Claudia (2)

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Quelques minutes plus tard, Dimitri se réveilla avec une belle bosse sur le crâne et mit quelques instants pour se rappeler où il se trouvait.

Il se leva de sa chaise spéciale, mais s'y raccrocha aussitôt pour éviter de tomber. Il se rassit, patienta quelques instants et se redressa afin de chercher ses vêtements. L'adolescent se rhabilla et inspecta la salle à la recherche d’une arme pour neutraliser sa kidnappeuse. Ne voyant rien qui pourrait l’aider, il se dirigea vers les mannequins du fond.

En les regardant de plus près, Dimitri se figea d’horreur, avant de reculer précipitamment et de vomir : en réalité, ce n’était pas des objets de bois très bien imités, mais des hommes et des femmes empaillés dans des positions lubriques.

« Cette fille est vraiment une dingue du sexe, marmonna Dimitri, avant de poursuivre à voix haute : j’espère qu’elle ne me réserve pas le même sort ! »

Tu m’étonnes, il y en a pas une pour rattraper l’autre.

Je ne pus également m’empêcher de vomir à la vue des cadavres. Je me décalai pour poursuivre le jump-look.

Dimitri suivit les conseils de Claudia, ouvrit la paroi et entra dans sa chambre. Elle l’attendait sur le lit, une arbalète à la main…

Quand elle aperçut Dimitri, elle tira. Il eut juste le temps de baisser la tête ; le projectile siffla et se planta à deux centimètres au-dessus de son crâne !

« Beau réflexe, mon petit. Je pourrais te lancer un autre carreau, mais je préfère le faire après l’acte. Tu m’as convaincue de te laisser une seconde chance. Si tu me fais l’amour comme un dieu, je te laisserai la vie sauve. Sinon...

– Bien sûr. Je te signale que c’est mon cadeau ! s’écria Dimitri.

– Tais-toi. Le premier coup sera pour tes parties, comme ça tu te souviendras de moi lorsque tu n'éjaculeras plus.

– Charmant !

– Tu vas te taire ? Ensuite ta bite, je n’ai pas de tuyau percé dans ma collection. J’imagine que tu as été voir de plus près mon petit musée.

– Je ne vois pas de quoi tu parles, ajouta Dimitri, moqueur.

– En tout cas, si tu ne veux pas les rejoindre, tu as intérêt à faire ce que je veux, intima Claudia en réarmant l'arbalète.

– Même castré, je peux encore me défendre.

– Je n’avais pas fini, d’ailleurs là, je vise ta tête et c’est pourquoi tu te tiens tranquille, malgré tes paroles affligeantes.

– Affligeantes. Que « Madame » parle bien !

– Tu me saoules, s’énerva Claudia.

– Ce langage te correspond mieux, plaisanta Dimitri.

– Ta gueule, s’excéda Claudia.

Tu ferais mieux de la laisser finir...

– Accouche. Tu as bien du mal à finir ton histoire.

– Tu as vraiment intérêt à être un bon coup au pieu.

– Oui, je te laisse finir, rit Dimitri.

– Ce que tu peux être exaspérant à me couper la parole sans arrêt. Bref, si tu ne m’écoutes pas, je t’envoie un de ces carreaux dans ta tronche et ensuite je massacre ta bite .

– C’est juste ça ? Je ne veux pas être méchant, mais vu que tu me vises depuis mon arrivée, je m’en serais douté.

– Maintenant, je vais me préparer dans la salle de bains. Tu pourras m’y rejoindre dans quelques minutes si tu veux.

– Tu ne t’es pas encore lavée ? Qu’est-ce que tu attendais ?

– Toi, bien entendu. Tu as mis un sacré moment pour venir.

– Tu peux remercier ton coup sur la tête, railla Dimitri.

– Excuses acceptées. Maintenant à toi de choisir : attends-moi ou viens me retrouver dans la douche. Si tu ne me rejoins pas, j'en ai pour quelques minutes.

– OK. Va te préparer. »

Claudia prit son arme, avant de s’enfermer dans la salle de bains attenante à sa chambre.

Dimitri avança vers la porte donnant sur le palier, mais évidemment elle était fermée à clé.

Fallait pas rêver.

«Fais chier. Elle doit garder la clé sur elle, va falloir que je trouve un autre moyen pour sortir d’ici. », marmonna Dimitri.

Ensuite, il s’allongea sur le lit avant de préférer la position assise ; si jamais il s’endormait, elle pourrait le ligoter à sa guise...

« Zlough »

Je rentrai désormais dans la tête de l'adolescente, ce qui était loin de me plaire. Je n'avais pas envie de partager les délires d'une psychopathe !

À travers le miroir sans tain de la salle de bains, Claudia regardait Dimitri et s’amusait de le voir se démener comme un animal en cage.

