Chapitre 1 : Braise

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Chapitre 1

Braise

Il pleuvait. Braise gémissa. Elle avait mis son sac au-dessus de sa tête, pour se protéger, mais l’eau le transperçait et ses affaires devaient être trempées. Elle se réfugia sous le porche d’une maison pour ouvrir son sac et vérifier les dégâts. Ouf ! Heureusement, ses manuels n’étaient pas mouillés, juste humide, car les protèges cahiers en plastique les avaient protégés. En revanche, son livre n’avait pas eu cette chance. Terre Brûlée, l’Epreuve, livre 2 était ruisselant, presque comme une éponge. L’encre coulait, les mots étaient illisibles.

Braise leva les yeux vers le ciel et fit la moue. Ce n’était pas la première fois qu’une pluie aussi violente éclatait. Parfois, ils avaient de l’eau jusqu’aux cuisses ! Mais dans ces cas-là, la météo prévenait, pas comme maintenant. Cette averse l’avait prise par surprise alors qu’elle rentrait de la fac de droit où elle étudiait depuis déjà quatre ans. A quinze ans, le bac en poche, la plupart des écoles de droit lui avaient proposé une place, mais elle avait choisi la plus proche de chez elle.

Braise n’avait pas d’amis, et elle sortait très peu, seulement pour aller à la médiathèque. Elle détestait le contact humain, elle ne touchait jamais les mains qu’on lui tendait. Vue de l’extérieur la jeune fille de 15 ans semblait froide et asociale.

Les seules personnes qui pouvaient franchir la barrière mentale qu’elle s’était forgée, c’était les enfants. Quand elle les voyait, son cœur se réchauffait et elle leur souriait sous son masque antipollution. Alors les parents, la croyant folle, éloignaient leurs enfants, et partaient dans la direction opposée.

Car tout le monde la prenait pour une dingue. Mis à part sa famille, on la voyait comme une anomalie, une erreur de la nature. Sa cousine Cassie lui disait qu’ils étaient jaloux de son intelligence, mais elle ne la croyait pas.

Alors, souvent, Braise allait voir l’asile de fous d’à côté, en se pensant à sa place. Là-bas, elle avait rencontré une dame, la trentaine, qui restait souvent à l’écart des autres. Souvent, la dame se figeait, et répétait sans cesse : « La théière est vide, les grands n’ont pas le remède... Saphir, nous devons sauver Saphir !... » Puis, elle se rendormait, et devenait muette.

Braise ne comprenait rien à rien, mais elle s’en fichait. Elle savait qu’un jour, elle serait comme elle. Incomprise et brutalisée. Sauf qu’elle ne parlera pas de théière à longueur de journée. Ou, du moins, elle l’espère.

