Sur l'Univers

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Jouons à un jeu et prenons de simples notions qui s'opposent : Dans la première catégorie, nous allons prendre des termes à connotation positive, auxquelles nous associerons dans la seconde catégorie un équivalent négatif.

HAUT / LUMINEUX / VIF / CHAUD / AIGUË

BAS / SOMBRE / LENT / FROID / GRAVE

Très vite, nous remarquons une relation entre certains termes de la première catégorie et de la seconde. Dans l'esprit collectif, ce qui est en haut est généralement considéré lumineux : Le soleil, les étoiles, le paradis, Dieu. De même, ce qui est chaud est généralement considéré comme étant vif : Le feu, un muscle, le sang, tout ce qui est vraisemblablement en mouvement.

La même règle peut s'appliquer à la seconde catégorie. Ce qui est en bas peut être interprété comme étant sombre : Une caverne, un caniveau, l'enfer, le diable. Tout comme le froid est associé à la lenteur : L'hiver, l'hibernation, la mort.

Nous ajouterons qu'une note aiguë est considérée haute, alors que la note grave est basse. En musique, cette observation ce traduit par la fréquence (Hz) du son produit. Une note grave se situe dans les basses fréquences, tandis qu'un son aiguë se retrouve dans les hautes fréquences. Ainsi, la sonorité profonde d'une contrebasse se fera ressentir au niveau de l'estomac, alors que la note perçante d'un violon fera parfois vriller nos tympans.

Nous remarquerons ici qu'une haute fréquence affectera la région haute de notre corps, et qu'à l'inverse une basse fréquence affectera la région basse de notre corps. Nous pouvons donc associer naturellement le grave aux fondations, et l'aiguë au pinacle d'un édifice.

Ajoutons désormais deux nouveaux termes à notre liste : Bien et mal. Deux notions crées par l'homme afin d'organiser sa réalité. Nous pensons qu'un faible pourcentage de nos congénères s'opposera à l'idée que la première catégorie, à savoir ce qui est haut, lumineux, vif et chaud appartient au « bien », tandis que la seconde catégorie ; bas, sombre, lent et froid ; s'apparente au « mal ».

Nous avons consciemment omis les deux notions « grave » et « aiguë », car nous reviendrons plus tard sur la particularité qu'implique ces termes. Pour l'instant, concentrons-nous sur les conséquences de l'apparition du bien et du mal dans notre liste.

La première observation qui nous saute aux yeux est que le bien s'associe avec harmonie au concept d'un état « haut », ou encore « supérieur », à la lumière, au mouvement, que l'on peut aussi traduire par « vivant », et à quelque chose de chaleureux. Pour ce qui est du mal, il correspond effectivement aux notions de « bas », ou plutôt « inférieur », à l'obscurité, la lenteur, voir même l'idée de « stagnation », que l'on associe à la mort, et enfin le froid.

Avec cette description, nous comprenons pourquoi l'hiver est moins apprécié par l'homme que le printemps. Le monde végétal lui-même est affecté par les termes de la seconde catégorie.

Les jours deviennent plus court. Le froid ralentit l'écosystème, et le moral est au plus bas ! Au contraire, le printemps voit ses jours s'allonger, ses arbres fleurirent, et le moral revient au sein des peuples. Si nous allons encore plus loin, en mettant les saisons de côtés mais en gardant nos quatre termes, plusieurs manifestations évidentes sautes aux yeux.

Faire l'amour est l’interaction entre deux corps chaud et un orgasme semble souvent passer beaucoup trop vite. Une bonne action nous paraît comme un acte supérieur et lumineux. Au contraire, une mauvaise attitude nous semble froide, sombre et dénote un comportement digne d'un être inférieur. L'eau bouillante est pleine de vie, alors que l'eau gelé est immobile et froide.

Le schéma qui semble le plus approprié à tout ce qui vient d'être dit jusqu'ici est une spirale qui commence avec de larges cercles pour finir en cercle de plus en plus étroits : Un vortex. Un vortex qui se traduit par un langage graphique simplifié en pyramide.

La base de la pyramide représente ainsi la seconde catégorie : Bas, sombre, lent et froid. Le haut de la pyramide reflète quand à elle la première catégorie : Haut, lumineux, vif et chaud. Il est intéressant de noté à ce point une observation : Plus nous allons vers le haut, plus la figure géométrique se concentre vers un point. En d'autres termes, plus nous allons vers le bien, plus nous nous rapprochons d'une unité.

