Cinquième leçon - partie 1

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Étonnamment, ses joues ne se colorent que très peu.

— Tu as envie que je t'embrasse ?

— Je te demanderais de le faire si c'était pas le cas ?

Ah, voilà. Cette fois, il rougit vraiment.

— Tu me demanderais de le faire... Si c'était pas une leçon ? il se triture les doigts, couché sur le côté et les genoux relevés.

— Non. Je l'aurais fait moi-même, je réponds avec un léger sourire.

Et c'est vrai. Je me rends compte que j'en ai envie depuis longtemps. Son sourire s'agrandit un peu.

— Tu aurais pu le faire avant, quand même. J'aurais sûrement bien aimé que tu me montres, il dit en se relevant sur ses tibias, puis il me pousse sur le dos et se positionne à mes côtés. Alors... Maintenant, mh, il dit, puis je le vois juste se pencher, fermer les yeux, et nos lèvres se touchent.

Je relève la tête et attrape sa nuque pour approfondir le baiser et glisser ma langue dans sa bouche, ressentant un courant d'électricité dans tout mon corps. Ses doigts se sont posés dans mon cou, ça me fait frissonner. Je quitte sa langue, embrasse encore ses lèvres doucement, pour profiter de leur douceur une dernière fois, puis repose ma tête contre l'oreiller avec lenteur, un grand sourire sur mon visage. C'était bon. Trop bon. J'ai envie de recommencer... Juste pour voir si c'est toujours aussi bon.

Je vois sa jambe se relever, passer par-dessus mon corps et il finit assis sur mes cuisses. Il se penche et m'embrasse rapidement d'un effleurement de lèvres, puis se couche joue sur mon torse.

— Alors, cette leçon, mh ? il demande tout bas.

— Tu devrais t'entraîner encore, je murmure en caressant son dos. Je dirais, au moins trois fois par jour, sans restriction.

— Alors... Tu as envie de m'embrasser souvent ou bien j'embrasse vraiment mal ?

Je ne le vois pas mais je suis presque sûr qu'il sourit.

— Je sais pas... T'en dis quoi toi ? J'embrasse encore sa tempe.

— Tu embrasses bien, il murmure.

— Toi aussi, je réponds.

Son corps ondule sur moi pour remonter un peu et il relève la tête.

— Alors pourquoi tu m'embrassais pas, si tu en avais envie ?

— Parce que c'était une leçon. À toi de le faire.

Ses sourcils se froncent un peu.

— Alors... Tout ça c'est ta leçon, c'est ça ?

— Une leçon qui me plait beaucoup, je souris en caressant sa joue.

— Mais tu ne m'embrasseras pas, il complète.

— Maintenant, si. Comme je te câline maintenant.

— Maintenant comme... À partir de maintenant ? Ou comme, là, sous la tente ?

— A partir de maintenant. Si tu veux. Quand on sera seuls.

Il inspire un grand coup, hoche très - trop ?- lentement la tête, puis plaque un petit sourire sur ses lèvres.

— Bon. Et si on dormait ? il demande en laissant tomber ses fesses à côté de moi, la jambe repassant de l'autre côté pour ne plus m'entourer.

— Ouais. J'ai hâte de voir le paysage demain, je souris en me débarrassant de mon pantalon.

Lui ne se déshabille pas, se tourne dos à moi en étant juste à côté, les mains sous sa tête. Je croirais l'avoir entendu soupirer en se tournant.

Je m'approche lentement et passe un bras sur sa hanche. Il ne bouge pas d'un poil. Je me colle alors à lui et emmêle nos jambes, et je ferme les yeux.

— Dis, Will, tu m'aimes bien, hein ? fait sa petite voix tout bas.

— Quoi, t'en doutes ? Je demande en me redressant un peu. J'ai encore dit une connerie ? Ça changerait pas de d'habitude.

— Non, non. Dors.

— Je t'aime bien Thomas. Je t'aurais pas invité à venir sinon. Et t'aurais pas été la première personne chez qui j'ai pensé à aller quand j'étais bourré, je murmure en souriant avant de fermer les yeux.

— Je remercierai tes vêtements indéfaisables plus tard, il répond et je sens son humeur dans sa voix, puis il se dandine pour être encore plus collé à mon corps, sa main dans la mienne.

Je la serre et m'endors comme ça contre lui.

***

Le lendemain je suis réveillé par le cri des mouettes et le soleil qui éclaire la tente de l'intérieur. J'ouvre les yeux difficilement, agacé, mais la simple vue de mon petit brun qui s'est retourné dans son sommeil suffit à me mettre de bonne humeur. Je reste là sur mon coussin, à le regarder en souriant. Et finalement je peux pas m'empêcher de caresser sa joue toute douce.

Il grogne après quelques caresses et se redresse un peu pour grimper plus sur moi, la jambe par-dessus les miennes. Je crois que seules ses fesses sont encore au sol, en fait. J'enroule mes bras autour de lui et le ramène complètement sur moi. Cette fois, il râle vraiment. Ses yeux ne se sont pas encore ouverts, pourtant.

