30.3

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Mon portable affiche presque quatorze heures lorsqu'on nous appelle pour le repas. La table de mon ancienne salle à manger me paraît bien petite, quand je découvre la rangée de barques retournées sur laquelle s'agglutinent les marmites de volaille en sauces, de racines mijotées aux baies des bois, de potage aux coquillages et aux morceaux de mangue, les plateaux de fruits de mer et de poissons grillés, les jarres de jus pressés, des corbeilles de fruits et de petits gâteaux épicés. Au-dessus de la tablée, on a construit une paillote avec des troncs bruts, des branchages et de vieilles tôles.

Dolorès s'installe sur l'un des tabourets et je m'assieds à côté d'elle. Les autres villageois prennent place parmi la tablée, en faisant attention de garder leurs distances. Mais les places commencent à manquer. Leahonia et un groupe d'enfants finissent par s'amasser à droite de Dolorès. Trois femmes en robes souples prennent timidement un siège sur ma gauche, en prenant le soin de laisser une place vide entre nous. Finalement, contre toute attente, un vieil homme se laisse tomber sur le tabouret à côté de moi, comme si de rien n'était.

— Ça sent divinement bon !

Il prononce ces mots le regard dans le vide, mais curieusement je comprends que c'est à moi qu'il parle. J'acquiesce, sans oser ouvrir la bouche. Je laisse Dolorès me servir copieusement tout ce qui se trouve à portée. Ce n'est qu'au moment d'entamer mon assiette que je me rappelle que j'ai les poignets liés. Je songe un instant à plonger le museau dans ma nourriture, comme le ferait un chat. Mais Dolorès remarque ma situation délicate et, sans que je lui aie rien demandé, décide de porter elle-même ma fourchette à ma bouche. Ça fait longtemps qu'on ne m'a pas nourrie de cette manière et j'aurais probablement honte si mes sœurs me voyaient, mais je me laisse faire sans grogner et je finis même par trouver ça agréable. Les petits plats des villageoises n'ont décidément rien à voir avec les préparations en sachets de Dolorès. La chair du poulet fond entre les dents, la sauce onctueuse et caramélisée diffuse son arôme légèrement piquant. Le poisson grillé croustille. Les racines cuites et les baies sauvages imprègnent mon palais de leur saveur sucrée.

Le vieil homme sur ma gauche fait glisser un plateau sous mon nez. Il est rempli de drôles de petites boules pâteuses enroulées dans des algues.

— Tu devrais goûter ça, me dit-il. C'est une spécialité locale.

Avant que je puisse demander de quoi il s'agit et m'assurer qu'on ne profite pas de ma gourmandise pour essayer de m'empoisonner, Dolorès plante ma fourchette dans l'une des petites confections et me la fourre dans la bouche. Elle oublie de changer de couvert pour en prendre une à son tour. Je mâche la mystérieuse préparation. La feuille d'algue se déchire entre mes dents. La pâte s'écrase sur ma langue alors que de petits morceaux visqueux glissent entre mes molaires. C'est salé, mais c'est doux, sur le palais et dans la gorge. Dès que j'ai englouti cette première bouchée, j'en réclame une seconde.

Le vieil homme, qui a l'air de s'amuser de mon bon appétit, me détaille la recette de la spécialité locale. On confectionne une pâte à base de racines broyées, la même pâte qu'on utilise dans le coin pour faire des ravioles, on la fait cuire à point, puis on y ajoute des morceaux de poulpe crus avant d'emballer le tout dans une feuille d'algue. D'après Dolorès, le raízga, c'est une réinterprétation du sushi qui n'a rien à envier à l'original. Elle en reprend un.

La journée se passe calmement, beaucoup plus calmement que je ne l'aurais imaginé. À la demande de Cristobal Donoso, le vieil homme que ma réputation n'impressionne pas, Dolorès répare la rambarde de l'escalier qui mène à sa maison, une petite baraque en hauteur sur la digue. Quand elle a terminé, nous nous éloignons du village pour aller nous promener le long de la plage. Dolorès me guide à travers l'embouchure boueuse de la rivière Tungaer. J'ignore pourquoi exactement, ça me rappelle notre première rencontre. Jamais je n'aurais imaginé que Dolorès, si jolie et si sûre d'elle, deviendrait la meilleure de mes amies.

