Chapitre 26

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La soirée s’était terminée sur les alentours de six heures du matin. Pour François, elle fut un succès total. De plus, c’était la première fois qu’il amenait Élisa avec lui. Lui portait-elle chance ?

Sur la route du retour, la jeune femme s’excusa du stress dont elle a eu du mal à gérer durant la semaine. Cette soirée l’avait angoissée profondément dans ses convictions religieuses. Elle se demandait bien comment François faisait pour croire en sa si bonne étoile.

— J’écoute mon instinct, répondit François.

Brusquement, des paroles de sa mère lui revinrent à son esprit : « Écoute ton cœur, fiston. Ne suis pas la route des autres qui continueront à mettre des bâtons dans votre histoire. »

Ne fallait-il pas écouter Dieu ? Ce n’était pas Dieu qui l’avait incité à signer ce contrat, mais son cœur et le monde qui l’entourait. Élisa ne savait plus si elle devait avoir plus foi en Dieu qu’en son fiancé. Si elle s’était écoutée, jamais elle n’aurait pu vivre la soirée qu’elle venait de savourer aux côtés de François.

En allant se coucher, elle voyait devant ses yeux tous ces gens qui chantaient, qui dansaient et tapaient dans leur main. Leur boucan était d’enfer. Ils étaient tellement contents de vivre ensemble une si belle soirée qui aurait dû normalement se terminer, chacun de leur côté. L’imprévu pouvait parfois avoir du bon. Était-ce vraiment un imprévu, au fond ? Pour François, le fait de voir les gens si heureux était devenu habituel et c’est ce qui le poussait à continuer cette activité qu’il considérait avant tout comme une passion, mais aussi nécessaire pour son état d’esprit.

— On vit un rêve, pas vrai ? demanda Élisa.

— Mettons les rêves de côté, pour une fois ! rétorqua François. Et pensons aux vacances dont nous allons avoir le droit en septembre prochain.

— Comment peut-on y penser après avoir vécu une si belle soirée ?

— C’est vrai, celle-ci fut parfaite, mais toutes les soirées ne se ressemblent pas ! Bon, juste pour t’informer, je t’avais dit qu’on partirait dans les Hautes-Pyrénées, mais pour l’instant rien n’était encore officiel. Cette semaine, j’ai réservé la semaine du 8 au 15 septembre dans un gîte à Arcizans-Avant.

— Comment ? Tu ne pouvais pas m’en informer avant de tout organiser ?

— Bah, je ne pensais pas que tu voulais t’occuper de la réservation du gîte.

— Bah si ! J’aimerais bien choisir à l’avenir le lieu où j’aimerais passer mes nuits à tes côtés pendant mes prochaines vacances.

— C’est comme tu veux.

— Nous sommes un couple François. C’est ensemble que nous devons faire ces choses.

— Si ça peut te faire plaisir, l’année prochaine, je te laisserai tout gérer.

— Vraiment ? s’étonna Élisa.

— Merde ! Qu’est-ce que je viens de dire encore ?

Le jour s’était levé et les jeunes amoureux s’apprêtaient à s’endormir. Quand le week-end sera terminé, ils se réveilleront et n’auront même pas eu l’impression de se reposer. Mais heureusement, ils s’étaient prévu une journée de repos, pour demain. C’était toujours un avantage quand le travail s’opérait ensemble.

Au bout de cinq minutes, François commençait déjà à s’endormir, mais Élisa l’enleva brusquement de ses songes en lui affirmant :

— Il n’avait pas l’air aussi coincé ton ancien patron !

— Pourquoi dis-tu cela ? soupira-t-il.

— Vu la façon dont tu lui parlais, on aurait pu croire que vous étiez des amis depuis longtemps !

— J’ai des amis, moi ? lâcha-t-il.

— …

— En tout cas, on risque d’entendre parler de nous à la radio, ajouta-t-il.

— En effet, mais la popularité me fait un peu peur. Pas toi ?

— Je n’essaye pas de penser à ce qui pourrait devenir négatif. Avoir de la bonne publicité, c’est bien. Cela dit, il faut l’utiliser avec modération.

— Pourquoi ?

— C’est que… comment dire ? On changera peut-être de président dans quelques semaines et même si je suis assez opportuniste, je n’ai aucune envie d’aller animer une Garden-Party à l’Élysée.

— Oh ! Ce serait sympa ! s’extasia Élisa. Je n’avais même pas pensé à cela !

— Tu plaisantes, j’espère ?

— Tu n’es pas pour les socialistes ? lâcha-t-elle.

— Non. Je suis contre toutes sortes de politiques. Car peu importe ce qu’ils disent, ça reste des paroles en l’air. Le jour où quelqu’un se présentera sans un programme, je voterai pour lui. Car au moins, je sais qu’il ne me mentira pas !

— Sur ce point-là, je crois que tu n’as pas tort mon amour.

— Dors ma chérie ! Nous avons des heures de sommeil à récupérer.

— Tu ne voudrais pas me donner des endorphines ? demanda-t-elle en commençant à le caresser.

— Je suis crevé, affirma-t-il.

— Juste dix minutes ! osa-t-il.

— Dix minutes de rodéo ? lâcha-t-il. Tu veux m’achever ?

— Pardonne-moi, mais une fois que tu rentres dans ma demeure, monsieur aime bien y rester ! remarqua-t-elle.

— Vu sa chaleur et son humidité, j’ai de quoi prendre mon pied ! répondit-il.

— Dans ce cas, viens tout de suite. Je crois que tu risques d’être encore plus surpris que d’habitude.

— Je pense plutôt qu’il va falloir animer de nombreuses soirées dans l’année ! Si ça te rend en forme comme ça à sept heures du matin…

— Fatigué ou pas, tu restes toujours aussi bavard, coupa-t-elle. Allez, viens en moi, ne me fais pas attendre plus longtemps.

— C’est cruel, pas vrai ?

— Inhumain, surtout !

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