— Arrête de me tripoter, il murmure en enfouissant son visage dans mon cou, une main dans mes cheveux et l'autre sur ma taille dénudée.

— Tellement mignon, je murmure à voix basse. Petit animal...

Ses doigts remontent sous mon tee-shirt lentement et je sens sa bouche se poser sur mon cou. Je souris et frissonne. C'est bon de se sentir... En confiance comme ça.

Sa main finit posée sur mon torse, par-dessus mon téton. Sa bouche embrasse encore ma peau doucement, et je réagis légèrement quand il approche de ma cicatrice. J'essaie de le faire bouger doucement, faut dire que je suis un peu excité aussi et ce serait pas un mal qu'il le sente pas...

Il soupire et s'arrête totalement de bouger, la main posée sur ma peau et le visage dans mon cou, lorsqu'il sent que j'essaye de le repousser.

— C'est bon, compris, j'arrête, il grogne d'une voix ensommeillée.

— Bouge pas, je murmure. Juste, reste comme ça, bouge pas. (Je caresse ses cheveux).

— Mh, c'est ça.

— Thomas... T'es excitant, tu sais ? Me donne pas trop d'effet, je souris.

Je crois qu'il s'en rend même pas compte. Il y a un long silence dans la tente, puis il finit par relever la tête, les yeux bien ouverts et plus ensommeillés. Il les plante dans les miens.

— Je t'excite ? Genre, vraiment ?

— Ouais.

Un léger sourire apparaît sur sa bouche.

— Eh, tu te moques ? Je demande en riant, me redressant un peu.

— Non, non. Ça me fait plaisir.

— Tant mieux si tu sais pas comme t'es mignon, je réponds en fermant de nouveau les yeux et reposant ma tête sur l'oreiller.

Il se redresse sur mon bassin, les mains posées sur mon torse.

— Je suis mignon, ou excitant ? il demande. Je croyais que t'étais excité par les danses sexy.

— Je suis excité par tes danses sexy, je souris en coin. Les deux.

— N'importe quoi. Déjà, t'étais pas excité par ma danse sexy. En plus, tu dois très sûrement être excité par celles des autres. Mais, je suis content d'être les deux.

— J'étais hyper excité, tu rigoles ?! Dis que j'en ai une toute petite tant que t'y es ! Je suis offusqué.

Ses joues se colorent tout de suite une fois de plus.

— Tu l'étais ? il couine en m'observant.

— Évidemment ! Je dis et je rougis un peu moi aussi en détournant les yeux. T'étais vraiment sexy...

Je sens ses lèvres se poser sur ma joue et son corps se pencher sur moi. Il se redresse ensuite.

— Alors... Hyper excité, hein ? il sourit malicieusement avec plus d'assurance. Plus que maintenant, mh ? Il te faut des danses sexy, alors... il échappe un très léger rire.

— Plus que maintenant, je confirme. T'as juste envenimé ma bandade matinale là, je me marre. T'as envie de m'exciter ? Thomas hausse les épaules.

— Ouais, je pourrais en faire ta prochaine leçon, ça m'irait bien ! Je me marre.

— La frustration t'irait bien ? Il penche la tête innocemment.

— Je m'y ferais si c'est pour te regarder danser...

Il pince les lèvres et son bassin bouge un peu sur le mien alors qu'il se penche pour attraper son téléphone.

— Arrête ça, je couine en me figeant. Excitant, excitant, excitant, je lui fous des warning.

— Quoi ? il rit et se replace comme avant, bougeant encore sur moi avec effronterie. T'as dit que tu supporterais la frustration, il fait en déverrouillant son portable.

— Eh, je t'ai pas encore donné la leçon, tu, tu devrais pas encore le faire !

— Et alors... il murmure en donnant un coup de bassin inattendu.

— Wow, Thomas, je souffle en me redressant d'un coup. Vraiment, vraiment arrête...

Je le regarde avec les yeux brillants d'excitation. Lui, il est tout souriant sur mes cuisses.

— Un autre souvenir, il dit en désignant son téléphone.

— Un souvenir de mon érection pour toi, hein ?

Je suis rouge de gêne. Lui sourit tout doucement, les yeux admiratifs. Il hoche la tête.

— Ça t'embête ?

— Nan. Vas-y. Les souvenirs, c'est tout ce qui reste, je souris.

— On voit que le haut de ton corps de toute façon, regarde,

Il me tend son téléphone, j'ai l'air d'un con sur cette photo. On dirait que j'ai douze ans tellement j'ai l'air gêné et j'ai même pas remarqué que je me mordais la lèvre. Il l'a prise quand je le regardais en plus. On dirait un amoureux transi avec vingt de QI. Mais elle dégage un truc. Je souris.

— T'aimes ? J'étais obligé d'immortaliser le premier mec qui avait une érection pour moi, il me sourit tendrement. Je me marre.

