Chapitre 5 : La loi du puissant, le dernier témoin.

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Continent Ouest, Royaume de Cendria :

Alors que la fête bat son plein, les hommes en capuche passent à l’action, se révélant redoutables, semant le chaos à travers leur pas.

Au bar souterrain :

Vaincu et humilié, Fehnral tente de prendre ses jambes à son coup. Mais malheureusement pour lui, sa tentative s'avère aussi futile qu'hilarante pour son assaillant. Une impulsion de la jambe et ce dernier lui barre la route. Le chevalier tombe fesses contre terre, dépité face à l'assassin de ses compagnons :

- Pathétique ! Est-ce là, la grande puissance des commandant du royaume de Cendria ? Haha Haha, tu es si pitoyable ! gouaille le colosse.

- Je t'en... Je vous en prie, épargnez-moi ! supplie Fehnral, renonçant définitivement à tout honneur.

À ces mots, l'enemi arrête soudainement de s’esclaffer :

- Les faibles comme toi n'ont pas le droit à la miséricorde ! Ils ne peuvent que se prosterner devant les plus puissants. Toi qui abandonnes tout ce qui te définissait face à la mort, tu ne mérites aucune pitié ! réplique t-il, avant de lever son poing entouré d'aura.

Alors que l'espoir s'amenuise, Fehnral se rappelle de la silhouette d'un homme aussi lumineux que le soleil : celui qui a traversé moult périples et défis avant de devenir le plus fort des chevaliers. Il aura fallu attendre qu’il soit aux portes de la mort pour que sa rancœur, sa jalousie, et son égo s’envolent afin de faire place à un tout autre sentiment. En effet, il n'avait jamais accepté que Galahn soit son supérieur, tout comme il avait toujours refusé de voir l’écart de puissance entre eux. Mais à présent tout paraissait plus clair dans sa tête. Plus qu’un rival ou un obstacle sur sa route, pour la première fois il ressent quelque chose de totalement diffèrent : de l’admiration.

- Mon comandant te vaincra… murmure t-il.

Fehnral le sait, il ne peut plus se considérer comme l'un des cinq grands chevaliers aprés avoir délaissé son honneur et tenté de fuir, mais il reste avant tout le frère d'armes de celui qu'il qualifie dorénavant de parangon :

- Il me vengera ! Non...ils me vengeront ! Ils sont encore plus puissants que nous trois réunis ! Mes compagnons te feront payer tes crimes, et tu me rejoindras bientôt, annonce-t-il avant d'éclater de rire et de sanglots en même temps.

- Haha Haha, nous verrons bien cela, rétorque-t-il en explosant le crane de Fehnral d'un coup de poing, éclaboussant la salle de sang.

Trois des cinq commandants, avaient à présent péris dans l'assaut du bar souterrain.

Au palais, le deuxième assassin, venait de terminer sa tâche. Des cadavres jonchaient le sol un peu partout aux alentours de l'enceinte.

L'homme à la chaîne se dirige à présent vers le dernier survivant, un jeune soldat, figé de peur face à ce spectacle macabre :

- Va les prévenir qu'on se dirige vers eux. Vite ! Ou ta tête quittera ton corps avant même que tu ne le remarques, le menace-t-il en l'empoignant par le col, compris ?!

À peine l'a-t-il relâché que le fantassin entame la course de sa vie, se dirigeant vers son Roi, tandis que l'assassin bondit vers l'entrée du palais. Il ne suffit que d'un instant, pour qu'il se retrouve à genou pour accueillir son maître :

- Jeune maître j'en ai fini.

- Tu en as mis du temps.

- Pardonnez-moi...

- Ce n'est pas grave, l'alarme n'a pas été déclenché avant notre intrusion dans le palais. Est-ce que tu en as laissé un en vie ?

- Oui jeune maître, il est allé les avertir de notre venue.

- Bien. D’après ce que j'ai pu ressentir, trois des cinq commandants du roi se sont rendus à la taverne. Il en reste donc deux ici. Raal a probablement gardé les plus coriaces auprès de lui. Dès qu'ils sauront que l'on arrive ils vont sûrement se séparer. L'un va protéger le roi tandis que l'autre va nous attaquer. Il n'en sera que plus facile de les éliminer. Entrons ! dit-il d'un ton assuré, en enjambant les cadavres des gardes, il est temps de s'en emparer ! rajoute-t-il tandis que l’homme à la chaîne se relève et le suit.

Pendant ce temps, dans la salle de bal, un jeune noble discute avec la princesse :

- M'accorderiez-vous la prochaine danse princesse ? demande-t-il, plein d'assurance. Elle ne peut pas refuser. J'ai offert à la couronne un cadeau inestimable, avec ces purs-sangs. De plus vexer un prince, un homme de mon rang, en lui refusant une danse serait très mal vu. Sans oublier que mon royaume est le principal fournisseur des denrées alimentaire à Cendria. Bientôt, j'épouserais cette sotte et je pourrais utiliser ses dons comme bon me semble ! Huhuhu ! J’érigerais mon empire ! fantasme-t-il.