De l'autre côté de la rivière, le sable humide laisse progressivement place à une côte rocheuse, la fameuse roche noire qui compose toutes les îles d'Agnakolpa. L'eau chaude que les vagues amènent sur les rochers rendent leur surface glissante, mais le relief particulier de la roche volcanique offre de nombreux points d'appui. Si je lâchais le chat agile qui sommeille en moi, je pourrais gravir le flanc de la falaise en quelques minutes. Mais je suis docilement Dolorès, les mains nouées, à travers l'étendue de cailloux sombres. De temps à autres, elle pointe du doigt un oursin, un crabe ou une étoile de mer que la marée dévoile entre deux blocs de caillasse. Elle me tire encore un peu plus en avant, accélérant le pas. Dolorès sourit, un sourire qui vient de loin, un sourire fragile que la nostalgie a gribouillé sur son visage. Elle tire plus fort sur la corde qui me noue les avant-bras, comme si quelque chose la rendait soudainement enthousiaste. Et puis elle m'attire vers le bas par les poignets et m'oblige à m'agenouiller avec elle.

— Là ! dit-elle.

Elle pointe du doigt une crevasse au fond de laquelle s'étend un champ d'anémones, les filaments multicolores dansent doucement au rythme du courant. Dolorès dénoue la corde, plonge ma main dans la cuvette et me fais effleurer de la paume les tentacules colorés.

— J'ai déjà touché des anémones, tu sais.

Je ne veux pas gâcher sa joie, mais ça m'a échappé. Dolorès me lance un regard grave avant de demander très sérieusement :

— Tu ne trouves pas que c'est la chose la plus agréable au monde ?

Je ne peux pas m'empêcher de rire. Dolorès fait mine de se vexer, se lève et s'éloigne en direction de la falaise. Je m'empresse de me redresser pour la rattraper. C'est bête, mais maintenant que je suis de nouveau libre de mes mouvements, j'ai beaucoup plus de mal à tenir sur mes jambes. Ma semelle glisse sur la roche humide et je manque de tomber. Mais Dolorès me rattrape de justesse et me prend par la main pour m'entraîner avec elle. Nous gravissons les rochers comme ça jusqu'au pied de la falaise. Là, dans la roche, une fente étroite révèle l'entrée d'une caverne. Je jette un œil curieux à l'intérieur. Je ne vois pas le fond ; la grotte a l'air profonde. Je m'écarte et soudain ma chaussure est inondée. Je viens de poser le pied dans un trou rempli d'eau, l'eau qui s'écoule en-dehors de la grotte et ruisselle jusqu'à la mer.

Cette cavité a été creusée par une rivière souterraine, m'apprend Dolorès. C'était sa cachette secrète, lorsqu'elle était enfant, le lieu où elle se retirait pour fuir le monde et les regards méprisants de ses semblables. Mais un jour où il pleuvait, le niveau de la rivière a brutalement augmenté, l'eau a inondé la caverne et elle a bien failli mourir noyée à l'intérieur. Depuis, dit-elle, elle a toujours eu peur d'y entrer. Je lui demande si elle veut essayer à nouveau, aujourd'hui, avec moi. Mais Dolorès scrute le ciel encombré et décrète que ce n'est pas prudent. Quand le beau temps sera revenu, peut-être que j'arriverai à la persuader de me montrer sa cachette.

Il est déjà tard quand nous rentrons à Puertoculto. Les habitants ont commencé à préparer le repas du soir. Les enfants jouent toujours dehors. Les derniers bateaux rentrent au port. On allume des flambeaux le long des pontons, sur la terrasse du sanctuaire, des lanternes devant les portes et des bougies sur les barques renversées. Avant de pénétrer dans le village, Dolorès s'assure d'avoir bien resserré mes liens, preuve indiscutable que je suis son otage.

