confrontation

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Vers dix-neuf heures trente, Pauline entra dans le bistrot.

« Salut Pauline, je n’étais pas sûr de te voir ce soir, déclara le gérant.

– Salut Paul. Fidèle au poste comme tu vois.

– Tu commences par quoi ?

– Un demi, j’y vais en douceur aujourd’hui.

– Allez, ça roule pour un demi.

– Paul, j’aurais un service à te demander.

– Tout ce que tu veux ma belle.

– J’aimerais fermer le bar cette nuit... pour rester seule un moment… »

L’aubergiste tapota amicalement l’épaule de Pauline et répliqua :

« C’est bien normal, va. De toute façon, j’ai confiance en toi.

– C'est vrai que… Roger et toi.

– On était comme deux frères. Il me manque, mais je ne vais pas t'embêter avec ça, répondit le tenancier pour changer de sujet.

– Tu n'as pas besoin de cacher ta tristesse, Paul, il me manque également.

– La vie continue comme on dit. Tu n'auras qu'à déposer la clé dans la boîte aux lettres au moment de partir.

– T’es un amour, répliqua Pauline en l'embrassant sur la joue.

– Mais pas un mot à ma femme, hein ? rigola Paul.

– Motus et bouche cousue, enchérit Pauline.

– Tu as bien mérité ta bière. », conclut le tenancier, en servant son unique cliente de la soirée.

« Zlouuugh »

« Zlough »

Le jump-look me réveilla. La partie sérieuse allait commencer.

Le bar s’était bien rempli désormais et il y régnait une ambiance joyeuse. Il était aux alentours de 23h30, quand Pauline se mit à jeter des coups d'oeil de plus en plus fréquents sur l’horloge murale, alertant Paul.

« Bon, c’est pas que je vous aime pas, mais on ferme plus tôt ce soir. »

Un murmure de désapprobation suivit cette annonce, mais l’aubergiste ne renonça pas.

« Allez les gars, c’est l’heure d’y aller. Promis, demain on la fera plus longue.

– Bon si tu le dis, mais tu nous dois une tournée générale, déclara un vieux avachi sur sa table.

– C’est promis, demain, je vous offre la tournée du patron. »

Après le départ du dernier client, Paul donna les clés de l'établissement à Pauline.

« Encore merci. C’est vraiment sympa de me laisser fermer la boutique.

– De rien. Après ce qui t’est arrivé, c’est tout à fait normal. Et vu que tu es ma meilleure cliente, tu as droit à quelques privilèges. Mais chut, ça doit rester entre nous, déclara Paul d’un air complice.

– Je mets la clé dans la boîte aux lettres, c’est bien ça ?

– Tu as tout compris. Sur ce, je m’en vais retrouver ma femme.

– Ok. À demain alors.

– À demain. Prends soin de mon royaume. »

Un bref instant plus tard, Pauline se servit une rasade de whisky.

« Un dernier pour la route avant de faire venir mon invité. »

Après avoir avalé le breuvage, elle se concentra sur moi et sortit un pendule de sa poche de pantalon. Elle le secoua, d’abord doucement, puis de plus en plus vite. Sans aucun effet de prime abord.

Pauline continua de plus en plus frénétiquement, toutefois le souffle lui manquait tandis que son myocarde battait la chamade et que des acouphènes vrillaient son tympan. La quadragénaire dut se raccrocher à une chaise pour ne pas tomber. Heurseusement pour elle, la table stoppa les pieds du mobilier de fortune, sinon elle se serait étalée sur le parquet.

La mère de Brice décida de s'asseoir pour récupérer. Après quelques longues expirations et inspirations, son rythme cardiaque retrouva un niveau satisfaisant. Elle recommença alors son manège, en y mettant plus de puissance mentale et cette fois, elle réussit à m'hypnotiser.

Je suivis l’objet avec attention, mes jambes devinrent lourdes et je ne contrôlai plus mes pensées. Je savais que je devais rester dans ma chambre, mais une force puissante me poussa à me lever. J’agissais comme un robot : je mis mes chaussettes, laçai mes chaussures, descendis les marches, ouvris la porte d’entrée et me retrouvai à l’extérieur. La voix de la mère de Brice m’encourageait.

« Bien mon petit. C’est bien. Viens voir maman Pauline. Elle a un cadeau pour toi. Tu vas aimer. »

Comme un pantin, je déambulais dans les rues avant d’arriver à destination, le bar où m'attendait Pauline. Les yeux ouverts, mais l'esprit vide…

La mère de Brice avait dû puiser plus de ressources qu’elle ne l’avait imaginé au départ ; décidément, le morveux la surprenait de plus en plus. Désormais elle comprenait pourquoi Brice avait perdu la bataille : il n’était pas prêt pour les duels acharnés ! Si seulement elle l’avait su, elle aurait pris les commandes. Cependant, il était trop tard maintenant et c’est pourquoi sa haine envers ce mioche augmenta encore d’un cran !

