14 - Nilson

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J'entre dans le bureau de Jonathan suivi de mon ami, Samuel. À peine dans la pièce que ce dernier me donne un coup de coude :

- Tu l'as dans la poche, la p'tite !

Je ne dis rien. En voyant Mia par terre devant son bureau je n'ai pas été surpris. Je savais qu'elle travaillait pour mon ami – elle l'avait mentionné dans son dossier. Et c'était une des raisons qui s'inscrivait dans la liste des inconvénients. Les avantages étaient plus sa photo, son innocence que l'on pouvait sentir dans ses réponses quand il lui était demandé pourquoi elle voulait venir au club ou bien quelles choses appréciait-elle au lit. Le fait qu'elle soit novice que ce soit dans le sexe vanille ou dans le bdsm. Certes elle n'est pas vierge mais c'est tout comme : elle n'a eu qu'un seul amant dans sa vie.

- Eh ! Nilson, tu rêves de Mia ? rie Jonathan.

Ce dernier me sortit de mes pensées.

- Je te préviens, ne penses même pas à l'approcher, compris ? Je ne voudrais pas qu'elle me dépose sa lettre de démission parce que tu lui as piétiné son cœur. Elle m'est précieuse.

- Mais Marie n'est pas jalouse que tu aies ce petit bijou à portée de main ? demande Samuel.

- Non pas du tout. Mia n'est pas comme ça et puis elles s'entendent bien toutes les deux.

Je m'assois sur un canapé placé dans un coin du bureau. Mes compères m'imitent.

- Alors les amours, Nilson ? me demande Samuel.

Nous entendons frapper à la porte.

- Entrez, lance Jonathan.

On voit Mia pénétrer dans la pièce avec un plateau. Elle s'approche de nous. Je l'examine, elle porte un chemisier rose pâle qui laisse facilement deviner les courbes de sa poitrine et une jupe crayon qui dévoile la finesse de ses hanches. Je lève la tête pour regarder son visage. Ses yeux ne fixent que le plateau ou le sol. Elle est toute rouge. Quand elle regarde John et Sam, en leur parlant de sucre ou pas sucre, je comprends qu'elle fait tout pour m'éviter.

- Vous... vous... Voulez autre chose messieurs ?

Je ne dis toujours rien ne voulant pas la mettre dans l'embarras.

- Oui, dis Samuel, je voudrais savoir si votre cœur est pris ?

C'est à cette question qu'elle devient cramoisie et lève la tête pour me regarder quelques secondes mais se reprend. À quoi il joue ? Samuel est mon plus vieil ami, nous nous somme rencontrer sur les bancs de la fac. Il a toujours une âme d'ado, il est joueur et il adore les femmes. Un vrai séducteur.

- Je... je pense qu'il est toujours à prendre, oui. C'est tout ?

Cette réponse n'arrête pas de passer et repasser dans ma tête, comme si mon cerveau n'a pas les capacités de la comprendre. Elle se fout de ma gueule ? Je suis son dominant, elle m'appartient. Tout son corps est à moi, comme son cœur. Il m'appartient. Elle n'est peut-être pas amoureuse de moi mais si elle veut tomber amoureuse elle n'a le droit de l'être que de moi. Je prends mon téléphone et pianote un message :

De : Nilson

A : Mia

Il faut qu'on parle ! apparemment il y a des choses encore à mettre au clair !

Je ne sais pas ce qu'il a été dit – je n'ai pas écouté - mais elle part avec un sourire. Elle a fait exprès ?! Pourquoi ? Elle sait très bien que je m'énerverais. Je m'empresse de me lever et de la suivre.

- Où est-ce que tu vas, Nilson ? me demande John.

- Je vais régler un petit problème.

Dans son bureau, je la trouve assise en train de travailler. Mais je ne peux pas lui parler là. Plusieurs femmes nous regardent et je n'ai pas envie que tout le monde sache mon mode de vie.

- Emmène-moi dans une salle de réunion qui se ferme à clé, j'ordonne.

