Chapitre 9 - Hailey

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Acculée dans un coin sombre, tremblante de toute part, je repense à ces obsidiennes que je ne croyais jamais revoir. Combien de fois ai-je rêvé qu'Alec me retrouverait et viendrait me sauver des mains des BelzebuthsÀ chaque fois que l’un des leur mettait ses mains sur moi, me forçait à assouvir je ne sais quelles dérives. À chaque fois que j’ai été vendu à d’autres ou que je devais me déhancher sur cette barre, à devoir supporter les humiliations incessantes. À être considérée comme une marchandise, un vulgaire morceau de viande. Mais le pire a été ce jour où j’ai été charcutée par un pseudo médecin. À force d’abus non protégés, je suis tombée enceinte. Il a fait tellement de massacre dans mon corps que j’ai failli y passer ce jour là. Même si j’ai toujours voulu être maman, je n’en voulais pas dans ces conditions et encore moins de l’un d’eux. Il me l’a arraché du ventre, et bien plus encore. Plus jamais je ne pourrais enfanter. Les suites de l'opération ont été horrible. J’ai souffert de fièvres violentes et d'hallucinations pendant près d’une semaine. J’ai espéré mourir. Oh oui, je l'ai souhaité si fort, mais mes derniers souvenirs heureux, de mes proches, de mon anniversaire ont été mon salut. Et lui. Il m’a sauvé la vie sans même le savoir.

J’entends au loin Flynt cracher mon prénom. Je sais qu’il va me le faire payer, ça plus la coke, mais pas maintenant. J’ai besoin encore de répit avant de l’affronter. Afin qu’il ne me trouve pas, je me cache derrière un portant à vêtements.

Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire ?

Même s’il arrive à m’enlever au gang, comment mes proches vont-ils accepter ce que j’ai pu faire pour survivre ? Je ne suis plus la timide Hailey, je suis une pute accro aux drogues ! Cette vérité atroce me tire à nouveau des sanglots.

La penderie est balancée sur le côté et laisse apparaître le visage rouge de colère de Flynt. Il m’attrape par les cheveux pour me relever et un cri de douleur s’échappe de mes lèvres.

Il me hurle dessus, me plaque contre le mur tout en serrant mon cou de ses grosses mains.

– Depuis quand tu sors de scène en plein milieu du show espèce de salope ! me postillonne-t-il dessus. Tu vas me le payer !

Il est si prêt de moi que je peux voir les vaisseaux sanguins de ses yeux éclatés, ses narines s’écarter sous le coup de la colère, comme un taureau. À cette pensée je ne peux retenir un sourire, qu’il ne rate pas. Il me jette telle une marionnette, sa colère dépassant tout ce que j’ai pu voir jusqu’à aujourd’hui. En glissant au sol mes côtes heurtent violemment une table basse en bois. J’essaie de me lever difficilement, grimaçant de douleurs, mais il revient à la charge. Il se met au dessus de moi, attrape mes mains d’une poigne de fer, et de l’autre arrache mon dessous d’un coup sec. Je me débats comme je peux, mais je suis bien trop frêle pour cette masse de muscles.

Brusquement, son corps est soulevé, j'en profite pour me redresser sur mes avant bras, afin de ramper le plus loin possible de lui et m'assois les genoux repliés contre ma poitrine.

– Arrête un peu tes conneries ! hurle Clay. Tu abîmes la marchandise. Merde !

Je le regarde exaspérée. De la marchandise, ni plus, ni moins, à quoi je m’attendais.

Il se tourne vers moi, comme s’il se souvenait soudainement de ma présence.

– Toi ! Trouve toi un string à te mettre, tu es attendue dans le box deux pour une célébration de fiançailles. Fait tout ce qu’il demande, tu n’as pas intérêt à me mettre encore plus en rogne.

J’acquiesce du menton et complètement sonnée, pars à la recherche d’un nouveau sous-vêtement.

De nouveau en tenue, devant la petite pièce à l'ambiance tamisée, qui donne une intimité toute relative, surtout quand on sait qu'il y a des caméras. Bien souvent ce vieu pervers de gérant lorgne par la porte ce qu'il s'y passe, j'inspire pour me redonner des forces et j'actionne la poignée. J'entre et ferme la porte derrière moi.

Lorsque je me retourne, mes jambes flageolent et je manque de tomber sur le parquet froid en voyant qu'Alec me fait face. Ses yeux plus noirs que dans mes souvenirs, ses cheveux toujours mi-longs mais brossés en arrière. Il est encore plus sexy qu'à ses dix-huit ans.

Je secoue la tête quand je me rappelle que je suis ici pour féliciter comme il se doit le futur fiancé.

Pourquoi il t'aurait attendue ?

