Prologue

Une minute de lecture

 Eris n’avait jamais été appréciée de personne. On disait que l’amertume avait creusé son visage, la transformant en une femme repoussante. Pourtant c’est une vieille femme pleine de vie qui fit son apparition aux noces de Pélée et Thétis, persuadée une fois encore qu’on saurait l’apprécier si on s’en donnait la peine/si on se donnait la peine de l’accepter. Elle avait maladroitement enfilé une longue robe noire pour l’occasion qui lui donnait vaguement l’air/ dans laquelle elle ressemblait vaguement à/ d’un fantôme.

 Elle n’avait pas reçu d’invitation. Elle avait l’habitude d’être oubliée. Enfantée par la nuit à l’aube des temps, elle avait accompagné les conflits, elle les avait vu grandir, elle les avait nourris. Elle avait mis au monde tellement d’enfants, parmi lesquels la souffrance, le meurtre, et le mensonge, qu’elle apparaissait comme la véritable mère de l’humanité.

 Une fois encore, les dieux n’avaient pas jugé utile de l’inviter. Une fois encore, sa déception et son dégout avaient alimenté cette rancœur qui brillait dans ces yeux quand elle se croyait seule. Animé par la haine, elle fit parvenir le plus beau des cadeaux de mariage : une pomme d’or volée aux Hespérides à l’attention de la plus belle des femmes.

 Sans surprise, Athéna, Héra et Aphrodite revendiquèrent toute trois sa possession. Hermès le messager des dieux fut alors chargé par Zeus de trouver le juge impartial qui saurait départager les déesses. Le pauvre Pâris, fils du roi Priam à qui l’oracle avait juré qu’il causerait la perte de sa patrie, fut choisi pour trancher ce dilemme épineux. Tour à tour, chacune des prétendantes tenta de s’acheter les faveurs du jeune berger.

 Athéna lui promit l’esprit du plus vaillant des guerriers.

 Héra lui offrit de gouverner sur le plus grand des royaumes.

 Aphrodite lui accorda le cœur d’Hélène la plus belle des femmes.

 Le désir bestial vainquit la soif de reconnaissance et de pouvoir de Pâris qui enleva Hélène, épouse du roi de Sparte Ménélas, déclenchant ainsi la plus longue et la plus meurtrière des guerres grecques.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Vous aimez lire Camille Fieschi ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0