Chapitre 5 - Hailey

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TW : pour violence psychologique et physique, langage, scène hot

***

3 ans plus tard

Des cris dans la chambre d'à côté, des portes qui claquent, des pleurs et des rires gras.

Je ne sais pas depuis combien de temps je suis enfermée dans cette pièce dégueulasse où un lit à l'hygiène douteuse siège au centre. Des WC et un lavabo sont sur le côté. Ma vie d'avant me revient en mémoire et j'attend le Cerbère pour qu'il me fasse à nouveau tout oublier.

Oui mais si tu prends ça, tu sais ce que tu devras faire !

Mais est-ce que j'ai le choix ?

Non.

Plus depuis cette nuit où tout a changé dans ma vie bien rangée, le jour où ma route a croisé les membres du gang de Bikers "Belzébuth". Ce clan réputé ultra-violent, qui m'a volé mon innocence.

Je ne veux plus penser à eux, à lui. Ne plus avoir ce soir là en tête. Il ne faut pas.

Le miroir au dessus du seul point d'eau me renvoi l'image d'une fille que je ne reconnais pas. Les cheveux terne, le visage émacié, des bleus, maigre. Jamais je n'aurais pensé devenir cette fille. Un tatouage représentant un diable effrayant sur le haut du bras. Cadeau pour montrer à tout le monde que je suis leur propriété. Marquée comme une vache au fer rouge.

Que je leurs appartiens.

Je me force à retenir les larmes qui menacent de couler lorsque mes yeux s'embuent.

La serrure de ma porte que l'on déverrouille m'annonce son arrivée. Je vais pouvoir oublier. Partir ailleurs, dans un monde qui n'appartient qu'à moi.

Le Cerbère entre d'un pas conquérant, mesurant un mètre quatre vingt dix, large d'épaules, cheveux rasés, longue barbe blonde, des yeux vert vides de toute empathie, il respire le vice par tous ses pores.

– Alors ma jolie tu les veux tes petits cachets ? me demande-t-il un sourire aux lèvres, secouant du bout de ses doigts un petit sachet.

Je me précipite sur lui pour les attraper. Il me les faut, mon passé ressurgit trop souvent ces derniers temps, mais il me bloque le passage, attrape mes cheveux dans son poing, les tire en arrière sans douceur.

Je me retiens de crier, ne voulant pas entrer dans son jeu. Ma vue se brouille mais je ferme les yeux pour tout contenir.

Voyant mon attitude, il tire plus fort sur ma crinière, tout en déboutonnant son jean, jusqu'à ce qu'un cri étouffé sorte de mes lèvres.

– D'abord il va falloir payer. Rien n'est gratuit. Rien, tu le sais bien, me susurre-t-il à l'oreille en baissant son pantalon.

L'odeur de sa peau, de sa transpiration me donnent des hauts le cœur.

Oh non pas ça.

J'essaie de me dégager, mais une gifle s'abat sur mon visage.

Il dirige ma tête sans ménagement vers son entrejambe et me force à l'avaler en entier, faisant des mouvements de vas et viens.

Je n'arrive pas à me dégager de sa poigne.

Les larmes que je retenais, coulent toutes seules le long de mes joues.

Il pousse un râle de plaisir, se déverse dans ma bouche.

– Brave petite, il n'y a que toi pour me sucer comme j'aime, dit-il avec un sourire carnassier.

Une fois qu'il a eu ce qu'il voulait, il se rhabille, s'avance vers la porte et me jette le paquet à la figure tout en se marrant et referme à clé derrière lui.

Je vomis tout son fluide dans le lavabo. Je rince ma bouche plusieurs fois pour enlever son goût. J'essuie rageusement la morve qui coule de mon nez avec mon bras.

J'attrape avec frénésie le cachet rose et avale d'une traite.

Vite, je veux être ailleurs.

Je me mets sur mon lit, en boule, mes genoux dans les bras.

Je sanglote sans pouvoir m'arrêter. J'aimerai que tout cesse, et je m'endors replier sur moi-même.

Je suis réveillée avec la porte qui s'ouvre. Une odeur masculine me caresse partout. Complètement stone je ne bouge pas, me laisse totalement faire. Mon esprit a des milliers de kilomètres de mon corps, je tombe à nouveau dans l'inconscience.

Il vaut mieux pour moi être dans cette état que d'être éveillée toute la journée où les clients me passent dessus.

