Vive la capitaine

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Le grand tatoué, aidé par un autre contremaître aussi jeune et aussi blond que la capitaine, jeta Ulric dans la cabine pleine à craquer. Le mercenaire ne se débattit pas, trop absorbé par ses propres pensées. Il venait de résoudre le casse-tête. Il y avait une explication au comportement de la capitaine qui oscillait comme un métronome fou. Tantôt effrontée et pleine d’assurance, tantôt égarée et téméraire, elle était aussi prompte à bavasser qu'à rester mutine. Une enfançonne perdue dans le corps d'une femme à la main de fer. Et il y avait tant de questions à poser, tant d’explications à donner…

Un instant, les deux hommes de main détaillèrent le Corbeau, sur leurs gardes. Finalement, avant que le silence ne s’installe et ne les discrédite, l’homme basané lâcha :

— Elle a un problème.

— Non... Vous croyez ? ironisa Ulric, avec un sourire amer.

— C’est pas si évident à deviner, alors je ne sais trop ce qui l’a trahie, souffla le contremaître sans élever la voix. On n’a pas envie de te mentir, de dire qu’elle est juste un peu timbrée, qu’il ne faut pas s’en faire comme la plupart des gars, ici.

— Ça fait combien de temps ? le coupa le passager.

— Eh bien, ça remonte à un petit paquet de temps maintenant. Elle avait dix-sept ans quand elle a commencé à s’emmêler les pinceaux. Elle a toujours bu à outrance et ça fait cinq ans qu’elle n’arrive pas à se souvenir de tout ce qui est nouveau.

L’honnêteté du malfrat avait de quoi dérouter. Trop de choses auraient pu être imaginées pour profiter de l'infirmité de la dirigeante, car les gens de pouvoir sont toujours celles qu'on veut voir tomber de leur piédestal. Certes, la nature taciturne de la fille protégait cette faille puisque, en évitant de se mélanger avec ses troupes, elle ne laissait rien entrevoir. Mais un étranger comme lui avait percé, avec un peu de chance, le mystère en moins de temps que prévu.

— Et vous ? Comment ça se fait qu’elle vous reconnait, vous ?

— Moi, elle me reconnait parce que je suis vieux, que je fais attention à ne rien trop changer. Mais c’est normal qu’elle ne se souvienne jamais de toi, de ton visage et de ton nom.

Le brigand à la peau noircie d’encre marqua une pause. Ses traits le trahissaient : ça le touchait beaucoup plus que ce qu’il voulait montrer. Il n’aimait pas ce qu’il était en train de dire, mais il ne devait pas non plus se satisfaire de l’idée de simplement éliminer le rescapé.

— Personne ne l’ébruite ici. La Malandrise est infaillible alors il ne faut pas que la brèche vienne de la capitaine elle-même. Elle est malade, d’accord ? Et s’en débarrasser serait déraisonné : c’est le bateau de son père et tous les hommes qui ont prêté allégeance à Herlebault ne placeraient leur foi dans aucune autre personne.

— Il est où ce fameux Herlebault, dis-moi ? demanda le Corbeau pour avoir le cœur net.

— Mort. Tout comme toi si je t’entends crier sur les toits la nouvelle. Tu n’es pas là que pour un moment, à ce que j’ai compris. Alors je te jure que si tu répètes à qui le veut bien son problème, je t’étripe sur le champ. De toute manière, elle ne se souviendra pas de toi et ne pleurera pas sur ton sors. Si jamais on sait qu’Héloïse est timbrée, la minuterie serait trop facile. Ça te viendra peut-être à l’idée, hein, mais sache que je t’ai à l’œil désormais, l’ami.

Sur ce, le grand tatoué s’avança vers la porte, secondé par l’autre membre d'équipage qui n’avait pas parlé mais qui n’avait pas l’air d’en penser moins. Avant de sortir, il ajouta avec d’une voix grave, presque caverneuse. Pleine de l’écho de tout l’affect qu’il ne pouvait pas montrer :

— Evite d’en parler avec elle. Tu n’imagines même pas ce que c’est de lui annoncer la mort de son père tous les quarts d’heures. Ne t’avise pas de le faire, même pour ses beaux yeux bleus.

