Acte VIII

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Cher journal

Je hume une vie remplie d'horreurs et de mensonges, de manipulations et de tueries. Tel est mon bon vouloir quand je vois tous ces humains qui ne sont que du papier mâché qui aspirent à une vie déplissée.

Aujourd'hui, j'ai chargé le camping-car pour partir. J'ai été abordé par une personne portant le nom de Pierre. Il souhaitait se rendre à Bruges. J'ai décidé de faire un bout de route avec lui. Nous nous sommes arrêtés sur une aire de repos. J'ai prétexté une bouteille d'eau à acheter.

J'ai fait le tour du camping-car. Je suis rentré par l'arrière et discrètement, j'ai sorti mon couteau de boucher. Il m'a regardé et me demanda si je cherchais ma sacoche. Je lui confirmai que c'était bien ça.

Il la trouva et fit un geste pour me la donner. D'une main, je tenais ma sacoche et de l'autre, je lui assignis un coup de couteau dans la carotide. Le sang jaillit et tacha l'intérieur du camping-car, ma sacoche et moi. Je devrai tout laver. Encore, encore...

J'ai chopé mon écharpe et la lui ai mis autour de la bouche pour étouffer ses cris. En le regardant mourir, j'ai serré de toutes mes forces et il est tombé raide mort sur le sol.

J'ai aimé dans cette scène le regard luisant qu'il m'a adressé avant de mourir.

J'avais prévu une bâche en plastique couvrant tout l'espace intérieur. J'ai expliqué que j'ai des allergies aux microbes et un sens des responsabilités aigu : je veux la rendre nickel à son propriétaire.

Il y a cru et m'a tourné le dos. C'est une erreur qu'il ne commettra plus et une partie facile pour moi, un vrai jeu d'enfant.

La bâche a totalement protégé la scène de crime et contenu le sang provoqué par cette situation. Cela me simplifie les choses et efface les preuves possibles contre moi. Je veux demeurer intouchable et insoupçonnable tel le vol d'une chauve-souris dans la nuit.

Ensuite, je l'ai découpé de A à Z.

Quand quelqu'un toqua à la porte, je venais de finir ma tache et de tout ranger. J'avais eu le temps de me changer intégralement. C'était un fort heureux hasard. Ha, que la vie est parfois humoristique !

Je sortis voir cet intrus qui cassait mon instant de tranquillité. Je le préviens que j'étais occupé et pressé, que j'attendais de lui qu'il soit direct. Il me demanda une cigarette que je refusai à cet opportun.

Je repris ma route et pris la sortie de Chateau Thierry. J'avais repéré les lieux, au cas où mon besoin de tuer se réveillerait et que la vie me sourirait. Une forêt, à la fois isolée et sombre, avec certes un propriétaire, se situait à proximité.

Je décidai d'enterrer le corps dans un lieu connu, seul de moi grâce à mon excellent sens de l'orientation. La forêt, si grande, appartient à un propriétaire très souvent absent.

Je récupérai ma pelle, rangée dans un petit placard bien utile. J'ai creusé un bon gros trou. J'ai placé le corps et l'ai recouvert de terre, de feuilles mortes et de fougères. L'emplacement sera rapidement invisible.

J'ai roulé un pétard que j'ai fumé dans mon camping-car. La soirée se déroula sereinement. Je m'endormis, tardivement, dans un lit bien plus confortable que celui de Pierre. Vivement demain !

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