Chapitre 27

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Leurs vacances arrivaient à grands pas. Élisa les attendait avec impatience. À la veille de leur départ dans les Hautes-Pyrénées, François s’était juré de faire un premier inventaire de leur commerce. Celui-ci fut plus long qu’ils ne l’avaient envisagé l’un comme l’autre. Ils se couchèrent tous les deux sur les coups d’une heure du matin.

Le lendemain, lorsque François se leva, il fit en sorte de ne pas réveiller Élisa et de la laisser dormir autant qu’elle le désirait. Lui, de son côté, commença à préparer la voiture pour partir.

L’année dernière, il aurait dû se rendre avec Antoine là où il s’en allait finalement avec sa compagne. Au fond, ce n’était pas plus mal. De plus, avec Élisa, ils se partageaient les frais à deux. Cela lui faisait drôle de pouvoir profiter plus de son argent que d’habitude.

La jeune femme se leva sur les coups de treize heures avec des cheveux tout ébouriffés. François lui avait préparé son déjeuner. Il était de bonne humeur parce qu’il savait qu’il partait en vacances d’ici peu.

— Tu aurais dû me réveiller, déclara Élisa.

— Tu avais besoin de te reposer, dit-il.

— Pas toi ?

— Je suis tellement enjoué de partir que je n’arrive pas à trouver le sommeil.

— Que m’as-tu préparé de bon ?

— Ce sera simple pour ce midi. Un steak haché et des frites.

— Ce sera bien la première fois que je commencerai une journée en sautant le petit déjeuner !

— Un premier inventaire, ça fatigue toujours ! s’exclama-t-il.

— Je ne vois pas le rapport, rétorqua-t-elle. Avant d’être avec toi, je me levais souvent vers treize heures et cela ne m’empêchait pas de prendre mon cacao.

— J’espère que tu n’envisages pas de faire cela durant nos vacances, s’inquiéta François.

— Bah, si, répondit-elle en s’amusant de lui.

— Je vais donc passer mes matinées à randonner tout seul !

— Tu comptes randonner tous les jours ? s’étonna-t-elle.

— Profiter de la région au maximum, oui !

— Comment fais-tu pour tenir ? Tu sais, un peu de repos ne te ferait pas de mal.

— Je pense que ce sont mes nerfs qui me maintiennent et ton amour surtout !

Le sentant d’humeur joyeuse, Élisa tenta d’aborder un sujet houleux entre eux. Elle voulait avancer, mais sans son accord, cela lui paraissait assez compliqué. Elle savait qu’il faisait de son mieux pour la préserver, mais elle se trouvait assez grande pour savoir ce qu’elle se sentait ou pas capable de faire.

— J’ai une question à te poser ?

— Laquelle ?

— Pourquoi ne veux-tu toujours pas que je vienne avec toi dans tes soirées ?

— Tu le sais très bien. Pourquoi remettre ce sujet sur le tapis juste avant de partir en vacances ?

— Parce que je te sens plus ouvert que d’habitude ! lâcha-t-elle.

— Je suis grognon, moi ? s’étonna-t-il.

— Très ! affirma-t-elle. Tu sais, je suis assez grande pour me défendre. Et lors de notre dernière soirée en avril…

— Laisse-moi deviner, coupa-t-il. Tu as pris goût ?

— Je ne me lasse pas de te voir chanter, c’est tout. Et puis, je suis tellement fier du bonheur que tu donnes aux autres ! Savoir que tu es mon homme en plus !

— D’accord, je vois. Tu as envie de jouer les arrogantes !

— N’importe quoi ! Tu m’appartiens, c’est tout !

— Tant que tu ne m’as pas mis la bague au doigt…

— Va dire ça à mon père ! Tu vas voir ce qu’il va te répondre ! s’emporta-t-elle. Et ce n’est pas en me parlant de mariage que tu auras ta réponse.

— Tu me l’as déjà donné lors de notre première Saint-Valentin ! constata-t-il.

— Je peux toujours revenir en arrière !

— J’abandonne. Cette fois, c’est toi qui gagnes !

Ils aimaient bien avoir l’un comme l’autre, le dernier mot. Généralement, c’était François qui gagnait. Mais cette fois, Élisa fut ravie de sa victoire.

