Chapitre 10 - Alec

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Une fois sortis du club, Wyat, T.J et moi, sommes partis directement au commissariat. L’inspecteur Mc Calahan nous a reçu rapidement, et nous a entendus longuement. Nous informant que le dossier sortait de leur juridiction, le FBI a débarqué pour reprendre l’enquête. Après avoir patienté plusieurs minutes seuls dans une salle d'interrogatoire avec une vitre sans teint, sur ce putain de siége qui me fait mal au cul, je suis réécouté par les agents spéciaux Martin et Cruz.

J’en ai plus que marre de répéter encore et encore la même histoire

– Mais putain il faut y aller ! En attendant Hailey se fait prostituer, battre et bien plus ! m’énervé-je quand les deux guignols me posent pour la deuxième fois ce que j’ai vu ce soir au club.

Je me lève de cette chaise inconfortable et commence à faire les cent pas, les poings serrés.

– Calmez-vous Monsieur Smith, me dit Cruz.

Je m’arrête et la regarde. De type portoricaine, d’allure sportive, je la trouve plutôt jeune pour occuper un tel poste.

– Mais vous ne comprenez pas ! Il faut la sauver et vite !

– Bien sûre qu’on le sait, reprend Martin. Seulement nous ne savons rien, pour la sortir de là il faut que nous en sachions un maximum. Une seule erreur peut-être fatale. Donc calmez vous et racontez nous tout dans les moindres détails.

Zen mec, plus vite tu dis tout, plus vite il la libère.

Je souffle d'exaspération tout en me rasseyant sur cette putain de chaise.

Ému de l'avoir contre moi, je me repais de son odeur qui n'a pas changé depuis trois ans. Je lui picore le cou. Je la sens frissonner sous mes coups de langue. Mes mains remontent le long de sa colonne vertébrale. Ma queue frémit lorsqu'un gémissement s'échappe de ses lèvres. Ma bouche se dirige vers son oreille et je lui chuchote,

– Où est-ce que tu es enfermée ?

Elle respire lourdement, son souffle caresse mon visage.

– Je ne sais pas. J'ai les yeux bandés à chaque déplacement.

Mes mains descendent le long de ses fesses. Ma bouche attrape la sienne. Elle mordille ma lèvre et sa langue se met à danser un ballet sensuel avec la mienne. À bout de souffle, elle lâche entre deux baisers chastes

– Belzébuth… Cerbère…

Je la regarde sans rien comprendre. Elle me sourit et mordille mon oreille avant de préciser,

– Le gang Belzébuth. Cerbère le chef.

Je hoche le menton pour lui indiquer que j'ai compris.

Je la redresse légèrement, le doute s'insinue dans ses iris, j'essaie alors de la rassurer comme je peux en lui caressant le dos.

– Je vais aller directement au poste de police. Je reviens vite.

La peur s'empare de son visage.

Putain que j'aime pas ça ! J'ai pas envie de la laisser, mais c'est pas en restant ici qu'elle va pouvoir être sauvée.

Alors à contre cœur, je me redresse, l'embrasse longuement, passionnément, comme pour lui insuffler toute ma force et la promesse de tout faire pour elle, puis je sors de cette pièce le cœur lourd.

Je secoue la tête et inspire profondément.

Il faut vraiment que je me calme sinon on va y passer la nuit et c'est juste inimaginable.

– Comme je vous l'ai dit, on est allé au Steap Devil Lounge pour fêter les fiançailles de Wyatt et Betty entre mecs. Elle dansait sur la barre de pole dance. Pour être sûr que c'était bien elle, j'ai demandé un show privé. Comme on était filmé, on n'a pas pu parler librement, déblatéré-je d'une traite. Elle a juste eu le temps de me dire deux choses, le gang Belzébuth et leur chef c'est Cerbère.

– D'accord, dit Martin qui vérifie ses notes, est-ce qu'elle sait où elle est retenue?

– Non. Ces enfoirés lui bandent les yeux pour les déplacements, pesté-je en me prenant les cheveux dans mes poings.

Martin et Cruz se regardent rapidement et tout en se levant, le second me dit,

– Très bien nous avons tout ce qu'il nous faut. Nous vous remercions Monsieur Smith.

Je me lève à mon tour et avant de sortir je leur demande,

– Est-ce que je pourrais être là quand vous irez la chercher ? Je lui ai promis d'être présent.

Putain je déteste mon ton implorant, mais j'ai beau essayé de cacher un minimum mes émotions, il faut dire que je commence à être à fleur de peau.