« Beau spécimen, il serait dommage de le blesser à cause d'un manque d’affinité. »

Mais elle avait été claire : il l’emmenait au septième ciel ou elle l'emmenerait six pieds sous terre… Tel était le marché…

Après quelques minutes d'observation, elle pressa un bouton. Ce dernier commanda la climatisation de sa chambre, sauf que l’air distribué contenait du gaz soporifique !

Elle attendrait qu'il fasse effet sur Dimitri, puis qu’il se dissipe ; au cas où, elle porterait son masque à gaz.

Elles sont vraiment infernales ces deux-là.

Quelques minutes plus tard, Claudia retourna dans sa chambre.

Elle portait un ensemble rouge du plus bel effet, chemisier, jupe et chaussures vernies. Elle se dirigea d’abord vers la porte d’entrée et après avoir dévérouillé la serrure, elle l’ouvrit en grand – ainsi Isabella pourrait se délecter du spectacle si elle le désirait.

Ensuite elle s’approcha de son lit où Dimitri dormait paisiblement.

La jeune femme chercha dans l'un des tiroirs de sa commode deux ficelles solides pour attacher les poignets et les jambes de l'adolescent.

Enfin, elle réveilla son prisonnier.

« C'est l'heure mon chou. », susurra Claudia.

Dimitri ne répondit pas, encore un peu sonné.

« La marmotte réveille-toi ! ajouta Claudia en secouant l’adolescent.

– Qu’est-ce qui s’est passé ?

- Ah enfin. C’est pas trop tôt. C'est l'heure de mon cadeau. J’ai suffisamment attendu. », poursuivit Claudia en se mettant de retrait et en prenant la pose afin que Dimitri l'admire.

La psychopathe jura devant la passivité de son amant avant de se radoucir, il ne resterait pas longtemps insensible à ses charmes. Ce n'était qu'un homme...

« Zlough »

Je quittais le point de vue de Claudia pour celui de sa victime.

Dimitri recouvrait peu à peu ses esprits… Sans trop savoir comment, il s’était endormi alors qu’il était simplement assis et même pas fatigué…

Maintenant, il était ligoté et Claudia lui ordonnait de lui faire l’amour…

Elle s'approchait dangereusement vers lui, tel une mante religieuse.

« Détends-toi, ça va bien se passer.

– Ce serait quand même plus simple si je n’étais pas attaché.

– Oui c’est sûr, mais…

– Mais quoi ? coupa Dimitri énervé. Je t’ai donné mon accord pour la baise.

– Super romantique. Je ne suis pas une lapine, déclara Claudia, vexée.

– Justement, si tu veux du romantisme, il faudrait penser à revoir tes techniques de séduction. Détache-moi les poignets pour que j’ai plus de liberté, tu ne le regretteras pas je t'assure, dit-il d'une voix suave en se calmant.

– OK. Tu as gagné. Je te libère le haut. D’ailleurs, ce n’était guère pratique pour moi. Par contre, je te laisse les pieds attachés. Je vais juste retirer tes chaussures. »

Sitôt dit, sitôt fait. Claudia prenait peu de risques, car elle avait serré fermement au niveau des chevilles.

« Fais-moi monter au septième ciel !

– Ne sois pas si pressée. Nous avons toute la nuit pour atteindre ce stade, répliqua Dimitri.

– C’est vrai. Je ne me contenterai pas d'une seule fois. Mais trêve de bavardages. J’ai hâte de voir ce que tu vaux. »

Non mais j’hallucine ! Ils vont vraiment faire l’amour sous mes yeux ces deux-là ?

Dimitri commença par ôter son sweat, puis lentement il défit les boutons de sa chemise. Ensuite, il prit la main de Claudia dans la sienne et la laissa descendre le long de son torse avant de stopper.

« Pourquoi tu t’arrêtes en si bon chemin, ça commençait tout juste à devenir intéressant, minauda Claudia.

– C’est pour faire durer le plaisir, répondit malicieusement Dimitri avant de proposer : on continue ?

– Bien sûr. Le début me plait. Allons un peu plus bas maintenant. »

Dimitri guida la main de Claudia sur le gonflement de son sexe par-dessous son jean.

« Enfin il réagit. C’est beaucoup mieux que tout à l’heure.

– Ne joue pas trop avec, ce serait dommage d’en rester là, rit Dimitri.

– Ne t’inquiète pas pour moi, j’ai l’habitude de ces jeux… Tu ne vas pas lâcher ta semence tout de suite, je te le garantis.

– Tant mieux.

– Je vais te libérer. N'en profite pas pour faire des bêtises.

– Aucun danger. Mais ce n'est pas moi qui suis censé te donner du plaisir ? s'esclaffa Dimitri.

– Ne ris pas stupidement, tu vas tout gâcher. On voit bien que tu n’as pas l’habitude d’avoir une experte avec toi.

– D’accord. Restons concentrés. Mais pas trop tout de même. Il faut savoir improviser.

– Tu apprends vite. Tu me plais bien. »

« Quoi ?! » Je n'y comprenais plus rien, comment était-elle parvenue à le rendre si docile ?