Et ils sont sortis, sans se retourner. Ils auraient peut-être dû.

Ulric leur en voulait de se servir de la jeune femme ainsi. Ils jouaient de la réputation du père et de l’infirmité de la fille pour faire régner leurs propres lois de vauriens. Entre leurs mains, elle n’était qu’une marionnette écervelée et totalement à leur merci.

Le Corbeau se tâta un instant à les suivre, digérant la nouvelle lentement. Dans le noir, il se pencha sur la table centrale, là où le papier s’accumulait au point de former des colonnes instables que l’on aurait facilement balayé du revers de la main. Il parcourut toutes les lignes, lui qui n’y connaissait rien aux lettres. Il nota qu’il y avait trop de papier pour quelqu’un qui n’avait point de correspondance.

A ce moment, Héloïse entra, les bras chargés de choses scintillantes qu’elle lassa tomber à terre. Son regard brillait de larmes. Impossible qu’elle n’ait pas entendu le discours de l’autre enfoiré.

— C’est… C’est vrai ce qu’il a dit, l’autre ? Je suis vraiment demeurée ? demanda-t-elle avec une voix vacillante.

Elle baissa les yeux comme si elle ne savait plus où se mettre. Une larme au bord de ses paupière. Mais elle ne pleurait pas, trop fière, trop bouffie d’orgueil. L’envie de comprendre se lisait sur son visage. Celle de savoir si sa cervelle était bel et bien gangrénée d’un mal inconnu. Celle de savoir si son père n’était plus effectivement de ce monde. Tant et si bien que ces jambes vacillaient un peu.

Pris de court, Ulric n’avait pas le cœur de lui mentir. Les mots vinrent. Tous plus emprunts de pitié :

— Demeurée, non. Malade, oui.

Il prit une longue inspiration parce qu’il savait que ce n’était pas assez.

— Tu oublies tout ce qu’il y a de nouveau, capitaine. D’ailleurs, dans une poignée de minutes, tu auras oublié notre conversation, ton infirmité et mon nom. Et tout rentrera dans l’ordre car tes amnésies récurrentes ont au moins un avantage : tu ne souffres ni de rancœur, ni de remord, ni de regret.

Elle ne le lâchait pas de ses yeux humides à en faire braire un rocher. Tout ce qu’il faisait, on lui avait dit de ne pas le faire ; pour autant, le mercenaire ne se serait pas tu.

Il s’approcha d’elle, lui saisit le bras avec douceur. Elle se tendit comme la corde d’un arc, pleine de frissons. Il ne s’en arrêta pas là. Avec une douceur infinie, il remonta la manche de la capitaine, découvrant une peau couverte de la même calligraphie qu’il avait entrevue la veille, alors qu’elle lui recousait le crâne. C’était le parchemin de sa vie. Une liste d’informations cruciales ancré dans sa chair puisque sa mémoire n’était plus que débris. Si Ulric savait lire, il remarquerait que toutes les lettres sont à l’envers pour qu’elle puisse lire tout dans un miroir.

— Tes tatouages sont là pour te rappeler ce que tu as oublié, non ?

Il la lâcha et s’écarta. Au fond de lui, il aurait voulu la prendre dans ses bras pour la rassurer. Cependant, la jeune femme était faite d’un matériel d’émotions en ébullition. Plus fragile que la porcelaine et plus incandescente que le fer chauffé à blanc. Une boule de nerf imprévisible et prompt à tuer en temps normal qu'il ne voulait pas risquer de froisser. Il s’assit sur un fauteuil et la laissa parfaitement terrorisée et plongée dans la contemplation de l’encre fichée dans sa chair. Elle croyait à une hallucination.

Sur son avant-bras, elle trouva une phrase qui attira davantage son attention. Elle la lit à voix haute :

— « Déshabille toi et tu comprendras ».

