Chapitre 78

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Hors de question que je vive mes derniers mois qu’avec mon cancer. Le plus dur a été d’en parler à mes proches et aux enfants mais après quelques crises de larmes, ils ont compris que je voulais croquer le reste de ma vie à pleines dents. Je décide donc de réveiller Lilian comme je le réveille souvent, je ne veux rien changer à notre vie de couple. Lorsqu’il ouvre les yeux, son sexe est dans ma bouche. Il caresse mes cheveux et j’aspire plus fort.

- Ohhhh bébé !!!

Je le suce fort puis le chevauche et l’enfonce en moi. Il se redresse et me prend dans ses bras. Il enfouit sa tête dans ma poitrine et je sens que ses larmes coulent sur ma peau.

- Lilian…

- J’y arrive pas bébé. J’y arrive pas.

Je prend sa tête dans mes mains et lui pose un baiser, j’ondule sur lui et efface ses larmes de mes pouces. Je lui fais l’amour, lui donnant le plus de plaisir possible jusqu’à notre orgasme. Mais ses larmes coulent toujours, me serrant fort contre lui.

- Je veux pas que tu meures Abby.

- Chutttt, je suis encore là Lilian.

- C’est trop dur.

- Faut qu’on profite.

Après quelques temps de larmes, Lilian à repris le dessus et profite au maximum de moi. Lilian va être nommé instructeur pour bénéficier d’horaires plus pratiques pour qu’il puisse être auprès des enfants. Bertrand après s’être effondré à son tour, a accepté de continuer a confier les enfants à Lilian même après mon décès, comprenant que les enfants y sont attachés et que c’est mon souhait. De mon coté j’ai du organiser la reprise de mon activité et je retrouve Cathy qui cache sa tristesse.

- Salut Abby. Comment tu vas ?

- Un peu fatiguée mais ça va aller. T’as sortie tous les dossiers ?

- Oui et j’ai tout classé, comme ça t’auras pas à le faire.

- T’es géniale.

- Abby. Je t’aime fort tu sais. Dit-elle en pleurant

- Moi aussi Cathy, moi aussi. Dis-je en la prenant dans mes bras.

Je réussis à trouver un vétérinaire pour me remplacer et qui s’entend très bien avec Cathy et qui sera un vrai soutien car il a déjà tenu une clinique et nous avons les mêmes valeurs. Ce soucis en moins me permet de rentrer et d’aller me coller contre Luna. Je grelotte car mon corps à du mal à réguler ma température. Titi me couvre d’une couverture et je m’endors jusqu’au retour de Lilian. Mais dans la nuit, une terrible douleur m’arrache de mon sommeil.

- Bébé, je suis là. Je suis là. Dit Lilian alors que je me crispe sous la douleur.

La douleur me prend tout le bas du ventre et des reins et je passe une bonne partie de ma nuit à vomir. L’infirmière vient comme chaque matin et me retrouve au lit.

- Bonjour Abby, une journée sans aujourd’hui alors ?

- J’ai du sang dans mes urines.

- Oui ça fait partie des désagréments du cancer de la vessie. On va vous soulager.

Mais mon état ne s’arrange pas car ma vessie ne me répond plus et se bloque. L’infirmière doit me sonder pour me soulager malgré la douleur permanente. Je suis exténuée et dors pendant de longues heures. Lilian reste auprès de moi et a pris un congé pour rester près de moi.

- J’ai si mal. J’ai mal Lilian

- Bébé je suis là, courage mon amour.

Je suis sur les toilettes en pleurant par la douleur. Ma vessie se vide au gouttes à gouttes et j’ai l’impression d’être brûlée à l’intérieur. Mon traitement anti douleur est revu et la morphine m’est injectée régulièrement et je retrouve enfin le repos.