Tu vas me le payer mon petit. Foi d<annotation id="1506732">e on>Pauline, je vais te faire souffrir.

Je rentrai dans le bar et m’assis au comptoir.

« Hé ho. Y'a quelqu’un là-dedans ? », commença-t-elle.

Pas de réponse de ma part, mon cerveau était embrumé.

C’est presque trop facile. Je pensais que ce serait quand même un peu plus dur. Néanmoins, je reconnais que j’ai usé pas mal d’énergie pour te faire venir, mais maintenant que tu es là, je vais pouvoir te libérer de cet état. Je vais retrouver des forces, car tu es coincé comme un rat. Une minuscule mouche que je vais écraser d’un simple revers de la main.

C’est à ce moment précis que Pauline diminua son emprise sur moi et leva l’état hypnotique dans lequel elle m’avait plongé.

« Bonjour mon petit. Fabien, il me semble ? Comment ça va ce soir ?

– Qu’est-ce que je fais là ? Où suis-je ?

– Tu es dans le café du village. Tu veux un verre de limonade ?

– C’est gentil à vous, mais je préférerais rentrer chez moi, refusai-je ironiquement.

– Ne t’inquiète pas, tu vas rentrer, mais pas tout de suite. Avant, on va avoir une petite conversation, toi et moi, poursuivit Pauline d’une voix doucereuse.

– De quoi voulez-vous parler ? dis-je, sur mes gardes.

– T’es un p’tit curieux, toi. Ne sois pas si pressé.

Elle me tendit un verre.

– Tiens bois. On discutera après. »

Je pris la limonade qu’elle m’offrait et commençai à boire.

« C’est bien mon petit. Tu vois quand tu veux. », continua Pauline d’une voix toujours aussi mielleuse.

Elle continuait à me parler, mais je me déconnectais de la conversation, ma tête devenait subitement lourde, je tremblotais sur ma chaise et la femme en face de moi ricanait de plus en plus fort.

Au-dessus d’elle, je distinguais clairement la forme que j’avais entraperçue auparavant et je frissonnai ; ce n’était pas un chapeau tout compte fait, c’était une bouteille d’alcool !

Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Je divague ?

Puis, je perdis connaissance.

Lorsque Pauline me réveilla à grands coups de claques sonores, je me retrouvai ligoté, les pieds écartés, solidement attachés à un poteau de bois.

« T’émerges enfin, c’est pas trop tôt, maugréa Pauline.

– Quoi ? », bafouillai-je.

Je dus plisser les yeux, car la lumière blanche brûlait mes rétines. Le brouillard enveloppait mon esprit et ma tête bourdonnait. Je ne percevais que des formes, car un voile obscurcissait ma vision. Ce lieu me semblait inconnu tout comme la silhouette qui se tenait près de moi. J'avais un mauvais pressentiment, toutefois je décidai de l’interroger :

« Où suis-je ? Qu'est-ce que je fais ici ?

– Tu poses toujours les mêmes questions. Fais un effort. La prochaine fois, je doserai mieux. La drogue était un peu trop forte pour toi. »

Je ne comprenais rien aux paroles de cette folle !

Le martèlement dans mon crâne s'intensifia, tandis que des flashs me traversèrent : un pendule, des psalmodies, une route, une carotte géante ?!

Tout ceci n'a aucun sens, je dois reprendre mes esprits, cependant, j'ai du mal à me concentrer avec ce tintamarre.

D'autres images me parvinrent : des flammes, des visages calcinés et ravagés d'où sortaient des vers de leur nez, de leurs oreilles, de leurs bouches ! Des hurlements suraigus les accompagnaient.

Je deviens complètement cinglé !

Sans prévenir, le voile se rompit ainsi que les bourdonnements et ces visions.

Si je n'étais pas solidement attaché, je me serais écroulé, toutefois les liens n'empêchaient pas mes jambes de trembler.

C'est alors que j'aperçus la mère de Brice, joyeuse.

« Je vois que monsieur réfléchit, c’est bon signe. Tu te demandes sans doute pourquoi je t’ai fait venir ici.

Elle marqua une pause avant de reprendre, en éclatant d'un rire sinistre.

J’espère que tu as apprécié ta limonade, car tu n’es pas prêt d’en boire une à nouveau. »

Suite à cette menace, la peur me gagna. Mais je devais me contrôler pour ne pas offrir la victoire trop facilement à ma tortionnaire.

« Je suis sûre que tu n’as pas peur de moi et c’est tant mieux. Tu veux te montrer fort. C’est tout à ton honneur. C’est dommage, tu commençais à me plaire, mais tu es allé trop loin et tu mérites une leçon. Pour commencer, montre-moi ton matos ! »

Décidément, cette cinglée parlait par énigmes ! J’attendais des précisions lorsqu’elle tira violemment sur mon pyjama, qui descendit jusqu'à mes genoux !

