Chapitre 13 - Alec

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Après le passage de Kate, j'ai appelé le salon de tatouage pour demander une journée de repos. Tyler a été compréhensif. Heureusement car elle m'a foutu la tête à l'envers.

Il faut que j'aille à la douche avant de retrouver Hailey. Je ne supporte pas de l'avoir laissé dans cet état. Il est temps que nous ayons une discussion.

Une fois propre et habillé, je regarde mon téléphone et voit que Betty a essayé de me joindre à cinq reprises. Chose plutôt étrange. Je la rappelle immédiatement. Elle décroche après deux sonneries.

— Betty ? Tu as essayé de m'appeler ?

— Oui la police cherche Hai' pour un complément sur sa déposition, mais elle ne répond pas à son téléphone. Tu peux me la passer s'il te plaît ?

Comment ça, lui passer Hailey? Je ne comprend vraiment rien à ce qu'il se passe, mais un mauvais pressentiment me compresse la poitrine.

— Betty, je ne comprend rien à ce que tu me racontes. Hailey n'est pas ici, lui avoué-je.

— Comment ça ?

Je perçois une pointe d'angoisse dans sa voix.

— On l'a laissé il y a une demi-heure devant ton immeuble ! s'énerve-t-elle.

— Elle n'est pas passée. Kate est venue me faire chier et je l'ai dégagé, mais je ne l'ai pas vue.

Mon cerveau réfléchit à vive allure. Et si elle avait croisé Kate ? Cette dernière serait bien capable du pire.

Je commence à vraiment stresser.

— Je sors et je vais la retrouver ! Envoie moi son numéro de téléphone s'il te plaît.

— Ok, il faut que tu saches qu'elle prenait de la coke là bas, j'ai peur qu'elle fasse une connerie.

Sa voix se casse sur la fin de sa phrase.

Je raccroche sans attendre. Il faut que je me dépêche. Je prend mon cuir et descend jusqu'à ma caisse.

Une fois le moteur en route, je roule à faible allure pour regarder chaque rue, chaque ruelle, chaque recoin.

Quand je pense à Hailey en train de se faire un rail, ça me fout les nerfs ! Ils l'ont vraiment bousillée !

Enfoirés !

Plus je me dirige vers les bas quartiers, plus mon angoisse monte, au point d'en choper des crampes d'estomac. Les mains crispés sur le volant, la mâchoire serrée, ma tête tourne de gauche à droite et de droite à gauche, espérant retrouver rapidement celle que j'aime.

Car oui, cette nuit j'en ai pris conscience. Ce n'est pas que de la culpabilité que je ressens pour elle. Et pour une fois, penser aux sentiments que j'éprouve à son sujet ne me fait plus peur. Bien au contraire. Une chaleur de propage dans ventre quand je pense à ma douce.

J'aperçois au loin un groupe de filles d'une quinzaine d'années. Je me gare à leurs côtés pour leur demander s'ils n'auraient pas vu Hailey et leur tend mon téléphone pour leur montrer une photo d'elle.

— Et tu nous donnes quoi si on te dit où on l'a vu ? me demande une des nanas.

Je n'ai pas le temps de réfléchir et sort cinquante dollars de mon portefeuille.

— Si tu l'as vraiment vu, je te file ce billet.

Elle regarde ce que je tiens entre mes deux doigts. Elle me lance un sourire en coin, s'approche de moi, attrape le bifton que je ne lâche pas. Elle me montre une ruelle derrière elle et je lui lâche l'argent. Je coupe le moteur de ma caisse, en y descend rapidement en filant vite dans le coin sombre montré par la gamine.

Quand je vois des pieds dépassés d'une poubelle, mon cœur rate un battement. Je me met à courir et tombe sur Hailey allongée à même le sol, des rats non loin d'elle. Elle ne semble pas les remarquer alors que je ne vois que ça.

Rassuré de l'avoir retrouvée, je m'abaisse vers elle et l'interpelle.

