Chapitre 24

7 minutes de lecture

Je reste figée, muette, j’arrive plus à articuler trois mots alors je fuis comme une lâche. Je prends la porte en courant comme si je fuyais un monstre.

- Abby putain mais qu’est ce que tu fous ! Crie Bertrand.

Je démarre la voiture laissant Bertrand dehors. Je fuis la réalité, je fuis mes erreurs et les principes que j’ai rayés de ma vie. Je pleure les larmes de mon corps et vais à l’hôtel espérant que la chambre 208 soit libre.

- Oui elle est disponible, pour combien de nuit ?

- Deux pour le moment

Il me donne la carte magnétique et je vais me réfugier dans mon lit en pleurant. Je ne veux voir personne, oublier ce que je fuis. J’envoie un message à Rachel pour m’excuser de ne pouvoir aller travailler et m’offre une journée de repos. Et puis je me cache sous les couvertures et finis par m’endormir.

Je suis bien dans ce lit douillet, ce lit qui a accueilli mes péchés, ma trahison, mais aussi mon amour. Alors que je suis loin de la réalité, elle finit par me rattraper quand on me caresse ma joue. Lorsque j’ouvre les yeux, ceux de Lilian sont au dessus de moi.

- Qu’est ce...qu’est ce que tu fais là ? Dis-je ensommeillée

* Luna a déclaré l’état d’urgence pour te retrouver Abby, des heures qu’on te cherche.

- Comment t’as su que j’étais ici ?

* C’est notre hotel, notre chambre, ça m’a semblé logique.

- Je pouvais pas lui dire, j’ai paniqué, j’ai fuis. Je suis qu’une lâche Lilian, mon dieu je dois tellement te décevoir. Dis-je en me cachant dans mon oreiller

Je sens qu’il caresse mes cheveux et doucement je glisse contre lui.

- Je supporte plus qu’il me touche, mais j’ai pas eu le courage de lui dire.

Je le regarde alors que mes yeux brûlent par mes larmes. Il me passe un gant d’eau fraîche sur le visage et je me sens moins angoissée.

* Plus tu attendras et plus tu te sentiras mal de lui mentir.

- Je sais. J’ai l’impression de mentir à tous le monde, j’aime pas ça.

* Bon je vais rassurer Luna.

- Je veux plus retourner chez moi Lilian mais je veux pas laisser les enfants.

* On va trouver une solution. Ensemble.

- Merci d’être là.

Il m’envoie un sourire puis écrit un message à Luna. Il reste avec moi, me fait l’amour, me rassure puis repart à son travail. Le lendemain matin c’est lui qui me tire du lit.

- Tu sais exactement comment me motiver toi. Dis-je après nos ébats sous la douche.

* Tu ne peux pas fuir éternellement Abby.

- Je sais mais j’ai peur de décevoir les enfants.

* C’est ta vie, ils n’ont pas à la juger.

- T’as parlé de moi aux tiens ?

* Ouais et ils ont hâte de te connaître.

- T’as pas l’impression qu’on va trop vite ?

* Non, y aurait que moi tu vivrais déjà avec moi.

Je lui souris et il m’embrasse.

- Je vais leur en parler. Je veux plus me cacher.

* Tu m’en vois ravi. Allez file t’as des animaux qui t’attendent.

On s’embrasse et je vais à la clinique. Sur mon portable j’ai un tas de message, et des appels manqués. J’appelle Bertrand et lui propose une discussion autour d’un verre, qu’il accepte. Je demande à Loïc de récupérer Luna et je vois les heures défiler, heureusement Luna et Lilian me soutiennent.

« Courage ma puce, tu vas te sentir bien mieux après votre discussion »

« Luna, j’ai si peur de décevoir les enfants »

« Ca va tu leur retires pas leur père non plus, le divorce c’est pas rare de nos jours, ce sont ni les premiers ni les derniers »

Je quitte la clinique et je vais rejoindre Bertrand qui m’attend à une table.