Même pas le temps de réagir qu’elle recommença le même geste avec mon slip ! Elle fixa avec avidité mon sexe et déclara :

« C’est pas si mal pour ton âge ! »

J’étais tellement choqué que je gardais le silence. Ensuite, tout s’enchaîna : elle me chopa les… !

J’émis un geignement mêlé de surprise et de douleur, et la vieille ricana :

« C’est tout ? On croirait un petit chien ! »

Voyant que je ne répondais pas elle continua de parler :

« C’est un peu court mon garçon. C’est vrai que tu es plus jeune que mon Brissou, mais quand même. La douleur n’attend pas le poids des années comme j’aime le dire. »

Mon silence la mit en rogne et elle m’invectiva de plus belle :

« Elles sont vraiment minuscules, si tu n’as rien senti. Et là, tu sens quelque chose ? »

Elle serrait de plus en plus fort mes testicules, tandis que moi c’était les dents que je crispais : je ne voulais pas lui montrer ma douleur. Un mimétisme s’empara de nos visages : un rictus de haine se dessina sur le sien, un de résistance sur le mien ! Aucun des deux ne voulait lâcher, puis elle finit par abandonner.

« Bon, ça suffit. Passons à autre chose. »

Malgré le souffle court, je réussis à articuler d’une voix rauque :

« Vous n'êtes qu'une vieille chouette. »

Après une pause, elle reprit :

« Tu encaisses bien. Je comprends mieux pourquoi tu as donné du fil à retordre à mon fils.

– Merci madame, répondis-je, ironiquement.

– On aura tout vu. Je l’emmène ici, je le drogue, je le frappe, et lui, il me remercie… Mais si tu crois que tu vas me berner avec ta politesse, tu te mets le doigt dans l’œil. Je n’en ai pas fini avec toi. La nuit ne fait que commencer.

– Encore des menaces, vous ne savez faire que ça », me rebellai-je.

Je jouais dangereusement, car cette vieille harpie ne se résignerait pas si facilement.

« Tu feras moins le malin dans quelques instants. J’ai commencé en douceur, mais je vais passer à la vitesse supérieure, tu peux me croire. »

Je changeai de tactique également, en sondant mon adversaire ; en effet, j’arriverai peut-être à diminuer la douleur en connaissant les sévices à l’avance.

C’est quoi ces conneries ?

Je restai stupéfait par ce que je venais de découvrir dans la tête de mon bourreau.

La mère de Brice souhaitait que je demande de l’aide auprès de maman. Elle semblait se nourrir de la peur des autres. Si je paniquais suffisamment en appelant ma mère au secours, son karma maléfique gagnerait en puissance et elle pourrait continuer de me torturer physiquement, sa force en serait décuplée. J’avais eu un aperçu de son pouvoir la nuit précédente, quand elle avait tordu le bras de son fils.

Je décidai de tenter ma chance : je devais lui faire croire que j'abandonnerais et que je supplierais mes parents de venir me secourir. Pour l'instant, je ne voyais pas d'autre options possible, même si je devrais trouver d'autres moyens de m'en sortir.

« Je peux avoir un verre ? demandai-je d'une voix chevrotante.

– Enfin, tu deviens raisonnable. Normalement tu aurais dû boire ton dernier verre tout à l’heure, mais je vais être sympa avec toi et t’en apporter un autre. Ainsi nous allons trinquer. En souvenir de mon fils. Ça ne te dérange pas, n’est-ce pas ?

– Comment voulez-vous que je trinque avec vous ?

– C'est moi qui vais te donner le biberon ! Va savoir pourquoi, j'ai toujours aimé ça.

Pauline se servit une bonne rasade de whisky, avant de porter la limonade à ma bouche, que j'avalais en de grandes gorgées.

– Dis donc, tu avais drôlement soif.

– Encore une, s'il vous plait.

– C'est demandé si gentiment, mais il ne faut pas abuser des bonnes choses. Moi, par contre, j'ai bien mérité une petite récompense. J'ai toute la nuit pour te faire souffrir mon petit. »

Ma geôlière s'installa au comptoir et se servit plusieurs verres. Mon piège était enclenché : si elle continuait à ce rythme-là, elle ne tiendrait pas longtemps avant que les effets de l'alcool trompent sa vigilance. Déjà, elle commençait à se laisser aller et racontait des histoires sur son fils. Je l'écoutais, hochais la tête en signe d'approbation.

Les propos de Pauline étaient de plus en plus incohérents et décousus. Je devais agir maintenant.

J'observai la salle en espérant dénicher quelque chose qui pourrait m'être utile. Bien que peu confiant, j’avais compris que je devais enfouir ma frayeur pour éviter qu’elle ne se retourne contre moi.

Mes yeux scrutèrent la pièce avec frénésie et Pauline le remarqua.