- Ah regardez, y a maman qui se lève. Dit Luna

- Eh, ça sent super bon dis donc. Dis-je

- C’est un gâteau pour toi maman, on le prépare avec Luna. Dit Lola

- Génial, j’ai hâte de le goûter.

J’ai June qui me tend les bras mais vu mes faiblesses je préfère m’asseoir avant de la prendre dans mes bras. On se fait un gros câlin et nous nous endormons toutes les deux. Après cette épisode douleur, je peux retrouver ma vie malgré qu’elle s’écourte doucement.

- Maman, tu seras où quand tu feras le dodo pour toujours ? Me demande un jour Lola.

- Je monterai au ciel je suppose.

- Toute seule ?

- Oui.

- Tu sais moi j’aime pas être toute seule alors je te donnerai mon doudou comme ça je serais un peu avec toi comme ça.

- Oh mon coeur, je t’aime si fort.

C’est un crève cœur de me dire que je vais laisser mes enfants, que je ne les verrai plus. Cette idée me retourne les tripes bien plus que mon cancer.

Les jours « avec » je les dévore mais deviennent de plus en plus rare. Mes organes lâchent au fur et à mesure mais je m’accroche autant que je peux pour ma famille car pour moi ça ne changera rien. Le soir l’infirmière me branche sous anti douleur pour que je dorme un peu et le matin elle vient voir si elle me libère ou pas de ma perfusion. Ce matin, j’arrive plus à supporter mon lit. J’arrive dans la cuisine où Titi est déjà entrain de préparer le petit déj.

- Matinale dis donc. Dis-je en regardant l’horloge qui indique 4h.

- J’ai pas réussi à trouver le sommeil.

- Pourquoi ?

Il me regarde et je vois la tristesse dans son regard.

- Parce que tu fais chier Abby !!! On n’est pas prêt à te perdre ! Ca fait chier putain ! Dit-il en me prenant dans ses bras.

- Je t’aime Titi, jt’en supplie prends soin de Lilian et Luna.

- T’as ma parole. Je t’aime aussi.

Titi n’a jamais vraiment montré sa tristesse envers moi mais ce matin s’est fait mais il se reprend très vite.

- Tu veux pas gouté au sexe avec moi et Luna avant de passer l’arme à gauche au moins ?

- T’es terrible toi ! Non !!!

- T’embête pas ma copine j’espère. Dit Luna encore un peu endormie

- Je lui proposais de coucher avec nous mais elle veut toujours pas.

- Mais quel pervers celui là !

- Quoi !!! Je demandais juste.

- Tu profites d’une faible femme, honte à toi. Dis-je

- Emmerdeuse la faible femme.

Titi nous redonne le sourire comme d’habitude.

- Et au fait, sympa ton style Abby, j’adore la perfusion te va à merveille.

- Ouais j’adore.

- Tu pourrais faire presque du pool danse avec.

- Eh, pas con, je devrais peut être faire un show à Lilian.

- Pourquoi j’entends mon prénom dans la bouche de la plus belle femme du monde ? Dit Lilian qui entre dans la pièce.

- Ton frère compare ma perf à une barre de pool danse.

- Mon frère est fou, tu devrais le savoir.

- Ouais, il a encore essayé de m’amener à coucher avec lui et sa femme.

- Laisse moi deviner, t’as dis un grand oui.

- Même pas en rêve.

On éclate de rire puis on se met à table.

- Ça vous dirais une balade aujourd’hui ? J’ai besoin de me dégourdir les jambes. Dis-je

- On attend le passage de l’infirmière déjà voir comment elle te trouve. Dit Lilian

- Je me sens bien aujourd’hui.

- T’as passé ta semaine au lit bébé, je préfère qu’on attende son avis.

L’infirmière passe et avec chance elle me débranche et nous pouvons partir nous balader avec les chiens, laissant les enfants à Loïc qui est en perm’ car ils dorment alors qu’on est très matinale. Mes doigts glissent dans la main de Lilian d’un coté et Luna de l’autre et nous allons marcher jusqu’à notre village. Nous passons devant les pompes funèbres et je m’arrête devant les pierres tombales.