- Euh je... balbutie-t-elle avant d'être interrompue.

Un soldat entre sauvagement, tout en sueur, le regard hagard et le souffle coupé. Son air paniqué ne présage rien de bon. Les musiciens s’arrêtent de jouer. La foule se tait instantanément.

- Qu'est ce qui lui prend ? Au moment où la princesse allait accepter ma proposition ! Je demanderai à ce vieux Raal de lui tancher la tête plus tard, ça lui apprendra ! enrage le jeune noble.

- Laissez... Laissez-moi passer ! J'ai un message urgent pour sa majesté ! aboie-t-il aux gardes postés devant le souverain.

Le roi hoche légèrement de la tête et lève sa main en signe d'accord. Les gardes s’exécutent de manière synchrone et baissent leurs hallebardes. Le jeune soldat se jette à terre et s'agenouille devant le roi en sanglotant :

- Votre majesté ! Nous sommes attaqués ! Les ennemis ont pénétré dans le palais... Toutes nos défenses, ainsi que les escortes des invités ont presque toutes été décimées ! s'exclame-t-il, les yeux noyés par un torrent de larmes et de désespoir.

- Quoi ?! Comment est-ce possible ?! demandent les chevaliers abasourdis, alors que la princesse pâlit en repensant à la vision.

Tandis que la panique gagne les invités, le brouhaha submerge la salle un court instant, avant que le roi, d'un signe de la main, ne ramène le silence :

- Pourquoi n'avons-nous pas entendu la cloche d'alerte ?!

- Ils se sont occupés des tours de guets... répond le soldat.

- Comment ? interroge le roi, surpris par cette réponse, toutes les tours ?

Le jeune fantassin laisse planer le silence avant de répondre :

- Oui votre majesté...

- Combien sont-ils ? enchaîne Raal, essayant d'y voir plus claire.

- … Seulement...deux, Votre Majesté.

- Qu'est-ce que... Mais c'est absurde ! réplique Victoria avec hargne. Comment deux individus peuvent-ils prendre le palais aussi rapidement sans déclencher l'alarme ?

Les mots de Victoria enflamment rapidement les craintes des invités et le brouhaha général reprend de plus belle.

- Il...il... n'y a qu'un seul homme qui soit intervenu ! L'autre attendait au dehors du palais... Je suis désolé ! crie t-il en baissant la tête, le visage en pleurs. Ses déclarations les laissent tous sous le choc.

- Cela suffit ! dit le roi en haussant le ton, et toute la salle se tue, Galahn ! Les autres commandants ne sont pas revenus ?

- Non aucun signe d'eux mon roi. regrette-t-il.

- Victoria occupes-toi des intrus, Galahn, je te confie la princesse, ordonne Raal. Passez par la porte de derrière et regagnez ses appartements, et... si la situation se complique met la princesse à l'abri. Sa vie est désormais ta priorité.

- Votre Majesté, je jure sur mon honneur, que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour la protéger, qu’elle sera en sécurité tant que je serais à ses côtés et que je donnerais ma vie pour elle s’il le faut, réplique-t-il en posant le bras droit sur son cœur.

Le roi hoche de la tête et lui répond :

- Je m'en remets à toi !

Puis il hausse le ton, s’adressant aux invités à présent :

- N'ayez craintes, chères convives, Victoria fait parti des cinq commandants, les guerriers les plus redoutables du royaume, et la garde royale s'assurera de votre protection.

À ces mots, la dizaine de gardes en armures lourdes, derrière lui, s’avance de quelques pas et tapent le sol du bout de leur hallebarde, faisant résonner le bruit des fracas de leur arme, en signe de détermination.

Les hôtes se détendent, certains se rassurent en se disant que la grande guerrière va régler le problème, et qu'ils sont en sécurité avec la garde royale tandis que le roi Raal lui-même, Émi, Galahn et Victoria semblent nerveux, mais essaient de ne pas le montrer.

- J'aurais aimé combattre à tes côtés, soit prudente, confie Galahn à Victoria.

- Ne t'inquiète pas pour moi. Veille sur la princesse, je sais qu'elle est entre de bonnes mains, réplique la jeune femme en souriant, avant de le quitter.

Pendant ce temps, en plein centre-ville, dans le bar où s'est joué le théâtre d'une violence inouïe :

Les clients, encore choqués, ne savent comment réagir dans cette situation singulière. Un homme sans pitié, un monstre de puissance se tient à présent devant eux :

- Vous avez vu mon visage, or je ne peux laisser de témoins, leur annonce t-il tranquillement.

Paniqués, certains tentent désespérement de trouver une échappatoire :

- Ayez pitié de nous ! On ne dira rien !

- Je vous en prie, j'ai une femme et deux enfants !

- Non ! Ecoutez, on peut trouver un arrangement... Nous sommes considérés comme des malfrats dans cette cité, et nous ne portons pas les hommes du roi Raal dans notre cœur !

- Pathétique ! Je ne négocie pas avec les faibles ! vocifère le colosse.

Ignorant toutes suppliques, il se met au travail, faisant voler les têtes d'un simple revers de la main.

