Chapitre 20

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François n’osait pas serrer la main du capitaine. Elle se trouvait en sang. Lui-même surprit de le retrouver ne sut comment agir :

— J’ai une question à vous poser ? demanda François.

— Il me semble que c’est à moi de poser les questions, non ?

— Quel est votre nom ? s’interrogea-t-il, en ignorant sa réplique.

Le capitaine respira un grand coup et ne souhaita pas répondre. Patrick s’interposa en disant :

— Écoute François, ne cherchons pas d’histoire. Je connais cet homme…

— Tu connais cet homme ? se choqua-t-il.

— Oui. Et je crois qu’entre vous, tout a mal débuté.

— Il y a de quoi ! lâcha François.

— Je m’excuse pour votre voiture, avoua enfin le capitaine.

— Oh ! Si ce n’est que ça, dit-il en essayant de plaisanter. Mais ça ne me dit pas votre nom. Moi, je m’appelle Le Pigeon et je l’assume. Si plus tard, j’ai un enfant, il faudra bien que je dise à sa mère comment s’appelait cet homme qui nous a mis derrière les barreaux durant quelques heures.

— Derrière les barreaux ? répéta Patrick. C’est quoi cette histoire, Pierre ?

— Au moins, j’ai appris votre prénom ! s’exclama François.

— Nous en resterons là ! Finit le capitaine.

— Non, j’aimerais que tu me dises !

— Oh ! Tu ne vas pas t’y mettre à ton tour, Patrick ! Ce n’est pas parce que nous avons été au lycée ensemble que je dois tout te dire !

— Nom de Dieu ! Tu as mis ma fille en garde à vue ? Pourquoi ? s’énerva-t-il.

— Écoute, je dois faire mon travail et tu le lui demanderas une fois que je serai parti ! dit-il, en regardant François.

Machinalement, le capitaine sortit un bloc à papier, d’une poche de sa veste. Il posa des questions à François qui lui répondit sincèrement.

— Vous n’avez jamais pensé à écrire des livres, monsieur Le Pigeon ?

— Non, pourquoi ?

— Le peu que je connais de vous me permet de dire que ce que vous venez de vivre récemment pourrait faire une belle comédie sentimentale ! Un drame, un suicide, une mésaventure dans un parking. Est-ce pour ça que vous commettez autant de caisses !

— Pardon ? demanda François.

Patrick ne trouva pas la plaisanterie de son ami, drôle. Non, de son point de vue, elle était déplacée. Mais il savait qu’il était plus fort que lui de ne pas se moquer des autres, ce qu’il avait horreur dans le cas inverse. Il était mal parti avec François. Il ne se moquait pas de François, mais surtout de la relation que lui et son pote de lycée entretenaient.

Subitement, un jeune policier arriva brusquement.

— Capitaine Laroche ! Un accident s’est produit sur la périphérie d’Angers. On vous demande !

— Pierre Laroche ! s’écria François. Et vous osiez vous méprendre de mon nom ! Ça ne m’étonne pas que vous soyez dur comme de la pierre quand on vous parle ! ajouta-t-il.

— Vous souhaitez retourner en garde à vue ?

— Non, nous en resterons là ! Maintenant, nous sommes quittes ! Entre nous, je préfère être un volatile plutôt que de rester coller à la terre en étant lourd comme une pierre, lâcha François en lui tendant sa main pleine de sang.

Le capitaine regarda Patrick qui ne put s’empêcher d’émettre un sourire à son égard. Un sourire qui lui signifiait : « Démerde-toi, tu l’as cherché ».

— Vous avez de la chance d’être son gendre !

— Futur ! renchérit François.

— J’aimerais bien vous serrer la main, mais…

— Oui, excusez-moi.

— Bon, je vous remercie pour vos réponses.

— Avez-vous retrouvé ceux qui ont brûlé nos voitures sur le parking de La Rochefoucauld ? termina le jeune homme.

— Oui et si je vous le disais, je pense que vous auriez du mal à me croire.

— Vraiment ?

— Oui. Malheureusement, je ne peux pas vous répondre, car je risquerai de belles représailles.

— Elle est belle la justice de notre pays ! lâcha François.

— Je ne vous le fais pas dire ! confirma le capitaine.

Pierre Laroche abandonna les lieux. François et Patrick en firent autant. L’appartement se trouvait dans un triste état. Il était temps pour eux de retrouver Élisa. En arrivant à l’hôpital, on venait de la transférer dans une chambre. Patrick attendait tranquillement dans le couloir. François ne pouvait plus se passer d’elle. Alors, il décida de rester à son chevet le temps nécessaire, en lui tenant la main et en la caressant amoureusement.

Patrick pensa soudainement aux parents de François. Ils devaient s’inquiéter éperdument. Ils ne connaissaient pas leur numéro de téléphone, mais sur Internet, il trouva leur trace. Au travers du site Internet de François, il découvrit leur adresse. Puis il appela un contact personnel pour rechercher leur numéro. Ils étaient certainement sur une liste rouge. Entre-temps, il navigua sur le site de François et découvrit que ce garçon avait plus d’un arc dans sa poche :

— Son affaire marchera ! J’en suis convaincu ! songea-t-il.

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