- Bonsoir. Dis-je

Il me fusille du regard malgré la peur que je lis sur son visage.

- T’étais où ? Luna n’a rien voulu me dire.

- A l’hôtel.

- J’ai eu la peur de ma vie Abby, qu’est ce qu’il t’arrive bon sang.

Je ravale ma salive. Je tortille mes doigts, tourne et retourne ma phrase dans ma tête pour qu’elle soit la moins violente possible.

- J’ai rencontré quelqu’un y a quelque mois Bertrand.

- Pardon ?

- On s’est vu à plusieurs reprises et je peux plus continuer comme ça. Tu ne mérites pas le mensonge.

Il me regarde sans dire un mot, se décomposant petit à petit. Titi avait raison, je vais faire souffrir un homme. Mais plus je parle et plus je me libère de ce poids.

- Tu….tu….tu m’as trompé Abby ? Dit-il les larmes aux yeux.

- Je suis désolée Bertrand.

- Et c’est pour ça que tu veux divorcer, pour un mec avec qui t’as couché ?

- Non, je veux divorcer car ça fait des années où on prête plus d’attention ni à l’un ni à l’autre, j’ai l’impression d’être un meuble, d’être là que lorsqu’on estime que je suis utile. Et toi tu voudrais que j’arrête les gardes alors que j’ai envie de bien plus. Tu ne me désires plus vraiment. Ça ne peut plus continuer comme ça.

Il a un ricanement mauvais.

- Parce que tu vas me dire que c’est de ma faute ? Que je t’ai poussé à baiser avec un autre mec ?

- Sois pas vulgaire Bertrand, j’aimerai qu’on discute sereinement.

- Sereinement ? Ma femme se barre sans rien me dire et elle m’apprend que ça fait des mois que je suis cocu et tu veux qu’on parle sereinement ?!

Je regarde autour de nous et je regrette presque d’avoir choisi un lieu neutre. Je sens la crise arriver et je redoute qu’il explose dans le café.

- 17 ans Abby ! 17 ans putain de longues années d’amour que t’es entrain de foutre en l’air pour quelques mois de sexe ? Tu t’en rends compte j’espère ?

- On peut pas continuer comme ça Bertrand.

- Je suis prêt à te pardonner, des erreurs de parcours ça arrive et on est plus fort que ça.

Je le regarde se débattre pour éviter la noyade et je lui mets la tête sous l’eau pour l’achever car j’ai pas d’autres choix.

- C’est pas pour lui que jte quitte Bertrand, c’est pour moi. J’arrive plus à être heureuse dans notre vie.

- Putain mais qu’est ce qu’il te faut alors ? On a 3 gosses, on est propriétaire d’une superbe maison, tu fais le métier de tes rêves, mais qu’est ce qu’il te faut de plus bordel !!!!

Lui.

- Il me faut juste une vie différente car celle ci ne me convient plus.

- Ah ouais, donc c’est comme ça que tu vois les choses toi. Je prends et quand je veux plus, je jette.

- Je suis désolée.

- J’ai divorcé pour toi ! J’ai été contre ma famille pour toi Abby ! On a déménagé pour tes études ! Je t’ai soutenu pour ta clinique ! Et t’es désolée ?

- Je sais pas quoi te dire d’autre.

- Dis plus rien. Pitié dis plus rien.

Je garde le silence et lui aussi pendant un bon moment.

- Me quitte pas Abby, je le supporterai pas.

- Ma décision est prise Bertrand.

- Ne fous pas en l’air notre mariage, je t’aime et je sais que tu m’aimes encore, on va s’en sortir.

- C’est trop tard. Dis-je en laissant une larme couler.

Il pose sa main sur ma joue alors que ses larmes coulent sur les siennes.

- Je ne suis rien sans toi Abby.

- Dis pas ça, c’est faux.

- Et les enfants, pense à eux, leur fais pas ça.

- On va leur expliquer, ils finiront bien par comprendre.

Il essuie ses larmes et se redresse.

- Non, on va rien leur dire. Tu vas te reprendre et arrêter tes conneries Abigaël !