Je veux juste mourir.

Le soir la femme du Chef, Cynthia, nous amène nos plateaux repas, composé comme à son habitude de bouillie et d'un morceau de pain rassis.

Elle nous dispatch entre le club de strip-tease, les passes et rester à disposition des gars dans la maison.

Nous sommes trois filles, Kim, Lauren et moi, à se partager chacune à tour de rôle nos tâches comme ils disent.

Nous sommes toujours séparées sauf lors de soirées d'orgie. Je ne sais pas comment elles ont débarqué ici, nous essayons toutes d'oublier de la même façon, sauf que Lauren préfère se piquer. Ce soir j'ai le droit au strip-tease.

J'enfile la tenue très légère, enfin, c'est un grand mot si on considère que c'est juste un string minimaliste, et j'attend qu'on vienne me chercher pour le club.

J'attends mon tour pour me frotter à cette barre. Non pas que danser à moitié à poil devant des dizaines de personnes me plaît, mais au moins ici je ne suis pas violée.

Pas physiquement en tout cas.

Danser me fait penser à chaque fois à ce soir là.

Mes mains tremblent à nouveau. Je ferme les yeux et inspire et expire profondément. Rien à faire les tremblements sont toujours là, les larmes menacent à nouveau.

Flynt, qui nous surveille quand on est sur scène vient me hurler dessus.

– C'est à toi salope ! Il y a du monde aujourd'hui, arrête de chialer ! Fait les bander et ramène le blé, c'est tout ce qu'on te demande !

– Je ne peux pas Flynt, je…

Un sanglot s'échappe de ma bouche.

Il me tire par le bras dans un coin un peu plus loin de la scène.

– Arrête de faire ta chialeuse ! Tiens sers toi, mais comme tu le sais, tout se paie.

J'avise du regard ce qu'il me montre.

Deux lignes blanche sont disposées à même une table, à côté, une paille.

Je le regarde et me retourne vers la drogue.

J'ai lutté longtemps pour ne pas prendre de cette merde, mais je commençais à devenir folle à cause des sévices et d'eux. Les souvenirs de mes parents, de mes amis et de lui gisant au sol, dans son sang, laissé pour mort.

Il faut que j'aille mieux, je me jette dessus et la sniffe.

L'effet est immédiat.

Mon esprit retrouve son monde où seul lui existe.

J'ai juste le temps de me relever, que Flynt me plaque contre le mur, son torse contre mon dos, une main serrant mon cou pour que je ne parte pas et l'autre attrape sans ménagement mon sein. Je n'ai pas la force de me débattre.

Une voix se rapproche de nous.

– Putain mais où est-elle passée cette pute ? Merde Flynt, laisse la, tu la baiseras après son show, râle Clay, le bras droit du Cerbère.

Il me dessert légèrement la main mais passe sa grosse langue dégueulasse sur mon visage et lâche la pression qu'il avait sur moi.

Je m'avance sensuellement sur la scène éclairée. La salle obscure a l'air remplie, mais je ne vois pas grand monde à part ceux qui se trouvent au premier rang.

Des cris et rire graveleux m'arrivent aux oreilles.

Mon esprit est comme dans du coton moelleux.

Je commence à me déhancher sur la musique qui pulse.

Je tourne le dos au public, me baisse exposant au yeux de tous mon intimité, mes mains caressent mes jambes, remontent lascivement sur mon ventre, ma poitrine.

L'argent commence à pleuvoir lorsque je m'approche de la barre. Je continue mon show dessus. Je tourne autour, lève une de mes jambes. Un groupe cri plus fort que les autres. Je m'approche d'eux pour avoir plus de billets.

Mon regard est happé par deux obsidiennes qui me fixent intensément.

Je secoue la tête en pensant à une hallucination dû aux drogues.

Mais ce regard que je n'ai pas revu depuis tout ce temps ne s'efface pas. Ses yeux ont légèrement changé, mais c'est bien lui.

Il n'est pas mort ! Et moi je suis ici, m'a-t-il cherché ? Est-il comme tout ces hommes à vouloir des femmes sans défense ? Pire fait il partie du gang ?

Mais si c'est ça, c'est à cause de lui que je suis ici ?

Je ne supporte pas de le voir, il faut que je parte, il faut que j'oublie, encore, plus fort.

Et je m'enfuie

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