Chapitre 8 - Alec

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3 ans plus tard

Préparer une fête pour son meilleur pote qui vient de se fiancer avec Betty, ce n’est pas une mince affaire. Depuis la disparition d’Hailey, ils ne se sont plus quittés, puisant leur force l'un dans l’autre, pour avancer. Mais sortir va nous permettre de lâcher la pression des recherches que nous avons continué. Bien que la police ait classée l’affaire, faute de preuves, nous n’avons jamais baissé les bras.

En ce moment nous avons décidé de reprendre le dossier depuis le début, au cas où on serait passé à côté de quelque chose. Interrogatoires, témoignages, tout y repassent, mais pour le moment rien ne ressort. Tout ce qu’on a de concret c’est mon témoignage et mes souvenirs. Je dois avouer que ça commence sérieusement à me taper sur les nerfs.

J'allume une clope et soupire de bien-être. Je sors mon ordinateur portable, afin de trouver des adresses de strip-tease pour y aller avec Wyatt, T.J, et des cousins de ce premier que je ne connais pas vraiment. Même si ce genre d’endroit ne me plaît pas des masses, il paraît que c’est la règle.

Une main manucurée se pose sur mon épaule, et je sais que Kate va me prendre la tête sur le lieu de la fête.

Nous nous sommes rencontré il y a six mois, au salon de tatouage dans lequel je bosse depuis plus d’un an maintenant. Cela fait quatre mois qu’on baise ensemble.

Depuis Hailey, c'est la première qui passe plus d’une nuit à mes côtés. Malgré qu’elle sente une ombre peser sur moi, elle insiste pour qu’entre nous ce soit plus sérieux, et m’a demandé il y a une semaine qu’on emménage ensemble, mais ne comprend pas ma réticence. Je l’apprécie, mais il n’y a pas cette étincelle. Avec elle c'est agréable, confortable, mais sans plus, du moins pour moi. Depuis Hailey je n’arrive plus à tomber amoureux. Mon cœur lui appartient et il ne cessera de battre que pour ma blonde.

– Alec c’est quoi ces adresses de clubs ? Si tu veux un streap, je peux t’en faire un si tu veux, m’aguiche-t-elle frôlant mon bras du bout de son ongle, m’arrachant des frissons à son passage.

– Hmmm, on verra ça après mes recherches alors, lui réponds-je en me tournant vers elle.

Je lui attrape ses fesses rondes avec mes mains, et elle se colle à moi en ronronnant.

– Je cherche un endroit pour les fiançailles de Wyatt, et ensuite je m’occupe de toi.

– Tu ne vas pas aller dans un club où des nanas se trémoussent sur une barre à l’hygiène suspecte et taillent des pipes à qui veut bien ! S’exclame-t-elle outrée

Et c’est parti …

– Écoute, on va juste boire un verre, faire la fête gentiment entre amis. Rien de plus. On en a besoin, l’enquête est au point mort.

– C’est toujours la même rengaine avec toi ! Dès que tu veux aller t'éclater sans moi, c’est soit-disant pour décompresser, rage-t-elle en faisant le signe des guillemets sur le dernier mot. Si on passait plus de temps ensemble, je pourrai te faire décompresser à ma façon.

Pourquoi je lui en ai parlé, elle me fait chier dès qu’on met ça sur le tapis.

– Tu ne veux pas comprendre Kate, à chaque fois on se prend la tête avec ça. Ses parents attendent de ses nouvelles depuis trois ans.

Moi aussi je t’attend ma douce.

– Tu n’as qu’à arrêter ces recherches ! Si la police ne l’a pas retrouvé c’est qu’il y a une raison, soit elle ne veut pas revenir, soit elle est morte, s’agace-t-elle. Si ça se trouve elle n'en a rien à foutre de vous, et a refait sa vie. Moi je suis là mais pas elle !

Ma vue se brouille de rage, mes poings se serrent instantanément, mes phalanges blanchissent et ma respiration devient rauque, sous le coup de la colère.

– Je t’interdis de dire une chose pareil, tu m’entends ! lui hurlé-je dessus en l’attrapant par la gorge.

Elle souffle difficilement à ma prise.

– Alec ! Tu me fais mal, dit-elle, le visage rouge.

Je me rend compte de ma poigne sur son cou, et la lâche aussitôt. Je ne suis pas du genre à m'en prendre à une fille.

– Dis encore du mal une seule fois d’Hailey, et tu dégages de ma vie ! Lui soufflé-je de colère.

– De toute façon, je ne peux pas me battre contre un fantôme, rajoute-t-elle peinée.

Elle dit ça comme si elle venait d’en prendre conscience, alors que j’ai toujours été sincère avec elle.

Mon putain de cœur ne bat que pour Hailey.

– Effectivement, tu ne peux rien contre. Ce sera elle, et toujours elle en premier. J’ai toujours été honnête avec toi. Si ça ne te plaît pas, casse toi !