Encore, en d'autres termes : Plus nous nous éloignons de l'unité, plus nous allons vers le mal. Ce qui se traduit par : Plus nous sommes divisés, plus nous nous éloignons du bien.

Alors que nous venons de nous resservir un verre de vin, une pensée vient de nous traverser l'esprit. Pythagore et ses disciples vénéraient la divine tétraktys. Pour nos lecteurs qui ignore ce dont il s'agit, la Tétraktys Pythagoricienne est un nombre représenté par quatre chiffres disposés sous la forme d'un triangle équilatéral de côté quatre, valeur numérique, que dix points construisent :

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Nous passerons toutes les implications arithmétiques que représente cette figure, mais nous invitons au lecteur à garder en mémoire le fait que Pythagore et ses disciples vénéraient la Tétraktys au même titre que les apôtres vénéraient Jésus-Christ.

Que voyons-nous, simples profanes, en cette figure ? Quatre points, qui deviennent trois points, puis deux, pour finir par un. Le total est de dix points, soit un et zéro. Autrement dit, l'unité à laquelle est accolée l'absence d'unité. Nous nous permettons d'utiliser notre clavier numérique afin de démontrer un fait particulièrement intéressant : 10

Ayant une connaissance particulièrement chère à notre cœur et ayant une expérience notable en la matière, ce que nous voyons ici n'est pas seulement l'expression du chiffre dix, mais un langage composé d'une part d'un 1, et d'autre part d'un 0.

Ce 1 et ce 0, une fois associés, comprennent en eux les nombres 4, 3 et 2. En d'autres termes, le principe « Un », et le principe « Zéro », comprennent en eux trois stades d'évolutions. Toujours en d'autres termes : L'Alpha et l'Oméga comprennent en eux l'ensemble de l'évolution.

Apocalypse, 22:13

Je suis l'apha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.

Nous noterons ici que le langage informatique se compose exclusivement de 1 et de 0, ce qui ne l'empêche pas de virtuellement créer une réalité plus ou moins crédible. La seule limite étant dans ce cas présent l'absence d'une technologie capable d'intégrer l'énergie nécessaire au développement d'une vie consciente. Ou plus précisément, l'absence du stade évolutif 4, 3 et 2. En effet, l'homme étant à l'origine du langage informatique, il ne se trouve qu'au sommet de la « tétraktys informatique », à savoir le 1, et le matériel informatique est encore loin de représenter le 0 nécessaire au développement d'une conscience universelle.

Nous estimons à présent avoir découragé une partie de notre audience par cette digression métaphysique, laissant ainsi place à ceux qui peuvent prétendre avoir l'ouverture d'esprit nécessaire pour comprendre le fil de notre réflexion. Revenons donc sur le sujet qui nous préoccupait en premier lieu : La notion du bien et du mal, et les quatre qualités qui leurs étaient associées.

Nous garderons en tête la tétraktys des Pythagoriciens, qui reflète avec fidélité la manière dont l'univers suit son évolution. Nous avons démontré précédemment que la notion de « bien » s'associait avec les termes « supérieur », « lumineux », « en mouvement » et « chaud », tandis que la notion de « mal » correspondait à l' « inférieur », « sombre », « figé » et « froid ».

Nous avons également établi une relation entre « supérieur et lumineux », « chaud et rapide », inférieur et sombre », ainsi que « froid et lent ». Ces associations ne se limitent pas qu'à notre échelle « humaine », mais bel et bien à l'ensemble de l'univers.

La science nous affirme que l'univers a été crée dans un « Big Bang », une explosion chaude et rapide né d'une unité, puis que l'univers s'est refroidit dans une large expansion d'objets stellaires multiples. Si nous reprenons notre schéma initial, qui est identique à la tétraktys de Phytagore, nous remarquons que l'univers est effectivement né par le sommet de la pyramide, à savoir un point unique, extrêmement chaud, vif, lumineux, et véritablement supérieur à tout ce qui existait préalablement. Puis l'univers s'est refroidit, ses composants se sont divisés, solidifiés, et l'obscurité devînt l'élément le plus commun en son sein.

Nous vous invitons à observer le ciel nocturne pour comprendre que la masse lumineuse de l'univers ne représente que peu de chose comparé à son obscurité. Nous voici alors confronté à un constat : Si les notions de bas, sombre, lent et froid sont associés au mal, et que les notions de haut, lumineux, vif et chaud sont associés au bien, alors notre univers actuel est né du bien pour se répandre dans le vide abyssal du mal ?