- Il faudrait qu’on s’occupe de ça. Dis-je

- Putain Abby stp, pas ça. Dit Lilian

- Lilian, je veux pas partir sans savoir comment je serais enterrée.

- Au cimetière. Dit-il sèchement

Luna me frotte le dos et Titi fait tomber la pression.

- Laquelle tu voudrais ? Demande Titi

- Celle ci j’aime bien.

La tombe est dans les tons gris marbré, j’aime bien car c’est ni trop ni trop peu.

- Bonjour, puis-je vous aider ? Demande un homme qui nous rejoint.

- Bonjour, ouais on voudrait savoir le prix de cette tombe là. C’est pour offrir. Dit Titi qui me faire sourire par son humour.

- Euh...je vous invite à entrer, pour en discuter.

Lilian dit rien mais je sais qu’il n’apprécie pas ce genre de discussion.

- Alors vous vouliez la tombe gris loup.

- Charmant dit Lilian soulé

- Ouais, la dame est tombée sous le charme. Dit Titi.

- Mais c’est pour…

- Moi. Dis-je

Le gars se tend.

- Je suis désolé, nous pouvons vous accompagner si vous le souhaitez dans tout le long de cette étape difficile.

- Tu vas dans le trou avec elle aussi ? Balance Lilian.

- Lilian stp. Dis-je

- Je conçois que ça soit compliqué. Savez vous où vous serez enterrée ?

- Oui, au cimetière du village.

- Très bien et vous souhaitez combien de place dans le caveau ?

- Euh…

Je regarde Lilian qui est au bord des larmes.

- 2. Dit Lilian.

- Et nous ? Dit Luna qui fait les gros yeux.

Je regarde mon amie puis Lilian qui acquiesce. Titi casse cette ambiance morose et je le remercie.

- 4 places c’est possible ? Demande Titi comme s’il demandait des places de cinéma.

- Euh oui bien sur.

- C’est ta tournée Abby alors ?

Je les regarde et ça m’enlève un poids de savoir qu’un jour nous serons réunis.

- Ouais mettez 4 places svp.

- A la vie à la mort Abby. Dit Luna

Je regarde Lilian qui me sourit même si son cœur pleure.

- Bien.

- Avez vous pensé à votre cercueil ?

- Non.

Le gars nous sort un catalogue avec plusieurs cercueils.

- Stylé putain...eh vous sortez le satin et tout pour un mort, vous avez craqué sérieux. Dit Titi qui regarde le catalogue avec attention.

- Moi j’aimerais quelque chose de simple. Dis-je

- Eh regarde celui là, c’est le cercueil de Dracula. Dit Titi

- Un vrai gamin. Dis-je en retrouvant le sourire malgré le contexte.

- Celui là il est naturel et respecte la nature sans vernis, t’en penses quoi ? Me demande Luna.

- Ouais il est pas mal j’aime bien.

Je regarde Lilian qui serre les dents.

- Non mais même devant des cercueils t’as l’impression qu’elles font du shopping. Dit Titi.

Je prends la main de mon mari qui tremble.

- T’en penses quoi ? Dis-je à Lilian

- Que j’en ai rien à foutre de comment on t’enterre bébé car tu seras plus auprès de moi. Qu’est ce qu’on s’en tape sérieux, tu seras morte Abby, morte !!! Tu t’en rendras même pas compte bordel !!!

Désolé c’est trop pour moi.

Lilian se lève et part dehors suivit par Titi et on voit les deux frères se prendre dans les bras.

- Je sais pas comment lui rendre sa peine moins difficile. Dis-je à Luna

- Tu peux pas, seul le temps l’apaisera. Bon alors il te plaît ce cercueil ?

- Ouais.