Ma blonde lève sa tête et son regard plonge dans le mien. Ses yeux dilatés brillent un quart de seconde avant de s'assombrir.

— Qu'est ce que tu fous ici ? Tu ne devrais pas être avec ta fiancée qui attend ton bébé ? me crache-t-elle avec dédain.

Un quoi ?... Qu'est ce que c'est que ce bordel !

Je souffle et ferme les yeux pour me calmer.

— Hailey, je ne suis pas fiancé et je vais encore moins être père ! C'est complètement absurde.

— Oui bah t'as qu'à voir ça avec TA nana ! Fous moi la paix Alec ! s'énerve-t-elle.

Putain ! Kate l'a bien croisé ! Et elle ne lui a dit que de la merde ! Va falloir que je remette les pendules à l'heure.

Je ramène mon attention sur Hailey qui est pleine de mimique étrange et ne fait que frotter son nez.

Ok elle est défoncée.

Je me rend compte que ça ne sert à rien de parler quand elle est dans cet état là, alors autant la ramener chez moi le temps qu'elle redescende.

Sans attendre, je l'attrape par la taille et la lève pour l'installer sur mon épaule. Elle réagit avec plusieurs secondes de retard puis commence à se débattre tout en m'insultant de tous les noms.

Je me dépêche de retrouver ma voiture. Après l'avoir déverrouillée, je la dépose aussi délicatement que possible la tigresse puis referme derrière elle. Je me positionne rapidement derrière mon volant. Je la regarde, elle semble s'être calmée.

— Ma puce, attache toi, je t'amène chez moi.

Je chuchote presque, de crainte d'effrayer l'animal sauvage qui a pris possession de son corps.

— Pfff tu fais chier Alec.

Je hausse un sourcil. C'est bien la première fois que je l'entend jurer.

J'envoie un message à Betty pour la rassurer

[Je l'ai retrouvé. Je l'amène chez moi. Préviens tout le monde. Elle n'est pas en état de voir les flics]

Je n'ai pas le temps de reposer mon portable qu'il vibre.

[Merci Mon Dieu]

[Appelle moi Alec ;) ]

Je repose mon téléphone et démarre ma caisse.

Une fois dans mon appart, Hailey ne m'oppose aucune résistance quand je la conduis dans la salle de bain.

— je vais te chercher un t-shirt et un caleçon. Tu iras te doucher comme ça.

Elle me fixe d'un regard troublé. Il faut avouer que de la voir chez moi me perturbe tout autant. J'ai imaginé maintes fois de la trouver dans ma douche, mais jamais dans cet état là. Malgré moi ma queue commence à durcir et je me force à sortir de la pièce avant que cela ne devienne vraiment gênant.

Une fois dans ma penderie, je lui chope un t-shirt à l'effigie du shop où je bosse et un short le plus petit que j'ai. Une fois mon bonheur trouvé, je sors de ma chambre.

Je toque à la porte, mais aucune réponse ne me parvient. Mon sang ne fait qu'un tour, j'ai des sueurs froides, mon ventre se tord. Fou d'inquiétude, j'entre sans plus attendre ?

J'espère qu'elle n'a pas fait une overdose ou un truc du genre !

Mais une fois entrée le son de l'eau de la douche me parvient. Mon regard se porte automatiquement sur la cabine de douche.

Mes yeux s'écarquillent et je reste figé en voyant le corps nu d'Hailey. L'eau ruisselle sur sa peau laiteuse. Ses seins rond pointent vers le haut. J'ai envie d'attraper ses tétons avec mes dents, de les taquiner de ma langue.

J'ai chaud. Très chaud.

Mon regard descend sur ses fesses rebondies. J'ai de suite envie de les agripper de mes mains et de coller son corps tout contre moi.

Merde, je pourrai en jouir comme un ado dans mon futal.

Je me reprend, secoue la tête pour me rafraîchir les idées. Je dépose à la hâte les vêtements sur le rebord du lavabo et ressort avant de faire une connerie.