— Tu déconnes ? Sûr que je suis pas le premier.

Tellement naïf.

— Sûr que tu l'es. Je suis novice, tu te souviens ? il dit en caressant mon cou lentement.

— J'aime bien ça, je murmure en souriant.

— Que je sois novice ?

— Ouais. J'aime bien l'idée d'être le premier. Pour tout. Enfin, à part tes copines...

— Tu vois. Tu t'enlèverais ce plaisir en me demandant de faire pareil avec d'autres.

Sa main dérive un peu et passe sur le devant de mon cou, câlinant l'espace avec le haut de mon torse, ce qui me fait sursauter un peu. J'ai pas l'habitude de laisser des gens me toucher dans cette région. C'est trop proche. Je me redresse, m'asseyant dans la tente avec l'espoir qu'il s'arrête seul. Je veux pas qu'il se sente repoussé encore.

— Ouais, c'est vrai. Je pensais juste que c'était ce dont toi t'avais envie.

— Au début peut-être. (Sa main remonte sur mon cou et ma mâchoire). Plus depuis un moment, il dit en lâchant un petit rire.

— Ouais ? Pourquoi ? Je souris.

— Je t'aime bien depuis, j'admire plus Will Cannaghan, j'apprécie coeuràcorps, il pose ses lèvres tout doucement sur ma joue.

— Tu m'as dit que je te décevais la dernière fois.

— Toi aussi, il rit contre ma peau.

— Vrai. Pourquoi t'as dit oui à un truc pareil ?

Il se recule.

— T'en as plus envie ?

— Si. Je me demande c'est tout. Je t'ai déçu, t'aurais pu m'envoyer me faire foutre. Je m'attendais pas à ce que t'acceptes.

— J'avais besoin de faire ça avec toi. Je, ça m'a aidé, non ? Ça m'aide ? Tu crois pas ? (Il s'éloigne complètement et s'assoit plus loin). Tu crois que c'était une mauvaise idée ?

— Non. Ça t'aide. Sûr que ça t'aide, alors t'arrête pas en si bon chemin, je lui souris. Pourquoi moi ? On se connaissait pas.

— T'as vu beaucoup d'autres comme toi au lycée ? il grogne en se couchant, dos à moi.

— Ouais. La seule différence c'est que j'en ai rien à foutre et que je gueule plus fort.

— Tu dis que j'aurais peut-être dû aller voir quelqu'un d'autre ?

— Non ! Je me demande seulement pourquoi je suis l'heureux élu ! Te pose pas de questions, je souris.

— Je t'admirais et tu me plaisais, il lâche.

— C'est plus le cas ? Je ris.

Ouais, je le cherche un peu. J'aime quand il me parle. Pourtant, il se contente de hausser les épaules.

— Eh ! Je grogne.

— Quoi ? il se retourne en soupirant, arrivé sur le dos.

— Je te plais plus ? Je gronde. (Je monte sur lui. Il va voir. Il me regarde sans rien dire). Réponds... Je vais dans son cou grignoter sa peau et j'entends un gémissement faible étouffé.

Il pose aussitôt sa main sur sa bouche, mais je souris, satisfait. Je continue doucement ma torture, essayant de le faire recommencer. Après plusieurs secondes, rien ne vient, et je grogne encore dans son cou. J'y ai laissé une marque. Je la lèche rapidement.

Sa main a atterri sur le bas de mon dos lentement lorsque ma langue passait sur sa peau, et j'ondule légèrement des hanches contre sa paume. Je me redresse un peu pour trouver ses lèvres et je l'embrasse. Wow, ça me fait le même effet qu'hier, j'aurais cru que ce serait moins intense.

Ses doigts se glissent tout de suite dans mes cheveux, sa bouche s'ouvre et s'appuie sur la mienne, quémandant. Je découvre et j'aime cette facette de lui, demandeuse, offerte. Il va me rendre accro. Je réponds à sa demande et prends ses lèvres avec plus de force, je tire sur ses cheveux doucement pour qu'il ait plus la tête en arrière, j'ouvre rapidement les yeux, qu'est-ce qu'il est beau, et je les referme pour profiter du moment.

Il s'est plié à ma demande aussitôt et m'embrasse un peu penché en arrière, la main appuyant sur mes reins. Ses lèvres se meuvent à la perfection sur les miennes.

J'aime pas embrasser, embrasser c'est intime, c'est s'attacher, c'est découvrir l'autre dans ses sentiments et ses émotions les plus profonds. J'aime pas embrasser et j'embrasse jamais les mecs avec qui je couche parce que je veux pas leur offrir ça. Mais là, je voudrais que ça s'arrête jamais. Ce baiser est parfait,

Thomas est parfait, il répond si bien à mes caresses, son corps va tellement avec le mien... C'est effrayant et exaltant à la fois.

Sa deuxième main est venue sur ma hanche et ses doigts sont passés sur ma peau, ça m'électrise.