On règle les quelques détails de mon enterrement et j’en ressors soulagée car ça sera toujours ça en moins pour Lilian à supporter. Lorsque j’arrive près de lui, il est assis au bord du trottoir.

- Alors, t’as fais tes emplettes ? Me lance Titi aux yeux rouges

- Ouais, je suis partie sur l’écolo.

- Excellente idée. T’as réservé notre place j’espère

- Ouais, 4 places.

- Le luxe. Tu voudras quoi comme fleurs ?

- Je sais pas, toutes les fleurs sont belles, faites comme vous voulez j’ai aucune préférence.

- On va te couvrir de fleur ma belle alors.

- Merci de cette attention.

Il me fait un clin d’œil et Lilian se lève et me prend dans ses bras sans un mot.

- Je t’aime. Susurre t’il à mes oreilles.

- Moi aussi.

- Bon on va fêter ça ? Lance Titi en nous montrant le bar du coin.

- Allez. Dis- je

Nous entrons dans le bar et nous installons tous les 4 à table. Nous commandons de quoi boire et Titi lève son verre.

- A ta mort Abby ?

- T’es con. Dis-je en riant

- T’auras plus ça à supporter toi au moins. Dit Luna

- Grave !!!

On rit et Lilian commence à retrouver son sourire.

- L’autre elle va se la faire tranquille dans son cercueil écolo à pioncer alors que nous on va devoir tafer comme des gueux jusqu’à 80 ans.

- Eh mais grave, je vais vous regarder devenir vieux et fripés alors que moi je meurs belle. Dis-je en exagérant mes gestes de prétention.

On trinque, puis nous allons nous faire un baby foot femme contre mari.

- Par contre je te laisse pas gagner la cancereuse, t’as aucun pass droit, on est d’accord ? Me balance Titi

- Je vais t’exploser. Dis-je

- T’es trop faible, j’ai presque de la peine de te faire perdre.

- Joue.

Bon ok, je prends la pâté mais on rit bien puis on sort du bar un peu plus léger qu’en arrivant par l’alcool aussi. Mais cette promenade m’a épuisée et je m’endors comme une masse sur le canapé. Lilian en me couchant me réveille, je caresse son visage et il m’embrasse.

- Pourquoi tu ne me fais plus mal Lilian ?

- Tu crois pas que tu souffres assez ?

- Si, car je suis en manque de toi.

- Bébé…

- Arrête de me traiter comme si j’étais déjà morte Lilian.

- Jte demande pardon mon amour.

Cette nuit là je retrouve doucement mon mari, il se donne le droit de vivre notre sexualité et le lendemain je me retrouve en pleine forme. Prête à vivre pour 10 ans. Je range mes papiers, la maison et rien ne m’arrête, ce qui amuse Titi.

- Tu lui as fais bouffer du lion ou quoi ? Demande Titi.

- Non je l’ai juste baisé bien comme il faut. Réplique Lilian tout sourire.

On avait besoin de se retrouver malgré la maladie.

- Tu devrais l’empailler quand elle mourra, tu pourras continuer à la baiser comme ça. Dit Titi

- Ah mais t’es dégueu toi !!! Dis-je

Il ricane et Luna s’assoie sur ses genoux.

- Non mais laisse tomber, mon mari a des idées bizarres. Dit-elle en riant

- Je vois ça, tu fais pas ça Lilian jte préviens ! Dis-je

- C’est pas mon délire.

- T’aimerais pas en faire une poupée ? Moi si Luna elle claque, elle devient ma poupée en paille.

- N’importe quoi toi !!! Dit Luna en éclatant de rire.

Titi arrive a dédramatisé notre situation mais je sais qu’il est triste. Un soir je le retrouve assis sur les marches de notre terrasse à regarder l’horizon. Je m’assois près de lui et lui donne un coup d’épaule.

- Ca va ? Dis-je

Il dit rien et tire sur sa cigarette.

