Chapitre 7 : En l’honneur de mon père.

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Alors qu’elle se retrouve en mauvaise posture face à son adversaire, Victoria voit sa vie défiler devant elle :

- Non ! Je ne peux pas perdre, je te vaincrai et ensuite j’irai protéger mon roi. clame-t-elle avant de rajouter, je ne faillirais pas à mon serment et je ferais honneur à mon père !

Elle s’en souvient encore, lorsqu'elle était âgée d'à peine onze ans. Fille d’une famille noble, et d’un père chevalier, rien ne la destinait pour autant à en devenir une plus tard.

En effet, ce n’était pas elle mais son frère, l’aîné de la famille, qui suscitait tous les égards et la fierté de son père. Lui, qui n’avait pas pu accéder à un poste de commandant, plaçait tous ses rêves et ses espoirs en son fils prodigue. Mais malheureusement pour ce dernier, le destin en décida autrement.

Elle se rappelle encore du visage de son paternel le jour de l'enterrement de son grand frère. Une expression de vide, comme si ce jour-là, il était parti avec lui.

Souhaitant revoir le sourire de son cher père, Victoria alors âgé de douze ans, se lança dans l’apprentissage du combat. Et à la surprise de tous, il se trouva qu’elle était encore plus douée que son regretté frère.

Son père qui ne lui prêtait plus attention depuis un moment se ravisa alors et commença à lui enseigner le maniement des armes afin qu'elle remplace son ainé et honore la famille :

- Un grand pouvoir exige de grandes responsabilités. lui répétait-il.

Elle, qu'il avait toujours traité comme un garçon depuis lors, n'en avait que faire, car la jeune fille ne désirait au final que son approbation et son bonheur.

Victoria se souvient alors de tout ce qu'elle avait subi pour le rendre fière, pour enfin revoir son sourire. De tous ces entraînements, de toute cette souffrance, endurés nuits et jours sans relâche…

Puis, après quelques années, alors que son vieux père, alité, allait bientôt rejoindre son cher fils, elle put enfin lui annoncer cette nouvelle dont il rêvait depuis tant de temps : elle faisait dorénavant partie des cinq grands commandants de Cendria. Sur son lit de mort ; il quitta alors ce monde comblé. La laissant en pleurs face à son dernier sourire.

À ces souvenirs, une aura intense émane de son corps, elle semble plus résolu que jamais.

- À la mémoire de mon père ! clame-t-elle.

- Oh, pas mal ! rétorque l’homme à la chaine face cette émanation soudaine d’énergie : il me semble que je t'ai sous-estimé.

Au même moment, le jeune maître pénètre dans la salle de bal. Alors que tout le monde semble craintif, la tension devient palpable. Un lourd silence s'installe.

L'intrus s'avance vers le roi, mais les gardes viennent immédiatement se mettre sur sa route :

- Qui es-tu et que me veux-tu ? demande le souverain, brisant le silence qui règnait.

- Halte ! rétorque un des gardes. Tandis que ses compagnons se déplacent lentement autour du jeune chef jusqu'à l'encercler.

Le jeune homme s'arrête net et prend la parole :

- Hmmm, fait-il en regardant autour de lui, scrutant chaque convive, plus terrifié l'un que l'autre, à la recherche de sa cible :

- Où est la princesse ? demande t-il d'un sourire malicieux.

- Quoi ?! s'exclame le vieil homme, c’était donc pour elle ! Je ne vous laisserais pas approcher de ma fille ! Jamais ! vocifère le roi en se levant brusquement de son trône.

- Mauvaise réponse, réplique l'homme mystérieux, je la trouverai sans votre aide. Puis il relève ses deux bras au niveau de sa tête : - Chers amis, je me présente, dit-il en enlevant sa capuche, sous les yeux médusés de tous...

Dans les couloirs du palais royal :

Alors que la chevalière écarlate, fait preuve d’un dernier sursaut, elle laisse éclater son pouvoir, prête à contre-attaquer :

- Il est vrai que je ne soupçonnais vraiment pas une telle réserve, rétorque son assaillant, mais penses-tu être quand même de taille ?

- Je dois reconnaitre que tu es très fort, au point même que j’ai l’impression que tu es loin de m’avoir montré ce dont tu es réellement capable, admet-elle sereinement.

- Héhé Héhé ! Tu es perspicace. Mais je pourrais dire la même chose pour toi, réplique-t-il, quel tour me caches-tu dans ta manche ?

- Mon père me disait toujours ceci : Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Si tu avais mis ta lame au service d’une cause juste, tu aurais surement accompli de grandes choses… au lieu de tuer tous ces innocents qui ne faisaient que leur devoir…

- Ton père devait être un homme avisé. Vois-tu, la justice n’est qu’un point de vue subjectif. Ce que je réalise est au nom de notre propre idéal de justice.

- Quel but justifierait un tel massacre ? Hausse t-elle le ton, avant de rajouter une ultime question : Qui es-tu à la fin ?

- Héhé Héhé ! Finalement, je veux bien satisfaire ta curiosité, puisque tu vas mourir dans un instant. lui répond t-il avant d'enchaîner, tu peux m’appeler Kanon*. Et quelque chose d’aussi futile que de conquérir des terres ou envahir un royaume ne nous intéresse absolument pas, précise-t-il.

(*Kanon : se prononce ici Kannone)

- Kanon… Qu’est-ce qui vous intéresse alors ? rabâche la chevalière.

- Mes compagnons et moi faisons partis de quelque chose de bien plus grand et plus noble, élude t-il avant de poursuivre. Nous sommes venus ce soir nous emparer du pouvoir de votre chère princesse, c’est tout ce dont tu as besoin de savoir. Puis il se met en position de combat, trêve de bavardage, finissons-en ! réclame-t-il.

Victoria, décontenancé un instant, se reprend, pensant à Galahn dont la mission est de protéger Emi. Savoir cela, la rassurait un peu :

- Je vois, je ne vous laisserais pas faire, je me battrais jusqu'à la mort ! Je l'égalerai, pense-t-elle tout haut en parlant de son comandant.

Elle adopte à son tour une posture de combat.

Tout à coup des cris horrifiés jaillissent depuis la salle de bal, résonant dans tout le palais. Kanon ne peut s'empêcher d'esquisser un rictus en signe de provocation.

Victoria se décide :

- Je vais jouer le tout pour le tout. Il n'y a plus de temps à perdre ou sinon...

Elle arrache la chaîne plantée dans son bras provoquant une effusion de sang, puis serre son fouet de toute ses forces, déterminée comme jamais, faisant fi de la douleur. Son aura s'intensifie de plus belle. Et la voilà qui s’élance sur son adversaire à toute vitesse :

- Je combattrai au péril de ma vie s'il le faut, mais tu ne passeras pas ! martèle la chevalière.

« Rosa-Escarlata » ! (Son fouet se raidit tel une lance, enrobé de son aura.)

L'homme à la chaîne amplifie, à son tour, son aura en réponse à cette dernière, une énergie aussi imposante que celle de son compagnon au bar.

Tandis que Victoria fonce sur lui, il reste inerte. Attendant le bon moment, tel un pêcheur qui laisse le poisson s'agiter avant de tirer sur le fil. Et à l'instant où il va être touché, il empoigne sa dague placée à son bassin gauche, puis s'avance très rapidement d'un pas vers elle, et d'une dextérité sans égale, la lui plante en plein cœur :

- Alors meurt ! Dit-il d'un ton très sec.

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