Chapitre 14 : Les trois enfants terribles.

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L’an 726, Continent Ouest, île d’Ithaque :

A l’Ouest de Munt, dans la forêt de Sarendal, embusqué dans un buisson, il guette sa proie en train de paître au pied d’un olivier. Un cerf majestueux, un mâle au vue des longs bois acérés sur son crâne. Un spécimen de plus en plus rare dans le coin et donc un gibier de premier choix.

Il agrippe son arc puis tire une flèche de son carquois et ajuste la mire. Ce serait là, la première fois qu'il attrape un cerf.

Alors qu’il s’apprête à décocher, un cri retentit, lui faisant rater sa cible.

Le cerf alerté, brame avant de prendre la poudre d’escampette.

- Ce n’est pas possible ! gémit Shizza, alors que le cri retentit de plus belle.

Il sort de son buisson, puis se précipite vers l’origine du vacarme.

A quelques mètres de là, un petit enfant se fait poursuivre par un gros sanglier :

- Au secours ! appelle t-il.

Shizza prend de la hauteur en sautant sur la branche d’un arbre et aperçoit de loin le petit Nicos, un enfant du village :

- Il va se faire rattraper ! Nicos, tiens bon, j’arrive !

Alors que la bête enragée gagne du terrain, le garçon heurte un caillou et tombe par terre.

Shizza arme son arc, n’ayant plus le temps de le rejoindre, il retient son souffle et tire la corde, prêt à décocher, sachant qu’il n’aurait pas le droit à l’erreur cette fois-ci, sa main tremblotait légèrement.

C’est à ce moment qu’un jeune homme surgit du fond des feuillages à toute allure et se saisit juste à temps de Nikos, évitant la collision de peu.

- Ren ! s’écrit le petit garçon, alors que la bête revient à la charge.

Tenant Nicos dans ses bras, Ren attend le bon moment, tandis que le sanglier se rapproche une nouvelle fois puis saute bien haut juste à temps, pour éviter la charge de ce dernier qui se heurte au tronc d’un arbre juste derrière eux, faisant valser les feuilles au grès du vent.

- Héhé, à toi de jouer Shizza ! hurle l’ainé de la fratrie.

Et cette fois-ci il ne tremble pas, une flèche partant du haut de sa branche d’arbre se loge dans la nuque du sanglier qui tombe raid mort.

- Merci ! marmonne le petit Nicos, les larmes aux yeux.

- Idiot ! réprimande Ren en le déposant à terre, Je t’ai déjà dit que la forêt n’est pas un terrain de jeu pour les enfants de ton âge !

- Oui… Je sais… Je voulais juste apprendre à chasser comme vous, pour aider ma sœur et mes parents ! geint-il.

- Bon ça suffit, on rapporte le sanglier à la maison puis je te ramène chez ta sœur.

- Tout va bien grand frère ? et toi Nicos ? vient s'enquérir Shizza.

- Oui, joli tir en passant ! Aide-moi plutôt à le transporter, demande Ren en pointant du doigt le gibier.

Ils arrivent au centre de la forêt, au milieu de laquelle se dresse un immense arbre centenaire, supplantant tous les autres.

Tout autour de cet arbre, des constructions en bois y sont disposées, des escaliers, des murs, une échelle, des fenêtres et un toit, autrement dit : Une grande cabane, leur forteresse à eux, bâtie de leurs propres mains.

A l'intérieur de leur fort, il n'y avait presque rien, juste une table, un gouvernail fixé à ce qui semblait être les barreaux d'un balcon, trois vieux sacs de couchage et pour finir une malle en bois verrouillée à double tour.

C’est là qu’ils vivaient depuis maintenant quelques temps.

- Hé ! Je meurs de faim ! lance une personne du haut de l’arbre.

- Non mais je rêve, il fait que pioncer à longueur de journée et il ose se plaindre ! s'énerve Ren.

- Calme-toi. lui conseille Shizza avant de s’adresser à l’autre personne : Hé ! Rui, descend nous aider, on a rapporté de quoi manger !

Aussitôt a-t-il finit sa phrase qu’un jeune homme dévale les escaliers précipitamment. S’emmêlant les pinceaux, il tombe même de l’arbre.

- Tu as raison Shizza, je ne devrais pas m’emporter… Mais à chaque fois qu’il ouvre la bouche c’est pour dire une sottise, je…

Il n’a pas le temps de finir sa phrase qu’il se prend en plein visage, son jeune frère tombant de la cabane.

- Pfiouu, merci d’avoir amorti ma chute Ren, Hihihi !

- Oh oh ! soupire Shizza, tandis que l’ainé, affalé par terre sous le poids de Rui, bouillonne de colère.

Il se relève propulsant ce dernier à l’avant :

- Je vais le buter ! grogne t-il.

- Hihihi, super ! On va se faire un festin ! rétorque ce dernier en voyant le gibier rapporté, ignorant même la colère de Ren, tandis que Shizza accourt pour retenir ce dernier et l'empêcher de se déchaîner.

Nicos ne peut s’empêcher d’éclater de rire face à cette scène.

C’était toujours comme cela avec les trois frères, Ren l’aîné, était du genre serein, seul son petit frère Rui était capable de lui faire perdre son calme en un instant.

Ce dernier était comparable à une catastrophe naturelle, partout où il passait, les choses bougeaient. Tandis que Shizza le plus jeune, était souvent celui qui apaisait les tensions entre eux.