- La vie c’est une belle pute quand même. Dit-il après plusieurs minutes.

- C’est comme ça Titi.

- Tu mérites pas ça Abby.

- On choisit pas.

Il ouvre ses bras et je me loge contre lui. J’entends le bruit de son cœur alors que le miens va bientôt s’arrêter.

- Tu crois que c’est comment la vie après la mort ? Dis-je

- Calme, apaisant, reposant. T’auras le beau rôle veinarde.

- Ouais j’ai hâte.

- Tu m’étonnes, vu comment tu dégustes j’imagine ouais.

- Le plus dur est de voir la tristesse des gens que j’aime.

- C’est inévitable ça.

- J’ai peur que Lilian aille se jeter dans les griffes de la pétasse rouge car il sera désespéré et qu’elle en profitera maintenant que son mari a demandé le divorce.

En effet, le mari de Nathalie vient de demander le divorce car il supportait plus sa femme odieuse qui ne parlait que de Lilian. Ça été un gros choc pour elle qui s’y attendait pas, croyant avoir la main sur son mari. Elle a tenté de se rapprocher de Lilian mais une violente dispute a éclaté et Lilian l’a jeté mais j’ai toujours la crainte qu’il retourne vers elle.

- Il fait ça et je lui botte le cul, t’as ma parole. Me dit Titi.

- Merci. Dis-je en lui posant une bise.

- Eh, Lilian t’aime, il te ferait jamais un coup comme ça et il la supporte même plus quand elle vient pour les gamins. Aucun risque qu’il retente avec elle. Ça va être un sacré coup dur pour lui Abby, j’ai jamais vu mon frère si mal.

- Je sais et je m’en veux tellement de le faire souffrir.

- Tu es aussi victime que lui, t’as pas à t’en vouloir.

Il me met un coup d’épaule à son tour.

- Eh, ça va aller Abby. Je sais que tu t’inquiètes pour Lilian mais on sera là. Et je serais là aussi pour Luna et les enfants.

- Merci Titi. Merci beaucoup.

On se serre dans les bras puis nous rentrons pour retrouver les nôtres. Alors que nous sommes tous devant la télé pour un film familiale, je suis prise d’une violente quinte de toux et crache du sang dans ma main. Je me lève affolée et file aux toilettes suivie par Lilian. Je rince ma main sous l’eau chaude alors que je tremble de tout mon corps. Mais la quinte reprend et je crache de nouveau du sang. On sait ce que ça veut dire, mes poumons sont entrain de me lâcher et j’éclate en sanglot dans les bras de mon mari.

- J’ai peur Lilian.

- Ca va aller bébé, je suis là, ça va aller.

- Je veux pas mourir, je veux pas vous laisser, je veux pas Lilian, je veux pas.

Je sais que c’est dur pour lui de m’entendre me plaindre mais là c’est trop pour moi, ça va trop vite, j’ai encore trop de chose à vivre.

- Bébé calme toi, tu vas te faire mal.

En effet mes sanglots m’étouffent et j’ai du mal à reprendre ma respiration. Lilian m’emmène aux urgences et je suis mise désormais sous oxygène. Je rentre chez moi avec une bouteille et un masque que je dois utiliser en cas de besoin. Alors qu’on vient de rentrer, Lilian m’attire dans la douche, ses lèvres me dévorent et l’eau permet de faire fondre ses larmes. Il se cache sous le filet d’eau mais je sais lire en lui. Il est malheureux car il va devoir continuer sa vie sans moi.

***

J’ai tout organisé, la clinique est entre de bonnes mains, mon enterrement est organisé, j’ai choisis les vêtements qu’on m’enfilera ou plutôt la robe puisque je veux porter ma robe de mariée.

- Lilian !!!!! Lilian !!!!! J’hurle par la douleur et tousse par manque d’air.