Elle leva son nez. Et sans attendre, elle enleva sa chemise et se précipita devant une psyché accumulée avec le reste du butin. Par décence, l’homme détourna le regard de ce petit corps emprisonné dans un corset de paysanne, aussi surpris que gêné. Et elle se mit à énumérer tout un tat de noms, de dates, de prix, de villes, de notes en tous genres, quelques listes de prises. Les notes suivaient les courbes des lettres de jais. Des informations des plus fondamentales aux plus futiles.

Elle déboucla la ceinture de son pantalon. En temps normal, elle n’aurait certainement pas fait cela. Pas devant quelqu’un. Mais il y a des questions qui surpassent toutes les formes de pudeur. Sa chair était devenue un simple parchemin pour ramener son esprit partit en vadrouille.

Le pantalon glissa sur ses jambes. La voilà complétement nue. Abasourdie par toutes ces écritures qui parcouraient son corps, elle resta ébahie, contemplant ce qu’elle était devenue.

— Mon corps… Ils en ont fait un pense-bête géant… murmura-t-elle.

Elle se retourna pour chercher chez l’homme une explication à tout cela, croyant qu’il pouvait l’éclairer sur les souvenirs qui s’étaient échappés. D’un coup, c’est comme si elle sentit combien elle se devait être sotte, nue comme un ver devant un étranger, et chercha à se cacher.

L’utilisation abusive du tatouage sur son corps finalement si frêle avait un rendu à la fois effrayant et poétique. Un tel travail était magnétique. Fasciné par cette décadence majestueuse et déplorable, Ulric se leva et prit une étoffe dans laquelle il l’enveloppa avec une douceur dont il ne s’était jamais cru capable, lui qui savait bien mieux tuer qu’aimer. Il l’enlaça avec une précaution infinie, comme on sert une enfançonne chagrinée.

Quoi de pire que son sort ? Qu’il y avait-il à ajouter qu’elle n’aurait pas oublié l’instant d’après ?

Une arme au poing, il devait être le meilleur. Mais devant cette histoire de grandeur brisée qui lui fendait le cœur, il se sentait désemparé. Aussi désarmé qu’un nouveau-né.

Sous la belle étoffe, il fit disparaitre ce corps marqué de toutes les défaillances d’un esprit qui avait dû être beau. Au moment où il allait recouvrir une phrase, celle écrite sur sa clavicule, la blondinette l’arrêta pour qu’elle puisse la lire.

— « Le capitaine est mort. Vive la capitaine ! », lâcha-t-elle soudain et une larme coula sur sa joue de porcelaine.

Pour la énième fois, elle perdait son père, son maître et mentor. L’homme sans qui elle ne serait rien.

Lui aussi lâcha un sanglot, lui qui ne pleurait jamais. Il voulait la soutenir. Il ne savait pas comment. Il avait été confronté à de nombreuses situations dramatiques, des cauchemars éveillés, des monstruosités sans nom… Mais pas à ça. Il encadra le visage d’Héloïse entre ses paumes immenses et essuya l’eau qui lui montait aux yeux.

Qu’est-ce qu’ils ont l’air malins, tous les deux, à porter leur tristesse, l’un contre l’autre, la peau pleine de stigmates et leur mélange de bras entrelacés à scruter leur miroir pour jauger leur chagrin.

Il se demandait ce qu’il aurait fait à sa place. Et il doutait qu’il aurait eu son courage et la retenue dont elle faisait preuve même si elle paraissait au bord du gouffre. C’est un roc qui découvre combien les vents et marées l’ont émoussée.

— As-tu perdu tout ce que tu aimais en une journée, l’ami ? demanda-t-elle, vide. Parce que c’est exactement ce que je dois vivre chaque jour de ma traînée de vie, n’est-ce pas ?

