Chapitre 54D: juin - août 1805

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De ce fait, l’enfant de cinq ans et demi, d’après son père Auguste, réclamait souvent sa grand – mère maternelle, chez laquelle elle passait d’ailleurs énormément de temps, et qui lui accordait cette amour qui lui manquait cruellement chez elle. Avec nous, Marie-Léonie semblait heureuse et épanouie, d’ailleurs, elle prenait grand soin de Frédéric, lui adressant des paroles douces et affectueuses, nous déclenchant un sourire à chaque fois que nous la surprenions au loin. Une fois, je ne pu m’empêcher de lui faire une réflexion qui me brûlait la langue depuis déjà quelques jours.

— Vous ne voudriez donc pas un petit frère Marie – Léonie ?

Elle leva les yeux au ciel et répondit en soupirant, dans une attitude gorgée de maturité.

— Si, j’ai déjà demandé à Jésus pour ne plus me sentir toute seule.

— Et alors ?

— Pour l’instant il ne me répond pas. Peut – être pour mon anniversaire.

Au fond de nous, nous attendions tous l’enfant qui viendrait sceller le couple d’Auguste et d’Élisabeth, et qui semblait tarder à arriver, le premier anniversaire de mariage n’étant plus que dans trois mois et aucune grossesse ne semblait pointer à l’horizon. Pour comparer, a cette période - là de la vie conjugale, soit neuf mois après les noces, Marie était déjà enceinte de huit mois de son premier enfant.

Pour apprendre la propreté à Frédéric, il n’y avait rien de mieux que la chaleur de l’été, les jeux en plein air où l’on pouvait sans problème le laisser sans langes, et où il lui était permis de faire ses petits besoins a peu près là où il le désirait. Pour éviter tout de même qu’il ne se fasses dessus, nous lui avions prié de nous prévenir lorsqu’il ressentait l’envie arriver. Je trouvais cela adorable, car pendant que nous discutions en le surveillant avec ses sœurs, il s’avançait vers nous à pas de loup, en réclamant d’une petite voix cette aide encore indispensable, et qui mènerait nous l’espérions a un apprentissage de la propreté avant cet hiver. En effet, il demeurait le dernier enfant de sa fratrie sollicitant encore des langes, dont nous aurions bien pour la première fois épargné le lavage journalier en plein hiver à Jeanne, qui revenait souvent avec des engelures aux doigts que Léon – Paul prenait à chaque fois le temps de panser. Après tout, maintenant qu’elle travaillait pour nous depuis plus de six ans, j’aurais eu du mal a imaginer le cadre de notre vie de famille sans elle, qui restait d’une discrétion folle, tout en revêtant une grande importance pour nous.

Alors que l’été avait dans l’ensemble été beau et chaud, nous connûmes dès la fin du mois d’août d’importantes pluies et orages, qui nous cloîtrèrent à l’intérieur. Habitués à pouvoir se dépenser et courir à l’air libre, les deux plus jeunes se mirent a tourner en rond, et a faire des bêtises. Une après – midi où les gouttes d’eau venaient s’écraser contre les vitres avec insistance, et où nous aidions Jeanne à débarrasser la table après le dîner, nous demandâmes à Alice qui avait l’air de s’ennuyer de monter voir ce que faisaient son frère et sa sœur car nous ne les entendions pas. L’enfant eu l’air de disparaître pendant une demie – heure, avant de redescendre le sourire aux lèvres, sans nous adresser la parole. En terminant d’essuyer une assiette, sa mère l’interrogea.

— Alors ? Je t’en prie, dit moi qu’ils dorment.

— Pas vraiment maman…

Je pris part à la conversation.

— Et bien que font t-ils ?

Elle ne pu s’empêcher de glousser de rire.

— Ils ont ouverts vos tiroirs et placards et ça les amusent beaucoup…

Je m’énervais en me levant.

— Pourquoi donc ne l’avez- vous pas dit avant ?

Stoppant nos activités jusque là tranquilles, nous montâmes précipitamment. Dans la chambre de leurs parents jamais verrouillée, Frédéric occupé à fouiller dans le dernier tiroir, se fit sévèrement taper sur les doigts, près de sa sœur Louise – Marie qui, assise par terre, s’était emparée et coiffée d’un chapeau infiniment trop grand. Leur mère les attrapa chacun par la manche et les assis dans le couloir, en cherchant la clef dans la poche de sa robe. Après avoir fermé à double tour la pièce, elle me les laissa, ayant l’air de les oublier. Un peu surprise, je me permis de leur donner la correction qu’ils méritaient. Après que mes mains soient démangées de ces deux gifles qu’ils reçurent tour à tour, je les traînaient au rez de chaussée où ils terminèrent leur après – dîner debout contre un mur, d’abord sanglotant pour Frédéric, et puis assis et résignés pour les deux enfants, de toute manière, leur père s’occuperait d’eux en rentrant.

Vers huit heures du soir, Léon – Paul effectua son rituel journalier en montant poser son manteau trempé et sa mallette, mais il redescendit aussi vite devant la porte verrouillée, le veston dégoulinant dans les bras. Il s’adressa à sa femme assise dans le canapé.

— Marie, pourquoi as-tu fermé la chambre à clef ?

— Les petits l’on dévalisé cet après – midi, Louise les as déjà punis.

Il attrapa chacun des deux enfants par la manche, et les envoya avec une gifle chacun et sans ménagement dans leur chambre. Par la suite, il demanda simplement la clef à son épouse pour pouvoir aller poser ses affaires. Depuis là – haut, il appela notre domestique pour qu’elle vienne ranger le désordre. Pendant le repas du soir, en sauçant avec son pain, Léon – Paul suggéra qu’on les occupe mieux pour éviter de nouveaux débordements.

— Que voulait – tu ? Il pleuvait a torrent et nous étions occupé au ménage.

— Ne t’agace donc pas, je te dit juste de faire attention la prochaine fois. Il me semble intolérable que les enfants pénètrent dans un endroit qui est le nôtre, fouillent dans nos affaires et y mettent de plus le désordre. Tu aurais au moins dû demander à Jeanne de fermer nos tiroirs à clef lorsqu’elle termine de ranger les affaires. Il s’adressa ensuite aux principaux intéressés. Frédéric et Louise – Marie, vous serez privés de dessert jusqu’à dimanche prochain. Est – ce clair ?

Les deux enfants hochèrent la tête la bouche pleine de pain. Leur mère adressa un regard noir à Louise – Marie. Elle avala sa bouchée, puis fixa un instant Marie et enfin Léon – Paul.

— Oui papa.

Son petit frère répéta docilement, de ses mots encore mâchés. Ce soir - là, après leur prière qu’ils effectuaient tous les trois agenouillés devant le lit de Alice, je refusais de leur accorder leur lecture journalière, comme pour accentuer leur punition. En effet, chaque soir je leur lisait sept pages de la Genèse, ils aimaient se retrouver autour de moi pour écouter l’histoire de Noé et son arche avant d’aller dormir. Même Alice en fut privée, n’ayant pas dénoncé la faute assez tôt.

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