« Tu peux chercher minus. Tu ne trouveras rien pour t’aider. Tu es à ma merci », ricana-t-elle dans un souffle empestant l'alcool.

Quelques instants plus tard, une onde de joie m’envahit, mais je devais rester prudent : ma rivale ne devait pas se douter de mon plan !

Surtout que… En fait, je ne comprenais pas très bien, mais je me laissai porter par cette idée qui était invraisemblable. À ma connaissance, je ne disposais pas de ce pouvoir.

Aie confiance. Aie confiance, me répétèrent des voix qui se chevauchaient.

Pendant que je réfléchissais, Pauline se servit un autre verre qu’elle dégusta.

Ensuite, elle se rapprocha de moi, en emportant une des bouteilles vides, retira mes chaussures ainsi que mes chaussettes, puis elle brisa le récipient sur mes pieds ! Les bris de verres s’enfoncèrent dans ma chair qui se colora de rouge.

« Aie, lâchai-je en retenant à grand-peine mes larmes.

– Je vois que tu commences à comprendre. », ricana-t-elle.

Je dois rester concentré, pestai-je intérieurement.

Après un court instant de silence, elle reprit :

« Tu veux toujours jouer les muets, c’est ton choix, ça ne me fera pas changer d’avis en tout cas. Je vais prendre un malin plaisir à te faire souffrir morveux. Et ainsi… »

Elle ne termina pas sa phrase et j’attendis ce moment pour intervenir. Je me concentrai mentalement sur la syllabe « ma », ce qui fit sourire ma geôlière.

« Vas-y ! Appelle maman. Tu vas voir de quoi je suis capable. »

Cependant je terminai mon mot avec la syllabe « gnum » !

« Quoi ? C’est quoi ces conneries ? » s’intrigua Pauline.

Elle resta bouche bée en fixant une bouteille de champagne, qui s’envola d’un des casiers. Cette dernière grossissait au fur et à mesure qu’elle s’approchait de sa tête.

« C’est quoi ce délire ? hurla-t-elle, abasourdie. »

Pauline n’eut pas le temps de penser à se défendre. D’un geste de ma tête, le magnum se brisa sur son crâne et déversa son contenu sur elle. La mère de Brice resta sonnée.

Quelques instants plus tard, elle se releva et m’apostropha.

« Tu te crois drôle ? Tu vas me le payer. »

Je ne le lui laissai pas le temps de riposter.

« On a assez joué vieille folle. Il est temps d’aller vous coucher.

– Tu vas vite perdre ton assurance, sale gamin.

– C’est ce qu’on va voir. »

Mentalement, je bougeai des flasques du bar ; celles-ci voltigèrent et attaquèrent Pauline de toute part. La femme tentait de les attraper, c'est alors que je les fis exploser. Les morceaux de verres lui tailladèrent les mains.

« Petit con. Tu vas le regretter.

– Attendez, je n’ai pas fini. »

Je me concentrai sur de nouvelles boissons : whisky, sirop, vodka... Tout y passait, Pauline ne savait plus où donner de la tête. Certaines se brisaient sur ses bras, d'autres sur ses cuisses, ses oreilles, ses genoux, ses chevilles... Le corps de la jeune femme était criblé de morceaux de verre. Je plaçai également des bouteilles sur le sol pour lui faire perdre l'équilibre. Ce stratagème mêlé aux objets devenus incontrôlables atteignit son but et elle s'affala par terre.

« Vous savez maintenant ce que ça provoque les éclats de verre, m’amusai-je.

– Tu as de l’humour mon petit. Continue de rire tant que tu le peux. », rétorqua Pauline.

Elle essaya de se relever malgré la douleur, mais je déplaçai d’autres bouteilles du bar pour l’immobiliser. Dès qu'elle tentait de se redresser, je fracassais les récipients et une pluie de brisures de verre l'aveuglait, la clouant au sol, ses bras protégeant son visage.

Je n’aurais jamais dû le sous-estimer, j’étais prévenue qu’il était coriace, mais je ne pensais pas à ce point-là.

C’est alors que je me focalisai sur le lourd lustre qui trônait au plafond du café.

La femme le perçut, car elle regarda ce que j’observais avec insistance.

L’angoisse s’empara alors de la vieille harpie et elle me supplia d’arrêter tout ça.

Je décidai d’enfoncer le clou.

« Promettez-moi de ne plus vous en prendre à moi ainsi qu’à ma famille et mes amis, hurlai-je.

– C’est promis. Mais garde ce lustre loin de moi, répondit Pauline effrayée.

Elle cherchait une porte de sortie qu'elle finit par trouver :

– Comment veux-tu que je sache qui sont tes amis ?

– Je ne m’en fais pas pour ça. Vous avez un don, vous l’utiliserez en temps voulu pour le déterminer.

– Tout ce que tu veux, je le promets. Laisse-moi partir maintenant, pleurnicha Pauline.

