Evidemment

de Image de profil de Stefan QinStefan Qin

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Ce matin-là, je m’étais levé tôt, pas vraiment comme d’habitude. Y avait cette chose que je devais absolument faire, alors pas question de trainer. J’entre dans la salle de bain, me brosse les dents, prends ma douche, me regarde dans la glace, ressors de la salle de bain. Je descends les escaliers et arrive en bas de mon immeuble. Je rencontre le gardien. Il m’a dit « bonjour », j’ai dit pareil. Il m’a regardé, je l’ai regardé, il m’a regardé, je suis parti.

J’arrive à la voiture de mon amie. Elle était déjà là, elle m’attendait. Elle était souriante, elle aime bien être souriante. La voiture a démarré, comme la route. Nous avons roulé, nous nous sommes arrêtés, puis nous avons roulé. A un moment donné, elle me dit « t’es prêt ? », j’ai dit « évidemment ». Et nous avons continué de rouler.

On arrive vers Reims, on tourne en rond, on sait pas où c’est et ça nous énerve. On passe des coups de fil mais on nous envoie balader. Là, on s’arrête, on demande notre chemin à une femme, elle nous dit que c’était là où nous sommes venus. J’étais fou, je l’ai fixé des yeux. Combats de regards ! Bon, elle a gagné. On est remontés dans la voiture, direction la direction. On voit une boucle sur la route avec un minuscule panneau. OK, c’était là, pas de regret, on pouvait pas le voir.

On arrive, on se gare, on sort de la voiture, plein soleil. On sourit ensemble parce que c’est cool de sourire ensemble, et on regarde le truc au loin. « On y va ? » elle me dit, « évidemment » je lui dis. Et on y est allés. Temps d’attente : 5h, sacré verdict.

On a fait des jeux de société pour tuer le temps, littéralement, c’est un peu ce qu’on cherchait aussi : nous tuer. Provisoirement en tout cas, c’est bien la mort, ça permet d’apprécier la vie. Les minutes passent, puis les heures. Les gens entrent et sortent, un vacarme permanent. Puis, là, je sentais, on perdait un peu patience, elle m’a dit « c’est long », j’ai dit « évidemment ».

Enfin, c’est à nous, on monte et on monte, le paysage défile et quand même, c’est de plus en plus haut. Mais j’avais pas peur, je suis contre. Alors on monte tout là-haut, au-delà des nuages même. Je crois pas que c’était mon imagination, c’est vraiment ce qui s’est passé, vrai de vrai. Une dernière fois, je la regarde, elle me regarde, je la regarde, elle me regarde, et puis, je pouvais plus la voir. A mon tour, boum !

La chute était intense, un truc qu’on voit rarement. Je m’enfonçais vers cette Terre toute verte. J’ai regardé la Terre mais je crois qu’elle, ne me voyait pas tellement. Elle doit quand même en avoir l’habitude à force. J’ai pas crié parce que je suis contre, mais sérieusement, c’était génial, faut bien le dire. Soudain, on s’est arrêtés en plein vol. Ça y est, c’était presque déjà fini. Je voyais le sol approcher peu à peu, de plus en plus. Mais bon, on a fait quelques figures en l’air, faut pas exagérer. Après, on s’est posé. Mon amie est revenue me voir, elle m’a dit « c’était bien hein ? », j’ai dit « évidemment », elle m’a dit « j’imagine que t’as pas flippé ? », j’ai dit « évidemment », elle m’a dit « ce sera à refaire », j’ai dit « évidemment ». On s’est regardé, et on a bien rigolé.

Bref, j’ai sauté en parachute.

Autobiographie
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EvidemmentChapitre4 messages | 3 ans

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