Attristée, elle prend son sac et passe le pas de la porte, tout en me jetant un dernier regard.

– Tu fous ta vie en l'air pour des chimères, fait-elle en claquant la porte.

Elle se leurre, je la retrouverai, je sais qu’elle est quelque part, à nous attendre.

L’espoir. C’est ce qui me fait avancer tous les jours, ce qui me maintient en vie.

Le soir, nous rentrons tous au Streap Devil Lounge.

Les mecs sont complètement survoltés.

Je ne suis pas trop à l'aise en apercevant plusieurs bikers. Les souvenirs sont toujours aussi présents, douloureux.

Wyatt aussi n'a pas l'air rassuré, mais j'imagine d'autres raisons.

– Alors mon pote, pourquoi cette tronche ?

– Si Betty sait qu'on est ici, elle va me couper les couilles, grimace-t-il.

Je lui tape sur l’épaule en me marrant.

– C'est déjà fait mec, réponds-je.

– Elle sait où on passe la soirée, nous informe T.J.

Sous l'air ahuri de mon ami, il poursuit.

– Elle m'a menacé de me couper les burnes à moi aussi, dit-il. J'ai dû lui promettre de veiller sur toi.

Nous nous tordons tous de rire en nous asseyant à notre table.

Une charmante demoiselle vient prendre notre commande. Je la reluque sans gênes, pour une nuit elle ferait complètement l’affaire.

– Toi, par contre Kate ne t’a peut être pas couper les valse usés, mais ça ne saurait tarder.

Je me retourne sur Wyatt, qui a l’air plutôt fier de sa répartie.

– Ça m’étonnerait bien, vu que je l‘ai larguée ce matin. Je suis libre comme l’air de tremper ma queue dans ce que je veux, sans craindre pour sa survie, lui dis-je avec un clin d’oeil.

Libre pour Hailey.

Je le vois secouer la tête, mais au moment où il va pour répondre quelque chose, la serveuse revient avec nos bières.

J’attrape la mienne et demande au canon,

– Tu finis à quelle heure ma jolie ? Lui fais-je avec mon plus grand sourire.

– À quatre heure, mais désolée tu n’es pas mon genre. Tu n’as pas ce qu’il faut pour moi.

Je m’étouffe avec la gorgée de houblon que je commençais à avaler. J'ai rarement besoin de ramer pour choper une nana.

Les mecs sont hilares à côté de moi.

– Et comment tu peux savoir que je n’ai pas ce qu’il te faut ? réponds-je outré.

– À moins que sous ton t-shirt il y ait une paire de sein, et qu’à la place de ton asperge, se cache une jolie chatte humide, non tu n’as pas ce que je recherche, dit-elle en partant, un sourire aux lèvres.

– Oh putain le râteau que tu viens de te manger mon pote ! Épique ! hurle T.J.

Vexé, je m’enfonce dans mon siège, ma bouteille à la main, je reporte mon attention sur la scène. Les cris de mes voisins m’indiquent que le show commence.

Seules les barres sont éclairées, la chaleur monte d’un coup dans la salle lorsque les deux premières filles font leurs entrées. Elles sont plutôt agréables à reluquer.

Un œil sur notre groupe surexcité, ils placent déjà quelques billets vert dans les strings minimalistes des filles, une s’approche même de T.J pour entamer un lapdance.

Je dégaine mon téléphone portable pour filmer ça. C’est la première fois que je le vois rougir, la langue pendante. Je pourrais toujours m'en servir pour me foutre de sa tronche.

Mon attention est dirigé, à cause des cris de nos voisins de table, sur l’autre fille qui finit son show à la barre et est remplacée par une autre danseuse.

Je manque de m’étrangler en voyant une blonde aux cheveux longs, des jambes élancées, une attitude familière, arriver pour prendre la suite.

Son visage est à moitié dissimulé par sa tête baissée, je donne un coup de coude à Wyatt, qui grogne de devoir arrêter de se moquer de la gueule de T.J. Quand je lui montre la nouvelle sur la scène, il ouvre la bouche en un rond parfait.

Au moment où le visage pâle de la blonde se tourne vers nous, ma bouteille tombe au sol dans un éclat sourd aux autres. Des yeux émeraudes me fixent, mais son regard est triste, loin, voilé. Un éclat paraît dans ses iris, et son regard devient noir comme l'ébène. Mes neurones ont foutu le camp en la voyant sur cette scène dans ce pseudo sous-vêtement. Je tente un pas vers elle, mais elle s’enfuie à toutes jambes.

Mon ami et moi nous nous dévisageons, lorsque mon cœur me ramène à la raison. Ses battements sont devenus tellement fous, manquant de sortir de ma cage thoracique. J’aspire une gorgée d’air, et depuis trois ans, je respire enfin.

Putain je l’ai retrouvé !

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