Ce soir, nous ne rejoignons pas les autres autour de la table. Dolorès donne cinq plaques à un villageois en échange d'une canne à pêche en piteux état. Nous nous installons au bord de l'eau, à l'écart des cabanes. Après avoir allumé un feu, Dolorès entreprend de pêcher notre dîner. D'abord, le poisson ne mord pas, et je me dis qu'elle est plus douée pour les origamis que pour la pêche. Une trentaine de minutes s'écoulent, trois minuscules poissons mordent à l'appât. Dolorès m'envoie chercher une marmite pour les faire cuire et, quand je reviens avec une vieille soupière que Leahonia a sortie de la cuisine, je découvre qu'elle a abandonné sa canne à pêche. Dolorès retrousse les manches de son blouson et avance dans la mer jusqu'à ce que l'eau atteigne ses genoux. Elle reste immobile, comme un îlot, pendant plusieurs minutes. Accroupie sur la plage, je l'observe avec mes yeux de chat. J'observe les flots calmes et ses pieds, solidement appuyés sur le sable blanc. Soudain, un banc de poissons argentés lui file entre les jambes. Dolorès dégaine sa dague avec une vivacité extraordinaire et fend les vagues devant elle d'un coup de lame. Lorsqu'elle brandit fièrement son arme hors de l'eau, deux poissons bien gras sont empalés sur le tranchant.

Leahonia accourt, avec un autre gamin aux cheveux tout bouclés. Elle bondit sur Dolorès, lui demande si c'est encore un truc de ninja et comment elle a fait ça. Moi aussi, j'aimerais bien qu'elle me l'explique. La patience et l'instinct, répond Dolorès. L'instinct, moi qui suis un chat, je me demande si ça marche vraiment à tous les coups.

Leahonia et son ami Palben nous apportent des racines, un ananas et une noix de coco. Alors Dolorès accepte de les laisser partager notre repas. Avec sa dague, elle arrache la peau écailleuse des poissons, découpe leurs chairs puis les jette dans la soupière où l'eau a commencé à bouillir. Elle ajoute les morceaux de racines et les tranches d'ananas qu'elle a découpées, et puis elle perce la coque de la noix de coco et verse le lait dans le bouillon fumant. La fumée m'envoie en plein visage des odeurs délicieuses.

— Tu aurais pu faire ça plus tôt, Dolly ! je lâche.

Leahonia fronce les sourcils. Dolorès hausse les épaules et se justifie comme elle peut :

— Ma fibre cuisinière ne se réveille qu'à Puertoculto.

Impossible de lui en vouloir, pourtant ; la soupe de poisson est excellente. La chair est tendre, les racines fondantes et les tranches d'ananas juteuses. Le lait de coco est si doux et onctueux que j'en gémis de plaisir. Dolorès, Leahonia et Palben se moquent de moi et je m'efforce de ne plus laisser exploser mon contentement de la sorte en finissant la soupière.

— Quel appétit ! s'exclame Leahonia.

— Il faut la comprendre, avoue Dolorès. Chez moi, la cuisine, ce n'était pas le grand luxe.

— Chez toi ? Tu habites où ? Depuis combien de temps tu gardes Nolwenn prisonnière ?

— Dans la baie, de l'autre côté de l'île. Et ça fait deux semaines.

— Deux semaines ? Et tu n'as pas réussi à t'enfuir, Nolwenn, avec tes super-pouvoirs ?

Elle me prend au dépourvu. Je réponds sans réfléchir :

— Pourquoi je voudrais m'enfuir ? Je m'amuse bien, moi.

Leahonia éclate de rire. Elle se donne une grande claque dans le genou en s'écriant :

— Ah, ah ! Je le savais ! Vous deux, en vrai, vous êtes copines. Pas vrai ?

— Leahonia, soupire Dolorès.

— T'inquiète pas, va, la rassure la petite. Je ne dirai rien. Pas vrai, Palben, qu'on ne dira rien ?

Son camarade approuve par cinq hochements de tête enchaînés à toute vitesse.

— Bon, dit Leahonia en se relevant. Merci pour le repas Dolorès. C'était super bon. Maintenant, excusez-nous, on a des trucs à faire.

— Des trucs ? demande Dolorès.

— Oh, rien de méchant, t'inquiète pas. On va faire une petite promenade dans les bois, pour digérer tout ça.

— Ça pue l'épreuve de courage, votre affaire.

Leahonia se pince les lèvres. Son ami Palben essaye comme il peut de rattraper le coup :

— Pas du tout, on va chercher des nootaks.

Dolorès hausse les sourcils, le sourire aux lèvres. Moi, pour le coup, je n'y comprends rien.

— Bonne chance, les enfants, lance Dolorès. Et si vous en trouvez un, surtout, je veux des preuves.

— C'est quoi des nootaks ? je demande.

Leahonia a mis les mains sur ses hanches. Elle se laisse emporter.