– D'accord, mais avant, détachez-moi. Ensuite, vous nettoierez les dégâts et vous paierez les bouteilles cassées.

– C’est tout ? demanda prudemment Pauline.

– C’est déjà pas mal, vous ne trouvez pas ?

– OK. Je vais nettoyer. Laisse-moi tranquille. », marmonna la jeune femme.

Elle réussit à se débarrasser des bouteilles facilement, car j’avais cessé mon emprise sur ces dernières.

Elle décida de m’obéir ce soir, car elle désirait rentrer chez elle. Elle avait perdu de sa superbe cette nuit et ne voulait pas en rajouter.

Ce garnement dispose de facultés psychiques extraordinaires pour son âge. Comment a-t-il pu maîtriser la télékinésie si facilement ? La prochaine fois, j’emmagasinerai assez de force pour le vaincre, mais ce soir je renonce.

Pauline se redressa difficilement à cause de ses blessures. Elle boita jusqu’à moi, me délia, et pansa mes pieds après avoir retiré les morceaux de verre qui s’y étaient incrustés.

Puis elle jeta les débris et lava le sol avant de revenir vers moi.

« Je paierai demain. De toute façon, c’est moi qui claque le plus de pognon dans ce bouge.

– Je vous fais confiance pour ça, conclus-je en remettant mes chaussettes ainsi que mes chaussures.

– Tu n’as plus qu’à rentrer chez toi maintenant, tout comme moi.

– Ouais, bonne nuit, terminai-je.

– C’est bien gentil de ta part, maugréa Pauline. Allez file, je t’ai assez vu pour cette nuit. »

Je m’apprêtais à quitter le café lorsque Pauline me lança une ultime remarque.

« Tu as peut-être gagné, mais tu n’auras pas cette chance la prochaine fois. »

Je ne relevai pas et sortis.

Quelques minutes plus tard, j’avais regagné mon lit et me relaxais au chaud, dans mes draps.

Tout comme Pauline, je ne comprenais pas comment ce nouveau pouvoir était apparu. Je ne savais pas comment j’avais réussi à déplacer les bouteilles pour les faire exploser sur cette femme. Sur ce coup, j’avais eu énormément de chance. En remarquant le magnum, j’avais su que la partie était gagnée : j'avais perçu que je pouvais le déplacer par ma seule volonté. Je ne pouvais l’expliquer, mais j’en avais eu la certitude. Cependant, je me doutais que ce ne serait pas aussi simple à chaque fois. Désormais, mon ennemie prendrait des précautions et décuplerait sa force… J’avais gagné une bataille, mais les suivantes seraient plus difficiles.

Sur ces dernières pensées, je tombai de sommeil.