Après tout je n'étais qu'une fille de plus dans son tableau de chasse. Cette vérité me ramène quelques années en arrière.

Betty m'a forcé à venir avec elle à la fête de Wyatt et a promis qu'on s'éclaterait ensemble.

Nous sommes arrivées il y a peu de temps et elle est partie nous chercher de quoi boire depuis vingt minutes maintenant. Mais elle n'est toujours pas revenue. Elle a sûrement rencontré quelqu'un en chemin. N'étant pas à l'aise avec la foule, je pars à sa recherche d'abord dans la cuisine, ensuite le salon. Mais pas de signes de vie de ma meilleure amie. Je sors et regarde dans le jardin. Je poursuis ma recherche vers un cabanon en bois un peu plus loin. En entendant des paroles étouffées venant de derrière, je m'y dirige d'un pas sûr. Je m'arrête net quand je vois Alec la tête en arrière, soupirant d'aise, Leean à genoux devant lui.

Je devrais partir sur le champ, mais mes pieds refusent de m'obéir.

Lorsqu'il pousse un râle de plaisir, il ouvre ses yeux, et son regard se porte sur moi. La cheerleader le bouffe du regard quand elle suit ce qui retient son attention, autrement dit moi, elle m'adresse un sourire conquérant tout en s'essuyant la bouche. Reprenant mes esprits, je tourne le dos et m'enfuie à toutes jambes.

Il se lève et s'approche de moi en deux grandes foulées, et s’arrête à quelques centimètres.

– Hailey ? chuchote-t-il

Je baisse la tête, n’osant croiser son regard perçant.

– Putain, ça fait si longtemps qu’on te cherche ! Est-ce que tu vas bien ?

Je le sens me détailler sous toutes les coutures. Soudainement gênée, je croise les bras sur ma poitrine. Il attrape mon menton et relève ma tête. Sa mine défaite, pleine de compassion me met hors de moi. Je ne supporte pas qu’on me regarde avec pitié.

– Est-ce que je vais bien ? craché-je soudainement. Est-ce que j’ai l’air de bien aller ? Tu es là pour quoi ? Te faire faire une dernière petite gâterie par une pute avant de te marier ? Tu es finalement comme n’importe quel mec.

L’incompréhension passe dans ses iris noires. Il passe ses mains d’un geste rageur dans ses cheveux.

– Mais qu’est-ce que tu racontes bordel ?

– On m’a envoyée ici pour faire passer un moment inoubliable à un gars qui vient de se fiancer. Et jusqu’à preuve du contraire tu es seul ici, lui dis-je en balayant la pièce du bras.

– Merde ! Bien sûr que non je ne me marie pas ! Je suis ici pour Wyatt !

– Wyatt ? Qu’est-ce que Wyatt vient faire dans l’histoire ? Lui demandé-je perdue.

– Ce n’est pas vraiment à moi de t’annoncer ça, mais Betty et Wyatt vont se marier.

Je reste stupéfaite. Je me rend compte de tout ce que j’ai pu manquer pendant toutes ces années. Qu’est-ce que j’ai bien pu louper encore ? Cette vérité me fait un mal de chien, mon cœur se déchire. Pourquoi n’ai-je pas pu avoir moi aussi ma part d'insouciance et de bonheur ? Je n’ai pas le temps de m'appesantir plus, que des pas rapides et la porte qui s’ouvre à la volée me font sursauter. Flynt me dévisage hargneusement, puis s’adresse à Alec,

– Cette fille ne fait pas son travail correctement ?

De peur, je me recroqueville sur moi et baisse les yeux. Mon ancien camarade de classe voit mon malaise. Sa mâchoire se crispe, ses poings se ferment. Il reporte son attention sur mon bourreau,

– Non du tout, vous venez de nous déranger en plein jeu, déclare-t-il avec assurance. Si vous voulez bien nous laisser, ça commençait à être très intéressant.

– Très bien, je vous laisse, si vous avez besoin d’une fille en plus, faites le moi savoir.

– Non ça ira très bien avec celle-ci.

Même si je sais qu’Alec joue le jeu, le celle-ci me fait grincer des dents.

– Occupe toi de lui comme tu sais si bien le faire, ajoute-t-il à mon intention.

J’acquiesce, tête baissée, n’osant regarder le garçon de mes rêves. La porte se referme quand mon bourreau s’en va. Que va penser Alec ? Est-ce que je l’écœure ? Je sors de mes pensées quand son corps chaud se colle contre moi et qu’il m’entoure de ses bras réconfortant.