J'aime être le premier, je veux, j'ai besoin d'être toutes ses premières fois, je veux que ce soit ancré dans sa peau, dans son corps, dans sa mémoire et ses souvenirs, j'ai envie qu'il se souvienne de moi, là maintenant. J'ai envie de tout lui dire d'un coup, de me confier, de raconter comme ma vie était merdique avant, comme je voulais mourir et comme je revis depuis trois ans, je veux lui dire comme c'est important et je veux qu'il partage ça avec moi, mais je lui dis rien parce que ma bouche est déjà occupée sur la sienne et que c'est divinement bon, et que je veux pas que ça s'arrête une seconde.

Un bébé gémissement franchit à nouveau ses lèvres et sa main s'aventure dans mon dos. Je réponds de la même façon, je fais plus qu'un avec lui. Seigneur, si j'étais pas le premier je serais en train de le déshabiller. Sa bouche appuie plus fort sur la mienne, puis je le sens s'éloigner. Ma main sur sa poitrine m'indique que son cœur bat vite.

Je me recule aussi, je sais que c'est le moment. Je lui souris, ma respiration plus rapide, le cœur faisant des bonds aussi. Il respire aussi vite que moi, ses joues sont à peine colorées et ses mains se referment doucement pour pianoter sur mes hanches.

— Je te plais toujours ? Je reprends en me souvenant de la question de départ.

— Bien sûr que tu me plais toujours. Encore plus, même.

— Je préfère ça, je souris, victorieux. On va voir le paysage ? (Ses doigts se referment un peu plus. Il fait une moue et secoue la tête sous moi). Tu veux rester comme ça un moment ? Je demande avec plus de tendresse, ma main migrant sur son visage.

— Oui, il souffle en m'observant, les yeux brillants.

— Ok. Y a pas d'urgence. On est perdus sur une côte d'Angleterre à deux heures et demi de Londres, on est plus à ça près, j souris. Il fait de même et tapote ma fesse gauche.

— Tu voudrais pas te recoucher là ?

— Ouais, je vais faire ça.

Je m'enlève et me recouche à côté de lui, puis il grimpe aussitôt sur moi. Il me sourit et pose ses mains sur mon torse, de chaque côté.

— Alors... Parle-moi un peu de Kyle.

Je le regarde avec un grand sourire, amusé par son manège. Alors c'était ça son plan...

— Qu'est-ce que tu veux savoir sur lui ?

— Eh bien, qui est Kyle ? Il n'a pas l'air de vraiment m'aimer, alors je me demande ce qu'il a. Et comme c'est ton pote, on en revient à toi. Je sais qu'on dit que vous étiez ensemble et que, même séparés, vous continuez à coucher ensemble. J'imagine que t'es vraiment plus avec lui. J'espère. Sinon tu ferais pas ça avec moi, hein ? il fronce les sourcils.

— Il t'aime pas. Il est un peu jaloux. Il aime pas grand monde, Kyle, faut pas faire gaffe, je ris. On était ensemble ouais, mais sa jalousie m'a un peu étouffé, et c'était pas vraiment de l'amour. On s'est séparés

y a environ un an, on a fait quoi, deux mois ensemble, pas grand-chose. Mais on était potes depuis plus longtemps que ça et il a été très présent dans des moments durs de ma vie. Alors... Ouais, on est vraiment plus un couple, c'est un pote. Avec des avantages.

Il hoche la tête.

— Comme l'autre jour, à midi.

— A midi ?

— Tu es parti, à midi. Avec lui. Quoi, tu fais ça tous les midis et tu te souviens plus ? il rit et caresse distraitement mon torse sous ses doigts.

— Ah, tu parles de quand je t'ai dit que je revenais et que je t'ai pas retrouvé à table ? Je le nargue. Je suis parti régler mes comptes avec lui parce qu'il a été exécrable avec toi. (Il hoche encore la tête mais ne dit rien de plus). Je couche encore avec lui. Ça te dérange ?

— Un peu, il hausse les épaules.

— T'aurais envie que j'arrête ?

— Ben... J'aurais envie d'être le seul à profiter de tes lèvres et ton corps, mais... Ouais. Tu fais ce que tu veux de ça. J'imagine qu'il y a pas que lui. C'est normal.

— T'es le seul à profiter de mes lèvres, je précise, comme pour me rattraper.

Je sais pas pourquoi j'ai l'impression d'avoir besoin de me justifier, mais ça me semble important de lui dire, d'un coup.

— Ouais ? Ouais, d'accord. Ça te dérange, d'embrasser ? On est pas vraiment obligés de continuer, maintenant, je l'ai fait, tu l'as fait... J'en ai envie mais si c'est pas ton truc, c'est ok, il se remet à triturer mon tee-shirt de ses mains. Je veux dire, tu as dit que je pouvais continuer, sans restrictions, il rougit un peu. Mais, tu vois.

