Zeus

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 Aphrodite décrocha le fermoir de sa tunique blanche qui glissa le long de ses cuisses jusqu’au sol. La lumière chaude de l’après-midi révéla un corps d’une beauté incroyable. La nature lui avait donné tous les atouts nécessaires pour séduire un homme. Ses hanches se devinait sous sa robe en soie par la caresse d’un regard qui plongeait sans retenu dans un décoté profond. Ses cheveux étaient semblables à l’écume des mers. Elle était de ces femmes dont le simple sourire faisait frémir.

 Elle s’approcha doucement de l’homme assis sur le lit qui siégeait avec arrogance au centre de la pièce. Le roi des dieux paraissait si fragile ainsi dévêtu qu’elle s’était surprise une fois à croire qu’elle s’était trompée de chambre. Au fils des années, le dessin de ses muscles s’était affaissé pour découvrir une ossature saillante.

- Viens.

 Aphrodite s’exécuta. Elle passa ses cuisses autours de son torse et ses bras autour de son cou. Attrapant vigoureusement les cheveux d’or de sa poupée, il enfonça sa langue à travers ses lèvres pulpeuses. Elle commença à bouger doucement ses fesses contre son torse. Visiblement pas assez rapidement puisque, sans ménagement, il retourna le corps de la femme et s’inséra brutalement. Elle gémit. Commença alors un combat dont il sortirait très certainement vainqueur.

 Il agrippa la tignasse de son ennemi dont le corps se cambra en laissant échapper un cri. Les coups de reins étaient des flèches toujours plus rapides qu’il lançait en plein cœur du camp adverse. La guerre fut rude, mais la femme n’était pas de taille face à son assaillant.

 Le combat terminé, le guerrier se jeta repus sur le bord du lit, la bite encore toute chaude. La femme se hâta de se rhabiller. Il ne lui jeta pas un seul regard, jusqu’à qu’elle s’assoit, encore nue, sur le tabouret en velours violet qui faisait face à la coiffeuse. Le miroir avait jauni sous l’effet des néons incrusté dans le bois. La peinture écaillée témoignait des excès de colère dont la propriétaire avait fait preuve contre le meuble.

- Lève tes fesses de là, grommela le vieil homme.

 Aphrodite, qui avait vraisemblablement dû cette réaction, répondit du tac au tac.

- Je sais que tu ne veux pas que je touche à ses affaires. Tu me le dis à chaque fois.

- Alors pourquoi tu le fais ?

- Parce que je me moque de ce que penses ta femme.

 Le peu d’affection qu’Aphrodite portait à Héra n’était un secret pour personne, et remontait bien avant la dernière guerre. Pourtant, il fut un temps où ces deux femmes, alors encore enfants, étaient prêtes à tout l’une pour l’autre. Héra avait été la grande sœur qu’Aphrodite n’avait jamais eu, se dénonçant souvent à sa place lorsqu’un de ses pas de travers entraînait les foudres de leur père Cronos. Mais les années étaient passées et Aphrodite s’était transformée en une créature magnifique dont la jeunesse semblait éternelle alors qu’Héra s’enfonçait toujours plus dans une paranoïa jalousive.

- Lève-toi de là je t’ai dit ! répéta Zeus en haussant la voix.

 La jeune femme s’exécuta finalement, en se gardant bien entendu de nettoyer la brosse qu’elle venait d’utiliser. Elle ne voulait absolument pas énerver son amant, pas après la réunion de ce matin. Dans ces eaux troubles, il représentait le rempart principal contre les foudres d’Héra et d’Athéna.

 D’un signe de main en direction de la porte, le vieil homme lui indiqua qu’il était temps que la jeune femme se rhabille avant qu’il prenne l’idée à sa majesté son épouse magnanime de rendre visite à son époux. Elle avait encore les chaussures à la main lorsqu’elle quitta la chambre, sans prendre la peine d’embrasser une dernière fois son amant. Le vieux tentait encore et toujours de cacher sa malheureuse aventure à sa femme, alors que tous les habitants de ce maudis palais étaient au courant depuis des années. De l’avis d’Aphrodite, cela faisait bien longtemps que la reine se refusait à voir la vérité en face. Leur mariage s’était effondré avec la mort de leurs deux premiers enfants en couche Ilithyie et Hébé.

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