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Tom Men

 Ce fut difficile pour Cole de s'intégrer lors de son entrée au Temple. Mais après quelques semaines d'adaptation, et surtout sa rencontre avec Elden, il avait réussi à remonter la pente. Son cloîtrement l'avait rendu plus discipliné et bien plus studieux qu'il ne l'avait jamais été avec son père. Six mois à peine s'étaient écoulés qu'il connaissait déjà tous les quantiques sur le bout des doigts - et ceux malgré un piètre talent en chant.
 Le Temple de l'Oblihati ne cessait jamais de recueillir de jeunes enfants perdus, abandonnés ou en quête de rédemption. Bien que plus rares, ceux-ci étaient tout de même les bienvenus au sein du culte. Cole en faisait partie, et cela faisait bientôt trois ans qu'il était entré dans les ordres. Dès ses premiers jours, il avait eu le temps de se familiariser avec les lieux, sous la tutelle du père Boreun. Puis on lui avait attribué une chambre, dans la tour couventine, de laquelle il n'avait le droit de sortir que pour suivre ses classes ou se laver. Le cloîtrier avait le droit d'avoir de la visite, même si elles étaient régulées par les frères plus âgés.
 Dans son humble chambre, dotée d'un lit, d'un bureau et d'une bibliothèque, il avait certes l'une des plus belles vues sur la cité, mais également un silence pesant et immortel, comme celui d'une cathédrale dont personne ne souhaitait passer les portes. Les cloîtriers n'avaient que rarement de la visite, et Cole faisait partie de ceux qui en avaient le plus. Elden, Cellica, et parfois les deux ensemble, venaient régulièrement prendre de ses nouvelles.
 Le jeune religieux trépignait d'impatience. Sa période d'étude dans la tour touchait bientôt à sa fin. Il pourrait bientôt se mêler aux autres moines, mais ce qui lui manquait vraiment, c'était de parcourir les pavés de l'Oblihati avec la liberté qu'un enfant devrait avoir. Comme il avait l'habitude de faire avant son entrée au Temple.
 Pensif, Cole admirait la vue à sa fenêtre, ouverte. En grandissant, elle était devenue trop étroite pour qu'il puisse s'asseoir correctement sur le rebord de pierre. Aussi observait-il la ville, l'épaule posée sur le cadran. La neige n'était pas tombée depuis plusieurs jours en raison d'une légère brume. L'automne arrivait à grand pas. Le soleil était haut dans le ciel, et renforçait la teinte immaculée qui dominait autant l'Oblihati que tout le paysage autour.
 Un éclat de voix attira son attention. Au pied de la tour, ses deux amis étaient en train de glousser, au détour de la cantine. Cole tendit l'oreille, mais sans même savoir ce qu'ils se disaient, il savait qu'ils étaient là pour lui. Elden et Cellica se montraient souvent devant le couvent lorsqu'ils voulaient que Cole les rejoigne. Au début de sa formation, il s'était prêté au jeu avec assiduité afin de prendre un peu l'air. Dans le meilleur des cas, Cole revenait dormir, un grand sourire sur le visage. Au pire, il était privé de nourriture pendant une journée.
 Avec le temps, ces sorties prohibées s'étaient faites plus rares. Le jeune cloîtrier s'était peu à peu habitué au règlement. La plupart du temps, il les rejoignait presque à contre-cœur, ou pour les mettre en garde sur les risques qu'il prenait pour eux. Car des trois moniaux, Cole était le seul à être encore sous le joug du couvent.
 L'adolescent se prépara à sortir. Il s'assura que le frère Deril, responsable de la tour, n'était pas en pleine ronde, puis quitta sa chambre sur la pointe des pieds. Il descendit les marches silencieusement et, d'un coup d'œil furtif, balaya toute la place du regard. Il n'y avait personne à l'horizon. Cole rejoignit ses amis près de la cantine.
— On l'a trouvé ! s'exclama Elden en se couvrant la bouche.
— Quoi donc ?
— Le trésor sous la ville, pardi !
 Ils avaient pris l'habitude d'explorer tous les moindres recoins du Temple, et plus particulièrement ceux qui avaient été abandonné au fil du temps. Si la majorité des bâtiments usités se trouvaient tout autour du monument principal, nombre se trouvait à la périphérie du lieu saint. La plupart datait de plusieurs siècles et coûtait trop cher pour être restaurée. Il était commun de dire que l'Oracle les ferait détruire un jour, mais jamais personne ne s'en était occupé.
 Les explorations du trio d'adolescents les avaient un jour mené à une pièce dissimulées derrière une cheminée factice. Ils y avaient trouvé un bureau poussiéreux et plein de toiles d'araignées. Cellica avait même juré avoir vu un groupe de rats se faufiler dans une crevasse, dans le sol. Sur un pupitre se trouvait un très vieux registre, sous une cloche de verre. La protection était couverte de poussière, que Cole essuya d'un revers de la manche. Un épais nuage les fit tousser pendant plusieurs minutes.
 Le livre avait une magnifique couverture avec des bords en métal finement ciselés. Les pages, légèrement gonflées à cause de l'humidité, ne semblaient pas avoir subi les affres du temps, ou du moins pas autant que le reste du mobilier. Un arbre au tronc biscornu était gravé sur le cuir, symbole que les trois adolescents avaient déjà aperçu plusieurs fois dans leurs recherches. Cellica avait feuilleté le tome pendant plusieurs jours et découvert la présence d'un "trésor sous la ville". Ils avaient continué à enquêter sur cet arbre, dans les anciens bâtiments et dans les bibliothèques.
