Chapitre 15 : Le fauteur de troubles capturé.

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L’an 726, Continent Ouest, île d’Ithaque, à Munt :

Tandis que Ren raccompagne le petit Nicos au village, il est témoins d’une scène affligeante.

Il laisse tomber les bûches par inattention, choqué, lorsqu’il aperçoit à l’autre bout de la rue, à travers le rassemblement des villageois, Mery en pleur, retenue par des soldats et Ajax en train de se faire battre. Une rage folle s’empare alors du jeune homme.

- Qu’est-ce que tu as ? demande Nicos avant de tourner son regard vers la même direction : - ...Gr…Grande Sœur ! hurle-t-il en se précipitant vers eux.

Mais à peine a-t-il entamé sa course qu’il sent un courant d’air jaillir de derrière son dos : C’était son ami qui s’était élancé furieusement vers les assaillants.

- Ren ! s’écrit le petit garçon.

Le jeune homme surgit comme un fou furieux par-dessus la calèche parquée en plein milieu de la voie et se retrouve nez à nez avec trois gardes.

Ces derniers n’ont pas le temps de comprendre ce qu’il se passe, qu’il enchaîne d’un coup de pied sur l’un suivis d’un autre sur le second et d’une droite sur le troisième, les envoyant au tapis.

- Ren…que fait tu ? crie Ajax en haletant.

- Oh non pas encore l’un d’eux ! s’écrient l’un des habitants.

- Il va nous faire tuer ! s’exclame une autre.

- Le sacrifice de notre chef et de Mery n’aura servi à rien ! s’indigne un troisième villageois.

À Munt, ils sont connus depuis tout petits, pour s’attirer des ennuis. Les trois frères, ont toujours eu le don de se mettre dans des situations rocambolesques et dangereuses. Même si tous savaient qu’ils n’étaient pas mauvais, ils craignaient chaque action provenant de l'un des trois frères terribles.

Ren ignore comme d’habitude les paroles proférées par Ajax et les villageois. Fou de rage, il se défoule sur les soldats.

Ces derniers remarquent vite qu’il ne s’agit pas d’un garçon ordinaire et dégainent leurs épées. Mais il est doué au combat, habile et vif. Le jeune homme change de stratégie et enchaîne les feintes. Pris entre deux enemis, il a le réflexe de s'abaisser au bon moment, laissant ces derniers s'embrocher eux même. S'en suit une attaque à la lance par le flanc gauche. Il n'a pas le temps de souffler, qu'il se redresse, puis esquive le coup en tournoyant sur lui même. Le soldat en perd son équilibre tandis que la pointe assérée de l'arme s'en va blesser un de ses compagnons. Ses mouvements sont légers, et ses pas d'esquives rapellent aux soldats ceux d'Ajax. Il les met en déroute un à un sous les yeux ébahis du capitaine de la garde et du prince : en quelques instants, les soldats sont à terre.

- Comment ce gamin a pu vaincre une dizaine d’hommes armés ? s’étonne Alaros.

Ren s’avance vers le capitaine et le prince, jetant un coup d'oeil sur les deux soldats à leur cotés retenant la grande sœur de Nicos :

- Que se passe t-il ici ? Mery ! Le vieux ! Qui sont ces gars ?!

- Toi, qui es-tu ? lui retourne le capitaine Alaros.

D'un regard rageur, le jeune homme réplique :

- Je m’appelle Ren, et vous avez intérêt à avoir une bonne excuse sinon... ! profère t-il en craquant ses doigts.

- Ne…fait pas ça… conjure Ajax, sous les yeux inquiets des habitants.

- Huhuhu, eh bien il y a des spécimens surprenant dans ce trou perdu ! Vois-tu, je te ferais remarquer que tu t’adresses au prince de Thessalia et que tu devrais t’incliner avant d’ouvrir la bouche ! hausse t-il le ton, avant de poursuivre : - Dans mon immense bonté j’ai fait l’honneur à cette gueuse de devenir ma concubine en l’achetant à ses géniteurs. Maintenant rend toi et je te donne ma parole que tu ne mourras pas. Promet le jeune noble tout sourire.

Mais cette explication ne fait que rendre le jeune homme encore plus enragé :

- Vous n'avez pas honte ? Les gens ne sont pas des marchandises que vous les nobles pouvez acheter comme bon vous semble. Ordure !

- Ren... gémit la jeune fille apeurée, visiblement émue par ses paroles.