- Ce ne sont pas des conneries Bertrand, je veux divorcer.

- Pour ça faut que je le veuille aussi et je le veux pas.

- Ne rends pas les choses plus compliquées s’il te plait.

- Fallait y penser avant de me tromper. Et sinon t’as couché avec dans notre maison où t’as eu la décence de préserver ça ?

Je baisse les yeux, n’arrivant pas à lui dire la vérité. Décidément je suis qu’une lâche.

- Génial ! Vous mettez des capotes au moins ? Rajoute t’il.

- On a fait un test.

- Tu te fous de moi là ?

- Non, il n’a que moi et moi j’avais que vous deux.

- Putain mais qu’est ce que t’en sais si il a vraiment que toi !

- Parce que j’ai confiance en lui.

- Putain t’es inconsciente Abigaël !!! Inconsciente !!!

- Non je suis amoureuse et donc la confiance va de paire.

- Tu peux répéter là ?

- Je l’aime.

Il se met à ricaner.

- Tu l’aimes ? Quelques mois et tu l’aimes.

- Jte rappelle que c’est ce qu’il t’a fallu pour être amoureux de moi.

- Rien à voir. Tu crois vraiment que ce type t’aime ? Il veut juste te baiser Abby. Si tu crois qu’il va te demander en mariage une fois le divorce prononcé, tu rêves. Il va te baiser et te jeter comme un vulgaire kleenex. C’est ce que font les queutards Abby. Si tu crois au grand amour, alors c’est en nous que tu dois croire.

- Je ne divorce pas pour lui de toute façon mais pour moi. Je veux arrêter Bertrand.

Je vois son regard mauvais et il pointe son index vers moi.

- Je vais te pourrir la vie comme tu pourries la mienne, je t’en fais la promesse. Dit-il en se levant

- Bertrand stp fais pas ça. Les enfants n’ont pas besoin de ça.

- Fallait y penser avant de faire ta salope !

Il balance de l’argent sur la table et part. Tout mon corps tremble et je me contient pour ne pas pleurer.

Moi : Je viens de lui dire.

Lilian : Et il a réagit comment ?

Moi : Mal, il m’a promis de me pourrir la vie.

Lilian : Vaut mieux pas qu’il s’amuse à ça.

Moi : J’ai peur que mes enfants me détestent.

Lilian : Prends le temps de parler avec eux. Ce week-end fera du bien, ils verront que leur maman est heureuse.

Moi : Je suis pas sur pour ce week-end, ça fera peut être beaucoup à avaler.

Lilian : Comme tu voudras sinon on peut repousser.

Moi : Merci d’être là.

Lilian : Je serais toujours là Abby.

Maintenant que j’ai bien tout foutu en l’air, il va falloir que je rentre et que je regarde mes enfants dans les yeux en encaissant leur déception.

Annotations

Recommandations

Line P_auteur
Quand Rose, jeune femme intrépide et un brin grande gueule fait ses valises un beau matin pour partir s'installer à l'autre bout du monde sans se retourner, elle sait ce qu'elle quitte, mais ne se doute pas un seul instant de ce qu'elle va trouver, là-bas. Pourtant, elle n'a pas choisi sa destination par hasard, mais rien ne l'avait préparé à un tel choc. Littéralement. Un camaïeu de couleurs, de gens, de cultures, perdu entre terre et montagnes, passé et présent, qui renferme bien plus de secrets que de réponses qu'elle n'était venue en chercher ; et pas que ...

Alors qu'elle pensait pouvoir se faire discrète, Rose s'aperçoit avant même son arrivée que ses prévisions étaient trop téméraires quand on a l'ambition de mettre les pieds dans une ville où même les roues ont des yeux et des oreilles. Une voiture capricieuse qui la lâche au mauvais moment et c'est la première secousse de son séjour pas réellement entamé, qui détruit définitivement son doux espoir d'anonymat. Une collision "titanesque" dont les tremblements ne sont pas que ceux de la tôle froissée.