Je suis sur mon canapé, une bière à la main lorsque la porte s'ouvre sur une Hailey habillée de mes fringues. La voir comme ça me fait bander instantanément.

J'essaie de remettre ma queue discrètement en me remuant.

Elle s'assied à mes côtés tout en baissant la tête. Elle n'ose me regarder dans les yeux.

Une atmosphère lourde pèse sur nous.

Je décide de briser le silence et lui prend sa main dans les miennes. Tout en lui caressant la paume, je lui dis doucement :

—Qu'est-ce que tu as Hailey ?

Son regard me sonde un instant sans que rien ne sorte de sa bouche. Je reprend alors :

— Ma puce, tu ne peux pas disparaître à chaque fois que quelque chose te tracasse. Il faut que tu nous parles. Nous étions mort d'inquiétude. Tes parents, Betty, moi.

Ma voix se brise sur le dernier mot.

Une larme roule sur sa joue que je m'empresse d'effacer de mon pouce. Elle love son visage dans le creux de main. Ses yeux se ferment comme pour profiter de la tendresse du geste. La voir si fragile en ce moment brise en moi les doutes qui pouvaient subsister quant à mes sentiments pour elle.

Mon autre main se pose sur son autre joue pour prendre son visage en coupe.

— Hailey, regarde moi.

Elle s'exécute après quelques secondes. Ses prunelles expriment tant de souffrances, de non-dits. C'en est trop pour moi, mes lèvres foncent sur les siennes. Malgré l'urgence qui brûle dans mes veines, mon baiser est doux et passionné. Il est la promesse d'un avenir meilleur. Un futur dans lequel je veux être présent à la protéger envers et contre tous.

J'éloigne ma bouche à contre cœur de la sienne. Mon pouce caresse ses lèvres gonflées de plaisir. Il faut que je prenne sur moi, je serai bien capable de lui faire l'amour sur le canapé, là, tout de suite. Mon front appuyé sur le sien, je m'enivre de son odeur.

— On va y aller doucement Hailey. Je ne veux pas te brusquer.

Elle acquiesce d'un léger signe de tête.

— Betty m'a dit qu'elle t'avait laissé en bas de chez moi, tu veux bien me dire pourquoi tu n'es pas monté ?

Elle se lève du canapé. Je sens qu’elle remet une distance entre nous, mais sans que je sache pourquoi. Ça me rend fou ! Elle se dirige vers la baie vitrée, son regard porte au loin. Je la rejoins et je pose mes doigts sur ses hanches. Je la sens frissonner sous le tissu qui les recouvrent.

— Parle-moi ma puce, la supplié-je.

Elle se retourne vers moi, mes mains glissent sur elle et se positionnent directement sur sa taille. Ses yeux me dévisagent, son regard se fait suppliant.

— Est-ce que tu as une fiancée ?

Je la fixe et lui dit :

— Ecoute bien ce que je vais te dire Hailey. Et après tu répondras à mes questions.

Elle valide de la tête.

— Je suis ici, avec toi. Je ne vais pas te mentir, en trois ans j’ai eu quelques aventures, mais rien de sérieux. Je n’ai jamais été amoureux. Il y a de la place pour une seule personne dans ma vie. Et cette personne est devant moi.

Ses yeux se brouillent, je lui prend ses mains dans les miennes, et poursuit :

— Depuis ce jour où je suis rentrée dans cette classe, il n’y a eu que toi. Tu as volé mon cœur, par je ne sais quel miracle. Mais je le sais, là.

Je pose ses mains sur ma poitrine.

— Tu sens comme il bat vite ?

Des larmes coulent à nouveau sur ses joues. Je m'empresse de les effacer en les embrassant, une à une. Ma bouche emprisonne la sienne, pour un baiser emplie de tendresse. Je veux lui montrer tous les sentiments que j’ai pour elle, et même si je suis de plus en plus dur dans mon pantalon, je ne veux pas aller trop vite.

