Chapitre 77

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Nous nous asseyons avec Lilian devant le bureau de la médecin. Lilian la salut militairement et se rassoie.

- Bien, je voulais vous voir car nous avons fait pas mal d’examen et nous avons les résultats. Dit-elle

- D’ailleurs on sait même pas pourquoi vous avez faits tout ces examens Lieutenant Colonel. Dit Lilian

- La prise de sang d’Abby n’était pas très bonne et j’ai donc prescrits des examens complémentaires pour en savoir plus.

Pourquoi j’ai l’impression que la tension monte d’un coup et que ça devient oppressant. J’ai envie de me sauver loin de cette pièce mais la main de Lilian dans la mienne, finit par calmer cette sensation désagréable en moi.

- Je suis désolée Abby mais vos marqueurs ne sont pas bons.

- Mes… mes marqueurs ?

- Oui. Vous êtes vétérinaires je crois que vous savez de quoi je parle.

Lilian nous regarde alors que je comprends en effet de quoi elle parle.

- Euh, c’est quoi des marqueurs ? Demande Lilian

- Ça permet de savoir si on a un cancer. Dis-je fixé sur un point imaginaire

- Un...un cancer ?

Lilian nous regarde à tour de rôle.

- Un cancer ? Mais de quoi ? Demande Lilian

- Abby a un cancer de l’utérus.

- De l’utérus ?

- Un cancer très agressif et…

Elle se lève et plante des radios sur un bloc lumineux. Je vois l’intégralité de mon corps parsemé de taches blanches.

- Votre cancer s’est propagé un peu partout. On voit que votre utérus est la source mère de votre cancer et petit à petit s’est propagé dans votre corps.

Lilian reste sans voix et moi j’avoue avoir l’impression d’être dans un autre monde.

- Je suis désolée mais vous avez un cancer généralisé Abby. Dit-elle

Lilian est toujours sans voix et je lui prends la main car j’ai peur de tomber. Ses mots raisonnent dans ma tête, surtout ce mot CANCER. Alors voilà pourquoi j’ai si mal au ventre, pourquoi je vomis souvent, pourquoi j’ai parfois l’impression d’être épuisée avant même de me lever. Un cancer généralisé...un cancer généralisé… Je me répète cette phrase 10...20...30 fois avant de reprendre la parole.

- C’est le Stade 4 ? Dis-je tremblante

- Oui, je suis sincèrement désolée.

Lilian lève le nez et regarde la médecin.

- C’est soignable n’est ce pas ? Demande t’il presqu’à bout de souffle.

- Le cancer évolue trop rapidement, bien trop rapidement pour nous.

- Alors ne tardez pas à la mettre sous traitement ! S’énerve t’il

- Y a pas de traitement efficace Lilian. N’est ce pas Lieutenant Colonel ? Dis-je en sortant de ma bulle.

Elle ne me contredit pas alors que Lilian se redresse.

- Ça on n’en sait rien tant qu’on ne fait rien ! Crache t’il

- Les organes d’Abby sont atteints, on peux la mettre sous traitement, elle se fatiguera, sera malade mais ça ne changera pas l’issu. Dit la médecin froidement.

- Il me reste combien de temps ? Dis-je au bord des larmes.

- 4...6 mois tout au plus je dirais. Mais c’est pas non plus une certitude, ça peut être moins comme plus.

Je ravale mes larmes alors que Lilian monte le ton.

- Hors de question que je laisse ma femme mourir. Trouvez un putain de traitement ! C’est votre boulot merde !

La médecin se lève et fait face à Lilian.

- Je suis votre supérieur hiérarchique pour rappel ! Vous me parlez sur un autre ton et vous allez m’écouter, vous allez soutenir votre femme et être fort car elle va avoir besoin de votre force ! On est d’accord soldat !

- Non Lieutenant colonel, je demande à mettre ma femme sous traitement. Dit Lilian qui fait face à la médecin.

- Et moi je refuse Lilian. Dis-je

- Bébé je veux pas te perdre.

- On va vous accompagner autant qu’on pourra Abby mais je pense qu’il est mieux pour vous de retrouver vos proches.

- Oui je ne veux pas rester à l’hôpital.

- Non !!!! Non !!!! Je te laisserai pas mourir Abby, je ne laisserai pas ce putain de cancer te bouffer.

- Lilian, c’est...c’est comme ça. Dis-je enroué dans mes larmes.

Lilian part et claque la porte.

- Laissez lui le temps d’encaisser, il acceptera. Me dit la médecin compatissante.

Je retourne dans ma chambre où l’on m’installe un cathéter pour m’injecter des anti douleurs en cas de besoin. J’en ai annoncé pas mal des cancers au propriétaire de mes petits patients, j’aurais jamais pensé qu’un jour on me l’annonce pour moi. Lilian arrive dans ma chambre et fait les 100 pas dans un silence horrible.

- Lilian pitié arrête.

- Je peux pas te perdre, je peux pas Abby. On commence tout juste notre vie à deux, on vient de se marier, on veut un bébé...c’est pas possible. C’est pas possible...Répète t’il.

- C’est comme ça Lilian, on n’y peut rien.

- Tu vas te battre Abby, tu vas te battre !!! Et vivre.

- Je vais mourir Lilian.

- Dis pas ça !!!! Jte l’interdit tu entends !!! Je te l’interdit !!!

Lilian refuse la réalité alors que moi je la prend en pleine face.

(toc toc toc)

- Entrez. Dis-je alors que Lilian continue à faire ses allers – retours dans la chambre

La porte s’ouvre et le Commandant arrive et Lilian se met au garde à vous, s’arrêtant enfin de marcher.