Malgré cela, ils étaient tous trois inséparables, et l’un en entrainant l’autre, ils furent à l’origine de nombreuses catastrophes dans le village et cela depuis qu’ils ont l’âge de marcher.

On les appelait : les trois enfants terribles.

Une heure plus tard :

- Ah c’était super bon ! s’extasie Rui.

- T’as pas besoin de le dire, tu en as dévoré la moitié à toi tout seul, espèce de glouton. rétorque Ren.

- Et toi, Nicos, ça t’a plu ? demande Shizza.

- Oui, merci les gars ! Répond le petit garçon.

Ren se lève et commence à s’étirer :

- Bien, Nicos on y va, je te ramène chez toi. Ça tombe bien d’ailleurs, ta sœur m’avait demandé de lui rapporter du bois, dit-il en ramassant les bûches de bois déjà rassemblées près de leur repère.

- Oui… répond t-il d’un air déçu.

Le petit garçon triste de quitter ses amis, leur fait ses adieux et s’en va avec Ren.

Sur le chemin du retour alors qu’ils arrivent à l’entrée de Munt, Nicos tente à tout prix d’obtenir gain de cause :

- S’il te plait ! Emmène-moi avec toi demain. supplie-t-il.

- Non, il n’en est pas question. Quand tu seras plus grand, je t’emmènerais chasser. Promet-il au petit garçon.

- Tu me le dit tout le temps, mais je veux apprendre maintenant moi ! geint-il, tu le sais toi, mes parents sont malades, et ma sœur travaille beaucoup trop, elle risque de finir comme eux aussi…Je dois les aider… Si ce n’était pas vous, on aurait déjà… confie le petit garçon, la larme à l'oeil.

Ren pose sa main sur la tête du petit Nicos :

- Je sais. Très bien la prochaine fois tu pourras venir nous observer, mais de loin.

À ces mots la frimousse du petit garçon s’illumine :

- Sérieusement ?!

- Héhé, je t’en fait la prom…

Il n'as pas le temps de finir sa phrase, que les bûches lui en tombent des bras, choqué par la scène qui se déroule sous ses yeux : à l’autre bout de la rue, à travers le rassemblement des villageois, il aperçoit Mery en pleurs, retenue par des soldats et Ajax en train de se faire battre.

Une rage folle s’empare alors du jeune homme.

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{projet resté de longues périodes au placard comme vous pouvez le voir}
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Défi
no97434

Il est là pour tous. Juste lever la tête.
Il est là pour tous. Plisser les yeux.
Il est là pour tous. Sourire.

Il est là pour tous. Admirer.
Il est là pour tous. Bécoter.
Il est là pour tous. Colorier.
Il est là pour tous. Dire.
Il est là pour tous. Entendre.
Il est là pour tous. Frissonner.
Il est là pour tous. Garder.
Il est là pour tous. Honorer.
Il est là pour tous. Iriser.
Il est là pour tous. Jongler.
Il est là pour tous. Kaleidoscoper.
Il est là pour tous. Lambiner.
Il est là pour tous. Murmurer.
Il est là pour tous. Nourrir.
Il est là pour tous. Oeuvrer.
Il est là pour tous. Parfumer.
Il est là pour tous. Quintessencier.
Il est là pour tous. Réchauffer.
Il est là pour tous. Sublimer.
Il est là pour tous. Toucher.
Il est là pour tous. Unir.
Il est là pour tous. Voyelliser.
Il est là pour tous. Wahosiner
Il est là pour tous. Xylophoner.
Il est là pour tous. Youyouter.
Il est là pour tous. Zéphyriser.
A I M E R






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Défi
Personne.

Nous sommes en février, l'horloge marque tout juste huit heures du matin et ma journée semble déjà tracée, réglée comme du papier à musique : d'abord je me lève et je me brosse les dents, un bon début pour rentrer activement dans une démarche sociale, ensuite je prépare mon sac et je vais en cours pour supporter une fois de plus des cours assommants de mathématiques.
  Il est dur pour moi de sourire aux gens, à la vie, à l'imprévu mais en ce jour, je veux faire une exception qui marquera pour toujours le début d'un nouveau moi. Alors que je paresse une fois de plus dans mon lit, j’entends le bruit sourd d'une conversation qui tourne au vinaigre.
  La panique me prend les tripes, je sais de quoi il retourne. Alors comme ça, c'est la fin, tu es partie ? Je marche vers le salon, presque à reculons pour ne pas avoir à affronter la macabre nouvelle. Je lève les yeux et je vois que ma mère pleure les mains agrippées au téléphone et à mon beau-père. En me voyant, elle pleure à nouveau et prononce ces mots qui sonnent le glas de mon sourire :
'' Elle est partie cette nuit ''.
 Tu es partie, comme si c'était ta décision. Ô grand-mère, en ce jour ma peine est immense et la famille entière lâche des larmes à se noyer dedans, je t'aime mais mes yeux ne veulent pas pleurer, ils ne croient pas à ce qui vient de se passer et moi non plus.
 Ainsi, je reste là le regard dans le vide, la mine déconfite de l'enfant face à la mort, cette absurde et indélicate faucheuse qui récolte sans discernement, sans jamais se mettre du côté des bons ou des méchants. Cette épée de Damoclès qui pend au dessus de nos caboches attendant son heure . Il n'est point ici question de justice et encore moins de compromis. La mort est froide et impassible comme le marbre brut, égale à elle-même.

Si tu ne dois prendre que quelques mots parmi mes dires, je t'en supplie, ne prend que ces trois là :
'' Je t'aime''.
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