Je m’arrache à elle, lentement, mon regard lui exprime tout l’amour que j’éprouve.

— Pourquoi tu n’es pas monté ?

Elle semble hésiter alors je lui dépose un bisou chaste. Tout en me détaillant de ses émeraudes, elle me répond enfin :

— J’ai rencontré Kate dans le hall de l’immeuble.

J'en étais sûr !

Va falloir que je lui réexplique ma façon de penser. Surtout que c’est pas une petite connerie de rien du tout, ça aurait pu finir super mal ! Je fouraille mes mains dans mes cheveux de colère.

— Qu’est-ce qu’elle t'a dit ?

Elle me regarde déçue.

— Donc tu as bien quelqu’un, fait-elle en se détachant de moi et en reculant d’un pas.

La distance qu’elle impose m’est insupportable.

— Eh ? Je t’ai dit que je n’avais personne, c’est vrai. Kate a du mal avec le fait que je l’ai largué. Elle n’a jamais supporté que mon esprit était tout le temps tourné vers toi. Donc non je n’ai que toi, pas de bébé non plus. Peut être plus tard, mais j’ai le temps avant de penser à ça.

Elle marque un temps d’arrêt pendant lequel sa respiration s’arrête et son regard devient vide. J’essaie de percer ses pensées, en vain.

— Qu’est ce qui se passe ? Pourquoi avoir pris de la drogue ?

Elle se reprend, et va s'asseoir sur le canapé, je la rejoins et m’assied juste à côté d’elle.

— Je dois te dire certaines choses, avant que nous ne démarrons une quelconque histoire.

Et là Hailey me raconte tout son calvaire, des viols, la prostitution, les coups, le club, ses tortionnaires, le chirurgien qui l’a rendu stérile et la drogue qu’elle a commencé à prendre à ce moment là pour tout oublier, son IST¹. Tout y passe. Au fur et à mesure de son récit, je ne l'interrompt pas une fois. Mes phalanges sont blanches tellement je sers mes poings. J’ai envie de tout cassé, je fulmine tellement qu’à la fin de son récit, je me lève d’un coup sous son air ahurie.

Je fais les cents pas dans mon salon, puis je me dirige vers la cuisine, je vais pour me servir une bière, mais je la repose. J’ai besoin de quelque chose de beaucoup plus fort. Je me sers un verre de whisky que je bois cul sec, et m’en reverse un qui finit de la même façon.

Putain quelle merde !

Je me calme un peu, sors deux petites bouteilles d’eau et retourne dans le salon.

Hailey évite mon regard tout en prenant la bouteille que je lui tend.

— Désolée Hailey. C’est à cause de moi tout ça, si je ne t’avais pas raccompagné …

Ma voix se brise et ma belle blonde, me fait à nouveau face.

Son regard à l’air en colère.

— Alec ! gronde-t-elle.

Je la regarde stupéfait.

— Ce n’est pas de ta faute, je serais rentrée seule, le résultat aurait été le même. Pour les avoir côtoyer ces dernières années, ils ne m’auraient pas laissé passer sans agir. Je ne regrette pas du tout ce qu’il y a eu entre nous ce soir là, rajoute-t-elle un sourire éclairant son visage.

Je bois une gorgée en essayant d’assimiler tout ce qu’elle m’a dit.

Je remarque par la même occasion, que le soleil s’est couché. Un coup d’œil sur mon téléphone et je m’aperçois qu’il est dix-neuf heure trente passé.

Elle se rapproche de moi, ses yeux sont sombres. Sa main sur ma cuisse, sa bouche qui effleure la mienne, son odeur qui chatouille mes narines.

— Embrasse moi Alec. Fait-moi tout oublier.

Et sans plus attendre je me jette sur elle. Mon baiser se fait plus impétueux, urgent. Je passerai ma vie entière s’il le faut à lui faire oublier ces trois années de malheur.

***

¹ Infection Sexuellement Transmissible

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