- Rompez. Lilian vous savez à quel point je vous apprécie ?

- Oui mon Commandant.

- J’ai appris pour Abby et vous m’en voyez peiné.

- Je ne laisserai pas ma femme mourir mon Commandant.

- Lilian vous êtes mon meilleur soldat.

- Je sais mon Commandant. Et je compte bien me battre contre le cancer de ma femme.

- Ça ne m’étonne pas de vous mais vous savez que le combat est perdu d’avance.

- Non mon Commandant, je ne perd aucun combat.

Je vois la détermination de mon mari face à son supérieur. Le Commandant ne le lâche pas des yeux et est tout aussi déterminé que Lilian.

- Que fait-on lorsque le territoire est envahit d’ennemi en surnombre ? Demande le commandant.

Lilian ne dit rien mais ravalent ses larmes alors qu’il regarde son Commandant. Je le vois trembler et ça me brise le cœur de le voir comme ça.

- Répondez. Ordonne le Commandant. Que fait-on lorsque l’ennemi est en surnombre sur un territoire ?

- On...on se replie mon Commandant.

- Oui soldat on se replie. Je suis désolé mon garçon. Dit le Commandant en faisant une accolade amicale à Lilian.

Lilian retient ses larmes et le Commandant attrape sa tête entre ses mains.

- On sera là pour te soutenir, t’es pas tout seul. T’es pas tout seul mon garçon. Tu entends ? T’es pas tout seul. Répète le commandant.

Je mime un merci lorsque le Commandant me regarde.

- On sera là pour vous. Si vous avez besoin de quoi que se soit Abby, demandez moi et vous l’aurez. On vous laissera pas tomber.

- Merci mon Commandant. Dis-je

- L’hôpital est à votre disposition Abby. Ne souffrez pas inutilement.

Lilian vient près de moi après avoir salué son Commandant qui nous laisse. Je pose ma tête contre lui sans un mot et en soirée nous pouvons rentrer chez nous. Là où nous retrouvons Titi et Luna.

- Ohhh putain Abby !!! Crie Luna qui me saute au cou.

- Doucement j’ai un cathéter Luna. Dis-je en montrant mon cou.

- Merde, c’est quoi ce truc.

- C’est pour les anti douleurs.

- Ils font pas les choses à moitié chez les militaires. Salut toi, contente de te voir. Dit Luna en collant une bise à Lilian.

Titi vient nous saluer à son tour. Nous n’avons pas la tête à la gaieté et ils doivent penser que c’est notre agression qui nous a traumatisé.

- Ca m’a paru super long, impossible de venir te voir, on n’avait pas les autorisations. Putain on a pas vécu je vous jure, on était effondré, on a cru vous perdre !!! Vous êtes en vie, bon sang vous êtes en vie. Dit Luna en débitant tout ses ressentis en me prenant encore une fois dans ses bras.

Titi regarde son frère qui est silencieux.

- Ok, Il se passe quoi Lilian ? Demande Titi.

- Faut qu’on vous parle. Réplique Lilian en montrant le salon

- Il lui a pas refilé de la merde quand même ? Demande Titi en me regardant

- Rien à voir avec lui.

- Putain tu me rassures.

Luna me regarde alors que je ravale mes larmes.

- Vous savez à quel point je vous aime. Dis-je

- Abby qu’est ce qui se passe ? Me demande Luna inquiète

- A l’hôpital...ils m’ont fait des examens. Beaucoup d’examens.

Ils nous regardent comme si chaque mots étaient important. Et ils le sont.

- Tu me fais peur là Abby. Dit Luna

- Ils ont découvert que j’avais un cancer.

- Tu déconnes là ? Demande Titi qui questionne son frère du regard.

Lilian fait non de la tête.

- C’est pour ça ton truc dans le cou ? Tu vas avoir de la chimio c’est ça ? Demande Luna.

- Non Luna, je vais pas avoir de chimio.

- Radiothérapie ?

- Luna il se soigne pas ce cancer, il a métastasé de partout.

- Co...comment ça il se soigne pas ?

La panique se lit dans le regard de ma meilleure amie alors que Titi à compris.

- Je vais mourir Luna. Dis-je en pleurant

- Non !!! Non !!! Impossible, toi tu meurs pas, tu meurs jamais Abby, t’es immortelle toi. Dis pas ça putain tu vas porter la poisse !!! Crie t’elle terrorisée.

- C’est un cancer généralisé Luna, je suis condamnée.

Lilian se lève et Titi le suit et l’attrape pour le prendre dans ses bras. Je me met à coté de Luna et nous craquons dans les bras l’une de l’autre.

- Je veux pas que tu meurs Abby. Je veux pas.

- Chutttt, je suis là Luna, on a encore quelques mois et je compte bien en profiter.

- Quelques mois ???

- Oui quelques mois.

- Combien ? Me demande Titi qui ravale ses larmes.

- 4/6 mois. Peut être moins, peut être plus.

- Non, Abby, non je veux pas, c’est trop court pour te dire au revoir, t’es sur qu’ils peuvent pas te faire de la chimio ? Me dit Luna paniquée

- Luna, y a pas de traitement. On va mettre en place un protocole d’accompagnement pour pas que je souffre trop et puis on va profiter de nos derniers moments pour se dire au revoir en douceur.

Luna éclate en sanglot et les garçons viennent nous consoler alors qu’eux même sont effondrés. Aujourd’hui je connais la fin de mon existence, c’est trop court, j’avais tellement envie de vivre.

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