— Non ! C'est juste que c'est un plan cul. J'embrasse pas mes plans cul. (Il acquiesce lentement, l'index entortillé à mon col et les yeux sur lui). J'aime beaucoup t'embrasser, je lui dis avec un sourire confiant avant de poser mes lèvres sur les siennes avec légèreté.

Sa main remonte sur ma nuque et il bouge doucement sa bouche sur la mienne avant de me relâcher et me faire me recoucher.

— Je lui dirai, je souris.

— À Kyle ? il penche la tête sur le côté, il n'a pas dû comprendre. Mignon.

— Ouais. A Kyle. Et à tous les autres, je me marre.

— Que... Quoi ? Que tu ne veux plus ? il hésite en mordillant sa joue.

— Oui. Je lui dirai que je coucherai plus avec lui, je répète pour être sûr qu'il a compris.

Il est un peu lent le gosse des fois.

— T'es sûr de ça ? Je, je suis pas prêt à ça moi, il rougit et regarde à nouveau mon torse couvert. Je pourrai pas t'offrir ça en attendant.

— Ça te dérange que je le fasse, je hausse les épaules. Je comprends. Et je dis pas ça pour que tu le remplaces.

Il se baisse, tire un peu mon col vers le bas et m'embrasse le torse tendrement. Je souffle d'un coup et me mord la lèvre, avec un sourire un peu figé. Il relève lentement les yeux, puis la tête, et me regarde avec un air interrogateur. Son doigt relâche mon tee-shirt, et je respire de nouveau. Je plante ma main dans ses cheveux et les caresse.

— Ça va pas ? Je fais mal ? il penche son visage sur la droite.

— Non, tu fais très bien, je souris.

— T'avais pas l'air bien, il dit en se courbant à nouveau pour baiser ma mâchoire, mon cou et mes clavicules.

— Si, ça va. Ça va bien.

J'embrasse sa joue. Il plante ses yeux dans les miens et me sourit.

— Raconte-moi quelque chose, il dit en se rasseyant mieux sur mon bassin.

— Quelque chose ? Comme quoi ?

— Je sais pas. T'as rien à me raconter ? Ses doigts descendent sur mon tee-shirt et vont le relever sur mon ventre.

— Hm ? Ou ouais, si, sûrement, je le regarde faire. Ouais, c'est... Je déteste les poires.

— Tu me mens. Depuis quand ? Tu m'as dit que t'aimais ça, y a une semaine, il sourit en coin et caresse ma peau dénudée du bout des doigts.

— Ah, ah ouais ? Merde, je rigole. (Il me décontenance complètement à me tripoter dans des endroits spéciaux comme ça). Ouais non, en fait c'est que je les aime cuites en gâteau mais je les trouve dégueu crues. C'est compliqué.

— Mh, t'as tort. C'est bon, les poires, il se penche et m'embrasse juste au-dessus du nombril. Quoi d'autre ? il souffle contre ma peau. Je me redresse légèrement, à l'affût par habitude.

— Quoi d'autre... Mon dessert préféré c'est le tiramisu.

— Moi aussi. J'ai pris ça comme glace, hier, il me rappelle comme si je me souvenais pas.

— Je sais. Mais en matière de glace, la noisette est ma préférée.

— Mouais. J'aime pas, ses mains caressent ma taille et descendent vers mon dos.

— T'aimes quoi alors ?

— Café, tiramisu, macadamia, il récite, tout sourire. Il retourne embrasser mon nombril puis le regarde. Quoi d'autre ?

— Je, euh... Je le regarde toujours, sans savoir si je dois le laisser faire, s'il risque de monter plus haut mon t-shirt ou si je dois le repousser au risque de le blesser. J'aime les bananes...

Il lève un sourcil moqueur.

— C'est un sous-entendu ?

— Ouais- non ! Je ris, me détendant un peu. Juste, c'est super bon ! J'adore la bouffe en général.

— Donc t'adore bouffer des bananes. Ok, il sourit de toutes ses dents.

— Tais-toi ! Je rigole. J'aime tout !

— Ok ok. Tant mieux, il me regarde encore avec cet air débile.

— Idiot ! Je me marre toujours en lui envoyant son coussin dans la figure.

Il le reprend, après l'avoir reçu en pleine tête, et le pose sur mon torse. Il se couche dessus et me regarde. Puis soudain, ses yeux s'éclairent.

— Qu'est-ce que t'as, petit chiot ? Je demande en ébouriffant ses cheveux.

— Tu me montres ton tatouage ?

Je me tourne pour lui montrer celui de mon biceps, espérant stupidement le faire changer d'idée.

— Non, celui de ton profil sur l'appli ! il sourit, tout content.

— Tu l'as vu sur l'appli, ça te suffit pas ? Je ris. Lui, il secoue la tête.

— C'est une excuse pour voir mon superbe corps ? Tu veux pas attendre un peu pour ça ?

— Tu veux ? Si tu veux.

— Ouais. Ça laisse un peu de mystère, hein ?