Elle me regarde et ne se démonte pas :

- Je suis en train de travailler, Monsieur Bousso. Vous voulez peut-être prendre un rendez-vous ? Et puis je ne m'enferme pas avec un inconnu, mon monsieur n'aimerait pas ça.

Elle m'énerve de plus en plus. Elle me défie toujours quand nous ne sommes pas dans une salle du club. Pourquoi elle ne peut pas être soumise tout le temps ?

- Suis-moi, je grogne.

À mon ton, elle comprend que je ne rigole pas. Elle se lève, droite comme un pic. Je la prends par la main. Je défile devant les portes jusqu'à que je puisse lire salle de réunion. Nous y entrons et je ferme à clé.

- Alors tu es un cœur à prendre ? je dis en essayant de me calmer.

- Alors, on ne se connait pas ?

Elle croise les bras sur sa poitrine, ses sourcils sont froncés, ses lèvres ne forment plus qu'une ligne. Sa timidité a complètement disparu et j'ai une femme sûre d'elle, devant moi.

- Qu'est-ce que tu voulais que je dise ? Que l'on se connait ? je ne savais pas si tu voulais que ça se sache. Mais maintenant il n'y pas de doute, tout l'étage doit se douter qu'il se passe un truc entre nous...

- Oui, je suis toujours un cœur à pendre. Je ne suis amoureuse de personne. Vous n'êtes que mon maÏtre. Et surement, comme Daniel, avoir des sentiments pour vous est une limite.

Ah c'est donc ce qu'elle pense !

Je m'avance vers elle, ses hanches entre mes mains, son corps collé au mien, ses bras – encore croisés – entre nos corps. Je sens son odeur à plein nez et j'aime ça. Elle me regarde dans les yeux, je l'embrasse d'un doux baiser :

- Les sentiments que tu peux avoir à mon égard ne peuvent au contraire que solidifier la confiance qu'il y a entre nous. Tu comprends, minou ?

- Ce qui veut dire en clair que vous n'aurez jamais de sentiment pour moi ? elle chuchote.

Je retrouve la Mia qui m'est soumise. J'ai juste besoin de la toucher pour qu'elle me considère comme son maitre.

- Non, en général, je n'ai pas de sentiments amoureux pour mes soumises. Je les apprécie, je les respecte mais ça s'arrête là.

- Ce qui veut dire que je n'ai pas intérêt à tomber amoureuse si je ne veux pas que tu me brises le cœur ?

Elle alterne entre le tutoiement et le vouvoiement. Elle les utilise à bon escient. Je ne lui fais donc pas la remarque.

- Oui, c'est ce que ça veut dire.

Ma réponse est peut-être brutale mais je ne veux pas qu'elle se trompe sur mes intentions. Je sens son corps contre le mien flancher. Elle décroise les bras et pose sa tête sur ma poitrine, elle ferme les yeux :

- Il faut que je vous avoue quelque chose, monsieur.

- Oui, dis-moi tout.

- J'ai joui la nuit dernière. Ce n'était pas voulu je vous assure. Et en théorie c'est vous qui en êtes la cause, donc je ne suis pas coupable si je ne suis pas responsable...

Je ris à cette façon mignonne d'éviter une punition.

- Raconte-moi tout...

Je sens mon téléphone vibrer dans ma poche arrière. Je le prends, un message de Jonathan :

De : Jonathan

A : Nilson

Enfoiré, ramène moi Mia tout de suite ! Si tu lui as fait quoi que ce soit, je te tue.

Je souris. Apparemment John est inquiet pour sa secrétaire. Cette dernière a encore sa tête sur mon torse et les yeux fermés :

- Chérie, il faut que tu repartes travailler, John veut de tes nouvelles. On se voit ce soir chez moi ? Comme ça tu me raconteras tout. Je t'enverrai un chauffeur à ton heure de débauche, ok ?

Elle se décolle de moi :

- Je ne veux pas lui dire qu'on se connait déjà...

- Comment tu lui expliques qu'on s'est enfermé tous les deux ici.

- Eh bien alors on est amis de longue date... Des amis qui avaient des comptes à régler.

Elle ne me laisse pas répondre, m'embrasse sur la joue et s'en va.

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