées. Avec les meilleures bastons à la fin évidemment.

Rien ne se passe pendant au moins deux heures, la fête bat son plein et Blake décide enfin de faire l'un de ses jeux stupide. Cette fois-ci, il a opté pour le « souffle-touche ». Ce jeu consiste à se faire passer un morceau de papier, de bouche en bouche, sans le faire tomber. Si jamais le papier tombe, les deux personnes concernées doivent s'embrasser.

Les quelques participants s'installent. Nous sommes 5, il manque une personne. Tyler se lève pour aller chercher quelqu'un au hasard dans le « public ».

- Je vous présente à tous Adam. C'est un bleu, mais c'est aussi mon cousin alors attention. Allez Adam, prête toi au jeu, dis-toi que ça te fais office de bizutage, ricane Tyler.

Tyler nous présente les uns après les autres, très rapidement, puis force son cousin à s'asseoir à côté de lui.

Je fixe Adam du regard, il en fait de même avec moi. Il est plutôt mignon avec ses lunettes d'intello et sa coupe qui va avec. Je lui souris timidement et il me rend ce sourire. Sourire qui est tout aussi timide.

La soirée se poursuit, le papier passe de bouche en bouche et ce n'est franchement pas le jeu le plus hygiénique du monde. C'est à mon tour de l'avoir, je dois le faire passer à Adam. Manque de chance le papier tombe à ce moment-là.

Nous n'avons pas d'autre choix que de nous embrasser, surtout pas avec l'euphorie qui a envahie la foule.
La fille timide et le petit nouveau, quoi de mieux pour plaire à des jeunes bourrés ?

La soirée semble s'éterniser, je décide de partir. À une certaine heure de la nuit, il ne vaut mieux pas rester dans les parages.

- Tiens tu t'en va ? Me demande Adam.

- Oui, je n'aime pas trop les fins de soirée comme ça, lorsque tout le monde fini bourré.

- Je peux te raccompagner si tu veux ?

- Oui, pourquoi pas.

Nous quittons donc la soirée et marchons dans la rue. Je n'ai pas de voiture, jugeant que ça ne me serais pas utile pour le moment. L'air est frais, agréable.

- Alors comme ça on est nouveau ici ? Demandé-je pour faire passer le temps.

- Ouais, je suis là pour mes études. Tu viens souvent à ces soirées ?

- Je suis une habituée, oui, même si je ne suis pas la fille super canon et super populaire. Je m'invite moi même et j'ai jamais eu de soucis.

Il sourit. Il est craquant le fils à papa.

- Quel cursus tu suis exactement ?

- Un cursus de langues, en première année évidemment.

- Je suis aussi en langues ! Je pourrais te filer un coup de main si jamais t'as besoin.

Oui, je suis en langues et non, on ne peut pas vraiment dire que mes notes soient brillantes. Même en première année, elles étaient catastrophiques. Mais je dois bien admettre que j'avais envie de le revoir. Il me plaît bien. Il est craquant avec son air enfantin, innocent et timide. Un peu comme moi finalement...
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Darzel
J'ai déjà tout donné sur la couverture, pas envie de me casser le cul sur un résumé. Viens voir, tu vas rire (pour changer)
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