– Nous ne pouvons rien vous promettre, dit Cruz tout en se raclant la gorge.

Ok ça veut dire non…

Mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Je tiens toujours mes promesses.

Je soupire et sors de cette pièce. J'ai besoin de marcher et d'une clope. Surtout d'une clope.

Dans le couloir juste avant de sortir, je retrouve mes amis et aperçois les parents d'Hailey. Lorsque nos regard se croisent, ils approchent presqu'en courant jusqu'à moi.

Depuis trois ans, je suis devenu proche des Clarks. Je pensais qu'ils m'en voudraient de la disparition de leur fille unique, mais ça a été tout l'inverse. Ils m'ont accueillis à bras ouvert. Ces personnes ont vraiment le cœur sur la main. Fautes de preuves, et les nouvelles affaires plus… fraîches prenant le pas sur Hailey, l'enquête a été mise de côté par la police. Ils en ont été bouleversés. Avec T.J et Wyatt nous leur avons dit que nous engagions un détective privé et que nous reprenions le dossier. L'espoir est revenu. J'ai toujours essayé de ne pas les décevoir, mais quand nous avons mis le nez la dedans, nous avions bien vu pourquoi c'était au point mort. Pas un témoin, rien.

Merde, comment peut on enlever une personne et tabasser une autre sans que personne ne se rende compte de rien ? Dès le début ça sentait la merde. Maintenant je comprend mieux sachant que le gang est derrière tout ça.

L'angoisse me prend d'un coup. Si ce n'est pour moi, la culpabilité de ne rien avoir pu faire il y a trois ans, il faut qu'on la sorte de ce merdier surtout pour eux.

– Alec ! m'interpelle Keith. Le détective Isha est venu nous chercher, il y aurait du neuf dans la disparition de Hailey. Tu sais quelque chose ?

– Keith, Lisbeth, bonsoir, commencé-je. Oui je l'ai vu et j'ai prévenu de suite la police.

– Mais où est-elle ? me questionne Lisbeth.

Putain je ne sais pas comment leur dire ce que leur fille est obligée de faire. Et je suis sûre que c'est même pire que ce que j'imagine. La peur que j'ai vu dans son regard avant de partir ne me dit rien qui vaille.

– Venez, on va au dinner.

Nous sortons tous les cinq, la tension dans les épaules m'écrase. Mes pieds avancent difficilement, comme attirés par une chape de plomb les empêchant d'avancer.

Une fois tout le monde installé sur les banquettes miteuses et nos boissons commandées, les regards se reportent sur moi.

Keith prend la main de Lisbeth dans les siennes avant de me questionner.

– Alec, dis nous tout mon garçon. Nous sommes préparés à tout entendre.

Sont-ils vraiment prêt à entendre que leur fille adorée, aimante, est obligée de se prostituer, est battue par des enfoirés. Et ça c'est seulement ce que j'ai vu. Que se passe-t-il quand elle est enfermée ? Il y a la vérité que l'on pense pouvoir affronter, mais une fois qu'on la prend en pleine face, est-on vraiment prêt ?

Je les regarde quelques secondes supplémentaires avant de souffler un bon coup.

– Je ne sais vraiment pas comment vous dire ça pour tout vous avouer.

Lisbeth avance son autre main vers la mienne et la serre de ses doigts graciles. Elle me sourit sans joie.

– Nous l'avons retrouvée dans un club de strip-tease, soufflé-je doucement.

– Où est-elle maintenant ? La police est en train de l'interroger ? me demande-t-elle de l'espoir dans la voix.

Je jette un regard vers mes deux potes. C'est l'heure de devoir leur avouer cette affreuse vérité. Wyatt me tapote l'épaule pour me donner sa force. Je réprime un sanglot.

– Non, elle a dû rester là bas, me coupe T.J

Sous les regards interrogateur de ses parents, je poursuis,

– Elle est détenue par un gang, elle ne pouvait pas revenir avec nous. C'est pour ça que le FBI a repris l'affaire. Je suis désolée, finis-je penaud.

Un cri sort de la bouche de sa mère et sa main se crispe sur la mienne, leurs yeux deviennent humide et Keith prend sa femme dans ses bras.

Nous les laissons se repaitre l'un de l'autre.

La météo morose dehors me rappelle qu'il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville¹. Le téléphone du couple sonne et me sort de mes pensées.

– Keith Clarks j'ecoute ? Oui… Oui… Bien-sûr… Nous arrivons.

D'un air est grave, il regarde son épouse et lui annonce que le FBI les attend au poste de police.

***

¹Il pleure dans mon cœur de Paul Verlaine.

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