Brusquement, des radios de boîte crânienne indiquant une zone rouge dansèrent sur les murs, le plafond et la poitrine de Claudia. Puis, la neuvième symphonie de Beetheven emplit la pièce et je perçus le désir extatique de Dimitri !

Comme promis, Claudia détacha les chevilles de Dimitri qui reprit son jeu de séduction.

« Attention, je vais retirer mon futal. Baisse les yeux pour ne pas voir la bête, pouffa Dimitri.

– Laisse-moi juger de la taille, c’est moi la spécialiste. Tu as intérêt à ce qu’elle vaille le coup. J’en ai vu beaucoup et parfois j’ai été déçue. Certains mecs sont vantards. J’espère que ce n’est pas ton cas. Déshabille-toi, que j’admire la marchandise : j’ai envie de la voir gonflée à bloc ! »

Dimitri retira délicatement son pantalon en remuant des hanches, ce que Claudia apprécia visiblement, car elle humecta ses lèvres.

« J’adore ton déhanché, tu m’excites !

– Ce n’est que le début, murmura Dimitri dans l’oreille de Claudia.

– J’ai hâte. », lui répliqua-t-elle de la même manière.

Dimitri commença à lui ôter son chemisier puis il lui dégrafa son soutien-gorge qu’il posa délicatement sur le lit.

« Monsieur prend soin de mes affaires.

– Chut. », déclara Dimitri en posant le doigt sur les lèvres de Claudia .

Il se pencha lentement afin de déposer une ligne de tendre baiser sur son corps, puis il massa délicatement ses tétons érigés, son sexe tendu reposait fièrement sur le bas ventre de la jeune fille. Affectueusement, il lui mordit le lobe de son oreille droite.

« Qu’est-ce que c’est bon. J’aime ta technique Dimitri. Continue, tu peux y aller. Je suis prête à t’accueillir. »

Dimitri se déhancha sensuellement sur elle en caressant ses cheveux éparpillés sur l'oreiller.

Sa main glissa dans son cou, il approcha ses lèvres des siennes en essayant de rester concentré car, au même instant, des flashs le perturbaient.

Au départ les images étaient floues, mais au fur et à mesure, leur intensité et leur netteté augmentèrent.

« Non mais c’est quoi ce délire ? Elles sortent d’où ces images ? »

Dimitri visualisa du sang qui s’écoulait de son épaule. Claudia le léchait avec avidité.

Mais aussi un long poignard que tenait Claudia – subitement – dans ses mains !

Mais quelle horreur ! Elle va le poignarder ? Bouge !

Une autre vision le frappa : le poignard était caché sous le matelas.

Pas con ça. Profites-en.

Sans réfléchir, Dimitri plongea une main sous le matelas, l'autre se déplaça pour effleurer le Mont de Vénus de sa partenaire qui semblait aimer ça.

Il s'empara du couteau et enfonça la lame dans le cou de Claudia ! Le sang jaillit et éclaboussa les deux adolescents... Au son des sopranos, des tambours, des violons, des trompettes, des hautbois et des cymbales, dans l'apogée de la Neuvième !

Yes. C’est bien, ça !

Celle-ci n’eut pas le temps ni de comprendre ni de souffrir, le coup la tuant instantanément.

Dimitri pourtant, continua de poignarder quatre ou cinq fois le corps de Claudia avant de jeter l’arme de l’autre côté du lit.

Non, mais ça va pas la tête. Faut te calmer, toi.

Après quelques instants, Dimitri poussa le cadavre du même côté que le poignard.

C’est malin ça !

L'adrénaline retomba brusquement impliquant une chute de tension qui provoqua un évanouissement. À son réveil, l’adolescent éclata en sanglots, lorsqu'il réalisa son geste.

*

Je ne sais pas si je rêve, mais j'entends des voix au loin. Je tends l'oreille pour comprendre ce qu'elles disent.

Voix X

– Je ne savais pas que DM18ZK disposait de cette faculté.

Voix Y

– Il ne l'a pas. Nous avons ajouté la prémonition dans le passage pour le terminer plus rapidement.

Voix X

– Pourquoi cette précipitation. Nous aurions pu essayer...

Voix Y, le coupant

– Son corps n'aurait pas supporté. Il est assez modifié.

Voix X

– Il aurait pu s'enfuir tout de même.

Voix Y

– Le ventilateur a disséminé les molécules du GHB.

Voix X

– Une dernière petite question.

Voix Y, exaspérée

– Oui ?

Voix X

– Concernant les pensées de DM18ZK, comment F...

Voix Y, l'interrompant sèchement

– Je vous rappelle qu'il est télépathe ! Sortez !

J'espère que ce n'est qu'un rêve, car ces mystérieux propos ne me rassurent pas. De plus, pourquoi s'énerverait-il : je sais que le gamin est télépathe ! Je pense que c'est un bug, ça ne serait pas la première fois que ça arrive... J'attends la suite du "souvenir"...

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