A la tête des Dark Evil Lions, les bikers protecteurs de la cité, le ténébreux Titàn est l'incarnation même de l'attirante menace. Celle qu'on sait être agressive et prête à tout pour gagner, mais que l'on ne peut s'empêcher de vouloir toucher car irrésistible, et dont l'apparence n'est qu'une partie de la véritable valeur.

Accaparés par deux quêtes différentes, ils s'affrontent, se repoussent, se désirent, se haïssent, jusqu'à ce que la faucheuse elle-même ne sorte de l'ombre pour pointer de son outil aiguisé une question que nul ne se serait jamais posé: Qui est réellement pour eux, le plus grand spectre du danger ?

Doit-on vivre par amour, ou mourir pour lui?

Contient des scènes à caractère sexuel explicit
Public averti
Copie interdite, y compris utilisation des personnages dans d'autres œuvres

TOUS DROITS RÉSERVÉS©
Histoire protégée

Plagiat interdit selon Article L335-2, Modifié par LOI n°2016-731 du 3 juin 2016 - art. 44.
1038
239
269
984
Nelra
Jessica Paterson, tout juste 30ans, avocate commise d'office au Palais de Justice de Bordeaux rêve d'intégrer un grand cabinet d'avocat, mais sa façon de vivre met un frein à ses envies de brillante carrière.
Sa passion ? Le sexe, elle collectionne les mecs, comme certaines changes de culottes.
Sa devise ? Baiser, baiser et...Baiser !
Son défaut ? Son franc parler et sa nature décomplexée.  
Pour elle, un homme ne sert juste qu'à donner des orgasmes, enfin, quand ils y arrivent et quand ce n'est pas le cas, elle a ses jouets !  

Justin Wilson, 32 ans, avocat reconnu, véritable cœur d'artichaut et éternelle insatisfait, il finit toujours par se lasser de tout, les femmes comme le reste.
Sa passion ? La gente féminine.
Sa devise ? Il y en aura toujours une pour en remplacer une autre.
Son défaut ? Sa grande sensibilité et son amour incommensurable pour le sexe opposé !
Pour lui, toutes les femmes sont belles et méritent toute son attention, les faire grimper aux rideaux, il y met un point d'honneur ! 

Chacun a sa propre vision de la vie et des parties de jambes en l’air et quand il vont se télescoper au détour de l'anniversaire de Cassandra, leur rencontre va faire des étincelles !
Réviseront-ils leurs jugements ? 
381
319
127
393
XiscaLB
*A 4 mains*
Farouchement attachée à son rêve, Joy met tout en œuvre pour le réaliser, quitte à cumuler trois boulots, à mettre entre parenthèses sa vie de jeune femme. Elle sait qu’elle ne peut compter que sur elle-même depuis la seconde où elle a avoué à sa mère que, contrairement à elle, la danse classique n’était pas son choix de carrière. Alors elle s’accroche, elle économise, passe les concours, et atteint son but. La célèbre European School of Danse de Lille lui ouvre finalement les portes.
Et puis, il y a cet homme qui l’attend et la drague au bar où elle travaille depuis plusieurs jours. Celui qui ne la laisse absolument pas indifférente, qui lui donne envie de tout mettre en pause, au moins le temps d’une nuit. Joy joue, résiste un peu, lutte contre ses pulsions, pour finalement craquer et se laisser aller à finir dans son lit. Après tout, un peu de plaisir n’a jamais fait de mal à personne.
Se taper "Smith" n’était vraiment pas l’idée du siècle car ce beau gosse va lui causer bien des soucis. Au jeu du chat et de la souris, avec la danse comme point d’appui, tous deux vont connaître nombre de péripéties sans pouvoir s’empêcher de craquer l’un pour l’autre.

Alors, si vous aussi vous voulez danser et aimer avec Joy, embarquez-vous dans cette nouvelle histoire de Xisca L.B. et de Lécossais !
172
242
7
96

Vous aimez lire Jessie Auryann ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0