Notre réponse est oui. Car l'unité, le 1, a été libéré dans le vide, c'est-à-dire le 0. La meilleure image que vous, lecteurs bien-aimés, pouvez vous figurez de cet état de fait est la suivante :

Vous, hommes divins, êtes dans ce scénario l'Alpha, le 1. Et vous, femmes divines, êtes l'Oméga, le 0. Ce « Big Bang », incompris de ceux qui l'ont découvert, n'est ni plus ni moins que l'appareil génital de l'homme qui pénètre celui de sa partenaire. « L'explosion » est ni plus ni moins que l'orgasme masculin, qui imprègne sa partenaire d'un milliard de spermatozoïdes chaud et vif, en quête d'une ovule prêt à être fécondée. La phase de développement du nourrisson est identique à celle des galaxies, jusqu'à ce que l'univers décide finalement de donner naissance à la vie, qui évolue, prolifère, avant de mourir.

Cet état de faits parfaitement observables est directement associés à l'écoulement des saisons sur notre chère planète, qui ne fait que reproduire la genèse de sa naissance, à la manière de l'homme. Le printemps donne naissance, l'été le faire mûrir, l'automne lui fait perdre ses feuilles, et l'hiver le tue. Puis le printemps le fait renaître, et en fonction de votre âge, vous avez vécu ce cycle depuis un certain nombre d'années plus ou moins élevé.

Nous nous répétons, mais vous, homme, êtes l'Alpha, et vous, femme, êtes l'Oméga. Si nous suivons ce raisonnement, à l'échelle de l'univers, Dieu est à la fois l'Alpha et l'Oméga. Il se conçoit et se donne naissance. Il est à la fois 1 et 0, c'est-à-dire, si nous devons employer un terme vulgaire : hermaphrodite. Nous pensons que c'est le cas, et que la Bible, lorsque dans ses premières pages nous rapporte l'histoire d'Adam et d'Eve, nous révèle en réalité le statut de l'homme avant son incarnation terrestre :

Adam est un être hermaphrodite et immatériel, puis Yahvé le sépare en deux, et lorsque Eve et son conjoint mange le fruit, sous impulsion du serpent, ils deviennent deux entités matériels conscientes de leur statut. Le fruit a donné naissance à leur ego. En d'autres termes, ils ont désormais la connaissance de leur individualité, l'un « Alpha » et l'autre « Oméga », mais la conséquence de cette « éveil » est leur matérialisation physique dans un univers mental. En quoi cela est-il une faute ? Cela est une faute dans le sens ou l'univers est la manifestation matériel d'une singularité mentale. L'univers est la création imaginaire de l'Alpha qui se manifeste dans l'Oméga.

Une image plus parlante qui nous vient à l'esprit est l'artiste qui immortalise le fruit de son imagination dans une peinture : L'Alpha fige sa vision sur l'Oméga. Mais voici la limite qui est imposé à l'homme : Il ne peut être qu'Alpha ou Oméga, et aucunement les deux à la fois. Ce rôle n'est réservé qu'à l'entité qui est à l'origine de l'Univers. L'image de la Bible, d'Adam et Eve, est le parfait exemple de ce paradoxe humain.

Une fois divisé en deux entités : Alpha et Oméga, homme et femme, l'être humain ne peut accomplir le même miracle que celui à l'origine de l'Univers. Il peut seulement l'imiter. Pourquoi ? Demanderez-vous à juste titre. Pourquoi ? Car l'humanité s'est matérialisée dans la phase d'expansion et de refroidissement de l'univers. Et c'est ici que nous pouvons ressortir la divine tétraktys de Phytagore.

L'humanité est née en bas de la pyramide, et son but est d'en atteindre le sommet. Nous devons passer par le 4, le 3 et le 2 avant d'atteindre le 1. Et c'est ici, maintenant, que nous devons ajouter deux nouveaux termes à notre liste :

HAUT / LUMINEUX / VIF / CHAUD / AIGUË / ESPRIT

BAS / SOMBRE / LENT / FROID / GRAVE / MATIERE

L'homme qui est tombé dans la matière doit ainsi regagner l'esprit dont il est issu. Et si nous associons les notions de bien et de mal à nos deux catégories, le constat est limpide. Pour autant, ne tombons pas dans le jugement manichéen en rejetant aveuglément la seconde catégorie au profit de la première. Nous rappelons que la première à donné naissance à la seconde, et que le but de cette dernière est de retourner à la première. C'est ici qu'interviennent les notions de « grave » et « d'aiguë », ou plutôt de « basses fréquences » et de « hautes fréquences ».