Tandis que les cris résonnent d'en bas, un jeune garçon venu attendre son père au dehors, dans la ruelle, ne peut s'empêcher d'être attiré par le bruit étrange provenant de la teverne. Il décide donc de descendre les marches petit à petit, à pas de velours, bravant l'interdiction de son père : "Ne t'approches jamais du bar".

Mais la curiosité est bien trop tentante, juste un coup d'œil pense-t-il innocemment. Bien caché, il jette un regard discret dans la fente de la porte avant d'apercevoir la scène traumatisante : Son paternel est au sol, inerte, baignant dans son propre sang parmi tant d'autres, alors que ceux encore debouts se font massacrer un par un.

Tout d'abord paralysé face à ce spectacle macabre, il rassemble son courage et réussit à prendre ses jambes à son cou, serrant les dents pour ne pas hurler, les larmes aux yeux et le visage pâle dégoulinant de sueur. Pourtant, avant même qu'il n'ai le temps de s'éloigner, la porte grince derrière lui, tandis que le dernier cri d'un homme retentit par cette nuit cauchemardesque.

Son nom : Artas. Le dernier témoin vivant ayant vu le visage de l'assassin.

Pendant un instant, il pense sentir que le colosse se dirige vers la sortie. Il se précipite donc dans une des poubelles pour s'y cacher. Cependant, il n'a pas le temps de soupirer que l'agresseur sort tranquillement du bar.

- Tiens donc, j'ai cru entendre du bruit par là… dit -il en s'approchant des poubelles.

Artas, en panique totale, transpirant abondamment, bloque sa bouche et sa respiration à l'aide de sa main.

C'est alors que le meurtrier de son père, capable de ressentir les sensations ambiantes autour de lui, et donc l'angoisse, se penche vers la poubelle.

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{2009? - 2017}
{projet resté de longues périodes au placard comme vous pouvez le voir}
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580
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Défi
no97434

Il est là pour tous. Juste lever la tête.
Il est là pour tous. Plisser les yeux.
Il est là pour tous. Sourire.

Il est là pour tous. Admirer.
Il est là pour tous. Bécoter.
Il est là pour tous. Colorier.
Il est là pour tous. Dire.
Il est là pour tous. Entendre.
Il est là pour tous. Frissonner.
Il est là pour tous. Garder.
Il est là pour tous. Honorer.
Il est là pour tous. Iriser.
Il est là pour tous. Jongler.
Il est là pour tous. Kaleidoscoper.
Il est là pour tous. Lambiner.
Il est là pour tous. Murmurer.
Il est là pour tous. Nourrir.
Il est là pour tous. Oeuvrer.
Il est là pour tous. Parfumer.
Il est là pour tous. Quintessencier.
Il est là pour tous. Réchauffer.
Il est là pour tous. Sublimer.
Il est là pour tous. Toucher.
Il est là pour tous. Unir.
Il est là pour tous. Voyelliser.
Il est là pour tous. Wahosiner
Il est là pour tous. Xylophoner.
Il est là pour tous. Youyouter.
Il est là pour tous. Zéphyriser.
A I M E R






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Défi
Personne.

Nous sommes en février, l'horloge marque tout juste huit heures du matin et ma journée semble déjà tracée, réglée comme du papier à musique : d'abord je me lève et je me brosse les dents, un bon début pour rentrer activement dans une démarche sociale, ensuite je prépare mon sac et je vais en cours pour supporter une fois de plus des cours assommants de mathématiques.
  Il est dur pour moi de sourire aux gens, à la vie, à l'imprévu mais en ce jour, je veux faire une exception qui marquera pour toujours le début d'un nouveau moi. Alors que je paresse une fois de plus dans mon lit, j’entends le bruit sourd d'une conversation qui tourne au vinaigre.
  La panique me prend les tripes, je sais de quoi il retourne. Alors comme ça, c'est la fin, tu es partie ? Je marche vers le salon, presque à reculons pour ne pas avoir à affronter la macabre nouvelle. Je lève les yeux et je vois que ma mère pleure les mains agrippées au téléphone et à mon beau-père. En me voyant, elle pleure à nouveau et prononce ces mots qui sonnent le glas de mon sourire :
'' Elle est partie cette nuit ''.
 Tu es partie, comme si c'était ta décision. Ô grand-mère, en ce jour ma peine est immense et la famille entière lâche des larmes à se noyer dedans, je t'aime mais mes yeux ne veulent pas pleurer, ils ne croient pas à ce qui vient de se passer et moi non plus.
 Ainsi, je reste là le regard dans le vide, la mine déconfite de l'enfant face à la mort, cette absurde et indélicate faucheuse qui récolte sans discernement, sans jamais se mettre du côté des bons ou des méchants. Cette épée de Damoclès qui pend au dessus de nos caboches attendant son heure . Il n'est point ici question de justice et encore moins de compromis. La mort est froide et impassible comme le marbre brut, égale à elle-même.

Si tu ne dois prendre que quelques mots parmi mes dires, je t'en supplie, ne prend que ces trois là :
'' Je t'aime''.
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