Ulric en avait la gorge serrée. Qui se doutait que les géants de fer rouillaient avec quelques pleurs ? Quand sa bouche s’ouvre, sa voix vacille. Elle glisse ses doigts entre les siens pour lui rappeler qu’il n’est obligé à rien. La Malandrise craque à peine, comme si elle écoutait le moindre de leurs mots.

— J’ai tant perdu si tu savais.

Il lui avait soufflé ces quelques mots à l’oreille parce qu’il ne l’avait confié à personne d’autre.

— J’ai eu une femme, expliqua-t-il. Une belle.

Son regard fuyait à son tour. Le signe d’une histoire jamais racontée, terrée à côté des hontes inconscientes. Et si fortement enfoncée dans le cœur d’un homme rarement sensible et si souvent cruel, aimant la guerre et la violence, qu’il en resurgissait une timide humanité primitive. Il parlait de son passé, lui qui était devenu trop vieux pour évoquer son futur.

L’avantage, c’est qu’il savait qu’elle ne pourrait en parler à personne.

— J’ai aimé celle que j’ai épousé. Plus que tout au monde. Elle était l’ange de ma vie. La mère de ma fille.

Il se pinça les lèvres car le plus dur restait à venir.

— C’était avant qu’elle devienne malade, elle aussi. Sa misère a commencé à pourrir sur la moitié de son visage. Après ce jour, les choses n’ont plus jamais été les mêmes. Elle était devenue trop instable. Trop dangereuse pour moi. Pour ma fille, aussi. Pourtant, je suis parti. Je n’aurais jamais pu tenir en place et subir ça, jour après jour.

Il serra fort la capitaine contre lui et lâcha les vannes qu’il retenait. Il pleurait à son tour à chaudes larmes qui n’avaient pas coulé depuis un demi-siècle d’errance.

— Je les ai laissées toutes seules, il répéta d’une voix étranglée. Et depuis, elles peuplent autant mes rêves que mes cauchemars.

Il renifla et s’essuya le nez du revers de la manche, la gorge aussi serrée que son cœur.

— C’est pour ça que je veux rentrer à l’Est. En tant que soldat, je n’ai plus rien à prouver. Avant de mourir, je veux juste me convaincre de ne pas être cette immonde abruti que je n’arrive plus à voir dans la glace.

Il passa ses doigts dans les boucles blondes de la pirate et posa son front dans son cou. Il la serre un peu plus comme s’il avait peur que l’entendre discourir l’effraie. Mais elle a arrêté de juger les gens sur leur passé, si fait. Il est facile de dire ce qu’il aurait été juste de faire. C’est trop évident d’affirmer ce que c’est le courage et comment s’élever au rang des braves, des honorés, des parfaits, des gens parfaits sans défaillances… A la hauteur des gens que nous voulons être. A l’humanité, il manque parfois de la logique et de la perfection.

Perfectible. C’est ce que sont les hommes.

Les larmes du Corbeau ne voulaient pas dire qu’il manquait de valeur. Il se dépeignait comme un monstre, peut-être voulait-il s’en persuader, pourtant, lorsqu’il l’enlaçait tendrement, elle savait que c’était à sa fille qu’il pensait.

— Tu ne les as pas abandonnés, l’ami, murmura-t-elle. Tout ce temps, alors que tu étais loin d’elle, elles sont restées avec toi. Dans ton cœur, dans ton mémoire. Jamais tu ne les as oubliées. Et c’est parce qu’on ne les oublie pas que les gens qu’on aime continuent d’exister.

En disant cela, son regard se perdait à nouveau sur le mot « capitaine » noté sur sa poitrine. Avec ironie, elle n’était pas capable d’appliquer le conseil qu’elle donnait. Lentement, elle l’aida à desserrer ses bras autours d’elle.

Tous les deux étaient issus de la bauge, de la belligérance, d’une humanité inférieure. A leur façon, ils s’étaient élevés au-dessus de leur misère pour gouter à la gloire. Cependant, ils n’étaient que des pantins, ce soir. Des marionnettes qui redécouvraient combien l’existence blesse. Combien elle délabre et le corps et l’humanité de l’âme.

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