Sa chaleur m’enveloppe et pour la première fois depuis des années, je me sens protéger. Un soupir de bien-être s’échappe de mes lèvres lorsque ses mains me caressent le bas de mon dos. En osant un regard vers lui, je suis étonnée de voir ses obsidiennes refléter une telle tristesse. Un frisson me traverse lorsque ses lèvres s’approchent de mon oreille, il me chuchote alors,

– Je ne sais pas ce qui s’est passé ces trois dernières années, mais je vais te faire sortir d’ici, je te le jure.

Ces paroles sont dites avec tant de convictions, que mon cœur s'accélère dangereusement.

– Alec, commencé-je la gorge sèche, la salle est sous enregistrement, et le gang qui gère le club saura qui tu es si tu fais quelque chose d’irréfléchie. J’ai déjà essayé je peux te l’assurer.

D’ailleurs, il va falloir qu’on joue le jeu si tu ne veux pas avoir d’ennuis.

– Pas grave pour moi. Je ne veux pas que tu fasses ce que l’autre gros porc a dit ! Je ne veux plus que tu le fasses à qui que ce soit !

Je sens ses muscles se contracter de colère sur moi. Je veux me reculer légèrement, mais il appuie sa poigne comme s’il avait peur que je ne m’enfuie.

Je reprend la parole sachant que ce que je vais lui dire va lui déplaire,

– Il faut quand même que je te fasse un show, sinon …

J'hésite à finir ma phrase, je ne sais pas comment il pourrait réagir s’il apprenait vraiment les sévices que j’ai pu subir.

– Sinon quoi Hailey ? Qu’est-ce que ces connards font si tu refuses ?

Sa voix rauque est lourde de sens. Je le regarde dans les yeux, émeraudes contre obsidiennes.

– Sinon je serai battue, lui dis-je d’une voix franche.

La lueur dans ses iris irradient de fureur, encore plus noirs qu’à l'accoutumé. Il se prend les cheveux de rage, me laissant un vide sur mon corps.

– Merde !

Je lui prends sa main dans la mienne et le dirige vers le fauteuil placée au centre de la pièce. Je lui souris pour le rassurer quand je vois son air interrogateur. Que se soit lui ou un autre, j’aurais été obligée de le faire, là au moins ce sera plus agréable. Je le pousse jusqu’à ce qu’il s’assoie. Je me penche sur lui et lui susurre à l’oreille de se laisser faire. Ses prunelles s’éclairent, il se lèche les lèvres de sa langue tout en frottant ses mains moites sur son jeans. L’atmosphère devient lourde et électrique.

Je recule de deux pas en me déhanchant, passant mes mains le longs de mes côtes. Mes émeraudes dans ses obsidiennes devenues noires d'excitation, je m’avance sensuellement sans le quitter des yeux. Je m’arrête devant lui, passe mes ongles le long de son torse, sa respiration devient erratique. Je pose mes fesses sur sa cuisse, m’allonge de tout le long sur son autre jambe. Ma tête bascule en arrière, laissant ma chevelure flotter. Je me redresse délicatement, passe derrière lui. Mes mains caressent ses pectoraux pour remonter le long de ses avant-bras, ses épaules. Je fais un pas pour me positionner sur son côté, glisse mon talon entre ses jambes Mes mains descendent de ma cuisse jusqu’à ma cheville, qui frôlent en même temps son sexe. Je souris en constatant qu’il est déjà dur. Il m’attrape les poignets de ses mains et me bascule sur lui, me faisant le chevaucher à califourchon.

Essoufflée, je n’ai qu’une envie c’est qu’il m’embrasse, alors que j’ai toujours détesté cette partie quand je suis ici, aujourd’hui c’est différent. Aujourd’hui c’est Lui. Ses mains se posent sur mes hanches, déclenchant une décharge dans mes reins.

La gorge séche, je déglutis difficilement. Toujours connectés l’un à l’autre, je mordille ma lèvre inférieure. Il se jette alors sur ma bouche et m’embrasse de façon délicate compte tenu du feu qui brûle en nous. Je me rapproche de lui en enroulant mes mains derrière sa nuque et approfondis notre baiser qui devient brutal, vital. J’ondule lascivement contre son renflement que je caresse de ma paume et commence à déboutonner son pantalon. Il cesse de m’embrasser et attrape ma main qu’il relève.

Devant mon incompréhension, il ferme les paupières, pour me regarder de nouveau droit dans les yeux.

– Pas comme ça, pas ici ma douce.

Je pose mon front contre le sien et souffle un coup pour me donner contenance.

– Je vais te ramener chez toi et ensuite on pourra reprendre si tu en as toujours envie. Je vais faire en sorte de te sortir de cette merde, je te le promets Hailey, d’accord ?

Je hoche la tête de haut en bas. Je sais qu’il va devoir rentrer chez lui et moi rester avec les Belzébuth, mais j'ai confiance en lui.

Il reviendra, j'en suis sûre.

Je vois enfin la lumière.

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