le jump-look (partie 1)

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Quelques minutes plus tard, nous nous arrêtâmes devant une belle bâtisse à l’entrée de notre rue, le 3, Rue des roses.

« Voilà, nous sommes arrivés.

– Quand je vous disais que nous sommes presque voisins, nous habitons le quinze de cette allée, rit ma mère.

– L’ancienne maison des Steitzberg, c’est une belle demeure.

– En effet, on s’y sent un peu comme dans notre ancien chez nous, avec ces belles couleurs provençales, enchérit mon père.

– Si on entrait ? Un bon café me fera du bien, pas vous ? Un rafraîchissant jus de fruit pour votre fils, ça va le requinquer ! »

À ces paroles, les adultes s’esclaffèrent et nous entrâmes dans la maison.

« Je vous en prie, installez-vous, dit Hélène en indiquant les chaises autour de la table de cuisine. En attendant que je fasse le café, je vais vous servir du jus d’orange. »

Elle nous versa notre boisson avant de s’atteler à la préparation de l'arabica. Puis, elle dressa un plateau en installant le sucre, les tasses et les petites cuillères, et nous invita à la suivre.

« Prenez vos verres. Nous serons mieux dans le salon. »

Sitôt dit, sitôt fait. Hélène nous installa sur le canapé.

« Ce sera plus convivial ici. Je vais monter Zoé dans sa chambre. Elle doit se reposer.

– Je peux la porter à l’étage, si vous voulez, proposa mon père.

– Ne vous dérangez pas.

– J’insiste. Vous semblez également fatiguée.

– Bon. Si vous insistez. », conclut Hélène en souriant.

« Attention ça va secouer. » me prévint Hélène.

Cette pensée me scotcha au fond du canapé. Par chance, j’étais assis sinon j’en serais tombé par terre !

« Hein ! C’est quoi ça ? criai-je mentalement.

– Moins fort, tu vas alerter tes parents. Heureusement la télépathie n'a aucun secret pour toi. Tes parents n'ont entendu qu'un murmure. Cependant tu dois apprendre également à contrôler ton corps. Tu aurais pu tomber, termina Hélène légèrement moqueuse.

– Pourquoi cet avertissement ?

– Pour te prévenir d’un autre pouvoir que tu as. Le jump-look, expliqua Hélène.

– Le quoi ?

– Le jump-look. C’est une perception en fait. Tu vas vivre et ressentir les pensées et les gestes de chacun.

– Je comprends pas trop.

– Pour faire plus simple, quand nous serons à l’étage, Zoé et moi, tu nous verras et tu nous entendras, mais tu seras ici, dans le salon, avec tes parents.

– C’est pas possible ?!

– C’est ça le jump-look. Le pouvoir où tout est possible, me taquina Hélène.

– Et comment je vais le maîtriser ce pouvoir ?

– Avec le temps, mais vu comme tu es doué en télépathie, je ne m’inquiète pas pour ça. Le jump-look ne requiert pas d’apprentissage, il vient à toi, c’est tout. Je vais te laisser le découvrir. Je couche Zoé et je reviens te chercher un peu plus tard. », conclut Hélène.

Je me demandai bien comment ce don allait se manifester. En attendant, je m'enfonçai plus profondément dans le canapé.

Papa porta Zoé et suivit Hélène.

« Zlough… »

« C’est quoi ça ? », hurlai-je, de nouveau scotché au canapé !

« Putain si c’est comme ça que s’annonce le machin. », marmonnai-je.

Je me trouvai debout, en plein milieu d'une voie ferrée. Pieds et mains liés. Je tentai de me détacher. Impossible. J'étais trop bien ficelé. Je tournai la tête de gauche à droite pour appeler au secours. Personne. Aucune maison aux alentours. Du maïs à perte de vue.

Soudain, les rails tremblèrent. Je commençai à paniquer : si jamais un train... Je ne devais pas penser à ça. Je devais me libérer avant que...

« Respire, réfléchis et trouve un moyen. Je ne peux pas finir comme ça... »

Je tentai de couper les liens avec les rails de la voie. Peine perdue, ces derniers ne s'effilochaient même pas... « Aidez-moi, aidez-moi. » Je criais, mais seul le silence m'enveloppait... Excepté ce bruit strident qui s'amplifiait. Le son vrillait mes oreilles. Un TGV fonçait sur moi... le cheminot ne tentait même pas de freiner !