Je commence presque à me dire que je pourrais lui dire maintenant. C'est avant qu'on me lâchait pour ça, plus maintenant.

— Ouais, t'as raison. Tu voulais aller faire un tour, alors ?

Il enlève son coussin et le jette sur le côté, puis prend le repli de mon tee-shirt dans ses doigts et le rabat sur moi gentiment.

— Oui, on va voir un peu... Voir un peu à quoi ça ressemble de jour-là dehors.

Je me redresse, enfile mon pantalon comme je peux et ouvre la tente. Maintenant que la peur et l'adrénaline sont redescendues... Je suis un peu déçu. Mais merde Will, tu le connais depuis moins de deux semaines.

Mes pensées sont coupées courtes lorsque deux mains se posent sur mes fesses pour me pousser hors de l'habitacle, moi qui n'avais que la tête sortie.

— Eh ! Je tombe en avant, mains sur le sable.

— Tu me bouches le passage, grosses fesses, s'explique Thomas en sortant à son tour.

— Tu rigoles ?! Grosses fesses ?! J'ai un cul de dieu grec mec ! Je me relève et m'époussette avant de siffler d'admiration devant la vue qui s'offre à nous.

Mon brun lui est dos au paysage. Il farfouille dans son sac, cul en l'air. Il finit par sortir un tissu, quitter son jeans et enfiler le short.

— Eh, refais-le version striptease, j'ai pas bien vu !

Il se fige à quelques pas de moi.

— Tu n'as pas envie de voir ça, il rit un peu nerveusement.

— Tes fesses ? J'ai très envie de les voir… Je souris.

— Tu les verras bien assez après, il grogne en approchant.

— Hm... C'est vrai, je souris en les attrapant quand il est juste en face de moi.

Son souffle se coupe un instant et il me regarde d'en bas, yeux grands et bouche légèrement entrouverte.

— Quoi ? Moi aussi j'ai le droit de toucher ! Je dis avec un air narquois avant de m'éloigner pour regarder le paysage qui m'entoure.

Il arrive rapidement et se place devant moi, dos contre mon torse, puis s'y frotte, comme s'il attendait quelque chose sans rien dire.

Je souris affectueusement en le voyant faire, je craque, il est trop mignon. On dirait un petit chiot qui attend ses caresses. J'entoure ses épaules de mes bras et le serre fort, je pose ma tête sur la sienne. On est bien comme ça.

On passe le reste de notre journée à flâner sur la plage, faire des tours en moto ou marcher dans les petits rochers de bord de crique. Le temps passe trop vite. J'immortalise tout avec mon téléphone, affamé de souvenirs. Il en a pris quelques-unes aussi, et quand on les a regardées j'ai rougi en revoyant celle de ce matin, dans la tente.

Maintenant on est sur la moto, dans Londres, et je roule pas trop vite pour retarder le moment où j'emprunterai sa rue.

Mais ce moment arrive finalement. On arrive devant sa bâtisse de riche, je me gare et lui fais signe de descendre. Je prends toutes ses affaires et remets son casque dans le top case. J'enlève aussi le mien.

— C'était vraiment cool, merci, il me sourit en vérifiant qu'il a bien son portable. (Il remet son sac sur son dos et jette un coup d'œil à l'entrée). On se voit demain alors ?

— Ouais. On se voit demain.

— À plus ! Encore merci ! il sourit en me faisant un signe de main, puis il disparait par la grande porte.

Je remonte sur ma bécane et rentre chez moi.

***

Le lendemain, je le croise pas en cours. Mes potes me demandent où j'étais ce week-end et je leur raconte. Finalement, c'est mardi que je revois mon petit brun, assis sur son banc. Je me dirige vers lui avec un léger sourire et pique son écouteur. Il a l'air super surpris de me voir là.

— Salut, Will.

— Flo Rida, j'aime bien, je souris. Salut.

— You spin my head right round, right round, when you go down... il chantonne en regardant son téléphone, les yeux plissés à cause de la lumière.

— Tu vas bien ?

— Ça va, il dit en pianotant. Et toi ?

— Ouais. Bonne reprise ?

— Ça va. On m'a engueulé parce que j'avais rien fait du week-end. Mais ça va. Et toi ? il lève rapidement les yeux sur moi puis les baisse à nouveau.

— Oh. Je suis désolé.

— Pas grave, c'était mieux que travailler.

— Ouais. C'est vrai. Pas de regret, je le regarde s'acharner sur son téléphone. Tu m'en veux pour un truc ?

Là, il relève les yeux et verrouille le portable.

— Quoi ? Non, non, pourquoi ?

— Je sais pas. T'as l'air surpris de me voir... J'ai rien fait de mal hein ? Tu m'en veux d'avoir tripoté tes fesses ?

Il se met à rire, les yeux souriants.

— Est-ce que j'ai eu l'air de t'en vouloir pour ça ? il demande en secouant la tête.

— Je crois pas. Je sais pas. Rigole plus alors ! Je le pousse de l'épaule.