Si à cet instant votre esprit matérialise la figure du Yin Yang, vous venez de comprendre l'extraordinaire finalité de l'univers ainsi que sa cohérence chaotique. Si les étoiles sont à ce point sublimes, c'est grâce à la présence des ténèbres qui les entourent. Ce qui est « inférieur, sombre, lent, froid et grave » sert de terreau au « supérieur, lumineux, vif, chaud et aiguë ». Les plus belles fleurs poussent au milieu du fumier. Soyons vulgaire : Un diamant au milieu d'une pile de merde sera plus visible qu'une émeraude au milieu d'une mine de pierre précieuses.

L'alchimie qui a pour but la transformation du plomb en or est une parabole de l'évolution de la matière épaisse vers l'esprit subtile. Le sombre vers le lumineux, le froid vers le chaud, le mort vers le vivant, l'inférieur vers le supérieur. Le 4 vers le 1, c'est-à-dire le bas de la pyramide vers le haut.

Lorsque Jésus dit que le pauvre a sa place au Royaume des Cieux, c'est parce que le pauvre ne possède aucun bien matériel et se trouve donc beaucoup plus proche du haut de la pyramide que le riche qui ne jure que par ses possessions matérielles. En d'autres termes, tuer l'ego permet de se rapprocher de l'unité . Tâche difficile, que nous avons nous-même beaucoup de difficultés à accomplir.

Les facteurs empêchant cet « état de grâce » sont les suivants : L'argent, le temps et l'apparence. L'argent car il entraîne une dépendance matérielle et une hiérarchisation de la société. Le temps car notre existence est chronométrée par la routine et notre espérance de vie. L'apparence à cause des codes imposés par l'obsolescence d'une société consumériste et le communautarisme d'une espèce soumise à ses instincts primitifs.

Cependant, ces trois facteurs peuvent être ignorés et méprisés lorsque l'esprit s'éveille au sein de l'homme. En effet, l'Univers ne se soucie aucunement de l'argent, du temps et de l'apparence. Et comme l'humanité est un fruit de l'Univers, et ne répond que de Lui et Lui seul, ses préceptes n'ont aucune influence sur le cours du temps et l'espace. La seule règle que l'Univers a dicté est la suivante : Trois stades d'évolutions pour une seule finalité.

Naissance.

Croissance.

Maturité.

Mort et renaissance.

Le plus beau dans cette évolution est la manière dont elle se résout, à savoir la singularité. L'Univers naît et meurt à la manière d'un trou noir. Il naît et meurt de la même façon qu'un être humain. Il naît et meurt tel un atome. Il se renouvelle comme le cycle des saisons. L'Univers est l'Oméga qui donne naissance à l'Alpha, qui féconde l'Oméga pour redonner naissance à l'Alpha. La femme est l'Oméga qui donne naissance à l'homme Alpha, qui féconde la femme pour redonner naissance à l'homme. Un Cycle qui naît dans la lumière pour grandir dans l'obscurité, afin de redonner naissance à la lumière.

Et si le tétraktys, vénéré par les Pythagoriciens, est une pyramide de valeur 10, qui commence par 4 pour donner 3 et 2, afin de finir par 1, c'est la preuve que l'humanité à depuis longtemps percé le mystère de la Vie. Lorsque le Sphinx pose son énigme aux pieds des pyramides, la réponse semble finalement résumer l'ensemble de la Création. L'homme commence à quatre pattes, puis se tient sur deux, avant de finir sur trois. La dernière étape est le Un, le retour à l'unité.

Le véritable drame de l'homme est d'avoir prit conscience de l'existence de l'Alpha tout en étant coincé dans l'Oméga. De colère, il en a échu la faute à la femme, qui est pourtant le réceptacle de sa propre naissance. Son drame est d'être tombé dans le champ de gravité du trou noir vers lequel se dirige l'univers, tandis que ses frères spirituels l'observe glisser de plus en plus rapidement vers la singularité innommable, celle qui se trouve au sommet de la pyramide. Cette singularité qui est à la fois le 1 et le 0, qui sépare à la fin de son cycle ce qui appartient à la première et à la seconde catégorie de ce que nous avons cité au début de cette réflexion, afin de redonner naissance à un nouvel univers, débarrassé de ces précédentes impuretés.

En résumé, la symphonie de la Vie commence par une note grave et puissante, qui ondule à travers le temps et l'espace jusqu'à devenir un son aiguë et subtile, accompagné par toutes ses harmoniques pour reformer une nouvelle composition débarrassée de ces précédentes dissonances.

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