Je ne pouvais fermer les yeux, hypnotisé par ce qui allait suivre. Le rictus haineux du conducteur me glaçait. Ce serait sans doute la dernière image de mon existence.

Soudain, le train se déporta et... roula dans le vide ! J'écarquillais les yeux de surprise. À peine le temps de réagir que la vitesse couplée au frottement du wagon me firent valdinguer dans les airs et retomber dans un champ. Le choc fut rude, mais j'étais vivant. Un miracle. Un véritable miracle.

*

Je tremble de tout mon être. Des sangles me maintiennent. Elles chauffent mes bras et compressent mes jambes. Des électrodes et des fils me recouvrent et tressautent dans un rythme saccadé. J’en ai désormais partout : sur le thorax, les jambes, le bras ainsi que la tête si l'on se référait à la pression exercée sur mon crâne.

Ils doivent m’observer. Des chuchotements me parviennent. J’ai beau tendre l’oreille, je ne comprends pas leurs paroles. Ils s'affairent autour de moi.

Soudain la porte s'ouvre. Un autre docteur arrive tout sourire avec une seringue.

« Il est temps d'y retourner. »

– Non, je ne veux pas, laissez-moi, laissez-moi, supplié-je.

– Ça suffit. Vous êtes ridicule, dit-il en m'enfonçant aiguille dans le bras. »

*

« Heureusement que je maîtrise la télépathie, sinon j’aurais alerté maman en criant à vive voix. », pensai-je.

Je regardai maman discrètement, mais heureusement elle n’avait rien remarqué. Ouf !

Le pouvoir – il faudra que j’en redemande le nom à Hélène – me montra papa menant Zoé dans sa chambre avant de l’installer dans son lit.

« Encore merci, déclara Hélène.

– C’est la moindre des choses, je vais vous laisser et rejoindre ma famille dans le salon, répondit mon père.

– Je n’en ai pas pour longtemps.

– Prenez tout le temps nécessaire. Et si vous voulez, on peut repasser plus tard.

– Non je préfère que vous restiez. J’aimerais passer un peu de temps avec vous.

– C’est comme vous voulez. », conclut mon père.

Papa quitta la chambre et je restai avec Hélène et Zoé.

« Comment ça va ma chérie ?

– Bien maman, un peu fatiguée, mais ça va passer.

– Tu es sûre que c’était une bonne idée pour le parc ? Tu es bien blanche.

– Il le fallait maman. Je ne le regrette pas. Nous avons fait sa connaissance. Il va nous aider. Je le sens.

– J’aurais pu l’inviter ici directement.

– Non maman. Je voulais profiter de ce parc. C’était peut-être la dernière fois.

– Ne dis pas ça chérie. », déclara Hélène en retenant ses larmes à grande peine.

Zoé prit les mains de sa mère avant de poursuivre :

« Je sens que c’est bientôt la fin, maman. Ce n’est pas grave. Tu es avec moi et nous l’avons trouvé. C’est le plus important. Tu devras veiller sur lui. Il va nous aider contre… »

Hélène coupa la parole à sa fille.

« Je sais chérie. Il ne faut pas penser à eux. Ils ne peuvent pas te faire du mal.

– Je t’aime maman, dit Zoé en s’agrippant à cette dernière.

– Moi aussi, je t’aime. Tu veux que je t’apporte tes poupées ?

– Non, elles sont bien là-bas. Elles me protègent, déclara Zoé en montrant sa fenêtre. Par contre, je veux bien Monsieur Lapinou, ajouta la petite fille avec un sourire tendre vers son doudou préféré.

– D’accord, je vais le chercher. »

Hélène se dirigea vers le coffre à jouets, sortit la peluche et l’amena à son enfant.

Zoé enlaça affectueusement son doudou.

« Repose-toi bien ma chérie. Je vais bientôt revenir avec Fabien.

– D’accord maman.

– Je t’aime chérie.

– Moi aussi maman. »

« Zlough »

« Putain, encore ça ! Qu’est-ce qui va se passer maintenant ? »

*

Ce truc me fait moins d’effet ici que là-bas. C’est déjà ça, je n’ai pas envie de frôler la mort à chaque fois. Ces simples pensées me demandent un effort surhumain. Je préfère ne plus m’interroger, cela me fait trop mal, j’ai la tête qui explose. Je fais le vide et je replonge contre mon gré : la douleur est trop forte !


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