— Idiot va, il dit, puis il rallume son téléphone.

— C'est quoi qui t'intéresse tant là-dessus ? Je dis en posant ma tête sur son épaule pour mieux voir. Je découvre la conversation sms avec Méphisto, encore.

— T'es sûr que t'es pas amoureux de lui ? Je grogne.

— Qui ? il demande en répondant au message. Sur l'écran, je peux voir que les récents.

Méphisto : Ça devait être top ! Comme nous à un moment !

Tom : Exaaaaact ! **

Méphisto : Il est beau

Méphisto : Hein ? ;)

Méphisto : Oh marmotte t'es plus là ? Tu me fais trop d'infidélités ! Aha

Et lui il est en train de lui dire que oui, il était super beau, peut-être pas autant que lui -Méphisto- et qu'il écrivait plus parce qu'il était dérangé.

— Désolé de te déranger, je grogne. Qui est plus moche que ton petit-ami ?

— Personne, il rit. Je lui pique le téléphone et écris pour lui.

Tom : il est occupé avec le mec le plus cool du monde, laisse-le tranquille :) W.

— Eh, qu'est-ce que tu fais ? se met à rire mon petit brun en s'approchant de moi.

— Viens, les cours commencent dans quinze minutes, ça nous laisse du temps pour aller nous amuser.

— Où ça ? il fronce les sourcils et tente de reprendre son portable, que j'éloigne loin de lui.

— Je sais pas. On va chercher une boulangerie. Y en a une à deux minutes je crois. Je te paie le petit-dej.

— J'ai déjà mangé ce matin, il oppose.

Le téléphone vibre entre mes doigts.

Méphisto : Tu veux rentrer en compétition avec moi alors ? ;)

Je me mords la lèvre.

Tom : y a pas de compétition, j'ai déjà gagné.

Je le laisse pas regarder et fais mon regard le plus triste.

— Oh... Ok.

Thomas tape du pied à côté de moi et semble peser le pour et le contre.

Méphisto : Comment tu sais ça ?

Tom : Je le sais pas. Je ferai en sorte que ça soit le cas :)

— Non, c'est pas grave, on a qu'à, juste rester là...

— Quoi, t'as vraiment faim ?

— Non, non... Je voulais juste... Tu commences tard un de ces jours ?

Méphisto : Pour quoi faire ?

— À neuf heures demain. Tu veux qu'on y aille aujourd'hui ? On peut. Allez on y va, il se relève. Je regarde le téléphone en tiquant.

Tom : t'es amoureux de lui ?

— Non, demain. Viens pour sept heures et demie. Non, je viens devant chez toi. On mangera un vrai petit dej ensemble.

— D'accord. Si tu veux, il se rassoit et me sourit doucement.

Le portable vibre encore.

Méphisto : Non. Et toi ?

Tom : je le rends à Tom. J'efface tout.

Et effectivement je supprime les SMS et rends le téléphone à mon petit brun.

— On pourrait aller voir un concert ensemble un jour. Ou même aller à un festival.

Thomas regarde le portable un moment, verrouillé. Il le range dans sa poche et se tourne vers moi, pied sur le banc.

— Ouais, ce serait cool. Pendant les vacances. C'est bientôt.

— Ce week-end y a le Folk à Oxford. De toute façon c'est les vacances après. ça te dit qu'on y aille ?

— Ouais. Si tu veux, ouais. On emmène tout le monde ?

— Comme tu veux. Mais j'ai qu'une place sur ma bécane.

— Méphisto a sa voiture.

— Oh. Ouais Méphisto. Mh, okay. Ça lui ira de venir depuis Edimbourg ?

— Je sais pas, j'demanderai !

Ça a l'air de lui plaire, alors je souris aussi. Je suis content de projeter des trucs, ça m'arrive jamais. On discute encore cinq minutes de l'organisation, je promets que j'en parlerai à mes potes, et on part pour les cours.

A la pause de midi, on est tous à table quand je leur parle de l'événement.

— Ça va pas être possible pour moi, Harry dit en mangeant son poulet. Je pars vendredi pour les vacances.

— Moi non plus, soupire Lydia, déjà agacée.

Thomas soupire à mes côtés en jouant avec ses petits pois.

— Moi je viens, répond Kyle. On y va comment ?

On discute encore quand Alex arrive à notre table et s'assoit.

— Quoi de neuf ? Il demande en piquant la cerise de mon babaorhum.

Je vois Thomas lui tourner un regard étonné, il ne doit pas le connaître. Alex hausse un sourcil en le regardant aussi.

— C'est qui le mioche ?

Cette fois, mon brun doit froncer les sourcils. Fort.

— Thomas, je réponds la bouche pleine.

— Ok, il a un prénom je me doute, je voulais dire qu'est-ce qu'il fout là ?

— Quoi, j'ai pas le droit de manger ici ? commence le concerné, la voix un poil agressive.

— Apparemment on t'y a autorisé, je veux juste savoir pourquoi, répond Alex derrière ses cheveux noirs avec son air snob.

