Chapitre 11 - Hailey

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TW : scène violente

***

Deux jours que j’ai revu Alec. Il m'a insufflé, lors de notre dernier baiser, des sentiments que je croyais mort à jamais. Grâce à lui, je me sens vivante, chose que je ne connaissais plus depuis longtemps.

Depuis je passe mon temps à patienter, à essayer de rester la même, de ne pas éveiller les soupçons.

Ça commence à m’angoisser, j’ai beau avoir attendu trois ans dans cette prison, les heures supplémentaires sont une véritable torture.

Assise sur ce qui me sert de lit, je me ronge les ongles lorsque la serrure de ma porte se déverrouille. Le Cerbère entre et en le voyant j'ai des envies de meurtres, de lui arracher les yeux, de le faire souffrir autant que moi j'ai souffert. Il m’étudie longuement et me balance :

— Et bien salope, tu ne veux pas ta dose ?

Me voyant ne pas répondre, il s’avance d’un pas lourd, conquérant vers moi. Ses pas claquent sur le sol. Il s’arrête à quelques centimètres et attrape mes cheveux dans son poing pour me redresser la tête. Je pousse malgré moi un cri de surprise et de douleur. Mon regard est dans le sien, direct, franc, je ne le baisserai plus. Je me sens pousser des ailes. Pendant une seconde ses iris reflètent la surprise, puis ils deviennent noirs de fureur.

— Je t’ai posé une question ! m’invecte-t-il en me giflant.

Ma tête part sur le côté, le bruit de sa main sur ma joue, devenue rouge, résonne dans la pièce. La douleur vibre et s'insinue jusqu'au plus profond de mon être. Les larmes aux commissures des yeux, je les ferme un petit instant, pour les tenir enfermées derrière mes paupières. Je refuse de me montrer faible. Je dois me battre, pour tout ceux qui m’attendent dehors.

Je ne serais plus jamais faible.

Pendant des années, j’ai cru qu’ils m’avaient oubliées ou du moins, qu’ils avaient perdu espoir. La poudre blanche a longtemps été mon échappatoire, mais de savoir que je suis attendue dehors me rend plus forte que jamais.

— Non je n’en veux pas, me forcé-je à répondre d'un ton le plus neutre possible.

Je vois dans ses pupilles devenues orageuses que ma réponse ne le satisfait pas.

Il m’attrape le cou de son autre main et me plaque contre le lit. Je me débats autant que je peux, griffant ses bras, son visage, ses mains. Il monopolise alors mes mains d’une seule poigne. Je commence à ne plus sentir mes doigts tellement ce connard serre fort. Son regard devient lubrique, ses lèvres se redressent en un sourire amoral. Oh non ! Je ne connais que trop bien cet air qu’il affiche. Il me faudrait un miracle, là tout de suite. La dernière fois qu’il ‘a regardé comme ça, je n’ai pas pu marcher pendant une semaine tellement je me suis pris de coups en même temps qu’il me violait.

— J’aime les tigresses, je prendrai encore plus mon pieds pendant que tu te débattras, je sens que je vais aimer me vider les couilles en toi aujourd’hui.

Il s’avance pour me donner un baiser, et lorsque sa langue s’invite dans ma bouche, je la lui mords de toutes mes forces. Le goût de fer dans ma bouche, il me relâche tout en m’assénant son poing dans le visage. L'impact vibre sur ma pommette, la douleur s'insinue immédiatement dans tout mon corps. Je cligne des yeux plusieurs fois pour faire disparaître les étoiles qui sont dans mes yeux. Il s’essuie la bouche du revers de sa main, alors que je crache sa salive et son sang mélangés. Son visage est déformé par la rage, je ne l’ai jamais vu comme ça, et l’inquiétude commence à me prendre. Je ferme les yeux, et les obsidiennes d'Alec apparaissent à moi. Ses mots doux, ses caresses refont surface. Je me sens de nouveau forte, et mon regard droit dans celui du chef de gang, je ne faiblis pas.

— D’accord je ne vais pas être tendre avec toi sale pute ! me crache-t-il tout en déboutonnant son pantalon.

Tout à coup, alors que sa queue est au garde à vous, que j'ai le dos droit contre la tête lit, mes yeux noirs de rage, la porte est défoncée par des hommes en tenues paramilitaire. Tout se passe au ralenti, et lorsque le premier pointe son fusil mitrailleur HK416N sur mon bourreau, je souffle de soulagement, et les larmes que je retenais depuis plusieurs minutes coulent d’elle même sans que je ne puisse les contrôler. La scène surréaliste, défile à présent à une vitesse folle, je suis comme détachée de tout ce qu’il se passe.

Le pantalon toujours baissé, il se retrouve au sol, les menottes aux poignets. Un rictus se forme sur mes lèvres à la vue presque comique de ce qu'il se passe.

C'est lui qui est baisé, pas moi.

À cette pensée, un rire sans joie s’échappe de mes lèvres, de plus en plus hystérique. Je dois ressembler à une folle.

Un des hommes en tenue kaki me pose des questions, mais je suis comme sonnée, mon cœur battant plus vite qu’à l’ordinaire. Je sursaute au moment où l’homme pose une main douce sur mon avant bras ramenant mon esprit engourdi dans la pièce. Ayant mon attention, il me demande à nouveau,

— Hailey ?

J’acquiesce de la tête, ma bouche refusant toujours de s’ouvrir.

— Nous sommes le HRT¹, nous allons vous sortir d’ici. Est-ce que d’autres femmes sont détenues avec vous ?