Leur situation professionnelle, leur avait permis de faire évoluer tout l’intérieur de leur maison. Vu qu’ils vivaient dans une demeure se situant à la sortie d’une ville, François désirait décorer les murs avec des images qui se trouvaient en rapport avec la campagne. N’arrivant pas à dénicher ce qu’il voulait, il abandonna son idée. Mais un soir, il rentra plus tard qu’Élisa du travail. Il la surprit à accrocher un dernier tableau dans le salon. Les toiles étaient peintes à l’acrylique et les paysages étaient magnifiques. Il y en avait même une où lui-même était représenté à ses côtés.

— Mais tu es folle ! Ces toiles ont dû te couter une fortune !

— Ces toiles, mon cher, c’est moi qui les ai faites !

— Sérieux ?

— Bah oui, pourquoi ?

— J’ignorais que tu avais autant de talent ! Pourquoi n’ouvres-tu pas ta galerie d’art ?

— N’importe quoi ! Mon coup de pinceau est loin d’être parfait ! lâcha-t-elle.

D’où lui venait ce talent ? Pourquoi ne lui en avait-elle jamais parlé de cette passion pour le dessin ? Où avait-elle trouvé le temps de dessiner ces toiles sans qu’il puisse s’en rendre compte ?

Vu qu’ils vivaient dans une location, il ne pouvait pas se permettre de tapisser les murs à leur guise, car c’était un ordre du propriétaire. De toute manière, ils n’envisageaient pas de rester longtemps dans cette demeure. Elle serait de toute évidence trop petite pour accueillir un enfant.

Plus les mois passaient, plus ils souhaitaient vivre à la sortie de la ville. Élisa envisageait même de s’installer à la campagne au moment de quitter cette maison. Un choix qui surprit plus que tout François et lui fit extrêmement plaisir.

L’heure du départ pour partir dans les montagnes approchait. À la grande surprise d’Élisa, sur les coups de seize heures, François lui tendit les clés de son véhicule.

— Que veux-tu que j’en fasse ? s’étonna-t-elle.

— Prends-les ! C’est toi qui vas commencer à conduire ce soir, affirma-t-il.

— Tu me cèdes ta voiture ? dit-elle, en état de choc.

— Oui, pourquoi ?

— Ce n’est pas toi qui me disais, il y a quelques mois, que tu ne me laisserais jamais le volant de ta voiture entre mes mains ?

— Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !

— Tu m’impressionnes, là !

— Ça ne te fait pas plaisir ?

— Bien sûr que si ! Mais vu que je n’ai jamais conduit ton Kadjar, je n’ai aucune envie de l’amener dans un fossé. Tu as prévenu l’assurance ?

— Quelle question ! Bien sûr !

— Tu sais, tu m’agaces !

— Je sais, tu me le dis souvent ! Mais c’est bien, tu évolues !

— Pourquoi ?

— Car d’habitude, tu me lances « Mais, il m’énerve », osa-t-il, en l’imitant.

Sans aucune parole supplémentaire, François laissa Élisa s’installer à la place du conducteur. Lorsqu’elle fut prête pour partir, il lui déclara :

— Ne t’inquiète pas, j’ai tout programmé sur le GPS.

— Le contraire m’aurait étonné !

— Quand tu seras arrivée à Niort, tu me réveilleras. Je prendrai la relève.

— De quoi ? Tu veux que je roule avec ta voiture jusqu’à Niort ?

— J’ai tort de te faire confiance ? demanda-t-il.

— Non, bien sûr que non.

— Ah, oui ! Pendant que j’y pense, dans la boite à gant, il y a l’argent qui te servira à payer l’autoroute. Tant qu’à faire, il vaut mieux éviter les radars aux feux rouges !

— Dis que je conduis mal !

— Non, mais moi, je me suis fait avoir. C’était soit recevoir l’amende ou me faire rentrer dans le derrière.

— Si ça peut te rassurer, la seule chance que tu as, c’est que je ne sois pas blonde d’origine !

— Oui, mais n’oublie pas le dicton « Femme au volant, mort au tournant », lâcha-t-il.

— Très drôle ! Moi qui pensais avoir le dernier mot.

— Ça ne marche pas à tous les coups, ma chérie !

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