Il pose mon masque à oxygène pour m’aider à respirer. L’infirmière vient de plus en plus pour s’occuper de moi, je n’ai plus la force désormais de me lever.

- Vous savez pourquoi on tape contre la seringue ? Nous demande t’elle.

- Pour enlever l’air. Dis-je

- Oui une bulle d’air serait fatale pour vous.

Elle me sourit et pose sa main sur la mienne.

- Je suis là pour m’occuper de vous Abby, vous savez que vous pouvez me demander si vous avez besoin de quoi que se soit.

Lilian me regarde et comprends de quoi on parle.

- J’ai trop mal Lilian.

- Putain non bébé, c’est trop tôt.

- Je repousse le délais depuis 2 mois Lilian, j’en peux plus. J’agonise.

- Je sais bébé, je sais. Je suis un putain d’égoïste. Dit-il en se lovant contre moi.

L’infirmière nous laisse mais mon état s’aggrave de jour en jour. Je reçois la visite de ma famille Lilian les a prévenus qu’il était temps de me dire au revoir. Et puis arrive le matin où ce sont les enfants qui sont venus dans ma chambre, accompagné de Lilian, Luna et Titi. Ma chienne est montée sur le lit et j’ai posé ma main dans sa fourrure toute douce et apaisante sur ma peau qui ne supporte plus qu’on la touche.

- On t’a fait une petite vidéo. Me dit Loïc

Il allume la télé et passe un film qu’il a monté avec Adrien. Une vidéo sur ma vie, une vidéo pour me dire adieu.

- C’est maintenant que tu vas aller au ciel alors ? Me demande Lola

- Oui ma chérie mais je serais toujours là près de toi.

- Tiens alors mon doudou. Je t’aime maman.

- Moi aussi mon coeur.

Loïc se mord la lèvre pour pas pleurer et je lui ouvre les bras.

- Je t’aime fort maman. Dit-il en pleurant.

- Moi aussi mon grand, moi aussi.

J’ouvre les bras à Adrien qui vient lui aussi se coller contre moi.

- Merci pour cette vidéo, elle est magnifique les garçons.

Ils restent tous près de moi pour un dernier câlin et puis les enfants sont invités à sortir et l’infirmière rentre. Lilian se colle à moi et j’efface ses larmes.

- Putain c’est si dur bébé. Dit-il

- On se retrouvera mon amour.

Je prends une dernière fois mes amis dans mes bras et j’embrasse Lilian.

- Je t’aime. Dis-je

- Moi aussi, tellement.

- Promets moi d’être heureux Lilian.

- Bébé…

- Promets le moi.

- Je te le promets.

Je regarde Luna et Titi.

- Et vous aussi.

- T’as notre parole Abby.

Je regarde l’infirmière qui a un sourire compatissant.

- Je vais mettre votre oxygène plus fort pour vous endormir un peu.

- C’est douloureux ?

- Non.

- Merci.

- C’est normal, je suis là pour vous soulager. Vous avez été très courageuse Abby.

- Merci.

Je sais que ce qu’elle s’apprête à faire est illégal mais bien plus humain que de me laisser souffrir plus que je ne peux le supporter.

- Je vous aime. Dis-je en regardant ceux que j’aime.

- Nous aussi Abby. Dit Luna en pleurant

Je regarde Lilian et je me crispe sur un pic de douleur qui m’empêche de parler.

- Je sais bébé, moi aussi je t’aime à la folie. Dit-il à ma place

Je lui souris et il me demande si je suis prête. Je fais oui et Lilian met mon masque. Je signe un je t’aime avec mes mains puis ferme les yeux et doucement je me sens devenir plus légère.

- Reposez-vous, désormais vous n’avez plus à souffrir. Me dit l’infirmière.

- Je t’aime bébé, je t’aime. Dit Lilian de plus en plus loin.

Je ne savais pas ce qu’était la mort mais elle est douce, sans douleur, sans tristesse, je suis enfin en paix.

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