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Adrien de saint-Alban


J'aime chiner dans les brocantes, chercher l'objet qui n'existe pas mais dont je suis pourtant certain qu'il existe dans un coin de mon cerveau. Cet objet qui me pousse à faire des kilomètres pour aller à sa rencontre. C'est un livre poussièreux que je ne lirai peut être jamais. C'est cette vieille guitare encore neuve qui finira de me convaincre à la musique ou alors ce DVD d'un vieux film oublié mais ravira mon coeur de cinéphile. Bref, pour moi, une brocante c'est avant tout une rencontre et une invitation au voyage. Un voyage dans le temps. Vous entrez dans une vaste machine à remonter le temps. Ce voyage vous prendra toute la journée et quand vous en sortirez,vous aurez en main le témoin de ce qui aura été votre périple dans le passé. Vous en sortirez heureux, prêt à revenir dans le quotidien du présent, douleureux et inquiétant.
Je vis seul avec mon chat.
Je m'étais fait un petit plaisir. Oh, un si petit plaisir ! Rien de plus banal et simple qu'un jeu vidéo. Je me suis offert un jeu de foot dont personne ne voulait. Il était neuf.
Oui, un jeu vidéo, pourquoi pas?
J'avais une console qui prenait la poussière. Elle était lasse de ne plus servir à rien. Et moi j'étais fatigué de jouer seul les dimanches après-midi.
La mélancolie des dimanches. La pluie fine chante par terre et sur les feuilles des arbres. Moi, je reste planté là, devant la grande fenêtre de mon salon à attendre. Le chat dort sur le sofa. Attendre quoi ? Qu'il se passe quelque chose dans ma vie qui s'écoule tel un fleuve tranquille que rien ne vient perturber.
Ma console est là dans son meuble à me regarder. Va-t-il se décider, ce con, à introduire quelque chose dans la fente, se dit elle ? Je veux reprendre du service. On m'a condamnée au chômage sans raison que celle de rendre las ceux qui jouent.
Je déteste le foot. Il n'entre plus dans mon imaginaire de lycéen depuis longtemps. La faute à qui ? La faute au fric. J'étais pourtant un passionné pendant mes jeunes années. Une communion d'esprit me liait au destin heureux ou malheureux de ces dieux adorés de ma jeunesse. J'en ai vu des regards baignés de larmes chez mes copains de lycée. Des larmes de joie. Des larmes de rien. Des visages fatigués des nuits blanches en série. C'était un bonheur infini de voir, de refaire les matchs et en disséquer la trame le lendemain dans des discussions interminables avec les potes. Les filles étaient à l'écart pour un moment.
Comment peut on détester avec le dernier ressentiment ce que l'on a aimé avec passion ?
Ayant déchiré le cellophane, je pris le disque et l'insérai dans ma console laquelle, enfin, se mit à rugir de plaisir. J'entendais son râle de satisfaction. Depuis qu'elle attendait cette belle et douce pénétration. Le moment est venu.
Le jeu démarre...
Maintenant, je joue, seul devant mon écran. Le chat dort toujours. Je sélectionne des équipes adverses. Je suis seul et je fais ce que je veux, jouer comme je veux. Sans règle, sans loi.
L'idée de marquer contre mon propre camp m'effleura l'esprit. Aujourd'hui, pour commencer ce sera l'équipe du PSG contre l'équipe de Marseille. A tout seigneur tout honneur. J'aime foutre la merde, ça va ruer dans les brancards. Je m'en fous. Je suis tout seul.
Le match commence...
Un tumulte grandiose s'éleva dans les airs lorsque mon premier but contre mon camp fut marqué. C'étaient des mouvements de colère. Des grondements lourds et sonores s'élevèrent au dessus du stade bondé de monde et se perdirent dans le ciel bleu. Dès mon deuxième but marqué contre mon camp, à nouveau un tumulte géant secoua la foule, comme le cri d'un volcan pour laisser éclater sa joie ou sa douleur. Mon plaisir était sans limite. Un plaisir jouissif. A chaque but marqué, c'était une bouffée de sang chez le commentateur qui commençait à s'énerver sérieusement. L'arbitre ne savait plus où donner de la tête. Le peuple du football s'agaçait à me voir marquer contre mon camp. J'étais un traître à ses yeux. Les insultes fusaient. Ce fut tour à tour des crachats, des jets de bouteilles qui sortirent de l'écran et qui atterrissaient dans le salon. Mais mon plaisir était tel que rien ne m'arrêtait. Je continuais sans le moindre remords à jouir de mon plaisir égoïste, à envoyer dans les filets, ceux de mon camp, des boulets de canon à la vitesse de la lumière qui allaient mourrir au fond des buts. Et c'était à chaque fois des cris, des vociférations de colère, des hurlements d'indignation contre cet hérétique qui marquait contre ses propres équipiers et qui semblait en tirer un plaisir indécent.
Soudain, alors que je venais d'envoyer mon onzième but dans les filets de mon équipe, une chose inattendue se produisit. Une chose incroyable devait m'occire si je ne m'étais pas esquivé à temps. Une horde de sauvages sortirent de l'écran. Une horde de hooligans, mal rasés, déterminés et en colère, se jetèrent hors de la télé une bate de baseball à la main, prêts à en découdre avec ce type qui avait la manette rebelle. Ils en avaient assez de mes bêtises de grand enfant. Ces supporters ne supportaient plus qu'à chaque ballon dérobé à l'adversaire, il finisse sa course dans les buts amis. Ils n'en finissaient pas de sortir de la télé pour me tomber dessus comme un seul homme et ainsi avoir ma peau de salaud, ma peau de sale traître. J'ai failli y rester. Je devais mon salut à ma réactivité, à mon flegme .
J'ai fui aussi vite que possible, sans demander mon reste.
Sans même me poser la question si cette chose était possible ou pas. Comment se faisait il que des gens puissent sortir de la télé armés d'une bate de baseball et s'attaquer à un honnête citoyen qui voulait jouer à un jeu qu'il avait payé de son argent, un jeu dont il disposerait comme il l'entendait ? Des gens en chair et en os qui ont voulu m'ôter la vie à coup de bate parce que je n'étais pas d'accord avec eux. Je voulais jouir de ma liberté de consommateur. Je voulais marquer contre mon camp. J'aime cela. Ce n'est pas un crime de marquer contre son camp. En politique vous êtes exclu de facto. Mais là, ce n'était pas de la politique. Ce n'était qu'un match de foot. L'esprit de corps était de rigueur. Mais je n'avais pas cet esprit de corps.
Le fascisme à l'état pur. Le football est un fascisme. Le sport en général est un fascisme. Un fascisme dès lors qu'il est arraché à sa finalité première, procurer du plaisir à celui qui le pratique et non enrichir les poches de ceux qui en tirent des intêrêts d'argent.
J'eu le temps de m'extirper du salon, sortir de ma maison et crier "au secours des ânes bâtés, des hooligans veulent me tuer !" .
Seul un chat - le chat du sofa peut-être ? - qui traversait la rue entendit mes plaintes, me fixa de ses yeux mystérieux et fit pivoter ses oreilles en se demandant si je n'avais pas fumé la moquette.
Je regardai autour de moi comme pour me rassurer de ma rationalité intacte. Je ne distinguai rien qui puisse me démontrer que j'étais fou. Puis, après avoir avalé un grand bol d'air frais et, me demandant si le chat n'avait pas raison et que finalement je perdais la mienne, je finis par regagner mes pénates, revenir chez moi. Enfin, ce que je considérais comme chez moi jusqu'à ce que...
La télé était éteinte. Rien n'avait bougé dans le salon. Le chat dormait toujours sur le sofa. Un jeu vidéo était posé sur la table basse encore enveloppé dans son cellophane avec le prix dessus, 49.90 euros.
Une bouteille de whisky trônait sur la table basse, vide. Dans le lit, à moitié bouleversé, l'image de Sybille qui dormait encore de son sommeil paradoxal, mit remit brusquement en mémoire les frasques de la veille.
Le lendemain, je retournai au micromania du coin et je remis le jeu dans les mains du vendeur qui me l'avait conseillé.
Je n'ai pas eu le courage de l'ouvrir.
Oui, le football est un fascisme.

Adrien de saint-Alban
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Défi
LadyGresham
*Bruit de notification* - Message lu.
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Je tiens à préciser que le @ mentionné, comme l'histoire, à été inventé.
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Défi
Nicolas Raviere
Marathon Poétique 10/52


Encore un petit poème en prose cette semaine.
1 des 7 poèmes que j'ai écrits cette semaine pour le marathon. Les autres seront publiés plus tard.
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