— Ta gueule, t'es chiant, je souffle.

— Et toi, pourquoi on t'y autorise ? siffle Thomas en se penchant pour le voir.

— Parce que moi je suis avec ma bande de potes, répond l'autre en regardant mon petit brun comme s'il était débile.

— C'est mon ami aussi, j'interviens, mais Alex a pas l'air d'en avoir grand-chose à foutre

— Et t'étais où avant, hein ?

— J'avais l'appendicite, ducon.

Je sens Thomas hésiter à côté de moi et finalement, cinq secondes plus tard, il a posé son plateau vers les poubelles et il est hors de notre vue.

— Merde Alex, merde ! Je m'énerve en partant, laissant mon plateau.

Je pars à la recherche de Thomas, passant directement à la bibliothèque ; où il n'est pas. Je vais ensuite dans les toilettes ; toujours aucune trace de lui. Je file dans sa salle de classe, puis sur son banc habituel.

Et là je le vois, téléphone sur l'oreille à faire les cent pas en parlant rageusement dans le combiné.

Je m'approche, hésitant à le déranger, et j'entends des bribes de conversation.

— Mais oui ! Un air con, j'te dis... Mais non, oui... Phélès ! C'était... Ouais... Ouais je suis calme... Aha t'es con... J'suis dehors... T'aurais dû être là, c'était bien quand t'étais là...

Je serre les dents et je viens derrière lui, assez bruyamment pour être entendu. Je l'enlace en passant mes mains autour de sa taille. Même après le raffut que j'ai fait, il sursaute. Il tourne la tête vers moi et dit au téléphone d'attendre un peu, puis me lance un regard interrogateur.

— Ça va ? Je demande doucement en câlinant son ventre. Je sens sa peau frissonner et je vois un début de chair de poule sur son cou.

— Ouais, ça va.

— Je vais lui dire de plus te parler comme ça. C'est un type impulsif et il est sur les nerfs, je suis désolé. Je le laisserai pas te malmener.

Je le câline encore. Ses joues se teintent de rouge.

— Alors... Tu, tu sais ?

— Si je sais quoi ? Je demande d'un coup en le regardant dans les yeux.

Il s'éloigne alors de quelques pas, encore plus rouge.

— Non, rien. Rien, j'ai cru, rien.

Il reprend ensuite son téléphone et s'excuse auprès de Méphisto.

— Si je sais quoi, Thomas ? Je répète, inquiet. On te malmène ? Alex t'a déjà causé des problèmes ? Il pose sa main sur le micro de son téléphone.

— Écoute, j'ai pas envie de parler de ça avec toi, d'accord ?

Je me recule d'un coup, je me suis fait rembarrer, et ça me blesse, bordel ce que ça me blesse. Je suis passé à côté d'un truc, j'ai rien vu venir. Je sais plus quoi faire, je reste les bras ballants à le regarder parler au téléphone. Lui, il discute plus bas, arpente encore la cour de long en large en parlant, et je le regarde marcher, je vois qu'il est tendu, énervé et je peux rien faire parce que je suis personne pour lui, juste un mec qu'il connait depuis deux semaines et qui lui a demandé de coucher avec lui.

Finalement, après ce qui me paraît une éternité, il s'assoit sur le banc, tête soutenue par sa main.

— Ouais. Je sais, moi aussi. Bisous, il finit avant de raccrocher.

Je le regarde toujours, me sentant impuissant. Finalement j'avance et me mets à genoux entre ses jambes ; je fais presque sa taille, comme ça. Je relève les yeux sur lui et je pose mes mains de chaque côté de son visage.

Il me regarde et sourit doucement, les doigts venant caresser mon poignet.

— Dis-moi, je demande doucement, mes pouces caressent ses joues.

— J'ai pas envie de t'en parler, Will, il chuchote.

— Pourquoi ? Je t'ai dit que je pouvais t'aider pour ça.

— Je peux me débrouiller seul. En plus, tu sais même pas de quoi tu parles.

— Non, mais j'aimerais savoir pour t'aider, je réponds doucement. Tu me fais pas confiance ?

— Will. Arrête ça. J'ai pas envie, j'ai dit. Arrête s'il te plaît.

— Ouais, je me redresse. T'as besoin que je te raconte tout sur moi pour me parler juste un peu de tes emmerdes ?

Ses sourcils se froncent et il me regarde d'en bas.

— De quoi tu parles ?

— Dis-moi de quoi je parle.

Il se relève à son tour en soupirant.

— Écoute, laisse tomber.

— Ouais, je laisse tomber, je souffle.

— Bien.

— J'y vais.

— Ok. À plus ?

— Ouais.

Je tourne les talons, énervé. Après tout il peut tout dire à Méphisto, c'est pas comme s'il avait besoin de parler à quelqu'un. Je le recroise pas de la journée, ni le lendemain, mais ça c'est parce que je fais tout pour l'éviter.

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