Je me râcle la gorge, et arrive à dire dans une voix rauque :

— Oui, Kim et Lauren. Dans les chambres à côté.

Il parle dans ce qui semble être une oreillette.

Je balaie la pièce de regard. L'impression d'être dans un film. Cette montagne de muscles, menottée, se faisant bousculer, s'en est presque risible. Une couverture de survie m'est déposée sur mes épaules et mon corps nues et mon sauveur me sort de ce logement.

Assise dans une ambulance, je jette un œil sur l'endroit où j'ai passé les pires années de ma vie. Quelqu'un m'amène des vêtements que j'enfile à l'abri derrière les portes.

Je suis étonnée de voir une maison et pelouse à l'allure bien entretenues, dans ce qui ressemble à un quartier Résidentiel.

Les badauds se tiennent autour du filet de sécurité. La plupart semblent être des mères et pères de famille, estomaqués, par ce qu'ils apprennent sur la maison de l'horreur.

Un infirmier me sangle à un tensiomètre, prend mes constantes. D’où je suis je ne peux pas entendre la rumeur de la foule qui enfle. Des véhicules du FBI arrivent en plus, et je crois défaillir en apercevant mes parents en sortir. Je coiffe mes cheveux avec mes doigts pour essayer d’être un minimum présentable. Mon ventre se serre d’angoisse. J’espère tant que mes parents m’aiment toujours. Que la jeune fille que je suis devenue ne les rebutera pas.

Nos regards se fixent quelques secondes, ma mère est la première à réagir et se met à courir vers moi, suivie de peu par mon père. Mes larmes qui s’étaient arrêtées il y a quelques minutes, se remettent à couler à flots sur mes joues. Je me lève et saute du fourgon pour lui sauter dans les bras. Le choc de nos corps m’apaise instantanément. Son étreinte est rejointe rapidement par une deuxième paire de bras. Je reconnais l’odeur de soin à barbe de mon père. Je hume leur parfum, me repaît de leur chaleur, je suis enfin entière. Je lève les yeux vers le visage de ma petite maman. Il semble avoir pris bien plus que trois années, il est dévasté, cerné. De nouvelles rides sont apparues sur son front. Je me tourne vers mon papa, et le résultat est le même. Mon dieu c’est moi qui leur ai pris ces années. Il n’a jamais été le genre d’homme à camoufler ses émotions, mais je ne l’ai jamais vu aussi triste et heureux à la fois.

Aucun son ne sort de nos bouches. Nous n’en avons pas besoin. Nous sommes de nouveau ensemble et plus rien ne nous séparera.

Nous sommes interrompus par le médecin qui se racle la gorge. Il nous indique que je vais être conduite à l’hôpital pour un bilan complet. J’acquiesce du menton, mais à l’instant où je vais pour remonter dans l’ambulance, accompagnée cette fois de mes parents, ma vue est attirée par deux obsidiennes qui se tiennent à l’écart. Je souris à Alec qui avance vers moi, les mains dans les poches de son jeans, à mon invitation silencieuse.

Il s’arrête à deux mètres de moi, mais je comble la distance en quelques pas jusqu’à ce que mes pieds, restés nus, touchent ses Vans. Il me lance un sourire timide. A ce moment, je ne sais plus comment réagir face à lui. Que sommes nous l’un pour l’autre ? Que représente ce qu’il s’est passé dans le club, cette alchimie que j’ai ressenti. En a-t-il été de même pour lui ?

Perdue dans mes pensées, je ne me suis pas rendue compte qu’il venait de me parler et à son air interrogateur, il attend une réponse.

— Merci Alec, lui soufflé-je en un soupire.

— Je te l’avais promis Hailey, et je tiens toujours mes promesses. Je voulais savoir comment tu te sentais. J’aurais aimé qu’ils te libèrent plus tôt, dit-il en montrant de la tête l’unité d’élite. Ça m’a rendu fou, si tu savais.

Son visage soucieux edt rongé par la culpabilité

À cet instant j’ai envie de le prendre dans mes bras, de l’embrasser, de plonger mes doigts dans ses cheveux noir de jaie. De ressentir les mêmes choses qu’il y a quelques jours, ces sensations qui me rendaient vivante. Mais je me contente de lui prendre ses mains dans les miennes.

— Ce qui compte c’est le résultat. Je suis libre et c’est grâce à toi. Je ne saurais te remercier comme il se doit, mais je ne l’oublierai jamais, sois en sûr.

Ma bouche s’est avancée vers la sienne au fur et à mesure de mes paroles, comme aimantées. Au moment où je vais pour déposer mes lèvres sur les siennes, le docteur m’interpelle au loin pour me dire que l’ambulance doit y aller. Je me retourne pour lui indiquer que j’arrive. Je reporte mon attention sur celui qui fait battre mon cœur.

— Je dois aller à l’hôpital pour qu’ils m‘examinent.

Il acquiesce en hochant la tête.

— Porte toi bien Hailey.

Une chape de plomb m’écrase le ventre. J’ai l’impression d’avoir rêver cette alchimie que nous avons eu. Je ferme mes paupières pour me donner du courage, les réouvre.

— Au revoir Alec.

Je lui lâche ses mains, me retourne avant qu'il ne voit mes larmes couler, le visage dévasté et avance vers mes parents qui m’attendent.

Je suis libre mais morte à l’intérieur.

***

¹ HRT : Hostage Rescue Team, unité de contre-terrorisme et de libération d'otage du FBI

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