 Après plusieurs mois de recherche, ils étaient parvenus à rassembler quelques indices. Cependant, Cole n'était que peu au fait des avancées : Elden et Cellica enquêtaient essentiellement de leur côté. Lors de sa dernière sortie, Cole s'était fait prendre et avait passé près d'une semaine dans un cachot, avec pour seule nourriture une miche de pain et un pichet d'eau. Durant sa détention, il avait pris conscience que ledit trésor n'existait probablement pas. Les mois qui suivièrent renforçèrent sa conviction.
 Selon le livre, le "trésor sous la ville" avait été enterré dans les fondations du Temple. Il ne mentionnait pas son contenu ni même ce à quoi il pourrait ressembler, mais plus les recherches avançaient, plus le symbole de l'arbre revenait. Ils avaient donc deviné que le trésor était enterré dessous ou à proximité.
 Cole secoua la tête.
— Vous délirez. Il n'existe pas.
— On a trouvé un autre passage caché, murmura Cellica. Comme le premier qu'on a trouvé : derrière une cheminée.
— Et alors ? Cela prouve juste qu'aucune cheminée du Temple ne permet de faire brûler du bois.
— Sauf que celle-là se trouve dans la basilique. Plus précisemment dans une ancienne classe abandonnée de l'aile troglodyte. Et l'arbre est gravé dans la pierre.
 Cette partie du Temple, située à l'ouest, était encastrée dans la montagne et avait été désertée. Elle était considérée comme extrêmement dangereuse après qu'un plafond d'une tonne s'était écroulé sur une classe de moines encore en apprentissage. L'événement, survenu deux cents ans plus tôt, restait gravé dans la mémoire des religieux, si profondément que personne ne s'approchait de l'aile troglodyte.
— Pourquoi une cheminée dans un endroit qui n'a pas de toit ?
— Tu l'as dit toi-même : elles sont décoratives ici, répondit la jeune fille.
— Ça fait des semaines qu'on fouille l'endroit. C'est la seule qu'on a trouvé, alors on a pensé que c'était bizarre.
 Cole serra les poings. À chaque fois qu'ils le faisaient descendre pour lui annoncer qu'ils venaient de découvrir quelque chose, quoi que ce fut, ils lui racontaient des histoires à peine croyables.
— Cet endroit est dangereux ! s'énerva t-il.
— Tout va bien, regarde.
 Elden tendit les bras pour montrer qu'il ne s'était pas blessé. Furieux, Cole laissa ses émotions prendre le dessus.
— Et s'il vous était arrivé quelque chose ? On ne vous aurait jamais retrouvé.
 Elden et Cellica échangèrent un regard, ne sachant quoi répondre. Cole ne sut jamais s'ils connaissaient son passé. Ne souhaitant pas retomber dans la démence qui s'était emparée de lui à son arrivée au couvent, il ravala ses mots et décida de les accompagner.
— Je ne peux pas traverser la basilique. Je me ferais repérer immédiatement.
— Elden m'a montré un passage. Suis-moi.
 Ils se séparèrent et Cellica guida Cole entre les différents bâtiments, en prenant soin d'éviter quelque groupe de moines en vadrouille. Elden avait pour mission de passer par l'intérieur de la basilique pour leur ouvrir le passage. Pendant le trajet, la jeune fille se montra plus proche de Cole maintenant qu'ils étaient seuls. Elle le tirait par la main, s'assurait qu'il restât bien caché dans l'ombre lorsque des religieux passaient près d'eux.
 Ils atteignirent l'aile ouest et longèrent le mur jusqu'à la paroi rocheuse. Ici, une fenêtre était calfeutrée par une planche en bois. Cole et Cellica durent attendre quelques minutes avant qu'Elden n'arrive pour ouvrir le passage. À l'intérieur, cela sentait fort la poussière et l'humidité. C'était une salle de classe, dont les anciennes tables et chaises, laissées ici à l'abandon, étaient rongées par la moiteur ambiante. Dès l'instant où Cole entra, ce fut comme si ses poumons s'étaient remplis d'eau. Il toussa bruyamment, et l'écho qu'il provoqua résonna jusqu'au bout du couloir. Elden ouvrit de grands yeux surpris et se tourna vers lui.
— J'espère que personne ne passait par là.
— Dépêchons alors.
 Le groupe quitta la pièce et s'enfonça dans le couloir troglodyte jusqu'à un petit salon, au fin fond du bâtiment. Cellica se précipita vers la cheminée dont ils parlaient un peu plus tôt. Incrustrée dans le mur en face du couloir, elle imposait par sa largeur. Un grand tableau d'ardoise, monté sur deux pieds, avait été entreposé devant, mais ne parvenait même pas à la dissimuler. L'adolescente se glissa derrière après que Cole et Elden eurent déplacé le tableau. Elle appuya dans une encoche située bien à l'abri des regards et l'âtre de pierre se déplaça d'un demi-mètre à l'intérieur de la salle. Cole fut moins surpris du mouvement que du silence dans lequel l'objet s'était mu. Aucun son, aucune vibration n'avait été produit, comme si la pièce était faite de mousse ou de papier.
 Derrière, un étroit couloir s'enfonçait dans la montagne. Le chemin plongeait vers les ténèbres, mais le groupe avait tout prévu. Elden tira une torche et une pierre à briquet de son petit sac de jute, qu'il emmenait partout avec lui. Cole se demandait souvent ce qu'il pouvait bien contenir : le garçon à tout faire avait toujours tout ce dont il avait besoin.