De son côté, l'expression jovial sur le visage de Junon de Phéres fait place à la colère :

- Qu'est-ce que ?! Espèce de sale paysan comment oses-tu ? Tas d'immondices, tu vas regretter tes paroles ! vocifère le prince, qui en perd son langage.

- C'est toi la seule pourriture que je vois ici ! lui répond t-il en pointant le prince du doigt.

- Comment oses-tu ? Tuez-le ! réplique le jeune noble par réflexe.

- Votre altesse, je m’en occupe. assure Alaros.

Ce dernier, épée en main se place entre Ren et le prince :

- Approche morveux !

Ren reste silencieux et l'observe un court instant.

- Espèce de gue, je brûlerais ton village pour ton insolence, dit le prince en tirant Mery par les cheveux vers lui, faisant hurler cette dernière de douleur.

- Argh ! Je vais te dégommer la face ! annonce le jeune homme.

- Non ! Tu vas tous nous …

Ajax n’a pas le temps de terminer sa phrase que Ren se rue sur le capitaine.

Ce dernier lève son épée et s’apprête à lui assener un coup. Mais le jeune homme, arrivant à pleine vitesse sur lui, se laisse glisser et évite de peu le coup de lame en passant entre les jambes du capitaine. Il arrive devant le prince.

- Où est-ce qu’il est passé ? s’exclame le capitaine de la garde en se retournant.

- Jeune sot, ton insolence sera sévèrement punie ! Je vais…

Sans attendre que le prince ne termine sa menace, Ren balance une droite monumentale, de toutes ces forces et de toute sa hargne, creusant la joue du jeune noble, avant de le faire valser, emportant un garde sur son chemin et fracassant la porte de la maison de Mery et ses parents.

Le bruit du coup résonne dans tout le village.

- Non !!! Qu’as-tu fait ? s’indigne Ajax.

Les villageois en restent sous le choc. Il avait eu l'impudence d'agresser un prince, ce qui revenait à défier l'autorité même de l’illustre roi de Thessalia. Il suffirait d'un seul mot de la part d'une personne de de son rang, et Munt serait rasée de la carte.

- Votre altesse ! s’écrit Alaros.

- Arghhh ! hurle-t-il de douleur. Tuez-le ! Tuez-le ! Tueeez-le... s'époumone-t-il avant de perdre connaissance.

Tous les soldats à dispositions viennent encercler Ren, pointant leurs lances sur lui, tandis que le capitaine tourne sa lame en direction de la fille :

- Rend toi ou nous décréterons ce village comme rebelle, l’accord commercial sera rompu et l'armée de Thessalia viendra elle-même tous vous massacrer !

- Ren... Qu'as-tu fait ? gémit Ajax en essayant de se relever.

- Le vieux… Je ne pouvais pas rester les bras croisés.

Il jette un coup d'œil sur les habitants tous affolés. Il savait qu'il pouvait se débarrasser des quatre ou cinq soldats devant lui. Il était habitué à se battre pour défendre ses deux petits frères Rui et Shizza et il était naturellement doué dans ce domaine. Il savait aussi que la fuite était possible et qu’il aurait pu les semer facilement dans la forêt. Mais il comprend vite que s'il n'en fait qu'à sa tête cette fois et qu'il refuse de coopérer, il condamnerait ses frères, Mery, le petit Nicos, Ajax et par la même occasion tous les habitants de Munt.

Le jeune homme finit par s'y résoudre et lève les bras en signe de reddition :

- Je me rends, ça suffit...

- Ren d’Ithaque, au nom de son altesse, le prince Junon de Phéres, vous êtes en état d’arrestation pour attentat envers la couronne de Thessalia. Vous serez jugez selon les lois thessaloniennes, par le prince lui-même à son réveil. Emmenez-le ! ordonne le capitaine Alaros.

Retour au présent :

- Je vois… répond Galahn; ceci étant dit quelque chose cloche…Pourquoi le prince en personne se chargerait d'un simple accord commercial de ce genre... Il y a anguille sous roche, pense t-il.

- Le vieux nous a averti des conséquences. Actuellement il essaye de raisonner mon autre frère Rui, qui voulait aller le libérer de force ! Le problème c'est qu'on ne sait pas exactement où ils l'ont emmené aussi... J'étais venu proposer à Binks de me laisser passer le balai pour épier la conversation des soldats qui l'ont capturé ce matin... Et j'ai appris quelque chose de terrible : Demain à l’aube, aura lieu l'exécution de mon frère ! Je t'en prie... Aide-nous !

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