— Comment ça, Dolorès ? Tu ne crois pas que les nootaks existent vraiment ? Mon arrière-grand-père en a vu un, pourtant. Il l'a écrit dans son journal de bord. Tu crois que mon arrière-grand-père était un menteur, peut-être ? Il a même fait un dessin !

— Oui, je suis au courant. Les villageois, ils disent que ton ancêtre a rencontré un gros hamster et qu'il s'est monté la tête avec une histoire d'animal fantastique.

— C'est quoi un nootak ? je demande, encore.

— Un animal très spécial, me répond Leahonia. Il est capable de changer de forme un peu comme il veut. Le problème, c'est que depuis mon arrière-grand-père, personne n'en a plus vu un seul se transformer. À cause de ça, les gens s'imaginent qu'ils n'existent pas.

— Tu m'excuseras, lâche Dolorès. J'ai beaucoup de respect pour ta famille, mais après avoir passé des semaines à courir après des yōkai au Japon, j'en ai un peu par-dessus la tête des créatures de légende.

Leahonia nous tourne le dos. Les enfants courent en direction de la jungle. Dolorès et moi restons près du feu jusqu'à ce qu'il s'éteigne.

Leahonia n'est pas encore rentrée quand nous nous installons sur le futon pour la nuit. Dolorès m'a attachée dans la chambre le temps d'aller prendre sa douche. Puis elle a surveillé la porte de la salle de bain pendant que je prenais la mienne. Contrairement aux douches des lotissements dans la baie, il y a un pommeau ici, mais le manche est rouillé et les jets partent dans tous les sens. Après avoir bataillé pour coincer le pommeau sur son socle et gesticulé dans tous les sens pour éviter de me prendre un jet d'eau dans les yeux, je suis sortie de ma douche aussi fatiguée qu'après un combat au corps à corps. Dolorès s'est moquée de moi parce que mes cheveux humides ne tenaient pas en place, puis elle les a séchés pour ne pas mouiller le futon.

Ce soir encore, après m'avoir libéré les mains, elle empoigne sa dague et passe ses bras autour de ma taille. Je lui demande :

— Ce n'est pas suspect si tu me détaches pour la nuit ?

— Non. Leahonia a déjà compris de toute façon.

— Elle est gentille, je trouve.

— Oui.

— Tu ne crois vraiment pas que les nootaks existent ?

— Quelle importance ? S'ils sont aussi extraordinaires qu'on le dit, j'espère bien que plus personne ne les trouvera jamais. Être extraordinaire, dans ce monde-ci, c'est un fardeau.

Je sens ses cheveux glisser dans ma nuque. Je déglutis.

— Tu n'as pas prié, ce soir.

— Non. J'ai besoin d'un peu de répit, des fois. Les dieux aussi, je suppose.

Il fait noir dans la chambre. À travers les stores abîmés et l'épaisse moustiquaire, j'entrevois le ciel profondément noir, quelques points qui scintillent au loin, et les flammes au large qui remuent et s'affaiblissent le long du port.

— Dolorès ?

Elle ne répond pas. Son pouls s'accélère, je sens son cœur cogner dans sa poitrine contre mes côtes et des plaintes commencent à sortir de sa bouche entre deux expirations. Le cauchemar est revenu.

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Le texte ; les choses.
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Dans le domaine des arts plastiques, Arman, grâce à ses "Accumulations", mettait l'objet en situation afin de le désigner comme extension, prolongement de l'humain. Tàpies, quant à lui, en faisait l'inscription du temps à même la matière.
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"Le doux paysage serein, propre et lumineux qui doit exister derrière les choses."
("L'extase matérielle").
Car le sens est à trouver partout, indéfiniment, les choses disposant tout contre nous leur langage secret. Celui, par exemple que Paoli, dans "La fièvre", fait tenir à un objet du quotidien, l'explorant sous toutes ses coutures :
"...il fallait se retirer dans une pièce pleine d'une pénombre sacrée, s'allonger sur un lit, et là, jouer, jouer à tout prix au jeu de l'être : avec une boîte d'allumettes, par exemple...".
Surgissement, à partir du simple, du menu, de l'insignifiant, d'une perspective ontologique dont l'homme ne saurait faire l'économie qu'en acceptant de vivre sur le mode du "on", de l'inauthentique.
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