 Traverser cet espace étriqué fut aisé pour les trois enfants. Cole remarqua tout de même que peu d'adultes pourraient en faire autant sans avancer complètement recroquevillés. La roche était si rugueuse qu'elle ne semblait pas creusée par l'homme. L'âtre camouflait l'entrée naturelle d'une grotte qui emmenait ceux qui l'arpentaient dans les entrailles de l'Oblihati. Le jeune cloîtrier se sentit revenir plusieurs années en arrière, et un malaise s'installa en lui.
 Le temps s'étira, ou se contracta. Cole ne sut réellement dire combien de temps ils avaient passé dans le tunnel, ni combien de bornes ils avaient parcouru. Il pensait un instant être là depuis une heure, mais en jetant un œil vers l'arrière, la lumière de l'ancien salon lui parvenait toujours. Cependant, dès qu'une faible lueur commença à se faire entrevoir en face d'eux, ce fut comme s'ils venaient tout juste de pénétrer dans le couloir.
 Plus ils approchaient de la sortie, plus l'atmosphère était lourde, chargée d'une humidité millénaire que personne n'avait bravé depuis longtemps. Quelques mètres avant de déboucher dans une nouvelle zone, Cole remarqua que le sol était recouvert d'eau. Le bruit de leurs pas résonnaient encore plus fort qu'avant contre les parois de pierre.
 Le groupe ne s'attendait pas à découvrir, au milieu d'une large salle, un arbre au tronc biscornu. Celui-ci, planté dans un parterre surélevé recouvert de mousse vertes et cramoisies, sortait de terre en formant un tourbillon irrégulier. Il se terminait en une poignée de grosses branches, habillées de milliers de petites feuilles roses. L'eau abondait sur les pavés antiques, qui ressortaient ça et là.
 Quatre piliers encadraient le parterre fleuri et soutenaient les voûtes qui surplombaient les trois adolescents. Ils étaient également recouvert de mousse et de diverses plantes tombantes. La végétation s'était emparée de tout l'espace et avait réussi à développer un monde sauvage et miniature. En regardant bien, quelques petits animaux se cachaient sous les branchages.
 Au centre, un formidable puits de lumière illuminait la pièce toute entière d'une vive lumière blanche. En s'approchant, Cole ne put distinguer quoi que ce fut à l'étage supérieur tellement la lueur était intense. Il eut l'impression de regarder directement le soleil à travers des jumelles.
— Il est ici... murmura le cloîtrier, abasourdi. Le trésor sous la ville est ici !
 L'adolescent s'aperçut de la présence de deux torches allumées, derrière l'arbre, et d'une porte qui les séparait. Contrairement au reste de la pièce, elle semblait être neuve, ou du moins dans un état plus que correct. Il fut soudain pris d'une vague de nervosité.
— Cet endroit n'est pas du tout abandonné, constata t-il. Nous ne devrions pas être ici.
— En effet, gronda une voix grave venue de nulle part.
 Les trois explorateurs sursautèrent comme un seul homme, puis cherchèrent d'où venait celui qui les avait pris sur le fait. Elden avait reconnu la voix et commençait déjà à paniquer.
— C'est le père Uzuven ! chuchota-t-il, bien que sa voix résonna puissamment contre les voûtes.
 Un vieil homme sortit de l'ombre, d'un coin de la pièce. Il marchait à l'aide d'un épais bâton de bois, renforcé à sa base par un pommeau d'acier. Le métal claquait sur le sol et créait un écho angoissant. Respecté pour être un homme de foi consciencieux et d'une piété inébranlable, le père Uzuven était aussi et surtout connu pour son intransigeance absolue et son impitoyable haine des jeunes rebelles. Cole et Cellica ne l'avaient pas dans leur poche, et Elden était devenu son souffre-douleur depuis belle lurette.
— Je ne vous vois peut-être plus, mais je sens la transpiration aigre d'un petit cochon qu'on a pris en pleine escapade.
 Elden fut parcouru d'un frisson, puis se résigna à accepter la punition. Uzuven avait de loin dépassé l'espérance de vie moyenne des habitants des montagnes. La rumeur disait qu'il était même l'homme le plus vieux de la ville, après l'Oracle. Ses yeux ne voyaient plus, mais il aimait vanter l'adresse de ses autres sens.
 Le père Uzuven était le gardien des catacombes. On n'y enterrait plus personne depuis longtemps, mais l'endroit restait le lieu de repos de nombreux dirigeants de l'Oblihati et d'autres illustres religieux d'autrefois. Certaines personnalités de pays étrangers avaient également demandé à avoir un caveau au Temple, comme le roi Bangerion Elamin III de Dhilia, que la vie avait quitté bien avant la naissance de Cole.
— Si monsieur Soupe-au-lait est là, alors les deux qui l'accompagnent ne peuvent être que la petite chanteuse effrontée et le seul cloîtrier qui ne connaît pas la signification de son statut.
 Il se déplaça lentement jusqu'à la porte et l'ouvrit. Un grincement lent et peu rassurant résonna dans toute la pièce. Puis d'un coup sec, le père Uzuven claqua son bâton contre le bois.
— Aller, tout le monde en haut. Nous allons punir ensemble les petits rats qui s'infiltrent là où ils ne devraient pas...
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Ode Colin
Un simple instant de vie dans une salle de classe.
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Maude Perrier
Je prends les transports en commun et j'aime imaginer des petites histoires courtes sur les gens que j'y côtoient l'espace de quelques instants.

Elles sont sur mon site tous les lundis mais je les proposerai aussi ici.

Écrire une histoire très courte est un exercice que je trouve très difficile, vos retours m'aideront à progresser.
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